Derrière le masque -3

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Titre : Derrière le masque – chapitre 3 : “D’une année à l’autre”
Auteur : Lilou

Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée « House md »
Spoilers : Après la saison 4
Genre : romance House/Cuddy
Classification : NC-17
Avertissement : Scène à caractère sexuel

Résumé : “Il avait fini par rendre les armes”
Fic écrite pour le 1er challenge de
hmd frenchfics
Item : 20 expressions
# 49 : Vivre sur son petit nuage (être sur un petit nuage)

Publiée le 03-01-09

***
Chapitre 3 – D’une année à l’autre
*

Il n’y avait rien, à part peut-être les anniversaires, qu’il détestait autant que ces nuits du 31 décembre, où tout le monde faisait semblant de s’amuser et d’être heureux. Que fêtaient-ils tous ces imbéciles à coup de feux d’artifices et de bouteilles de champagne? Le fait de s’être rapprochés un peu plus de leur propre mort, ou bien d’y avoir échappé encore une année?

Assis devant le piano, il laissait ses doigts errer sur les touches, improvisant une mélodie nostalgique. La seule lampe allumée créait une ambiance tamisée. Ce soir, il se sentait bien. La douleur lui laissait un peu de répit, et la neige tombant en rideau serré à l’extérieur lui faisait encore plus apprécier la chaude intimité de son salon. Les paupières à demi closes il laissait son esprit dériver sur les vagues de la musique qui naissait sous ses doigts.

Allait-elle venir? Tout à l’heure, lorsqu’il avait quitté l’hôpital, elle lui avait juste dit le même au revoir que chaque jour. Rien qui puisse laisser soupçonner autre chose.

Depuis la première fois, le soir du dernier bal de charité, ça c’était toujours passé à l’hôpital. Le fait de ne pas coucher ensemble dans la maison de l’un ou de l’autre évitait d’officialiser la chose, en quelque sorte. Ainsi, ça pouvait rester épisodique et strictement sexuel.

Cet après-midi, il s’était finalement décidé à poser sur son bureau la petite enveloppe qui ne quittait pas la poche de son manteau depuis déjà pas mal de temps, et dont l’aspect fripé témoignait de sa longue hésitation.

Une légère boule lui serrait l’estomac, il se sentait comme un collégien à la veille de son premier rendez-vous. C’était la première fois depuis bien des années qu’il faisait une chose de ce genre, et il commençait à se demander si c’était vraiment une bonne idée. Il n’était pas encore prêt à vivre avec quelqu’un, mais il ne voulait plus se contenter de ces étreintes à la sauvette dans des bureaux, des ascenseurs ou des chambres vides.

Depuis quelques mois, depuis la mort d’Amber, depuis qu’il avait failli mourir lui-même, Lisa Cuddy avait pris dans sa vie une place qui l’effrayait de plus en plus. Il avait tenté de se mentir, de se persuader que rien n’avait changé, de la tenir à l’écart, mais en vain.
Et il avait fini par rendre les armes.

Ce soir-là, après ce premier baiser échangé dans la salle de billard, il était allé l’attendre dans son bureau après la fin de la réception. Elle avait été à peine surprise de l’y trouver, comme s’ils avaient passé un accord tacite.

Ils n’avaient pas eu besoin de mots, leurs corps avaient été assez éloquents un peu plus tôt. Il lui avait suffi de la reprendre dans ses bras pour que le désir renaisse immédiatement, et ils s’étaient bientôt retrouvés en train de faire l’amour sur le divan du bureau.

Après, ils étaient partis chacun de leur côté, toujours sans un mot. Parler aurait brisé la magie de ce qui venait de se passer, ils l’avaient compris tous les deux.

C’était assez irréel. Oui, c’était ça, comme dans un rêve où l’on trouve toutes naturelles des situations totalement absurdes et irrationnelles.

Par la suite ils avaient recommencé souvent, toujours à l’improviste, toujours à l’hôpital. Et aucun des deux n’y faisait jamais allusion après.

Ces moments restaient de simples parenthèses qu’ils faisaient tous les deux semblant de considérer comme sans importance.
Ils tâchaient simplement de rester le plus discrets possible et personne n’était au courant, mis à part Wilson qui les avait surpris un soir où il était resté plus tard pour finir de mettre à jour ses dossiers, mais ils savaient qu’ils pouvaient compter sur sa discrétion, voire sa complicité.

Il avala une gorgée de whisky. Huit heures. Avec un soupir, il commençait à se résigner, lorsqu’il entendit la clé tourner dans la serrure. Deux personnes seulement avaient un double. L’une d’entre elles était Wilson, mais en général il prévenait avant de venir…

***

Elle ne l’avait pas vu de tout l’après-midi. On aurait dit qu’il la fuyait, qu’il cherchait à l’éviter. Commençait-il à regretter? S’était-il déjà lassé? Elle sentit son coeur se serrer à cette idée. Elle n’avait jamais voulu lui laisser voir à quel point il comptait pour elle. C’est pour cela qu’elle n’avait jamais voulu que leur relation sorte de l’hôpital.
Et ça devenait un peu plus difficile chaque jour.

Le côtoyer, essayer de rester professionnelle, avec en permanence le souvenir de sa chaleur, de son odeur, de ses mains, de son… NON! Son corps commençait à réagir rien qu’à l’évocation de ce diable d’homme, qui se cabrerait si elle prononçait un seul de ces mots qui se bousculaient sur ses lèvres quand ils faisaient l’amour. Je t’aime, j’ai besoin de toi, laisse moi entrer dans ta vie… Mais elle avait trop peur qu’ils sonnent le glas de leur fragile équilibre. Elle préférait faire semblant de ne vouloir rien de plus qu’une relation purement sexuelle.

Elle s’assit devant son nouveau bureau et ce simple fait lui arracha un léger sourire. House savait aussi se montrer d’une rare délicatesse. Elle savait que l’idée du bureau était de lui, sa mère le lui avait confirmé. Mais jamais, pour rien au monde il ne le lui aurait avoué.

Elle fronça les sourcils. Une petite enveloppe blanche était posée sur le sous-main. Une enveloppe toute froissée, sans nom de destinataire. Elle la prit dans ses mains… Et qui contenait manifestement non pas une lettre, mais un objet.

Son assistante ne savait pas non plus d’ou elle venait, elle ne lui avait pas été transmise par son intermédiaire, mais elle se souvenait d’avoir vu le Dr Grégory House entrer dans le bureau un peu plus tôt dans l’après-midi et en ressortir presque immédiatement.

Cuddy ouvrit l’enveloppe, et une petite clé brillante tomba dans sa main. Aucun mot d’accompagnement, mais elle sentit son plexus se nouer et une chaleur soudaine l’envahir, jusqu’à faire naître des larmes dans ses yeux… House… Clé…

Non, elle n’arrivait pas à y croire, ce n’était pas possible! Et pourtant, quelle autre explication?
Elle mesurait pleinement la signification et toutes les implications de ce simple geste. House faisait le premier pas! Il avait dû lui en coûter beaucoup pour arriver jusque là. L’état de l’enveloppe témoignait assez du temps qu’il avait mis à se décider!

Elle ne saurait jamais comment elle avait pu terminer les tâches de la journée, tant son esprit était ailleurs. Elle avait glissé la petite clé dans son soutien-gorge, au plus près de son coeur et il lui semblait qu’elle lui brûlait la peau. Elle avait bien conscience de se conduire comme une adolescente, mais elle n’y pouvait rien. Elle était sur un petit nuage, le regard ailleurs et un sourire épanoui plaqué sur les lèvres, elle n’avait pas conscience des regards intrigués de ses employés qui se retournaient sur son passage. Heureusement, aucun problème majeur ne s’était présenté ce jour-là.

Le plus dur avait été de paraître naturelle lorsque House et Wilson avaient quitté l’hôpital. Malgré son état euphorique, elle n’avait pas encore décidé de ce qu’elle allait faire.

En fait, elle n’y avait pas réfléchi du tout, et maintenant, elle se retrouvait confrontée à la réalité… La balle était dans son camp, et elle sentait une angoisse soudaine monter en elle.

Elle se laissa tomber derrière son bureau, la tête dans ses mains, subitement paniquée par la tournure que prenaient les évènements. Elle subissait soudain de plein fouet tout le poids du geste de House. Rien de ce qu’il faisait n’était jamais anodin. Et maintenant, elle hésitait sur la conduite à suivre. Bien que tout en elle la poussât à se précipiter chez lui, elle savait que cela pourrait changer à jamais le reste de leur vie, et leurs relations futures, et à cette idée, une peur viscérale la clouait derrière ce bureau.

***

Il se força à ne pas bouger, à ne pas se retourner. D’ailleurs, il ne savait plus très bien comment agir. La porte s’ouvrit, se referma, et le silence se fit. Il pivota lentement sur le tabouret du piano.

Elle se tenait debout à l’entrée du salon, immobile, ne sachant pas si elle devait avancer ou bien s’enfuir. Ils restèrent ce qui leur sembla une éternité à se regarder sans bouger, puis il lui tendit la main. Elle laissa tomber son sac et son manteau à terre et s’avança lentement dans la pièce.

Lorsqu’elle s’arrêta enfin devant lui, il la prit par la taille, l’attirant doucement à lui, posant simplement sa joue contre sa poitrine, abdiquant tout orgueil et toute ironie.

Elle se laissa doucement glisser sur le tabouret, à côté de lui, sa main posée sur sa joue rugueuse, glissant le long de son maxillaire, ses doigts venant enfin voleter sur ses lèvres. La bouche de l’homme s’empara successivement de son index, de son majeur, et de son annulaire, avant de glisser vers la paume de sa main et son poignet, suivant la ligne de ses veines. Elle sentit un courant électrique lui traverser le corps, et lorsque ses lèvres se posèrent à la naissance de son cou, elle ne put retenir un léger gémissement.

Il l’embrassait délibérément lentement, légèrement, faisant courir sa bouche sur son cou, son menton, ses joues, ses yeux, revenant se poser délicatement sur ses lèvres, les caressant tendrement sans approfondir le baiser. Elle était au supplice. Une main de House s’était glissée sous son chemisier, remontant le long de sa colonne vertébrale, pendant que l’autre lui caressait doucement la nuque. Une vague brûlante montait de son ventre et lui nouait l’estomac, tout son corps était agité de frissons incontrôlables. C’était délicieusement insupportable.

Il l’attira encore plus près de lui et sa langue s’enroula autour de la sienne en caresses langoureuses.
Ses mains s’étaient glissées à leur tour sous le Tee-shirt de House et le contact de sa peau attisa encore si c’était possible son désir pour lui. Il la repoussa légèrement pour attraper sa canne, et ils se dirigèrent vers la chambre, laissant la porte ouverte pour profiter du léger éclairage du salon.

Il la reprit dans ses bras avec un léger gémissement, presque douloureux. Son désir pour elle était aussi intense que le sien. La main de Lisa s’énervait sur la ceinture du jeans qui finit par déclarer forfait, House avait déjà fait glisser la jupe à ses pieds et il finit de se débarrasser de son pantalon avant de la pousser doucement sur le lit. Ses mains s’activaient sur les boutons du chemisier de soie qu’il finit par faire glisser le long de ses bras, sa bouche prenant à chaque étape du déboutonnage le relais de ses doigts. Elle fit à son tour passer le Tee-shirt par dessus la tête de l’homme, couvrant son torse de baisers aériens.

Ils restèrent un moment immobiles, en sous-vêtements, les yeux dans les yeux, comme incertains de la suite, presque hésitants à franchir le dernier pas.
Même si c’était loin d’être la première fois, ils n’avaient jamais connu cette intimité là. Ils n’avaient jamais connu non plus cette intensité là.

Les mains de House défirent l’agrafe du léger soutien-gorge de dentelle qui alla rejoindre leurs vêtements éparpillés sur le plancher. Ses mains et sa bouche dessinaient des arabesques ininterrompues de baisers et de caresses, affolant le corps de Lisa, elle n’en pouvait plus, ses sens avaient pris le relais de sa raison. Le string et le boxer, derniers obstacles à leurs désirs disparurent à leur tour.

Le temps se suspendit un instant lorsqu’il plongea son regard, rendu presque bleu marine par l’intensité du désir, dans le sien avant de la pénétrer lentement, savourant chaque millième de seconde, s’immobilisant un instant avant d’entamer le voyage éternel vers la jouissance.

Ses mouvements étaient volontairement lents, affolants. A chaque coup de rein, elle le sentait glisser tout entier en elle. Leurs regards, qui se voilaient à chaque instant un peu plus, ne s’étaient pas quittés. Puis soudain tout s’emballa, leurs mouvements se firent violents, leurs souffles courts, les gémissements répondant aux bribes de mots sans suite, et c’est ensemble que le plaisir les foudroya dans un long cri commun.

Ils restèrent longtemps enlacés, immobiles. Lorsqu’il avait voulu la libérer de son poids, elle l’avait retenu, ne voulant pas rompre la magie du contact. Peu à peu, les battements désordonnés de leurs coeurs finirent par s’apaiser et leur souffle redevint normal.

Ils restèrent un long moment silencieux, la main de House caressant tendrement le dos et les épaules de sa compagne, la tête de Cuddy reposant sur sa poitrine.

Puis sa voix rompit le silence :

- Bonne année, Lisa !

FIN
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