Rencontres – 1 – Josef

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Titre : «Rencontres » -1- Josef
Disclaimers : l’univers de « moonlight, Josef et Mick  appartiennent à Ron Koslow etTrevor Munson.
Genre : Drama– Friendship Mick-Josef
Classification : K+

Josef

En raccrochant son téléphone, il se sentait plus léger, presque soulagé. Coraline s’était enfin réveillée, et même si la nouvelle n’atténuait en rien l’horreur de ce qui venait d’arriver, un rayon d’espoir venait enfin percer les ténèbres qui avaient recouvert sa vie depuis que l’info était tombée, en plein cœur de la nuit : Les bureaux du richissime trader Josef Kostan venaient d’être entièrement détruits par une explosion sans doute d’origine criminelle, et il y avait de fortes présomptions pour que plusieurs personnes dont lui-même aient péri dans l’attentat. Mick s’était immédiatement rendu sur les lieux. Lui n’avait aucun doute, c’était le soir de leur partie de poker hebdomadaire, il savait que Josef et au moins deux autres personnes étaient présentes au moment de l’explosion, et sans un rendez-vous retardé à la dernière minute par un client, il aurait du s’y trouver aussi. Il ne pouvait rien faire de plus ici pour ce soir, il allait passer à l’hôpital avant de rentrer chez lui.

La voix de l’infirmière le fit presque sursauter.

- Quelques minutes seulement, elle est encore très faible !

Elle paraissait tellement vulnérable, allongée sur ce lit d’hôpital qu’il avait presque de la peine à se persuader que c’était bien son ex-femme qui gisait là.
Elle avait toujours su lire en lui comme dans un livre.

- Mick ! On dirait que tu as perdu quelqu’un !

- C’est le cas… Josef est mort.

- Oh mon Dieu ! Je me souviens du jour où je vous ai présentés, tu le trouvais prétentieux et arrogant, lui pensait que tu n’avais pas l’étoffe d’un vampire… Qui aurait pu s’imaginer un seul instant que vous deviendriez les meilleurs amis au monde.

La vision d’un Josef souriant et désinvolte s’imposa à lui et un étau broya son cœur dans sa poitrine.

- Oui… Et maintenant il est parti.

L’espace d’un battement de cœur, l’ombre de l’ami disparu envahit la chambre, ranimant les souvenirs.

Beverly Hills, Los Angeles, été 1952.

Il s’apprêtait à battre en retraite dans la villa, il savait qu’il faudrait bien qu’il finisse un jour ou l’autre par s’y habituer, mais il n’arrivait décidément pas à se sentir à son aise dans ces soirées de rupins. Ces gens-là ne feraient jamais partie des siens, il n’était pas de leur milieu, et n’avait nulle envie de devenir comme eux. Les stars qui planaient au firmament de la gloire, en dépit de leurs belles déclarations sur « la grande famille des artistes », méprisaient ouvertement le modeste musicien d’orchestre qu’il était resté, et lorsqu’il animait leurs soirées, il restait transparent aux yeux des riches privilégiés qui l’employaient.
Il sourit pour lui-même, il était injuste, il n’avait pas été transparent aux yeux de Coraline.

- Mick !

De l’autre côté de la piscine, une jeune femme blonde agitait la main, lui faisant signe de l’attendre. Décidément, il avait tout faux, ce soir, toutes les stars ne se ressemblaient pas.

- Norma ! Je ne savais pas que tu étais invitée.

- Je ne le suis pas, c’est Marylin qui est invitée… Quelle barbe ces réceptions !

La fête battait son plein dans les jardins de la luxueuse demeure perchée sur les hauteurs de Beverly Hills, la nuit était douce, et le champagne coulait à flots.

- De quoi est-ce que tu te plains ? Tu es enfin arrivée là ou tu as toujours voulu être, on ne parle plus que de toi à Hollywood : Marylin Monroe la star montante de la Fox !

- Arrête de te moquer, Mick, tu me connais mieux que ça ! Pour eux, je ne suis qu’un morceau de viande sans cervelle.

Il balaya d’un regard appréciateur les formes épanouies de la jeune femme, moulée dans une robe fourreau qui ne dissimulait rien de ses avantages.

- Un morceau de viande très appétissant… Aïïï, ma cheville !

- Un jour, je serai reconnue pour mon talent !

Il l’avait connue quelques années auparavant, lorsque la jeune starlette aux longs cheveux châtains s’appelait encore Norma Jean Baker et qu’ils fréquentaient tous deux les mêmes repaires pour artistes fauchés. Ils avaient même failli travailler ensemble, une fois. Pour elle, le temps des vaches maigres était désormais révolu, mais le voile de détresse au fond de ses yeux était toujours là.

- Tu es venue seule ?

- Joe n’a pas voulu venir, il a une sainte horreur de ces sauteries… Moi, je n’ai pas le choix, service commandé, je fais la promotion de l’article !

Elle tourna lentement sur elle-même, les bras levés, vida son verre cul-sec et cueillit au vol une autre coupe au passage sur un plateau.
Les fêtes de Miss Duvall comptaient parmi les plus fastueuses de Los Angeles et les plus prestigieuses célébrités auraient donné, donnaient souvent, une fortune pour y être invitées, un peu plus tôt, il avait aperçu Elisabeth Taylor et Michael Wilding, les jeunes mariés en vue du moment, et Coraline, assise dans un fauteuil en rotin, était en grande conversation avec Gary Cooper qui triomphait dans « le train sifflera trois fois ».

- Tu ne devrais pas boire autant, Norma.

- Ça m’aide à faire semblant ! Tu joues, ce soir ? Je n’ai pas reconnu tes musiciens.

- Non, je… En fait, j’habite ici.

- Ici ? Tu veux dire… Non ! Tu vis avec Coraline Duvall ?

- Garde ça pour toi, d’accord ? On va se marier.

- Mais c’est merveilleux ! Oh Mick, je suis tellement heureuse pour toi !

- C’est encore un secret, OK ?

- Ça restera entre nous, croix de bois croix de fer… Tiens, quand on parle du loup, voilà ta dulcinée… Qui est le beau garçon avec elle ?

- Je n’en sais rien.

Le couple qui s’avançait vers eux ne courrait aucun risque de passer inaperçu. Coraline, moulée dans une robe de soirée écarlate, pouvait sans aucun complexe rivaliser avec n’importe laquelle de ses éblouissantes invitées, quand à l’homme qui l’accompagnait, sa suprême élégance, qui frappait tout un chacun au premier coup d’œil, devait plus à sa façon de se mouvoir qu’à sa tenue décontractée. Il émanait de lui, malgré sa jeunesse, un magnétisme et une séduction tellement innés, que les mâles présents s’en sentaient instinctivement menacés et se rapprochaient ostensiblement de leurs compagnes, comme pour affirmer leur propriété. Les femmes qu’il croisait se taisaient brusquement et ne pouvaient s’empêcher de le suivre des yeux. L’image d’un grand fauve se forma dans son esprit, et Mick sentit à la fois une vague d’antipathie et une étrange attirance l’envahir. Il ne put s’empêcher de grommeler entre ses dents un « bellâtre » rageur, tout en reconnaissant au fond de lui-même que c’était uniquement la jalousie qui lui avait dicté ce qualificatif, dont le jeune homme n’aurait pas pu être plus éloigné. Marylin lui donna une tape sur le bras avec un clin d’œil taquin :

- Vilain jaloux ! Avant de décocher un sourire éblouissant au séduisant inconnu.

Coraline prit la parole, l’air enjoué.

- Mick ! Je te cherchais. Marylin, vous êtes absolument divine… Est-ce que je devrais être jalouse ?

- Nous…

- Je plaisante, voyons, je sais que vous êtes de vieux amis, tous les deux ! Elle se tourna vers son compagnon. A propos de vieilles connaissances, voici Ch…

Le jeune homme, qui s’était emparé d’une main et des yeux de Marylin lui coupa vivement la parole, s’attirant un regard perplexe.

- Josef… Josef Konstantin. Je n’imaginais pas en débarquant ici ce soir à l’improviste, avoir le bonheur de faire la connaissance de la plus belle étoile de notre galaxie !

Se présenta t-il en effleurant de ses lèvres, avec une aisance de grand seigneur, le bout des doigts de la main qu’il n’avait pas lâchée. La jeune star semblait s’être pétrifiée, et pour une fois, se trouvait à court de ces réparties spirituelles qui démentaient l’image de magnifique poupée un peu simplette que les studios lui avaient fabriquée.

- Et voilà ! Le charme de Josef a encore frappé ! J’espère que tu n’envisages pas de monter une maison de production à L.A., les autres studios n’auraient plus qu’à mettre la clé sous la porte, tu leur piquerais toutes leurs stars !

- Tu me surestimes, ma chère Coraline… Mais ne me défies pas, je pourrais être tenté !

Avec un sourire désinvolte, le dénommé Josef s’inclina devant la jeune femme brune, qui se tourna vers Mick en riant.

- Tout ce que touche Josef se transforme en or ! Il est de passage en Californie et m’a demandé l’hospitalité pour quelques jours, c’est un ami de très longue date. J’espère que vous sympathiserez.

Mick se força à grimacer un semblant de sourire en tendant la main à Josef.

- Ravi de vous connaître. Le ton démentait la chaleur du propos, et un éclair d’ironie brilla dans les yeux de son interlocuteur.

- Moi de même, Coraline m’a beaucoup parlé de vous.

- Je ne peux malheureusement pas en dire autant, elle est très discrète sur sa vie en général, et ses amis en particulier.

- Ah oui ? il lança un regard mi- amusé mi- intrigué à la jeune femme … mais préserver le mystère, réserver des surprises, n’est-ce pas aussi l’un des secrets de son charme ? Elle m’a dit que vous étiez musicien, j’adore la musique !

Sans transition, il pirouetta vers la jeune actrice qui continuait à le fixer, comme fascinée.

- M’accorderez-vous l’inoubliable faveur d’une danse, Miss Monroe ?

Fit-il en l’enlaçant sans attendre de réponse. Mick se tourna vers Coraline.

- D’où est-ce qu’il sort celui-là ?

- Josef vit à New-York, c’est un de mes plus vieux amis.

- Crétin arrogant et prétentieux… S’ils sont tous sur ce modèle, tes vieux amis, on se passe aisément de les connaître ! Il en rajoutait à dessein, parfaitement conscient que le charisme du jeune homme pouvait rapidement abattre n’importe quelles défenses, y compris les siennes.

- Ne t’arrête pas à ta première impression, je t’assure qu’il gagne à être connu… S’il te plait Mick, montre-toi un peu sociable ! De toute façon, il ne reste que quelques jours.

- Qu’est ce qu’il y a eu entre vous ?

- Je te l’ai dit, c’est un ami, je le connais depuis… depuis une éternité, tu ne vas pas être jaloux de tous les hommes que je connais, tout de même !

- De tous ceux que tu connais, que tu as connus et que tu connaîtras. Il l’enlaça et enfouit son visage dans ses cheveux avant de poser ses lèvres à la naissance de son cou. Elle frémit sous la caresse, mais se dégagea en riant.

- Ben voyons, tu n’as plus qu’à me séquestrer, pendant que tu y es ! Sérieusement, Mick, fais un effort pour Josef, j’aimerais vraiment que vous deveniez amis ! Je sais qu’il a l’air superficiel et frivole au premier abord, mais ce n’est qu’une apparence, c’est quelqu’un de solide et de loyal, sur qui on peut vraiment compter, mais il faut disons… l’apprivoiser, il n’accorde pas sa confiance si facilement.

- Tant qu’il restera à New-York, je pense qu’on pourra s’entendre… Bon, OK, j’essayerai, mais ça va être dur, je ne vois pas ce que je pourrais avoir en commun avec un mec comme lui.

- On ne sait jamais, Mick, la vie réserve souvent des surprises, vous pourriez avoir bien plus en commun que vous ne croyez l’un et l’autre.

Coraline s’éloigna, happée par un groupe d’invités et il laissa un moment s’attarder son regard sur le couple enlacé, qui dansait au bord de la piscine, comme isolé du monde. Norma lui avait toujours fait penser à un oiseau fragile, et sous l’aspect lisse et policé de l’homme qui la tenait dans ses bras, il pressentait un redoutable prédateur, pourtant, était-ce dû à l’espèce d’aura qui les entourait, il sut instinctivement et sans l’ombre d’un doute qu’elle n’avait rien à craindre de lui. Il n’aurait pu dire quel sentiment, de l’attirance ou de la répulsion, dominait en lui vis-à-vis de cet inconnu. C’était un ami de Coraline, à ça aussi, il faudrait qu’il se fasse. Il secoua la tête, et entra dans la maison.

TBC

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