Le prix à payer

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Titre : “Le prix à payer”
Auteur : Lilou
Bêta
: Moi
Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée « House md »
Genre : Drama – Romance
Classification : NC-17
Avertissement : Scène à caractère sexuel

Résumé : “il sait aussi que deux vies auront été le prix à payer pour cela

N/A : Cette fic se déroule bien avant que nous fassions la connaissance des personnages, et pourrait être une des explications de l’origine  du caractère de House.

Publiée le 05-01-09 

***

Lumières aveuglantes, brouillard, silhouettes floues, visages penchés sur lui dont il ne distingue vraiment que les yeux. Obscurité, voix lointaines… Il a l’impression d’être au coeur d’un vieil épisode des envahisseurs. Il doit rêver, il fait un cauchemar, il va bientôt se réveiller!

***

Deux jours plus tôt

Etendu sur la plage, il la regarde s’éloigner vers le rivage, ses longs cheveux couleur de miel foncé cascadant jusqu’au creux de ses reins, le corps nimbé par le soleil d’une lumineuse aura dorée qui accentue son léger bronzage.

Il ne se lasse pas de la regarder. Il aime chaque partie de son corps, chaque parcelle de sa peau. Il aime enfouir son visage dans ses cheveux, poser ses lèvres à la naissance de son cou, à l’endroit où il peut sentir battre son coeur, et se gorger de son parfum sucré. Il aime…. Il l’aime! Elle est le plus beau cadeau que la vie lui ait fait. Il donnerait tout pour elle.

Elle s’est retournée et l’appelle d’un geste de la main. Il se lève pour la rejoindre.

Ils ont 25 ans, ils sont heureux, amoureux, et la vie leur sourit.

Elle est déjà dans l’eau jusqu’aux hanches lorsqu’il atteint la rive. Taquine, elle l’arrose légèrement avant de s’éloigner en courant dans les vagues. Il s’élance à sa poursuite, mais elle a plongé et il la perd de vue un court instant. Elle émerge tout près de lui, les cheveux plaqués contre le visage, elle le fait basculer dans la mer avec elle, et ils jouent un moment à se poursuivre en nageant.

Lorsqu’ils reprennent pied, il la prend par la taille et l’attire vers lui, plongeant ses yeux d’azur dans le regard noisette pailleté d’or. Il écarte quelques mèches de son visage et se penche pour goûter le sel sur sa bouche.

D’abord léger, le baiser se fait très vite passionné. Elle a collé son corps contre le sien et il peut sentir ses mamelons dressés,  contre sa poitrine. Bientôt, son désir se fait si évident, qu’elle s’écarte un peu de lui et déclare en riant :

- »J’en connais un qui va avoir l’air fin, en sortant de l’eau! »

Il jette un coup d’oeil penaud vers la plage puis éclate de rire à son tour avant de la reprendre dans ses bras.

- »On n’est pas obligés de sortir tout de suite, et tout problème a sa solution. »

Ils ont nagé jusqu’au ponton de bois qui s’avance dans l’océan et se sont glissés sous les traverses, à l’abri des regards des estivants occupés à bronzer sur la plage, et assez loin des autres baigneurs pour ne pas être dérangés.

Le désir renaît aussitôt qu’il la reprend dans ses bras. Ils restent un moment immobiles, corps contre corps, les yeux dans les yeux, savourant le délicieux supplice de l’attente, jusqu’à ce que leurs sens ne prennent le dessus dans une hâte fébrile.

Leurs bouches avides se retrouvent, leurs langues se mêlent, leurs dents s’entrechoquent. Leurs mains s’affolent, ils ne prennent pas la peine de se défaire entièrement de leurs maillots de bains. Les dents de l’homme ont fait glisser le soutien-gorge et ses lèvres s’égarent sur les seins de sa compagne qui se cambre en gémissant sous la caresse. Elle enroule ses jambes autour de ses hanches et son bassin entame une danse lascive qui les embrase tous les deux. Le caleçon de l’homme glisse le long de ses cuisses et son sexe dressé, butant contre le mince bout de tissu du maillot de bains finit de lui faire perdre la raison. Le léger obstacle enfin écarté, elle se laisse glisser sur lui avec un râle de plaisir. La sensation d’apesanteur procurée par l’eau décuple encore leurs sensations. La jouissance arrive très vite, en longues vagues de plaisir. La tension  a été si forte qu’ils restent un long moment immobiles, enlacés, le souffle court et les muscles frémissants avant de reprendre leurs esprits.

Pendant qu’ils rajustent leurs maillots, il la regarde avec ce sourire un peu ironique qui la fait fondre :

- »Tu vois, je te l’avais bien dit, tout problème a sa solution! »

***

Des odeurs familières viennent agresser ses narines. Désinfectant, antiseptiques… Odeurs d’hôpital! Non, il rêve encore! Il est en vacances. L’océan, le bungalow près de la plage d’où on peut entendre le bruit des vagues…

Sa tête s’agite sur les coussins…

- »Sarah! »

Il s’est dressé sur le lit en criant son prénom, les yeux soudain grands ouverts.

La femme qui lisait sur un fauteuil à côté du lit s’est levée à son cri. Elle le prend dans ses bras et le berce doucement contre son sein en lui caressant les cheveux.

- »Calme toi, mon chéri! »

La voix apaisante remonte du fond de son enfance.

- »Maman! »

- »Je suis là, mon chéri, ça va aller, maintenant! »

- »Maman! Qu’est ce que tu fais là?… Qu’est ce qu’il se passe?… Pourquoi un hôpital?… Ou est  Sarah? »

Il veut de se lever, tente d’arracher sa perfusion, mais deux infirmier sont entrés dans la chambre et le maintiennent sur le lit jusqu’à ce qui cesse de s’agiter.

Ses yeux cherchent le regard de sa mère :

- »Sarah! »

- »Elle est vivante. »

Elle a répondu très vite, sachant que c’est la seule chose qui pourra empêcher son fils de faire une folie.

Il ferme les yeux un instant, le temps de reprendre son sang froid, et c’est calmement qu’il pose un regard interrogateur sur la femme debout à côté du lit.

C’est elle qui prend la parole :

- »Vous avez eu un accident… »

Il n’entend pas la suite. Seuls quelques mots atteignent son cerveau. « Chauffard ». « Fuite ». « Trauma crânien ». « Thorax enfoncé ». « Epaule… ». Il se fiche de tout ça, la seule question à laquelle il voudrait une réponse se résume en un prénom :

- »Sarah? »

Blythe House baisse les yeux.

- »Elle a été plus gravement atteinte. En plus des multiples traumatismes subis, elle a fait une défaillance rénale, elle est sous dialyse, et est maintenue en coma artificiel en attendant un donneur compatible. »

- »On est du même groupe sanguin. Je dois être compatible, il faut que je le sois! Il faut faire les tests. Immédiatement! Je veux voir le médecin qui s’occupe d’elle! »

- »Calme toi, mon chéri, ils font leur maximum, tu sais! »

- »Je veux la voir! »

- »Tu ne peux pas te lever, tu es encore trop faible. Les médecins… »

- »Je te rappelle  que moi aussi, je suis médecin! »

« Félicitations, Dr House, vous êtes major de votre promotion et le plus jeune diplômé de la faculté….bla bla bla »

… Combien de temps? …Il se souvient très bien des trois premières journées de vacances. Bonheur absolu, paradis sur terre…

- »C’est arrivé quand? »

- »Il y a deux jours. Vous rentriez de la plage. »

Ce jour là ils étaient partis en moto, sans destination précise, juste pour profiter du soleil, de leur liberté et de leur jeunesse. Ils s’étaient arrêtés près d’une petite crique peu fréquentée dans laquelle s’avançait un vieux ponton en bois d’un autre âge.

Il revoit les pupilles pailletées d’or écarquillées et légèrement voilés par la jouissance…

Le soir ils avaient mangé dans un petit italien avant de rentrer. La nuit était belle et douce, il roulait lentement, savourant le contact de son corps contre son dos et de ses bras autour de lui. Elle savait qu’il aimait la sentir ainsi, tout contre lui.

Puis… Son réveil dans cet hôpital, avec sa mère à son chevet… « Amnésie rétrograde post-traumatique. »

Ses yeux se ferment sans qu’il s’en rende compte. L’effort qu’il a fait en essayant de se lever a eu raison de ses forces.

Le soleil a considérablement baissé lorsqu’il se réveille, et sa mère n’a pas quitté son chevet. Leurs regards se croisent et il lit la tristesse et l’inquiétude dans le sien.

Il n’a pas le temps de parler. Un médecin vient d’entrer dans la chambre. C’est un homme entre deux âges, à l’air affable et fatigué.

- »Bonjour, je suis le Dr Watson et accessoirement directeur de cet hôpital, c’est moi qui m’occupe de vous et de votre amie. Vous avez… »

- »Je sais ce que j’ai, je m’en remettrai! Comment va Sarah? »

- »`Voilà qui s’appelle aller droit au but. Votre mère m’a dit que vous êtes médecin. Je n’irai donc pas par quatre chemins, il vaut toujours mieux crever l’abcès rapidement : mal, très mal! »

- »Je dois la voir, il faut que je la voie! »

- »Votre mère m’a aussi dit que vous souhaitez lui donner un de vos reins. Nous avons fait les tests. Vous êtes bien compatible, mais vous êtes encore trop faibles, vous ne supporteriez pas l’opération. »

- »Je m’en fiche, il faut qu’elle vive! »

- »Vous m’avez mal compris, quand je disais vous, je parlais de tous les deux, et d’elle en particulier.  Elle a perdu énormément de sang, elle a subi de multiples traumatismes. Il faut que vous sachiez qu’après avoir été éjectée elle a été percutée par un autre véhicule qui arrivait en sens inverse. Je ne vous cacherai pas que son état est critique. »

- »Il y a forcément quelque chose à faire! »

- »Oui, attendre encore un ou deux jours pour voir comment elle évolue, et si vous êtes croyant… prier! »

- »Je vous en supplie, laissez-moi la voir! »

Pour la première fois de sa vie, les yeux pleins de larmes retenues, il supplie quelqu’un. Il sait que tout seul, il ne pourra rien faire. Il a bien compris tout à l’heure qu’il était encore trop affaibli.

Le médecin le jauge un instant, plongeant son regard dans le sien, il hésite visiblement, puis se décide brusquement au vu de la détermination qu’il a lue dans les yeux de ce jeune homme inconnu, dont il se sent pourtant soudain si proche.

- »OK, on va vous emmener près d’elle. »

Des heures. Personne n’a réussi à lui faire quitter son chevet, malgré le fait qu’il soit sur un fauteuil roulant. Il a tempêté, menacé, imploré, arraché sa perfusion… Le Dr Watson a fini par donner l’autorisation de le transférer dans la même chambre qu’elle.

Il voudrait pouvoir faire quelque chose, n’importe quoi! A quoi lui sert d’être Grégory House, déjà une légende à 25 ans, s’il ne peut rien faire pour la seule personne qui ait jamais compté à ce point pour lui?

La frustration provoquée par ce sentiment d’impuissance l’accable. Il voudrait tellement être à sa place. Pourquoi est-ce elle qui a été la plus gravement atteinte? C’est injuste, c’est insupportable. Il se sent coupable d’être en vie, éveillé et hors de danger, alors qu’elle…

On lui a raconté… Il n’est pas responsable. Il roulait lentement, un chauffard leur a coupé la route, les a percutés avant de prendre la fuite… Le conducteur de la voiture qui arrivait en sens inverse n’a pas eu le temps de s’arrêter assez tôt…

Des envies de meurtre le traversent.

Il passe des heures à tenir sa main dans les siennes pour garder le contact avec elle. A lui parler. A lui raconter leur avenir. A lui dire à quel point il l’aime…

Il s’est même surpris à prier! A invoquer un Dieu, une puissance supérieure de la sauver, de prendre sa vie en échange de la sienne…

La nuit est tombée depuis longtemps. Il a réussi à convaincre sa mère d’aller se reposer à son hôtel. De le laisser seul avec elle.

Avec les pires difficultés il est parvenu à se glisser sur le fauteuil roulant et à se propulser à son chevet pour reprendre sa main. Il sait qu’il ne pourra rien faire de plus, mais il veut à tout prix garder ce contact, comme si cela pouvait lui insuffler un peu de sa force de vie.

Un frémissement le fait sursauter. Il s’était assoupi, la tête posée sur le lit. Sa main n’est plus dans la sienne. Elle l’a posée sur ses cheveux qu’elle caresse doucement.

Une joie immense l’envahit… Elle est réveillée! Mais au même moment l’impossibilité de la chose lui apparaît dans toute son horreur… Comment aurait-elle pu  sortir seule d’un coma provoqué?

Il lève les yeux vers son visage épargné. Elle est si belle à ce moment, comme illuminée de l’intérieur, ses yeux le regardent avec une telle intensité qu’il en est bouleversé au plus profond de lui-même et que les larmes montent à ses paupières.

- »Greg… »

- »Mon amour… »

Sa voix s’étrangle dans un sanglot incontrôlable.

- »Shttt… Ne sois pas triste! »

C’est elle qui le console.

- »Il faut que je parte. »

- »Non! Tu vas aller mieux, je vais t’aider, tu vas t’en sortir, tu… »

- »Greg!

Son regard plonge dans le sien, il a l’impression de se noyer, il voudrait lui transmettre toute la vie qui reste en lui.

- »Je t’aime, Greg. »

Les larmes roulent sur ses joues en flot continu, mais il ne s’en rend pas compte.

- »Je t’aime aussi. »

- »Embrasse… »

Elle ne peut pas finir sa phrase, sa tête roule sur l’oreiller.

Il a réussi à se lever, au prix d’un effort démesuré, il se penche sur elle et pose ses lèvres sur les siennes juste à temps pour recueillir le dernier souffle chaud qui s’échappe de cette bouche tant aimée.

Ses forces l’abandonnent et il tombe lourdement sur le sol, évanoui.

L’infirmière de garde alertée par le bruit entre à ce moment et donne l’alerte.

Il reprend conscience presque immédiatement. Deux infirmiers sont en train de le relever. Il distingue des formes qui s’agitent autour du lit. Des expressions familières jaillissent : « En charge! », « On dégage! » Puis soudain le calme revient, et dans le silence les mots fatidiques tombent : « Heure du décès… »

- »NOOON!

Il a hurlé, il parvient à échapper aux infirmiers et à se précipiter vers le lit. Il veut continuer le massage cardiaque. Des mains le tirent en arrière.

- »C’est fini, il n’y a plus rien à faire. »

- »Ce n’est pas possible, elle s’était réveillée…. »

Les internes et les infirmiers échangent des regards entendus…

- »Elle n’a pas pu se réveiller toute seule. Vous avez du rêver. »

Il sait qu’il est inutile d’insister, ils le prendraient pour un fou. Alors il se tait. Mais il refuse de quitter la chambre. Il accepte juste de se rasseoir sur le fauteuil roulant, et leur demande de partir. Il veut rester seul avec elle.

Ils ont débranché tous les appareils et les perfusions. Un léger sourire persiste sur ses lèvres. Elle a l’air si sereine.

Il sait, lui, qu’il n’a pas rêvé, qu’elle s’est vraiment réveillée pour lui dire adieu. Il est sur qu’elle a senti sa présence, son contact, entendu sa voix, pendant tout le temps. Il est sur que la force de leur amour a pu accomplir ce fragile miracle.

Il pleure toutes les larmes qu’il a retenues depuis son enfance difficile auprès d’un père impitoyable, à qui il a toujours refusé de donner cette preuve de faiblesse.

Blythe House a été prévenue, elle est là, dans le couloir, elle le regarde à travers le rideau imparfaitement tiré qui isole la chambre des regards. Elle n’entrera pas, bien que le désespoir de son fils lui déchire le coeur. Elle comprend qu’elle doit les laisser seuls pour cette dernière nuit. Malgré son désir de le prendre dans ses bras, elle sait qu’en ce moment il ne lui appartient plus. Qu’elle doit respecter sa douleur pour l’aider à faire son deuil. Mais personne ne doit le voir dans cet état.

Cette nuit, elle sera la gardienne de sa porte, et de son désespoir.

Lorsque sa mère et le Dr Watson entrent dans la chambre, le lendemain matin, il a cessé d’être le jeune homme insouciant et heureux de vivre. Son visage désormais impassible s’est durci et ses yeux expriment une froide détermination.

Plus jamais il ne sera le même, plus jamais il ne se laissera dicter sa conduite par de quelconques sentiments. Il a fermé son coeur, et entouré son âme d’une carapace indestructible. Désormais, il consacrera sa vie à la médecine et rien ne pourra infléchir la voie qu’il s’est tracée. Il sera le meilleur. Il fera tout ce qu’il faudra pour ça, même si pour cela il doit se faire haïr du monde entier.

- »S’il vous plaît, tout le monde connaît la cause de sa mort, elle a été assez mutilée comme ça… »

Watson hoche la tête. Il accepte. Pas d’autopsie.

Il regarde avec pitié ce jeune homme qui vient de subir la pire chose qui puisse arriver : être médecin et ne pouvoir rien faire pour sauver l’être qui vous est le plus cher.

Il a décelé chez lui des qualités uniques, et il prévoit que très bientôt le nom de Grégory House sera connu bien au-delà des frontières. Mais il sait aussi que deux vies auront été le prix à payer pour cela. Les vies de deux jeunes gens de 25 ans à qui tout semblait sourire, et il ne sait, de la jeune femme morte ou du jeune médecin à la vie fracassée, celui pour lequel il éprouve le plus de compassion.

FIN

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