Par amour, par amitié -2-

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Titre : «Par amour, par amitié -2- Par amour»
Auteur : Lilou

Disclaimers : l’univers et les personnages de « moonlight appartiennent à
Ron Koslow etTrevor Munson
Spoiler : Saison 1 – Episode 13 « En rémission » – POV Mick
Genre : Général – Friendship Mick-Josef
Classification : G


Par amour


Ils avaient réussi. Beth, et très accessoirement Talbot étaient sauvés, mais à quel prix ? Oh bien sûr, l’élimination des quelques vampires assassins que les nettoyeuses allaient prendre en charge ne pèserait beaucoup pas sur sa conscience, mais le sacrifice qu’il avait exigé de son ami serait beaucoup plus lourd à expier, même s’il savait que Josef n’y ferait jamais allusion, et refuserait toute tentative de sa part pour lui en exprimer sa reconnaissance, voire tout simplement en parler.

Lorsque ce dernier s’était matérialisé chez lui, il n’avait même pas réfléchi à la raison qui avait poussé son ami à employer son pouvoir de téléportation, dont à sa connaissance il n’avait usé que deux fois depuis qu’il le connaissait, l’autre étant celle où il avait du sauver sa propre vie en échappant aux flammes, lors de l’attentat dont il avait été victime quelques semaines auparavant. Il n’avait pas mesuré à quel point ses amis se souciaient de lui, depuis qu’il était redevenu humain, il avait juste été furieux contre Guillermo de l’avoir prévenu de ce qu’il allait faire, toutes ses pensées étaient alors focalisées sur la manière dont il allait pouvoir délivrer Beth. Les armes qu’il possédait étaient puissantes certes, mais il avait occulté le principal, la chose que Josef venait de se charger de lui rappeler à l’instant sans ménagement : il n’était plus qu’un humain, blessé et affaibli, seul contre un gang de vampires criminels, bien organisés et sans aucune pitié.

Lorsque Josef avait tenté de le raisonner, il n’avait rien voulu entendre, seule comptait sa détermination à secourir la femme qu’il aimait et qu’il se reprochait de n’avoir pas su protéger un peu plus tôt. Il était resté inconscient trop longtemps après avoir été blessé, et avait mis encore plus de temps à rejoindre l’hôpital où Guillermo avait recousu la plaie béante de sa cuisse, il avait perdu beaucoup de sang et son état de faiblesse avait incité ce dernier à alerter le seul être encore capable de faire quelque chose pour l’arrêter avant qu’il ne commette l’erreur irréparable de se lancer seul dans cette folie. Il commençait à se rendre compte que dans des situations comme celle-ci, ses dons de vampire lui faisaient cruellement défaut, et il s’en voulait aussi de penser cela après avoir si violemment souhaité redevenir humain. Un pieu dans chaque main, il avait violemment coupé la parole à son ami.

-  Je suis parfaitement capable de prendre soin de moi tout seul !

Il n’était pas certain que même s’il avait encore été un vampire il aurait pu résister à l’ouragan qui s’était alors soudain abattu sur lui. Josef ne faisait étalage de ses immenses pouvoirs qu’avec une extrême parcimonie, il avait l’habitude d’énoncer en souriant « Je suis un romantique, pas un guerrier ». La fréquentation de cet hédoniste, éternel amoureux des plus belles choses et des plaisirs de la vie, toujours si courtois et maître de lui, avait tendance à vous faire oublier qu’à plus de quatre cent ans, malgré son apparence juvénile, il était l’un des plus anciens et des plus puissants vampires du nouveau monde. Mick l’avait déjà vu faire plier les plus durs de ses concurrents en affaires juste en employant un certain ton, qui les dissuadait, en dépit de son extrême courtoisie, de douter un seul instant que les menaces qu’il proférait n’étaient pas que des images, et il savait que certains de ses ennemis avaient soudain aussi discrètement que mystérieusement disparu de la circulation sans laisser aucune trace, mais jamais encore, il n’avait été le témoin de la véritable étendue de la puissance physique de son ami.

En une fraction de seconde, sans même avoir eu le temps d’esquisser le moindre geste, il s’était retrouvé face à une véritable machine à tuer, d’une implacable précision et d’une incroyable rapidité, projeté de l’autre côté de la pièce, où son dos et son fragile crâne d’humain avaient violemment percuté le mur, pendant que dans le même instant, lui avait-il semblé, une poigne de fer le soulevait par le devant de son T-Shirt.

-  C’est comme ça que tu comptes te battre ? C’est comme ça que tu veux que ça finisse ?

Les yeux injectés de sang, tous crocs sortis, Josef le maintenait plaqué contre la cloison. Au travers de son étourdissement, Mick se rendit compte que son ami fixait en frémissant les veines de son cou, accomplissant manifestement un effort considérable pour résister à la tentation d’y planter les dents. Josef avait libéré le prédateur qui était en lui, et il savait par expérience que dans l’état où il se trouvait, les odeurs conjuguées de sa peur et de son sang constituaient un mélange quasi irrésistible, et que la pulsion était très difficilement contrôlable. Il n’essaya même pas de se dégager, il comprenait que la moindre résistance pourrait faire basculer les choses du mauvais côté. Il essaya de juguler sa crainte et d’affermir sa voix.

-  Lâche-moi ! Je te dis de me lâcher !

Il savait que dans son état normal, son ami ne lui aurait jamais fait le moindre mal, mais jamais il ne l’avait vu déchaîné à ce point. Après quelques secondes d’éternité, Josef reprit le contrôle et le libéra. Mick fit quelques pas en se massant la nuque, une idée commençait à germer en lui, une idée déplaisante, mais c’était la seule solution. La voix du vampire s’éleva derrière lui, encore un peu assourdie par la métamorphose.

-  J’espère que j’ai été clair !

-  Oui, très clair…

Il se retourna brusquement, et quelque chose dans son regard alerta Josef.

-  Quoi ?

Il hésita une seconde. Il n’était pas sur d’avoir le droit de demander un tel sacrifice à son ami, mais la pensée de ce que ses ravisseurs pourraient faire subir à Beth lui donna le courage de prononcer les mots fatidiques.

-  Tu as raison, je ne pourrai pas sauver Beth en tant qu’humain, mais je le pourrais en tant que vampire… Tu dois me retransformer !

Il put voir la stupéfaction s’inscrire dans le regard de Josef.

-  Une seconde, non, non, non, ça c’est…

Une stupéfaction mêlée d’angoisse.

-  Tu dois me retransformer, et tout de suite !

-  Mick, tu es redevenu humain ! Après tout ce que tu as du endurer, tu vas renoncer aussi facilement ?

-  Tu crois que c’est facile pour moi ? Ca… ça n’a rien de facile, crois-moi ! Je n’ai pas le choix !

-  Mais enfin, ce que tu me demandes, c’est…

La colère prit le dessus, mais ce que Josef ne saurait jamais, c’est que la majeure partie de cette colère était dirigée contre lui-même. Bien sur, qu’il savait ce qu’il lui demandait ! Il n’y avait que quelques semaines qu’il connaissait le secret que son ami avait si bien caché depuis plus d’un demi siècle, qu’il connaissait sa souffrance secrète, et le serment qu’il avait fait devant le lit ou Sarah gisait, à jamais perdue entre deux mondes. Il connaissait son sens de l’honneur. Jamais, s’il ne s’était pas agi de Beth, il ne lui aurait demandé de commettre un tel parjure. Il le saisit par le col de sa veste, Josef se laissait faire, l’air soudainement égaré.

-  Ecoute-moi, tu veux bien ? il a Beth, il a ma Beth… S’il te plait, s’il te plait…

Le ton menaçant s’était transformé en humble supplique, ses yeux, rivés dans ceux de son ami exprimaient tout ce qu’il ne disait pas, la honte et le remords mais aussi une détermination sans faille, il vit que Josef avait bien déchiffré le non-dit, et perçut son déchirement. Mick comprenait son hésitation, non seulement il allait devoir briser son serment, mais il allait aussi devoir affronter l’angoisse que ce qui était arrivé à Sarah puisse se reproduire, il mit dans son regard la confiance inconditionnelle qu’il avait en lui.

-  … Mon frère !

-  Mick…

L’émotion qu’il lut dans les yeux de Josef remplit les siens de larmes.

-  … Pardonne-moi !

Après un hochement de tête, il tendit son cou au vampire. Il n’avait presque aucun souvenir de sa première transformation, Coraline l’avait pris par surprise, dans son sommeil, et tout ce qui s’était passé avant son réveil, le lendemain matin, était resté dans le flou, comme un cauchemar. Il fut surpris par la rapidité de l’attaque et la fulgurance de la douleur, avant de réaliser, en sombrant dans une semi-inconscience, que Josef devait essayer de le faire souffrir le moins possible. Il eut encore vaguement conscience de la faiblesse et du froid qui l’envahissaient, puis d’être doucement allongé sur quelque chose de dur. Un moment plus tard, une goutte de liquide chaud vint s’écraser sur ses lèvres, et il entendit une voix anxieuse, qui lui semblait venir de très loin, mêlée à ce qui ressemblait à un sanglot étouffé.

-  Debout, Mick, réveille-toi !

Au bout d’un long moment, le prédateur commença à se ranimer, l’odeur du sang vint frapper ses narines, et sa langue en goûta la saveur sur ses lèvres. Il trouva instinctivement le bras d’où s’écoulait le liquide vital et l’agrippa fermement avant de le porter à sa bouche pour s’y abreuver longuement, goulûment. Il ne vit pas la douleur sur le visage de Josef, ni son regard passer de l’inquiétude au soulagement, il ne le vit pas non plus contempler la morsure encore sanguinolente son avant-bras, déjà en train de se refermer, d’un air à la fois presque incrédule et infiniment triste.
Lorsqu’il se redressa et ouvrit enfin des yeux devenus blanchâtres, ses plaies étaient déjà cicatrisées, sa bouche s’ouvrit sur ses crocs, et un grondement qui n’avait rien d’humain sortit de sa gorge. Cette fois, il n’aurait pas besoin d’apprentissage, il se retourna vers celui qui venait de devenir son second géniteur, et les deux vampires s’étreignirent. Aucun mot ne fut échangé, ils savaient tous les deux qu’ils ne reparleraient jamais de ce moment. Mick savait que son ami pensait à celle qui ne s’était jamais réveillée, à sa promesse trahie, il resserra son étreinte, aujourd’hui, grâce au sang de Josef, une autre jeune fille allait pouvoir être sauvée, il n’avait pas le droit d’échouer, ce combat, il le gagnerait, pour Beth, mais aussi pour Josef et pour Sarah.

-  Allons-y !

FIN

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