221B – Terreurs nocturnes

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Titre : « 221B » Terreurs nocturnes
Auteur :
Lilou0803
Type :
fanfic
Genre :
Friendship
Fandom :
Sherlock (BBC-2011)
Personnages :
Sherlock
Rating :
G
Disclaimer :
L’univers et les personnages de Sherlock Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, la série « Sherlock » à la BBC
Spoiler : post Ep.2 – Saison 2

Terreurs nocturnes

Il était perdu. Autour de lui, le brouillard s’était rapidement épaissi jusqu’à ressembler à un immense cocon oppressant, qui étouffait tous les bruits alentour et rendait toute orientation impossible. Seul l’écho de ses pas venait troubler ce silence accablant, faisant crisser les feuilles mortes et craquer les branches tombées à la fin de l’automne, qui finissaient de pourrir sur le sol et se brisaient sous ses pieds dans de sinistres claquements. Un buisson accrocha un pan de son manteau, il avait l’impression que la forêt essayait de le retenir de ses longs doigts crochus.

Il la sentait revenir, s’approcher silencieusement, monter en lui lentement, irrésistiblement. C’était un combat perdu d’avance, il le savait, depuis leur retour de Dartmoor, cela se reproduisait nuit après nuit, sans qu’il puisse rien y faire. Cette sensation étrange qui lui coupait le souffle, oppressait sa poitrine sans qu’il puisse la contrôler. Cette… émotion. Il fallait bien se résoudre à appeler les choses par leur nom!

Étendu dans le noir, les yeux grands ouverts, il tentait de contrôler son pouls. Une fois encore, il s’était réveillé en sursaut, couvert de sueur mais glacé jusqu’aux os. Là-bas, dans le Creux, il avait connu la peur, la terreur, même, il avait douté de ses propres sens, il en avait été profondément choqué jusqu’à ce qu’il comprenne que cette manifestation de faiblesse humaine tellement éloignée de sa personnalité n’était que le résultat d’une drogue inhalée à son insu. Dans l’état où il se trouvait, il avait un peu plus tard proféré des choses que même lui aurait évitées en temps normal. Sociopathe, certes, mais il connaissait les limites à ne pas dépasser pour garder une chance d’avoir un semblant de vie relativement sociale.

C’était le lendemain matin, les vapeurs de la drogue évaporées, qu’elle s’était manifestée pour la première fois… enfin, pour être tout à fait honnête, peut-être pas tout à fait la première fois, mais du moins d’une manière aussi forte. Il devait bien se l’avouer, au cours de ces derniers mois, son insensibilité avait été à plusieurs reprises mise à rude épreuve, et parfois même presque vaincue … Presque ? Il aurait bien voulu pouvoir effacer le souvenir du regard de Molly Hopper le soir de Noël, celui des mots qu’il avait prononcés et du baiser qu’il lui avait donné, ils avaient pourtant été sincères, c’était bien la que résidait le problème. Il aurait bien voulu pouvoir effacer le souvenir de… mais il ne voulait plus prononcer son nom. Et un peu plus tard ce même jour, comble de la honte, n’avait-il pas, tout au fond de lui, été content de voir Lestrade dans le bar ?

Mais ce matin-là, dans ce cimetière où un vent aigre finissait de chasser les dernières langues de brume paresseuses qui s’attardaient encore autour des tombes, elle l’avait assailli avec une force jamais égalée, qui l’avait désarçonné. Quel nom lui donner ? Honte, remord, culpabilité ? Certainement un mélange de tout ça avec en plus, la peur panique de perdre la seule personne au monde qu’il ait jamais considéré comme un ami, la seule personne au monde qui l’ait de prime abord accepté tel qu’il était, qui n’ait jamais essayé de le faire changer, qui soit resté indéfectiblement à ses côtés lorsqu’il en avait eu besoin, quitte à sacrifier sa propre vie privée pour un être qui n’en méritait certainement pas autant. Cette peur, elle était très différente de celle éprouvée la nuit précédente, mais d’autant plus terrifiante et viscérale qu’elle était bel et bien réelle. En manquant de la perdre, il avait découvert à quel point la chaleur de cette amitié lui était devenue indispensable. Depuis, cette peur ne le quittait plus, revenant le hanter nuit après nuit. L’idée qu’il puisse replonger dans sa solitude lui pétrifiait le cœur, et le faisait chaque nuit errer dans des brumes hostiles et glacées où il finissait par se perdre immanquablement. Oui, cette fois, Sherlock Holmes avait bien du se rendre à l’évidence, il avait bel et bien un cœur, et cette vulnérabilité nouvelle le terrifiait.

TBC

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