Par amour, par amitié -1-

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Titre : «Par amour, par amitié -1- Par amitié»
Auteur : Lilou

Disclaimers : l’univers et les personnages de « moonlight appartiennent à
Ron Koslow etTrevor Munson
Spoiler : Saison 1 – Episode 13 « En rémission » – POV Josef
Genre : Général – Friendship Mick-Josef
Classification : G


Par amitié

-  Quoi ?

-  Tu as raison, en tant qu’humain je ne sauverai jamais Beth, mais je le pourrais en étant vampire… Tu dois me retransformer.

-  Une seconde, non, non, non, ça c’est…

-  Tu dois me retransformer, et tout de suite !

-  Tu es redevenu humain ! Après tout ce que tu as du endurer tu vas renoncer aussi vite ?

Il n’aurait jamais imaginé, quelques minutes auparavant, être confronté à un dilemme pareil. Lorsqu’il s’était précipité chez Mick, après l’appel un peu affolé de Guillermo. Il avait juste pensé le raisonner, lui prouver qu’en tant qu’humain, il ne pourrait jamais arriver à vaincre cette bande de tarés, le convaincre de renoncer en lui démontrant qu’il ne faisait pas le poids face à un vampire déterminé. Mais il avait sous-estimé la profondeur des sentiments de son ami pour Beth… Et Beth avait disparu, enlevée par le pire des trafiquants de sang humain. La rareté de son groupe sanguin en faisait une victime de choix, et il n’osait imaginer ce que la jeune femme aurait à subir, afin que ce malade puisse exploiter cette source inespérée jusqu’au bout. Josef n’était pas comme Mick, mais il avait tout de même une certaine étique et de telles pratiques le dégoutaient jusqu’à la moelle, de plus, il aimait bien Beth, et si son ami n’était pas redevenu humain, il aurait tout fait pour l’aider, mais là, un vampire et un mortel seuls, ils n’avaient aucune chance face à un gang aussi bien organisé.

-  Tu crois que c’est facile pour moi ? Crois-moi, c’est très difficile, OK ? Je n’ai pas le choix !

Mick avait été engendré contre sa volonté, et depuis, il n’avait cessé de haïr ce qu’il était devenu, jusqu’à ce que la chance lui sourie enfin, sous les traits de celle qui lui avait pris sa vie, et qui avait sacrifié la sienne pour se racheter. Il avait réussi, il avait enfin réalisé son rêve le plus fou, il était redevenu humain, et même s’il savait que cette transformation n’était que temporaire, Josef ne l’avait jamais vu aussi heureux que pendant cette dernière semaine, il n’avait jamais été bien sentimental, mais sans l’approuver, il pouvait arriver à le comprendre.

-  Mais enfin, ce que tu me demandes, c’est…

Ils étaient plus qu’amis, ils étaient comme les deux faces d’une même pièce, complémentaires et tellement différents à la fois, un lien étrange les unissait, un sixième sens, une connexion profonde qui allait bien plus loin que l’amitié ordinaire. Personne et encore moins Coraline, qui les avait jadis présentés l’un à l’autre, n’aurait parié un cent sur l’improbable lien qui s’était tissé dès leur rencontre entre ces deux êtres si radicalement opposés! Et pourtant, durant les cinquante dernières années, ce sentiment n’avait fait que croitre. Ils étaient devenus plus frères que s’ils avaient été, si l’on pouvait s’exprimer ainsi, du même sang, unis par ce sentiment tellement rare, qui ne demande rien et est capable de tout donner, sans aucune contrepartie.

Malgré l’apparente ironie avec laquelle il avait pris la chose, Josef se réjouissait du nouveau bonheur de son ami. Et voilà que celui-ci le suppliait maintenant de le retransformer. Son regard le transperçait jusqu’au plus profond de son être.

*aide-moi, Josef, je l’aime, pense à Sarah!*

Il avait parfaitement décrypté le silence, mais il hésitait encore. Accepter signifiait qu’il allait devoir rompre le serment qu’il avait fait un demi-siècle auparavant devant le lit ou la jeune femme gisait, à jamais prisonnière entre deux univers, accepter signifiait qu’il allait devoir amener son meilleur, son seul véritable ami, aux portes de la mort, avant certes de le ramener à la vie, mais quelle vie ? Une vie que Mick détestait et qu’il était tellement heureux d’avoir abandonné pour un temps, une occasion qui ne se représenterait peut-être jamais plus.

Mick le saisit par le col de sa veste.

-  Écoute-moi, tu veux bien ? Il a Beth… Il me l’a prise, s’il te plait… S’il te plait… Mon frère !

Sa carotide palpitait à quelques centimètres de lui, il sentit monter le vertige, la pulsion irrésistible, il ne pouvait détacher les yeux de la veine tentatrice. Josef n’avait jamais eu de scrupules à se nourrir «directement à la source», il abhorrait les poches de «sang en conserves» que Guillermo procurait à Mick à la morgue, lui préférant incontestablement celui, chaud et vivant, des ravissantes jeunes femmes, toujours absolument consentantes, que son charme (et sa richesse) attiraient irrémédiablement, mais cette fois-ci, c’était différent, et malgré l’horrible tentation induite par la conduite de son ami, il éprouvait encore une réticence à faire ce qu’il lui demandait.

Il plongea encore une fois son regard dans les yeux de l’homme qui lui faisait face, comme pour y chercher une ultime confirmation. Ce qu’il y lu lui fit mal, si les vampires avaient pu pleurer, Josef aurait sûrement été au bord des larmes, lui qui se vantait de pouvoir garder son self-control (parler de sang froid pour un vampire aurait été de la dernière ironie) en toute circonstance.

-  Mick…

Il prit son ami dans ses bras. Comment aurait-il pu imaginer un jour avoir cette boule dans la poitrine à un moment pareil ?

-  Pardonne-moi! *Pardonne-moi de t’enlever cette humanité à laquelle tu tenais tant, pardonne-moi si tu devais te retrouver comme elle, pardonne-moi la souffrance…*

Après une dernière hésitation, il planta ses crocs dans la gorge offerte.

Malgré tout ce qu’il avait traversé et enduré au cours des derniers siècles, ce fut certainement un des moments les plus difficiles qu’il ait eu à subir depuis sa propre transformation, il percevait physiquement la souffrance insoutenable de son ami, cent fois, il eut la tentation de s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard, mais il se força à ne pas faiblir, absorbant jusqu’à la dernière goutte le liquide vital, n’y prenant, pour la première fois, aucun plaisir, et c’est avec une infinie tendresse qu’il étendit enfin le corps désormais inerte et sans vie qu’il étreignait, sur la table. Une larme roula sur la joue de Mick au moment où son cœur cessa de battre, tandis qu’une angoisse sans nom envahissait Josef. Malgré qu’il ait généré pas mal de vampires à une époque, principalement pour combattre sa solitude, il n’avait vraiment jamais vraiment aimé l’acte d’engendrer. Il acceptait sa condition, et en tirait sans aucun scrupule tous les avantages que cela pouvait lui rapporter, mais il n’était pas un adepte de la transformation à tout va. La dernière fois… Mais il ne voulait pas penser à la dernière fois.

Une peur comme il n’en avait pas éprouvée depuis les quatre cents dernières années s’empara de lui lorsqu’il entendit s’espacer les derniers battements du cœur de son ami. L’image de Sarah s’imposa avec une telle netteté dans son esprit que son visage se superposa un instant à celui du jeune homme, il se crut l’espace de quelques secondes ramené plus de cinquante ans en arrière. Il se débarrassa de sa veste d’un geste rageur, retroussa la manche de sa chemise et enfonça ses crocs dans les veines de son propre poignet. En laissant s’écouler goutte à goutte son sang dans la bouche de l’homme à qui il venait d’ôter la vie, il se surprit à murmurer une supplique dont il ne savait si elle s’adressait à Mick, à Sarah, ou a une quelconque puissance supérieure.

-  Debout, Mick, réveille-toi… *Je t’en supplie, je t’en supplie, reviens, je t’en supplie !*

Un sentiment proche de l’affolement commençait à l’envahir, Mick ne bougeait toujours pas. Et si l’histoire se reproduisait, si… La vision de Sarah, étendue dans son lit, éternellement jeune et l’esprit perdu dans on ne sait quels limbes, revint le hanter. Et soudain le miracle se produisit, la langue de Mick goûta enfin le sang répandu sur ses lèvres, et l’instinct du prédateur se réveilla, lui faisant trouver et agripper le bras de son ami, tel un nouveau-né le sein de sa mère, pour s’abreuver avec avidité à la veine nourricière. Josef avait oublié à quel point cela pouvait être douloureux, mais la douleur était presque libératrice, comparé au remords qu’il ressentait, il aurait supporté mille fois plus avec plaisir si cela avait pu lui éviter d’infliger cette épreuve à l’être à qui il tenait le plus au monde.

Pendant que leurs plaies se refermaient et que les dernières cicatrices que Mick devait à son humanité disparaissaient, son regard anxieux surveillait le réveil de la créature qu’il venait d’engendrer. Mick se releva enfin, il ouvrit des yeux aux pupilles blanchâtres, laissant échapper les dernières larmes qu’il verserait jamais, et sa bouche s’ouvrit, tous crocs sortis, sur un grondement sourd auquel fit écho celui de son géniteur.

Lorsqu’il tourna la tête, l’amertume se mêlait à la reconnaissance dans le regard qu’il posa sur lui. Josef était à la fois soulagé, égoïstement heureux d’avoir retrouvé son ami, et triste pour celui-ci, qui voyait son rêve s’évanouir au moment où il commençait à se réaliser.

Les deux hommes s’étreignirent un instant en silence, ils étaient désormais plus que frères, liés pour l’éternité par le sang partagé.

Il n’y avait plus un instant à perdre. À eux deux, ils avaient une chance de gagner. Si Beth était toujours vivante, ils la sortiraient de là…

TBC

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