La lumière au bout du tunnel -4- A little boy and a little girl

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Titre : La lumière au bout du tunnel -4- A little boy and a little girl
Auteur : Lilou0803
Type :
fanfic
Genre :
Friendship
Fandom :
Sherlock (BBC-2011)
Personnages :
John, Mary
Rating :
G
Disclaimer :
L’univers et les personnages de Sherlock Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, la série « Sherlock » à la BBC

A little boy and a little girl

Mrs Hudson était enchantée. Après Noël, en à peine plus d’une semaine, John était venu lui rendre visite deux fois ! Il faut dire qu’à  chaque fois, elle avait pris soin d’inviter la jeune locataire du 221C à prendre le thé avec eux.
Une chance que Mary ait trouvé ce travail de secrétariat à domicile. Tout en reconnaissant que son raisonnement était somme toute un peu égoïste, cela lui permettait de bénéficier de la compagnie de la jeune femme, à qui il arrivait de plus en plus souvent de venir s’installer avec son ordinateur, dans le salon de sa logeuse, dont le cadre était bien plus agréable et lumineux que son minuscule studio en sous-sol . Elles y trouvaient finalement toutes les deux leur compte se disait-elle pour dissimuler son léger malaise. Mary communiquant avec ses employeurs principalement par l’intermédiaire d’internet pouvait travailler d’où bon lui semblait, Mrs Hudson n’avait plus l’impression d’être aussi seule et chouchoutait sa protégée, bien loin de se douter de la fonction réelle que la jeune femme occupait auprès d’elle.

Au cours des semaines, l’attirance de plus en plus forte de John pour la jeune femme ne lui avait pas échappé, et sans vouloir jouer les marieuses (quoi que…), elle favorisait leurs rencontres autant qu’elle le pouvait, bientôt le jeune homme n’avait plus eu besoin du prétexte des visites à son ancienne logeuse pour venir voir Mary, il paraissait de moins en moins abattu et semblait enfin retrouver goût à la vie, mais il refusait toujours de remettre les pieds dans l’appartement du haut, que Mrs Hudson leur avait un jour proposé à tous les deux.

—Attends-moi, John, je viens te rejoindre !

Sherlock ouvrait les bras, sautait dans le vide dans un éclat de rire et s’envolait dans l’air léger du matin sous le regard émerveillé de son ami, décrivant de gracieuses arabesques les pans de son manteau déployés autour de lui, avant d’entamer doucement sa descente. Soudain, sous les yeux horrifiés de John, un chasseur le mettait en joue et tirait avant qu’il ait pu faire un geste pour intervenir, et il regardait Sherlock tomber comme une pierre, il entendait le bruit de son corps qui s’écrasait sur le sol, mais il ne pouvait pas bouger, et il s’apercevait que ses pieds était pris dans le béton du trottoir. Il entendait les sanglots du chasseur : « j’ai cru que c’était un canard » et les réponses des autres « ce n’est pas de votre faute, il avait l’habitude de se faire passer pour ce qu’il n’était pas ».

—Nooon !!!

C’était à ce moment-là qu’il se réveillait, à chaque fois. Il se dressait dans son lit, trempé de sueur et de larmes, le souffle saccadé, en hurlant le nom de son ami. Il lui fallait toujours plusieurs minutes avant de reprendre pied dans la réalité et ce cauchemar le laissait anéanti et incapable de se rendormir avant plusieurs heures.
La première fois que Mary avait assisté à la scène, elle avait été effrayée par l’intensité de la douleur exprimée par John. Après qu’elle ait réussi à le calmer, il lui avait tout raconté, le cauchemar le hantait depuis des mois, et partager cette souffrance avec elle lui avait fait du bien. La jeune femme n’avait pas été longue à recouper les informations dont elle avait connaissance de par son poste, même si, elle le savait, on ne lui avait pas tout révélé du pourquoi de la surveillance qu’elle exerçait au 221 Baker Street, avec l’histoire que John lui avait racontée. Elle n’avait pas connu Sherlock, mais Henry Sigerson, le jeune collaborateur de son employeur qu’elle avait rencontré l’hiver dernier, lorsqu’il lui avait demandé un étrange service concernant un CD, et à qui celui-ci accordait une confiance qu’il était loin de consentir à aucun autre, malgré sa blondeur et sa coiffure soignée de premier de la classe, présentait une ressemblance étonnante avec les photos qu’elle avait pu voir de celui-ci. Mary était un des éléments des services de Mycroft, elle avait par conséquent été sélectionnée parmi les meilleurs, et elle savait additionner deux et deux, petit à petit, un scénario s’était frayé un chemin dans son esprit, un scénario qu’elle trouvait de jour en jour plus plausible.

Mrs Hudson vaquait au ménage du 221B, qu’elle maintenait dans un état impeccable malgré (et si l’on considérait les derniers en date, peut-être un peu aussi  grâce à) l’absence de locataires, les deux jeunes gens s’étaient installés dans le salon, profitant du soleil printanier qui inondait le canapé recouvert de chintz fleuri assorti aux doubles-rideaux. Mary était allongée, la tête reposant sur les genoux du jeune homme, elle-même aurait été surprise, quelques mois plus tôt si quelqu’un lui avait dit qu’elle tomberait aussi vite amoureuse, surtout dans le cadre de son travail. Lors de leur première rencontre, elle avait été émue par l’air tourmenté de cet homme, dont elle ne connaissait pas encore la raison, puis elle l’avait revu régulièrement, il venait souvent rendre visite à la vieille dame dont elle assurait discrètement la protection. Peu à peu, ils étaient devenus amis, puis plus qu’amis, il lui avait raconté son histoire et celle de Sherlock, il lui avait avoué qu’il n’avait jamais pu se résoudre à accréditer les calomnies qui courraient alors sur son ami, malgré les « aveux » que celui-ci avait pu lui faire avant son suicide.

Mary jeta un coup d’œil à John qui caressait machinalement ses cheveux, le regard perdu dans le vague, elle savait à quoi il pensait, la nuit dernière, le cauchemar était revenu après plusieurs semaines d’interruption. Elle prit une inspiration et se jeta à l’eau.

—Tu es certain qu’il est bien mort ? Je veux dire… tu l’as vu ?

Il sursauta, comme réveillé en sursaut.

—Bien sûr que je l’ai vu, j’étais là ! Il n’avait plus de pouls, tout était fini avant même que je puisse arriver jusqu’à lui.

—Je veux dire… après.

—Molly m’a administré un calmant et Mycroft, c’est son frère, s’est occupé de tout, il a été incinéré le soir même, j’ai assisté à ses obsèques.

—Mais tu ne l’as pas revu…

—Non, pas après qu’on l’ait amené à la morgue… mais je ne comprends pas ce que tu veux insinuer, pourquoi auraient-ils… John la regarda d’un air soupçonneux. Tu… tu sais quelque chose ?

—Non, bien sûr que non, absolument rien en dehors de ce que tu m’as raconté, mais toute cette précipitation me semble un peu étrange, c’est tout.

—C’était une période disons… difficile pour nous, il valait mieux éviter toute publicité, les tabloïds se sont suffisamment déchainés avec ce qu’ils avaient sous la dent pendant les jours qui ont suivi. Encore heureux qu’ils n’aient pas été présents pendant ces moments. C’est peut-être la seule chose dont je puisse être reconnaissant à Mycroft, d’avoir réussi à lui éviter cette ultime humiliation.

—Donc, tu ne l’as pas revu… Comme tu viens de le dire, c’était une période difficile pour vous. Admettons, ce n’est qu’une hypothèse bien sûr, que pour une raison ou pour une autre, il ait voulu, ou dû, disparaitre de la circulation…

—Impossible, il a sauté sous mes yeux de la terrasse de St Barth… on ne survit pas à une chute comme celle-là… Il se tut un moment, le doute qu’il avait réussi à éloigner depuis plusieurs mois revenait le titiller, il ferma les yeux et revit la silhouette dans le brouillard… Et puis, il m’aurait mis au courant ! Le ton n’était pas convaincu.

—Tu en es sûr ?

—Toi aussi, tu penses que je suis incapable de jouer la comédie ? C’est ce qu’il disait toujours, tu sais : « je lis en toi comme dans un livre, John, tu es incapable de dissimuler ».

—Il avait raison, cette sincérité, c’est une des choses qui m’ont séduite chez toi.

Il la fit assoir et la prit dans ses bras.

—Une des choses ? Il déposa un baiser sur ses lèvres.

—Parmi plein d’autres.

—Assez pour…  il plongea son regard dans le sien.

—Pour ?

—Pour passer le reste de ta vie avec moi ?

—John ! Tu… tu veux dire… tu veux…

—T’épouser, si tu veux bien d’un ex-médecin militaire fauché et dépressif travaillant à mi-temps dans un dispensaire pour un salaire de misère, et affligé d’une sœur alcoolique.

—Si je veux bien, si je veux bien? Mais évidemment que je le veux, comment est-ce que tu peux en
douter un seul instant ?

L’enchantement des minutes qui suivirent fut brusquement interrompu par un bruit de verre brisé, suivi d’un choc sourd sur le plancher de l’étage supérieur.

TBC

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One Response to “La lumière au bout du tunnel -4- A little boy and a little girl”

  1. alysa Says:

    Merci beaucoup

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