221B – Y’a des jours comme ça!

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Titre : « 221B » – Y’a des jours comme ça!
Auteur :
Lilou0803
Type :
fanfic
Genre :
Friendship
Fandom :
Sherlock (BBC-2010)
Personnages :
John, Sarah, Mrs Hudson
Rating :
G
Disclaimer :
L’univers et les personnages de Sherlock Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, la série « Sherlock » à la BBC

Y’a des jours comme ça!

Avant, il aimait bien le violon, mais ça, c’était avant.

Lorsqu’il était préoccupé, Sherlock semblait oublier qu’il savait très bien en jouer, comme il faisait d’ailleurs aussi semblant de l’oublier lorsque Mycroft venait lui rendre visite. Et depuis que Moriarty avait réussi à s’enfuir, malgré l’intervention musclée des « forces spéciales » à la piscine (heureusement que Mycroft consultait aussi, régulièrement, le site de Sherlock), il était particulièrement préoccupé!

Il n’y a rien de plus mélodieux que le chant d’un violon, mais il peut aussi n’y avoir rien de plus atroce, et depuis une semaine, des grincements dignes de la plus belle des chorales de chats en chaleur s’élevaient à toute heure du jour et surtout de la nuit. Sherlock avait décidé de coincer Moriarty et il ne ménageait ni ses méninges, ni les oreilles et les nerfs de John, et cette nuit avait été la pire!
Lorsqu’il avait enfin pu s’assoupir, sur le matin, entre deux « sérénades », il était tombé dans un sommeil lourd et profond dont rien n’aurait pu le tirer… Pas même, hélas, son réveil.

Lorsqu’en ouvrant les yeux son regard rencontra les chiffres lumineux, il poussa un juron des plus imagés, et bondit hors du lit sans prendre la peine d’allumer la lumière, se cognant les orteils contre l’angle du chevet. Il boitilla en grommelant diverses imprécations jusqu’à la fenêtre, et écarta les double-rideaux pour laisser entrer la lumière du jour. La journée s’annonçait morne et pluvieuse, ce qui en cette saison ne constituait pas une surprise, mais qui ne contribua pas à le mettre de meilleure humeur.
Trois coupures de rasoir plus tard, après de sommaires ablutions, et habillé de la première chose qui lui était tombée sous la main, il se retrouvait sur le trottoir, grelottant dans son blouson trop léger et se répétant pour la Xème fois qu’il devrait peut-être investir dans un vélo. Les taxis semblaient avoir déserté Londres, il se dirigea donc vers la plus proche station de métro, pestant contre son colocataire et promettant son foutu violon à toutes les flammes de l’enfer, en l’occurrence, de la cheminée du salon. Une pancarte à l’entrée de la station attira son attention et il se souvint que la télévision parlait, depuis plusieurs jours déjà, de la grève des transports en commun qui paralysait la capitale.

- Eh merde! Il sortit son portable de la poche de son blouson, lequel portable affichait narquoisement « batterie faible » en jolies lettres rouges clignotantes. »Et merde! » Bien que son travail au dispensaire n’ait plus trop pâti de ses activités annexes depuis son mémorable premier jour, il commençait néanmoins à s’inquiéter un peu pour son emploi, après tout, il n’était pas titulaire, et Sarah n’aurait peut-être pas toujours envie le couvrir. Remontant son col, il se mit à courir, tandis qu’un crachin gelé commençait à tomber.

Le regard glacial que lui adressa la jeune femme, alors qu’il traversait la salle d’attente, trempé comme une soupe, pour gagner son bureau avec plus d’une heure de retard, laissait présager qu’un orage interne se préparait. Il lui adressa un sourire penaud, et se réfugia dans la petite pièce en éternuant, au moins, le chauffage fonctionnait!
Il renonça à sa pause déjeuner pour rattraper son retard, espérant rentrer dans ses bonnes grâces, avec ce temps pourri, les clients ne manquaient pas, et rhumes, grippes et autres rhinopharyngites se succédèrent sans relâche jusqu’à dix-sept heures, Sarah ne s’était pas montrée de la journée, et il pensa qu’il valait mieux garder pour lui le fait qu’il avait eu l’intention de l’inviter le lendemain soir au restaurant pour un dîner en tête à tête… Y’a des jours comme ça !

Epuisé, un étau enserrant ses tempes, les yeux larmoyants, le nez coulant, secoué de frissons et d’éternuements, il sortit du bureau en s’appuyant contre le mur, pour se heurter à une Sarah qui ne semblait guère mieux disposée à son égard que le matin, mais qui changea vite d’expression en voyant son air hagard.

- Mais tu es brûlant! Ne me dis pas que tu es resté toute la journée dans tes vêtements trempés?

- Tu aurais préféré que je reçoive les clients à poil?

La jeune femme sourit malgré elle, après tout, il avait rattrapé toutes ses heures, et il offrait un aspect plus que pitoyable avec ses habits fripés et ses cheveux hirsutes. Bien qu’elle ait passé une bonne partie de la journée à fulminer contre lui, elle n’arrivait pas à lui en vouloir vraiment.

- Je ne sais pas, moi, tu aurais pu appeler Sherlock pour qu’il t’apporte de quoi te changer.

- Je ne veux plus entendre ce nom, au moins jusqu’à demain!

- Oh! Vous vous êtes disputés?

- Même pas. Et heureusement pour lui, je ne l’ai pas croisé avant de partir, sans quoi, il aurait eu de bonnes chances de se retrouver à l’hôpital, avec son violon en guise de cache-nez!

Elle éclata de rire devant son air piteux.

- Allez, viens, cette nuit, tu pourras tester le matelas gonflable! Et mouche ton nez! Termina-t-elle en lui tendant une boite de Kleenex.

- Merci, je… Il porta une main à son front et tituba jusqu’à une chaise sur laquelle il se laissa tomber.

- Qu’est ce qui ce passe?

- Rien… Hypoglycémie… pas mangé depuis hier soir réussit-il à bredouiller avant de presque tourner de l’œil.

Après avoir fourragé un moment dans un tiroir du bureau, Sarah lui tendit une barre de Cadbury. La journée finirait peut-être mieux qu’elle n’avait commencé.

Par chance, le lendemain était son jour de repos. Lorsque Sarah le déposa devant le 221B Baker Street, il se demandait s’il ne devrait pas demander à Mrs Hudson de lui louer l’entresol humide du 221C, là au moins, il serait assez loin du violon de Sherlock pour pouvoir dormir tranquille! Il se coltinait une crève carabinée, et n’aspirait qu’à une bonne tasse de thé avec un cachet d’aspirine avant de rejoindre son lit, et si Sherlock s’avisait de massacrer une seule note, toute sa science du pugilat ne le protègerait pas de la fureur de son colocataire! Il éternua bruyamment et les jambes en coton, il commença à escalader péniblement l’escalier en priant pour trouver l’appartement vide. Il s’affalait lourdement sur son fauteuil, lorsque Mrs Hudson entra dans le salon après avoir gratté à la porte pour s’annoncer.

- Mon Dieu, John, que vous est-il arrivé? Seigneur, on n’a pas idée de se mettre dans des états pareils!

- Vous avez raison, la prochaine fois, j’éviterai les bars à grippe! … Le concert est terminé?

- Sherlock est sorti juste avant que vous n’arriviez… Ne bougez pas, je vais vous préparer du thé!

- Avec quelques toasts et une aspirine, s’il vous plait!

- C’est bien parce que vous êtes souffrant, je ne suis pas votre gouvernante!

Une demi-heure plus tard, il se glissait avec délices sous sa couette.

Lorsqu’il se réveilla, ce devait être la fin de l’après-midi, et il se sentait un peu mieux. Une bouteille thermos et une tasse étaient posées sur la table de nuit, brave Mrs Hudson! Il y avait aussi un petit paquet entouré d’une faveur rouge, et une feuille de papier pliée en deux : « Dans ton état tu seras mieux dans ton lit que sur un matelas gonflable! S. », il défit le ruban, la boite contenait une paire de boules Quies.

TBC

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One Response to “221B – Y’a des jours comme ça!”

  1. wayne Says:

    Fine way of telling, and nice piece of writing.

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