L’ombre du passé -4-

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Titre : «L’ombre du passé – Chapitre 4»
Auteur :
Lilou0803
Type :
fanfic
Genre :
Général
Fandom :
Sherlock Holmes
Personnages :
Holmes
Rating :
PG-13 (allusion à la drogue et à l’alcool)
Disclaimers :
L’univers et les personnages de Sherlock Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle
Elisabeth appartient au film « Young Sherlock Holmes » ( »le secret de la pyramide ») de Steven Spielberg

L’ombre du passé -4-

Notes de Sherlock Holmes

02 janvier 1889

Enfin passée, cette maudite période. Je hais les fêtes de fin d’année. Depuis dix huit ans, depuis cette nuit de décembre 1870 qui a vu la fin de mon adolescence et de tous mes espoirs sur les quais gelés de la Tamise, elles marquent toujours le plus triste des anniversaires de mon existence.

Un mois déjà! J’ai plongé dans cette enquête comme on saute d’un pont. Je me noie dans le travail pour oublier le vide de ma vie.
Un mois depuis que Watson et Mary ont emménagé ensemble. Un mois sans une seule nouvelle, un mot, le moindre petit billet… L’égoïsme serait-il un effet secondaire du bonheur? Un mois aussi que je m’efforce difficilement de tenir la promesse qu’il m’a arrachée par traitrise, et s’il m’est occasionnellement, je l’avoue, arrivé de me laisser glisser pour quelques heures dans l’oubli apporté par d’autres substances sensées être moins nocives que celles dont j’use habituellement, j’y ai réussi, avec l’aide du travail et du tendre fantôme qui ne cesse de me hanter parfois jusqu’à l’obsession.

Mais je ne veux pas y penser. Je n’ai pas pris la plume pour relater mes états d’âme, mais j’ai souvent eu l’occasion de remarquer que de coucher les choses par écrit permet parfois d’avoir une vision plus nette de la situation, et puisque Watson n’est plus là pour aiguiser mon cerveau par ses remarques terre à terre…

Moriarty. James. Professeur de mathématiques. Esprit brillant, un génie dans son domaine. Age… incertain, je dirais entre quarante et cinquante ans. Seule trace de famille connue, un soi-disant frère, militaire, dont je doute fort de l’existence réelle. De fait, j’ai pu remonter la trace de Moriarty jusqu’au début de l’année 1871, avant, rien! Il semble être apparu soudainement, comme surgi du néant. De là à supposer un changement d’identité et la constitution d’une famille de convenance…

Je le soupçonne d’être l’instigateur de plusieurs affaires criminelles d’importance majeure, mais sans que rien ne puisse l’y rattacher directement. Il reste donc intouchable, surveillant son organisation tapi telle  une araignée au centre de sa toile. Cet homme est réellement très fort et si je ne le pensais pas aussi maléfique, j’en viendrais presque à l’admirer.
Irène avait raison : au moins pour une fois, je me trouve confronté à un esprit qui n’a rien à envier au mien. Reste à savoir qui sera en fin de compte le plus retors des deux.

Irène… Je n’aurais pas du me remémorer cette scène, j’ai toujours su que les émotions sont mes pires ennemies!

***

21 Janvier

Aujourd’hui, J’ai pu l’observer plus longuement. Cet homme me glace. Jamais criminel ne m’a inspiré plus de dégout et de malaise, il y a quelque chose en lui qui me révulse.
Sous son vernis de respectabilité, se cache un des plus grands esprits maléfiques que la terre ait jamais portés. Tout son être suinte la perversité la plus malsaine. Il a le regard froid d’un reptile, alligator guettant patiemment entre deux eaux que sa proie passe à sa portée… Et j’ai de plus en plus l’impression que sa proie principale, ce pourrait bien être moi, tout le reste n’étant pour lui qu’activités annexes.
Je l’ai débusqué, il l’a compris et désormais une lutte sans merci s’est engagée dans l’ombre entre nous. Je sais déjà qu’il ne reculera devant rien pour m’atteindre, quitte à sacrifier des vies innocentes, et que tout cela ne pourra se terminer que par l’anéantissement d’au moins l’un de nous deux… Tout compte fait, je suis presque heureux de l’égoïsme de Watson, plus il restera en-dehors de tout ça, et moins il courra le risque de devenir une victime collatérale de ce conflit. Si ainsi que je le crois, Moriarty veut ma perte, il s’en prendra d’abord à ceux qui me sont le plus proches et chers.

Lestrade se moque ouvertement de moi et de mes soupçons sans preuves. Il est pourtant particulièrement bien placé pour savoir que je n’avance jamais rien dont je ne sois absolument certain… Ne doit-il pas son poste d’inspecteur à certaine enquête, vieille de dix-huit ans, dont je lui ai bien volontiers laissé le bénéfice à l’époque?
Le démantèlement de la secte maléfique dirigée par Rathe et sa sœur avait non seulement mis fin à toute une série de meurtres rituels atroces perpétrés sur des jeunes filles, mais aussi permis d’expliquer la mort étrange de plusieurs autres personnes dont mon mentor, l’oncle de ma chère Elisabeth.

Après le dénouement tragique de cette affaire, j’étais anéanti et avais quitté Londres pour me réfugier chez mon frère, à la campagne, avec la ferme intention de ne pas en revenir de si tôt. Je croyais avoir enseveli à jamais ma vocation de détective dans la tombe fraichement creusée d’Elisabeth, et je ne pensais même pas revoir Watson un jour. Mais la vie est ainsi faite qu’elle décide souvent pour vous. Sous prétexte de joutes d’esprit de déduction, Mycroft, pour me changer les idées (et dans l’espoir plus ou moins avoué de m’engager un jour dans ses services),  me faisait participer aux affaires les moins secrètes dont il s’occupait, et peu à peu, la soif d’apprendre et celle de résoudre des énigmes de plus en plus complexes a repris le dessus sur mon inertie. L’existence ne retrouvait un peu de saveur que dans le travail qui m’empêchait de penser, et l’inactivité est devenue une ennemie mortelle qui m’a bientôt poussé dans l’enfer de ces paradis artificiels dont Watson a tenté par tous les moyens de m’éloigner.

Je me suis encore laissé aller à des digressions inutiles et improductives, décidément, cette affaire m’entraine de plus en plus dans des pensées que je voudrais pouvoir oublier… Mais pourquoi? J’ai le sentiment obscur que la réponse à cette question pourrait me donner une arme décisive contre Moriarty.

***

15 février

Je fais depuis quelques temps un cauchemar obsédant. Chaque nuit, je revois le regard haineux de Rathe juste avant qu’il ne sombre sous les glaces recouvrant le fleuve, et sa main tendue émergeant encore un moment avant que les eaux glacées ne l’engloutissent définitivement.
Décidément, ce carnet tourne de plus en plus au journal intime, je m’éloigne du sujet de mon enquête, et pourtant, au moment ou j’écris ces lignes, ce regard continue de me hanter. Je dois me changer les idées, un peu d’exercice me fera le plus grand bien, il y a trop longtemps que je néglige l’escrime. Watson serait le premier à me dire qu’il vaut mieux la piqure d’un fleuret que celle d’une seringue pour calmer mes nerfs.

***

16 février

J’ai l’impression de perdre l’esprit.

Depuis hier soir, je me répète que ce ne peut être possible, mais je dois me rendre à l’évidence. Après tout, son corps n’a jamais été retrouvé, alors pourquoi ne pas envisager, par je ne sais quel miracle, qu’il aurait peut-être réussi à survivre?

Même à la salle d’armes, ce regard continuait à me poursuivre. « A quoi pensez-vous, Holmes? Vous êtes déconcentré » : lorsque j’ai été touché, mon adversaire a prononcé les mots qui m’ont projeté dix-huit ans en arrière, pendant une leçon d’escrime, et m’ont ouvert les yeux.
J’ai entendu de nouveau la voix de Rathe : « Restez concentré, Holmes! Vous vous laissez trop facilement emporter par vos émotions! »
Son visage et son regard se sont aussitôt matérialisés devant moi. Tout à coup, j’ai su pourquoi il me hantait chaque nuit… Mon esprit avait compris la vérité depuis longtemps et m’envoyait, nuit après nuit, un message que ma raison repoussait obstinément à l’état de veille.
Maintenant je suis certain que Moriarty et Rathe ne sont qu’une seule et même personne! Pas étonnant que cet homme me glace le sang, à présent que l’évidence s’est imposée à moi, et que j’ai réussi à admettre ce qui me crevait les yeux et que je me refusais à voir, je retrouve aisément les traits de mon ancien professeur sous ceux de mon ennemi juré. La mort d’Elisabeth ne lui a pas suffi, c’est moi qu’il veut depuis tout ce temps… Tout bien considéré, il est moins intelligent que je ne pensais s’il ne s’est pas aperçu qu’il m’a détruit bien plus complètement en prenant sa vie, qu’en prenant la mienne!

Bien entendu, Lestrade me rirait au nez, je n’ai aucune preuve de ce que j’avance, hormis mon intime conviction et la certitude de l’avoir reconnu, et de toutes façons, cela ne servirait pas à grand chose, peu importe, pour les autres, qui il est réellement. Disons que cette révélation me motive encore d’avantage à vouloir mettre cette vermine hors d’état de nuire. Mais je dois avancer prudemment, il ne se doute pas que je l’ai reconnu, cela me donne une longueur d’avance, et je suis bien décidé à suivre les conseils avisés qu’il me donnait lorsque j’étais son élève. Cette fois aucune émotion ne me fera baisser ma garde.
Mais pour commencer, aussi ingrats soient-il, je dois protéger Watson et Mary, et apparaître comme brouillé avec eux tant que je n’aurai pas réussi à mettre Moriarty hors d’état de nuire.

TBC

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3 Responses to “L’ombre du passé -4-”

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