Tempus fugit -5- Le chemin de la rédeption

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Titre : «Tempus fugit » -5- Le chemin de la rédemption
Disclaimers : l’univers de « moonlight, Josef et Mick  appartiennent à Ron Koslow etTrevor Munson.
L’histoire de Josef étant entièrement de mon cru, les personnages de la partie concernée sont à moi.
Genre : Drama– Friendship Mick-Josef
Classification : R (violence)

Le chemin de la rédemption

Il avait fui Los Angeles la nuit qui avait suivi la visite de Mick. Il n’arrivait pas à comprendre ce qui lui avait pris. Jamais auparavant, il ne s’était laissé aller à se confier aussi complètement, aussi intimement, à qui que ce soit. Même à Sarah, il n’avait pas tout raconté. Il s’en voulait de cet instant de faiblesse, et même s’il savait que son ami ne mettrait pas longtemps à le retrouver, il avait voulu mettre le plus de distance possible entre eux, comme si cela pouvait effacer la preuve que Josef Kostan pouvait lui aussi avoir un cœur.

Non qu’il ait jamais douté de la discrétion de Mick, mais l’attentat dont il avait été victime, la re-transformation qu’il avait acceptée d’accomplir pour lui malgré le serment qu’il s’était fait après l’accident de Sarah, les évènements récents et l’atroce spectacle de l’exécution des Monaghan, avaient ébranlé la façade de froide détermination derrière laquelle il s’abritait depuis si longtemps. L’éloignement lui donnerait au moins deux ou trois jours pour se ressaisir.
Depuis qu’il avait quitté la côte Est pour Los Angeles, la maison de New York était son refuge, c’était auprès de Sarah, son éternel remords, qu’il venait, dans les pires moments, chercher la force de continuer à vivre. Tant qu’elle serait en vie, il n’aurait pas le droit de baisser les bras.

Assis sur le bord du lit, il tenait une main de la jeune femme dans les siennes. Même après toutes ces années, il n’avait jamais perdu l’espoir qu’un miracle la lui rendrait un jour. Il y avait bien longtemps qu’il avait perdu la foi, mais il se surprenait parfois, lorsqu’il avait trop mal, à supplier l’invisible. Quel péché devait-il expier pour qu’on lui ait pris une seconde fois tout ce qu’il aimait le plus au monde? Etait-ce sa punition, son éternelle damnation, pour avoir accepté de devenir ce qu’il était?

– Qu’est-ce je t’ai fait Sarah? Qu’est-ce que j’ai fait de ta vie? J’ai détruit tous tes rêves, tous tes espoirs, tous tes projets. Je t’ai condamnée à errer à jamais entre deux mondes… Je t’aime Sarah, ma beauté éternelle, je suis à toi pour toujours.

La chambre s’estompait, elle lui souriait de nouveau, rayonnante dans la lumière de cette fin d’après-midi de printemps, le pendentif en or qu’il venait de lui offrir étincelant à son cou.

Une fois encore elle lui avait redemandé l’impossible, et il s’était détourné pour ne plus voir son visage suppliant.

– Ne me demande plus ça, mon amour, C’est trop dangereux, tu ne sais pas de quoi tu parles! Ce n’est pas la vie…Toi tu es la vie, Sarah, tu es ma vie, tu es tout ce qui m’a manqué pendant plus de trois siècles, tu es ma rédemption, je ne veux pas te détruire.

–Tu as construit l’amour, tu as rempli mon âme d’une plénitude que je n’aurais jamais osé espérer, j’ai vécu plus intensément en quelques mois que pendant les vingt premières années de ma vie. Regarde-moi, Charles!

Il s’était retourné et avait plongé ses yeux dans les siens. Il ne se rassasierait jamais de la lumière de son regard. Pour elle, il n’était qu’un homme, un homme immortel, certes, un homme qui se nourrissait du sang de ses semblables, oui, mais surtout un homme comme les autres, avec ses doutes et ses craintes, aussi faillible, aussi digne d’être aimé, personne d’autre ne lui avait offert cela depuis plus de trois cents ans.

» Je ne veux pas vivre sans toi, avait-elle continué, tu m’as déjà expliqué tout cela cent fois, et si le pire devait arriver, je préfère la mort dans tes bras à une vie dont tu ne ferais pas partie. Je veux être à tes côtés pour toujours.

–Sarah, je t’en supplie, arrête de me torturer! Moi non plus, je ne veux pas te perdre, mais tu me demandes une chose dont tu n’as pas idée, tu es si jeune, tu n’as pas encore eu le temps de vivre…

- Tu n’étais pas beaucoup plus âgé lorsque tu as été transformé.

- C’était une autre époque, nous n’avions pas le même rapport au temps, et j’étais mourant.

- Engendre-moi, Charles, nous partirons ensemble à l’autre bout de la terre si tu le veux, je suis majeure, mon père ne pourra rien contre nous.

Un sanglot sans larmes lui déchira la poitrine, tout était encore tellement présent… Elle lui avait tout donné, sa jeunesse, son corps, son sang, tout son amour. Il s’était livré à elle corps et âme, lui, le solitaire, l’éternel errant avait osé rêver que le bonheur était peut-être possible.

Ce soir-là, il l’avait aimée comme jamais, son tendre amour, si douce, si vivante, comme s’il savait que ce serait la dernière fois, et lorsqu’ils étaient retombés, épuisés, dans les bras l’un de l’autre, il avait fini par céder, par accepter ce qu’elle le suppliait de faire depuis des mois.
Il l’avait regardée dormir pendant des heures, s’enivrant de son parfum, de son souffle léger. Il faisait doux, et les fenêtres étaient restées ouvertes sur la nuit, une brise légère faisait onduler les rideaux et bruisser les feuilles des arbres dans le parc qui s’étendait derrière la maison, la pleine lune nimbait son corps d’une clarté presque irréelle. Une soudaine appréhension lui avait serré le cœur, il avait souhaité mourir à ce moment-là.
Et elle avait ouvert les yeux.

- Fais-le, maintenant!

Elle avait perçu son mouvement de recul.

» Tu as juré.

Et lui, pauvre fou, il avait obéi, il savait que s’il hésitait encore, ne serait-ce qu’une seconde, il n’en aurait plus le courage, il avait tellement peur de lui faire du mal!
Il avait planté ses crocs dans sa gorge palpitante et l’avait vidée de son sang, avant de la nourrir du sien. Elle s’était abreuvée à ses veines, mais elle ne s’était jamais réveillée. Elle n’était pas morte, et il avait espéré un miracle pendant des semaines, mais le pire de ses cauchemars était devenu l’infernale réalité, la voir dans cet état était plus qu’il n’en pouvait supporter. Elle était sa punition, son châtiment permanent et il s’était juré que plus jamais une chose pareille ne pourrait arriver. Il se tiendrait à l’écart de tout sentiment avec les humains et n’engendrerait plus jamais personne.

Lorsque John Witley avait voulu le tuer, il avait pensé avant tout à elle, il avait voulu la revoir une dernière fois, et si Mick et Beth ne l’avaient pas retrouvé, il serait peut-être allé se livrer à son bourreau, ce jour-là. Le journal de Sarah, que Beth lui avait glissé entre les mains comme un message de l’au-delà, lui avait rendu un peu de la jeune femme, et lui avait donné le courage de continuer à lutter.

Le poids écrasant qui pesait sur ses épaules depuis plus de cinquante ans s’était un peu allégé depuis que ses amis partageaient son secret, il avait repris sa vie, se saoulant de travail pour ne pas penser, jusqu’à ce jour où en levant les yeux de sur un dossier pour accueillir un de ses avocats, il avait plongé dans le pétillant regard noisette de Simone. Elle lui avait offert son sang, sa joie de vivre et son humour, il s’était laissé charmer, il avait baissé sa garde, croyant à une simple passade pour une jolie freshie, mais un jour, il s’était rendu compte que même si elle ne prendrait jamais la place de Sarah dans son cœur, elle comptait assez pour qu’il envisage de faire un bout de chemin avec elle.
Elle avait risqué la prison pour protéger son secret, elle était intelligente, franche et loyale, il n’avait pas voulu baser leur relation sur un mensonge, il lui avait parlé de Sarah. Il était conscient du mal qu’il lui faisait, mais il ne pouvait pas faire autrement, il ne lui avait rien caché, ni l’échec de la transformation et le coma dans lequel elle était plongée depuis toutes ces années, ni l’amour qu’il continuait à lui porter. Sans un mot, elle l’avait serré dans ses bras, et elle était partie, il ne l’avait pas revue depuis.

Même pas deux jours… Il eut un léger sourire, ils avaient fait vite!
Il avait entendu la voiture arriver, les portières claquer, trois portières, qui était avec eux? Le bruit des pas sur les marches du perron, il avait entendu Paula leur ouvrir la porte et les faire entrer au salon. Elle n’aurait laissé entrer personne d’autre. Il allait se lever pour aller les accueillir, lorsqu’un coup fut frappé à la porte de la chambre.

– Entrez, Paula.

Mais ce n’était pas la fidèle gouvernante.

– Beth! Je… J’ai entendu la voiture, j’allais vous rejoindre.

– Je voulais te voir avant… Comment va Sarah?

Le sourire amer de Josef lui fit mal.

– Je suis désolée, je… Nous…

– Ils?

Sa piètre tentative pour détendre l’atmosphère tomba à plat, Beth avait l’air gêné, elle posa une main sur son bras, et dit très vite :

– Simone est ici.

Josef s’était figé. Un silence pesant s’abattit sur la pièce, au point qu’on n’entendait plus que leurs trois respirations. Une éternité passa.

– Tu veux bien aller la chercher, et nous laisser seuls, s’il te plait?

Le moment de vérité était arrivé, il sentit la tension monter en lui lorsque la jeune femme s’approcha lentement dans le couloir. Il lui tendit une main, qu’elle prit sans hésiter. Sans un mot, il ouvrit la porte de la chambre et l’invita à entrer , qu’aurait-il pu ajouter? Tout avait déjà été dit. La main de Simone se crispa dans la sienne alors qu’ils approchaient du lit, elle était aussi nerveuse que lui.
Pendant un moment, le temps sembla se suspendre, puis elle se tourna vers lui avec un sourire d’une tendresse infinie.

– Elle est si belle, comme elle a l’air paisible! Je suis sure qu’elle ressent tout l’amour qui l’entoure.

Elle planta son regard franc dans le sien.

– Tu es un homme merveilleux, Josef, elle ne s’était pas trompée en te choisissant, elle a beaucoup de chance de t’avoir. Si tu veux bien, maintenant nous serons deux pour veiller sur elle.

La gorge serrée par l’émotion, sans quitter son regard, Josef porta la main qu’il tenait à ses lèvres, Simone était digne de l’amour qu’il lui portait. Elle sortit discrètement de la pièce, lui laissant le temps de dire au revoir à la belle endormie, avant de rejoindre ses amis. La vie pouvait reprendre son cours, le temps de la solitude dévoreuse d’âme était révolu. Pour une fois, l’univers semblait se ranger de son côté, il se sentait enfin racheté.

FIN

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