Rencontres -2- L’ami disparu

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Titre : «Rencontres » -2- L’ami disparu
Disclaimers : l’univers de « moonlight, Josef et Mick  appartiennent à Ron Koslow etTrevor Munson.
Genre : Drama– Friendship Mick-Josef
Classification : K+

L’ami disparu



L’après-midi était déjà bien avancée, la fête s’était prolongée jusqu’à l’aube, et la villa avait été plongée dans le sommeil pendant une bonne partie de la journée, seul Mick était sorti, un peu plus tôt.
Sur la terrasse ombragée, Coraline et Josef prenaient un déjeuner tardif à l’abri du soleil. L’air soudain sérieux, le jeune homme se pencha vers sa compagne.

-          Alors ?

-          Alors quoi ?

-          Voyons, Coraline, n’essayes pas de noyer le poisson, je te connais trop bien et depuis trop longtemps ! Tu ne m’as pas fait venir de New-York uniquement pour me présenter Marylin Monroe… Bien qu’elle vaille largement le déplacement !

-          Tu as raison, en fait, c’est Mick que je voulais te présenter… Je… J’ai… l’intention de l’épouser. Termina-elle très vite.

Josef rattrapa son verre de justesse.

-          L’ép… ! Tu n’y penses pas !

S’exclama-t-il en suçant sur son doigt une goutte du liquide écarlate qui avait giclé sur sa main.

-          Justement si, et très sérieusement. Je sais que si je décide d’épouser un humain, je dois en informer le Conseil, tu es l’un des anciens, et tu es mon ami, autant que je m’adresse à toi.

-          Lance est au courant ?

-          Je suis une grande fille, Lance vit en Europe, il n’a rien à voir là-dedans.

-          Je n’en serais pas aussi certain, si j’étais toi… Et ton… hum… fiancé, il sait, pour… ?

-          Pas encore.

-          De mieux en mieux ! Tu es complètement folle, ma pauvre Coraline ! Contente-toi de le mettre dans ton lit, ce qui doit d’ailleurs déjà être fait depuis longtemps, et enlève cette idée de ta jolie tête. Tu n’es pas faite pour vivre avec un humain, et même en admettant qu’il accepte un jour d’être transformé, ce dont je doute, il n’a pas l’étoffe d’un vampire. Tôt ou tard, il le regrettera, et toi aussi. Crois-en mon expérience, cette histoire ne pourra que mal se terminer.

-          Ca suffit Charles ! Ou dois-je plutôt t’appeler Josef ? Je t’ai demandé de venir pour te mettre au courant et te présenter Mick, pas pour que tu me fasses la morale ! …Au fait, pourquoi ce changement soudain d’identité ? Tu aurais au moins pu m’avertir, j’ai failli faire une gaffe.

-          Simple précaution, je prépare le terrain, au cas où… Je vis à New-York depuis pas mal de temps maintenant, il va bientôt falloir que je pense à déménager, et L.A. a certains atouts  fort séduisants ! J’ai toujours eu un faible pour cette ville.

-          Et pour les actrices.

-          Penses-tu ! J’aime le climat c’est tout! Avec une légère grimace, il rajusta ses lunettes de soleil, et porta son verre à ses lèvres en souriant… Et les actrices ! Mais tu cherches à détourner la conversation. J’ai bien observé ton « fiancé » et à supposer qu’il soit encore d’accord lorsqu’il saura ce que tu es, parce qu’il n’est pas question que tu ne le mettes pas au courant avant,  je ne vois aucune raison impérieuse de m’opposer à ce mariage idiot, que tu ne tarderas d’ailleurs pas à regretter, mais je te demande de réfléchir encore, tu sais ce que je pense des relations sentimentales avec les humains. Ton Mick à l’air d’être un brave garçon, si tu fais ça, tu vas détruire sa vie, c’est vraiment ce que tu veux ? Vous êtes amoureux, Ok ! Profitez-en et laissez faire le temps.

-          Il m’a demandé de l’épouser.

-          Enfin,  Coraline, ce n’est pas…

-          Tu ne comprends pas, ce n’est pas comme d’habitude, je… J’en ai envie moi aussi !

-          Tu veux dire que… tu l’aimes ? Tu l’aimes… vraiment ?

-          Je ne comprends toujours pas comment ça a pu arriver. J’ai essayé de résister, crois-moi, je l’ai quitté, je l’ai trompé, et plus j’essayais et plus j’étais malheureuse. On se déchirait, mais à chaque fois, on se retrouvait. J’ai envie d’essayer, Charles, j’ai vraiment envie d’essayer. Avec lui, j’ai enfin compris le sens du mot « bonheur »,  je n’avais jamais connu ça avant, même lorsque j’étais encore humaine. Je connais ton point de vue, je ne te demande pas de m’approuver, mais essaye au moins  de me comprendre, Charles, tu n’as jamais été amoureux ? Je veux dire vraiment amoureux ?

Elle lui avait saisi le poignet et le serrait convulsivement. Le jeune homme avait blêmi, il détourna la tête et avala sa salive.

-          Je … peut-être, il y a longtemps, avant ma transformation. Je… j’ai oublié… j’ai essayé.

Il avait prononcé les derniers mots d’une voix étouffée en se levant brusquement. Il lui tournait maintenant le dos.

-          OK ! Fais comme tu l’entends, j’informerai le Conseil, mais souviens-toi qu’amour et bonheur ne sont pas forcément synonymes et ne riment jamais bien  longtemps, même entre deux humains, alors entre humain et vampire… tu ne pourras pas dire que je ne t’avais pas mise en garde. Ceci dit, je maintiens ce que je t’ai dit, je ne te conseille pas de le transformer, il n’est pas fait pour être des nôtres. Evite au moins de faire cette bêtise !

-          Merci, Charles, je suis certaine qu’avec le temps, vous arriverez à vous apprécier, tu verras, lorsque vous aurez vraiment pu faire  connaissance, parler…

-          Josef ! N’oublie pas, ici, c’est Josef ! Et je veux bien lui laisser le bénéfice du doute, mais la conversation instructive, ce sera pour une autre fois, pour aujourd’hui, tu devras m’excuser, j’ai un rendez-vous, et ensuite un avion à prendre.

-          Tu es vraiment incorrigible ! Fais mes amitiés à Marylin… Au fait, si je ne m’abuse, elle est humaine, non?

-          Et beaucoup trop attachante, c’est bien pour ça que je rentre à New-York ce soir, il y a trois cent cinquante ans que je fais en sorte d’éviter ce genre de pièges, je ne compte pas m’y laisser prendre maintenant !

***

Lorsque Mick était rentré à la villa, il avait été soulagé d’apprendre que le dénommé Josef était déjà reparti pour New-York. Ils s’étaient mariés peu après, dans la plus grande des intimités, une amie de Coraline de passage à Los Angeles  et un de ses musiciens leur servant de témoins.
Cette nuit-là, Coraline avait enfreint toutes les règles de la Communauté en le transformant non seulement sans son consentement, mais en outre sans l’avoir même informé de sa véritable nature. En se réveillant, il avait découvert à la fois que la femme qu’il avait épousée était un vampire, mais en outre qu’elle l’avait transformé en ce qu’il considérait alors comme une créature monstrueuse et démoniaque. Les trois années qui avaient suivis s’étaient avérées les pires de son existence, il n’arrivait pas à se faire à l’idée de sa nouvelle condition, et sa relation avec Coraline n’avait cessé de se détériorer inexorablement, alternant les périodes de crises et de passion destructrice. Il avait  fini par comprendre ses motivations mais n’avait jamais accepté le fait accompli, il ne cessait de se rebeller contre son nouvel état.
En désespoir de cause, Coraline s’était résignée à affronter la colère de Josef en lui révélant la vérité, et à lui demander son aide. Il avait débarqué à Los Angeles à l’automne de 1955 pour ne plus en repartir. Quelque chose en lui avait changé, il était plus cynique, plus misanthrope que jamais, il était très vite devenu l’un des hommes les plus riches et les plus influents de la ville, faisant et défaisant, depuis ses bureaux, fortunes et réputations, en permanence entouré d’un bataillon de jolies filles qui lui procuraient nourriture et plaisir, parmi lesquelles il papillonnait sans jamais se fixer. En ce sens il était resté le même et prônait plus que jamais son opposition aux relations sérieuses avec les humains.
Il avait pris en main « l’éducation » de Mick, il était devenu son mentor et une amitié profonde et inconditionnelle s’était très rapidement forgée entre ces deux hommes que tout aurait du séparer. Inconsciemment, Mick pressentait une blessure à vif chez son ami, cette douleur inexprimée qui transparaissait parfois au travers de son regard, les avait en quelque sorte encore plus rapprochés. Petit à petit, chacun était devenu le ciment de l’autre, la partie de lui-même qui l’aidait à rester debout et à continuer la route…

Le présent reprenait ses droits, il ne lui avait fallu qu’un battement de paupières pour revivre tout cela, et c’était là, au pied du lit d’hôpital où gisait celle par qui tout était arrivé, qu’il prenait réellement conscience de la perte irréparable qu’il venait de subir. L’explosion n’avait pas seulement réduit tout un étage en cendres et tué son meilleur ami, elle avait aussi détruit tout ce qui constituait les fondations de son existence depuis plus de cinquante ans. Depuis tout ce temps, Josef avait été l’élément stable et solide sur lequel il s’était appuyé pour continuer à avancer. A sa manière discrète, sans jamais rien en laisser paraître, il l’avait guidé vers les meilleurs choix pour lui. Tout en feignant de se moquer de son altruisme qui le poussait à aider les humains, il avait encouragé sa vocation de détective et aidé à monter son agence. Il en était arrivé, à ses côtés, à presque accepter son nouvel état.
Son attention se reporta sur Coraline, dont la voix se faisait de plus en plus faible, ses yeux se fermaient irrésistiblement.

-          … Si je suis redevenue humaine… c’est pour toi.

-          Coraline !

Mais la jeune femme avait de nouveau sombré dans l’inconscience. Après un rapide coup d’œil autour de lui, il sortit une seringue toute prête de sa veste et préleva un peu du sang de l’ex-vampire. Il était bien décidé à la fois à venger Josef, et à découvrir le secret de la jeune femme.
S’il existait vraiment un remède qui puisse le faire redevenir humain,  il le trouverait, et pour le moment, le sang de Coraline était sa seule piste.
Sur le chemin du retour, la voix de son ami résonnait dans sa tête : « il n’y a pas de remède au vampirisme, Mick, c’est une voie à sens unique, il faudra bien qu’un jour ou l’autre tu cesses de lutter contre ta nature ». Leur amitié avait été l’unique chose qui lui avait rendu sa condition supportable, sans son alter-ego, il refusait d’aller plus loin, « l’éternité, c’est long » avait l’habitude de dire Josef en souriant.

-          Beaucoup trop long pour l’affronter tout seul, mon ami !

Murmura-t-il en s’engageant dans le couloir qui menait à son appartement. Soudain, il s’arrêta net, humant les odeurs qui lui parvenaient. Beth était là ! Il se remit en marche, pendant que la jeune femme assise par terre devant sa porte se relevait.
Il n’arrêterait pas de se battre. S’il existait une seule chance, il devait la découvrir et la saisir, peut-être alors trouverait-il le courage de demander à Beth de partager avec lui le reste de sa vie redevenue mortelle. C’était le seul espoir qui lui restait et il s’y accrochait comme un noyé à une planche, pour ne pas hurler sa peine à la nuit.
Lorsqu’elle  le prit dans ses bras, il sentit une boule remonter dans sa gorge. Il aurait tellement voulu pouvoir pleurer son ami, mais même ce soulagement lui était refusé.

-          Je crois que j’ai besoin d’un verre.

-          Oui, moi aussi.

Il ouvrit la porte et se figea sur le seuil, soudain pris d’un vertige incontrôlable, pendant que Beth s’accrochait à son bras à lui faire mal.

-          Tu vas rester là sans bouger, ou tu vas essayer de trouver mon assassin ?

Enveloppé dans une de ses robes de chambre, Josef essayait de cacher derrière son sourire, à quel point l’émotion de son ami le touchait.

TBC

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