La lumière au bout du tunnel -3- Christmas is coming

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Titre : La lumière au bout du tunnel -3- Christmas is coming
Auteur : Lilou0803
Type :
fanfic
Genre :
Friendship
Fandom :
Sherlock (BBC-2011)
Personnages :
John, Sherlock, Mycroft, Molly, Lestrade, Mrs Hudson, Mary
Rating :
G
Disclaimer :
L’univers et les personnages de Sherlock Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, la série « Sherlock » à la BBC

Christmas is coming

Mycroft reposa son portable sur la table basse du luxueux salon. L’homme à demi allongé sur le canapé le regardait d’un air interrogateur.

—Tout va bien, tu avais raison, il était à St Barth. Lestrade ne le lâchera plus, du moins pour ce soir.

—Il n’y a plus de risque, la crise est passée. Il y avait un moment que je redoutais ça, mais j’avoue que j’ai eu peur lorsque tu m’as raconté votre entrevue, et sa réaction.

—N’empêche que je regrette presque de t’avoir appelé, tu n’aurais pas dû rentrer à Londres, ce soir. Tu t’y es déjà bien assez montré, ces derniers temps.

—Tu l’as dit toi-même, je ne risque rien tant que je ne sors pas d’ici.

—Le problème, c’est que  tu en sors un peu trop souvent, à mon avis. Je n’ai jamais compris ce besoin que tu éprouves de t’agiter dans tous les sens lorsque tu es sur une enquête.

S’il passait la majeure partie de sa vie au Club Diogène, dont il était l’un des membres fondateurs, Mycroft Holmes n’en possédait pas moins un appartement à Londres. A dire la vérité, il possédait en fait tout l’immeuble situé en face du club, de sorte qu’il n’avait qu’à traverser la rue pour passer de l’un à l’autre, ce qui convenait fort bien à son aversion naturelle pour tout effort. A part Anthéa, sa fidèle assistante, sa mère, son frère et son majordome, personne ne connaissait cette adresse comme étant la sienne.
Ici, au rez-de-chaussée, se situait aussi le siège très discret du mystérieux service spécial aux pouvoirs quasi illimités dont il était la tête pensante, service situé au plus haut degré du gouvernement britannique, bien qu’officiellement, Mycroft Holmes n’ait été qu’un employé parmi tant d’autres, dépendant des affaires étrangères.
En outre, l’immeuble possédait une autre qualité dont seuls les deux frères connaissaient l’existence, c’était Sherlock qui avait découvert que les caves des deux bâtiments communiquaient par tout un réseau de couloirs, de chambres et de portes secrets, vestige de temps anciens et troublés, où il était plus sûr pour certaines personnes de disposer d’une cachette et d’une issue de secours bien dissimulées. Et Sherlock avait pris un peu trop souvent l’habitude de l’emprunter depuis son retour à Londres, au goût de son frère.

—Je m’ennuyais. Je ne suis pas comme toi, je ne supporte pas de rester enfermé, et  même s’il m’arrive parfois de céder à une certaine indolence passagère, mon corps, comme mon cerveau, se refuse à rester inactif bien longtemps.

—Tu as été très imprudent !

—Je sais, mais je ne me doutais pas que John serait là, et compte tenu des conditions atmosphériques, je pensais vraiment que personne ne me remarquerait. J’ai été surpris en le voyant, j’ai dû faire un mouvement trop brusque en me reculant.
Je voulais juste m’assurer que Mrs Hudson ne courrait aucun danger, reprit-il après un léger silence, j’ai l’impression que depuis quelques temps, Moran redouble de précautions, on dirait presque qu’il se doute de quelque chose.

—Mrs Hudson ne risque rien, je m’en suis assuré, j’ai un agent sur place, quand à Moran, il est très loin d’être idiot, de plus il a été à bonne école avec Jim Moriarty, il doit sentir que l’étau se resserre.

—Un agent sur place ?

—Au 221C.

Sherlock émit un petit rire.

—Pauvre homme ! J’espère que tu lui fournis les imperméables.

—Primo, c’est une femme, et ensuite, j’ai payé assez cher les travaux de rénovation pour ne pas avoir à me préoccuper de ses vêtements. Tu l’aimes beaucoup, n’est-ce pas…  Mrs Hudson ?

—Elle… elle me rappelle Nanny. Il détourna le regard. Vivement que tout ça se termine, j’en ai plus qu’assez de ce jeu de cache-cache.

—Et de travailler pour moi…

—Je ne travaille pas pour toi, je travaille pour le gouvernement.

—Et ?

—Oui, bon…

—Pour en revenir à nos moutons, John se doute de quelque chose maintenant, et même s’il n’a pas un esprit des plus rapides, il a oublié d’être bête et il sait additionner deux plus deux. Tôt ou tard, il aboutira à la bonne conclusion.

—Quelle importance, maintenant ? Même si cela arrivait, il ne nous trahirait jamais.

—Tu SAIS, quelle importance !  Et il pourrait nous trahirde bien des façons, sans même s’en rendre compte, simplement par son comportement.

—Pauvre John, je m’en veux de lui faire subir tout ça, je me demande s’il pourra me pardonner, le jour où il connaitra la vérité.

—En attendant, tu dois absolument éviter de te montrer pendant quelques temps, tu devrais peut-être retourner chez maman.

—Pas question, maintenant que je suis revenu à Londres, j’y reste ! Je ne supporte pas la campagne !

—Ingratitude filiale…

—Tu peux parler, ça fait combien de temps que tu n’es pas allé passer quelques jours auprès d’elle ?

Le repas touchait à sa fin, Mrs Hudson n’avait pas vraiment organisé un réveillon, mais elle détestait se retrouver toute seule le soir de Noël, ce qui lui était hélas arrivé bien plus souvent qu’elle ne l’aurait voulu. Les deux Noëls les plus heureux de sa vie avaient été ceux qu’elle avait passés en compagnie de « ses petits », et celui de l’année précédente, qui avait suivi de si peu la disparition de Sherlock avait été le pire des cauchemars qu’elle aurait jamais pu imaginer, aussi, cette année, avait-elle décidé d’inviter les amis les plus proches qu’il ait eu, en espérant qu’un ou deux répondraient à ce qui ressemblait à un appel au secours. Qu’ils acceptent tous les trois, bien qu’elle ait eu un peu de mal à décider John, l’avait comblée au-delà de toute espérance.
Aucun des quatre convives n’avait trouvé le courage de prononcer le nom de l’absent dont l’ombre planait pourtant autour d’eux de manière presque tangible. On n’aurait pas pu parler d’ambiance festive, mais chacun avait fait un effort pour rendre l’épreuve moins pénible et tout compte fait, la soirée ne s’était pas si mal passée que ça.
Le pudding flambait sur la table, lorsque le temps se figea. Un air de violon s’élevait dans la nuit, un chant de Noël qui les ramena brutalement deux ans en arrière, ils étaient alors tous réunis à l’étage, dans l’appartement occupé par John et Sherlock, et ce dernier les avait gratifiés d’un mini-concert improvisé, ils ne se doutaient pas que le temps de l’insouciance était déjà révolu, que Jim Moriarty avait déjà commencé son travail de destruction et que les fondements mêmes de leurs vies commençaient déjà à se fissurer.

Leur premier réflexe avait été de se précipiter dans le hall, vers l’escalier qui montait à l’appartement B, mais la musique semblait venir d’en bas. Mrs Hudson descendit les quelques marches qui menaient au minuscule studio aménagé dans le sous-sol de la maison. Aux quelques coups frappés à la porte, une jeune femme vint ouvrir, souriante, un verre de vin blanc dans la main.

—Bonsoir, Mrs Hudson, je suis heureuse de vous voir, je voulais passer vous souhaiter un joyeux Noël, mais j’ai vu que vous aviez des invités, et je n’ai pas osé vous déranger… Mais que se passe-t-il, vous avez l’air bouleversée.

—Non, non, je vais bien, c’est simplement que… vous jouez du violon ?

—Oh ! La musique ! Non, c’est seulement un disque, pour égayer un peu la soirée, vous savez, je n’ai pas encore de télévision… Je l’ai mise trop fort, peut-être, je suis désolée, je ne pensais pas…

—Absolument pas, c’est juste… je… je ne connaissais pas cette version… au violon, je veux dire… c’est vraiment très joli, mais vous êtes seule ? Ce n’est pas normal pour une jeune personne de votre âge de passer Noël toute seule, je pensais que vous seriez sortie, c’est pourquoi j’ai été étonnée… pour la musique.

—A vrai dire, je ne connais encore personne à Londres, et je n’aime pas sortir seule.

—Pourquoi ne vous joindriez-vous pas à nous dans ce cas ?

—Je ne sais pas si…

—Allons venez, chère petite, vous verrez, mes amis sont très sympathiques, et de plus, je pense qu’il manque une jeune femme à cette soirée… les mamies, c’est bon pour faire la cuisine, mais une seule jeune dame pour deux messieurs, c’est un peu déséquilibré. Pas la peine de vous changer, vous êtes très bien comme ça et le pudding nous attend.

En entendant Mrs Hudson discuter avec une femme, John, Lestrade et Molly étaient retournés dans la salle à manger, un silence pesant s’était abattu sur la pièce, seulement troublé par les crépitements du feu dans la cheminée. Ils n’osaient plus se regarder, de peur de croiser un regard un peu trop brillant qui ferait écho au leur, la voix du violon avait réveillé la tristesse qu’ils avaient vainement essayé d’occulter pour un moment.

« Parce que Sherlock Holmes est un grand homme… et si nous avons de la chance, il pourrait même devenir quelqu’un de bien »
« Les héros n’existent pas, John, et s’ils existaient, je ne voudrais pas en être un »
« Joyeux Noël, Molly Hooper »
« Alors Mycroft envoie mon gardien pour me surveiller… Je ne suis pas votre gardien »
« Je n’ai pas DES amis…  je n’en ai qu’UN.»
« de quoi avez-vous besoin… de vous »
« la solitude me protège… non, les amis, ça protège »
« adieu, John »

—Eh bien les enfants, quelle ambiance ! Réveillez-vous, c’est Noël ! Regardez qui je vous amène, cette jeune personne prétendait passer Noël toute seule chez elle, au sous-sol. Entrez ma chère. Je vous présente Mary, ma nouvelle locataire, c’est de chez elle que provenait cette musique ravissante. Mary, voici John, Molly et Greg…

Lestrade avait déposé John à son hôtel avant de raccompagner Molly chez elle. En refermant la porte de sa chambre, il repensait à la jeune femme, pendant la soirée, elle lui avait semblé radieuse, elle, au moins, avait fini par surmonter l’épreuve. A moins que… pour la deuxième fois de la journée, la question lui traversa l’esprit : Greg et Molly ? Si c’était le cas, il était heureux pour eux, ils avaient tous les deux bien mérité un peu de bonheur, lui qui avait passé des années auprès d’une épouse volage qui n’hésitait pas à le tromper ouvertement, et elle qui avait été abusée par leur pire ennemi, qui n’avait feint de s’intéresser à elle que pour mieux atteindre Sherlock.
Il était reconnaissant à la jeune femme de ne pas avoir fait allusion à ce qui s’était passé sur le toit de l’hôpital dans l’après-midi, il avait agi en état second, poussé par trop de sentiments contradictoires, aujourd’hui, Molly Hooper avait été son ange gardien, elle l’avait remis sur le droit chemin, elle l’avait sauvé, plus que de la mort, de quelque chose de bien pire, du désespoir.

Maintenant qu’il se retrouvait seul, il avait le temps de repenser à leur conversation.
Ainsi, les frères Holmes avaient tout orchestré, tout planifié, et ils n’avaient, tous, été que des pions dans leur jeu.Il eut un mouvement d’impatience. La colère et la frustration se disputaient la première place en lui. Pour qui se prenaient-ils pour disposer ainsi de la vie des gens, pour jouer ainsi avec leurs sentiments ? Pour des dieux tout puissants ? Et dire qu’il s’était senti coupable au point de… Il avait été manipulé, comme, comme… Judas, Lucifer, après tout n’avaient fait qu’exécuter les desseins de Dieu, joué le rôle qui leur avait été attribué de toute éternité, s’ils avaient refusé, ils n’en auraient pas été moins maudits pour avoir désobéi et changé ainsi le cours de l’histoire. Il commençait à se calmer un peu, il commençait à comprendre, il fallait, oui, il était absolument nécessaire que leurs réactions, et surtout les siennes, étant le plus proche de Sherlock il était le plus surveillé, soient absolument spontanées et naturelles afin d’être crédibles, s’ils avaient été au courant, ils n’auraient peut-être pas tenu aussi bien leur emploi, et avec un adversaire de la trempe de celui qu’ils affrontaient, la partie aurait été perdue d’avance.
Le risque était insensé, la marge d’erreur inexistante, ils ne pouvaient pas agir autrement. Il ferma les yeux et respira à fond, c’était comme une petite lueur qui se profilait à l’horizon de l’obscurité dans laquelle il errait depuis plus d’un an, ça n’atténuait en rien la peine dans son cœur, mais il commençait enfin à se sentir en paix avec lui-même.

Depuis combien de temps les Holmes connaissaient-ils les véritables desseins de Moriarty ? Depuis l’affaire des bombes humaines, ou avaient-ils compris bien plus tôt… le chauffeur de taxi avait été le premier à leur donner son nom et Sherlock avait commencé à percevoir un cerveau maléfique après l’enlèvement dont lui et Sarah avaient été victimes dans l’affaire du banquier. Il se rendait soudain compte qu’à l’exception de Baskerville, toutes leurs enquêtes avaient été liées à  la folie criminelle de Jim Moriarty. Et ce n’était pas Moriarty qui avait manipulé Mycroft, la police, l’opinion publique et les médias, c’étaient Sherlock et Mycroft qui l’avaient manipulé lui, l’amenant  peu à peu à croire qu’il menait le jeu, car c’était bien d’un jeu qu’il s’agissait, mais un jeu mortel, une partie d’échecs grandeur nature où les deux frères avaient toujours su garder plusieurs coups d’avance… Qu’est ce qui avait déraillé à la fin ?

Sherlock lui avait une fois déclaré qu’aux échecs, il fallait parfois accepter de sacrifier une pièce maitresse afin de tromper l’adversaire, pour qu’il ne voie pas venir le coup fatal. Avait-il donc été aussi aveugle ? L’enjeu était-il donc si grand pour que Sherlock ait accepté de sacrifier jusqu’à sa vie afin de neutraliser Moriarty ? Qu’avait aussi dit Sherlock… un simple pion peut changer l’issue de la partie, s’il parvient à traverser le champ de bataille et à faire renaître ainsi le phénix de ses cendres… le phénix, la pièce qui anéantira l’adversaire.
Faire renaitre… « Il est… était », « bientôt, vous comprendrez », non ! Sherlock était mort, MORT ! Même en admettant qu’il ait pu prévoir l’issue, qu’il soit arrivé à manipuler Moriarty pour l’amener exactement là ou il le voulait, par quel miracle aurait-il pu survivre à une telle chute ? Il était là, il avait tout vu ! « Ce n’était qu’un truc John, un simple tour de magie »… Il se laissa tomber sur son lit, les tempes battantes d’une douleur sourde, il devait arrêter, il n’allait pas recommencer avec ses espoirs insensés, et pourtant, pourtant… la sonnerie sur son portable, la silhouette dans la brume, le violon du Noël dernier… Dormir, juste dormir… Le violon… Quand même, quelle coïncidence que ce soir… Plutôt jolie, la locataire de Mrs Hudson… Mary ?

« Opération CD OK. M. »

Avec un sourire, Sherlock effaça le dernier message et remit le téléphone dans sa poche. Il avait encore une fois réussi à faire passer un message à John, même si celui-ci ne s’en douterait sûrement jamais. Pratique, la locataire du 221C, et charmante en plus, tout à fait le type de John, voilà qui devrait l’aider à se changer les idées pendant quelques temps… En sifflotant un air de Noël, il se dirigea vers sa chambre.

FIN (plus ou moins provisoire… qui vivra verra!)

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