La lumière au bout du tunnel -5- For every evil under the sun

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Titre : La lumière au bout du tunnel -5- For every evil under the sun
Auteur : Lilou0803
Type :
fanfic
Genre :
Friendship
Fandom :
Sherlock (BBC-2011)
Personnages :
John, Mary
Rating :
G
Disclaimer :
L’univers et les personnages de Sherlock Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, la série « Sherlock » à la BBC

For every evil under the sun

La panique, d’abord boule de feu, nausée, vertige, et puis soudain le froid, qui pénètre jusqu’aux os, vous paralyse et vous empêche de penser, de respirer.

Il n’avait rien vu venir, s’il avait été étonné lorsque Jim lui avait serré la main, il n’y avait vu qu’un geste de déséquilibré, et lorsque celui-ci avait sorti l’arme de sa poche, la stupéfaction l’avait tétanisé pendant une fraction de seconde, cela avait été suffisant pour que l’autre ait le temps de se tirer une balle dans la bouche. Le suicide comme ultime provocation… Il avait bien entendu envisagé cette possibilité, un être doté d’un tel ego devait être capable de tout pour arriver à ses fins, mais il aurait plutôt pensé que Moriarty l’utiliserait de telle manière qu’il soit lui, accusé de meurtre, pas comme argument de chantage.

La brutalité du geste l’avait surpris, choqué, et l’espace d’un instant il avait été confronté à la réaction élémentaire d’un homme ordinaire, la panique.

Il avait tenté le tout pour le tout afin de tenter d’éviter d’avoir à mettre en application le plan de dernier recours érigé dans l’urgence la veille avec Mycroft, lorsqu’ils avaient finalement compris que rien n’arrêterait l’escalade de la folie obsessionnelle de Moriarty. Un plan tellement risqué, surtout sans aucune préparation.
Il avait pensé bien naïvement qu’en laissant entrevoir à l’ennemi le piège en train de se refermer, celui-ci finirait par baisser un peu sa garde, mais le résultat n’avait pas été celui escompté, et plutôt que de céder quoi que ce soit, Moriarty s’était suicidé, fermant toute porte de sortie. Sherlock s’était retrouvé au pied du mur, le choix était simple : mourir pour sauver ses amis, ou vivre avec le remords permanent d’avoir été cause de leur mort, et il avait assez de respect pour l’intelligence du cinglé qui gisait maintenant à ses pieds pour savoir qu’il ne bluffait pas, et qu’à présent que tout était consommé, la machine infernale ne pouvait être stoppée que par son propre suicide.

Le tableau était sordide, mare de sang mêlé de morceaux de cervelle, sourire sarcastique qui semblait le défier, le railler encore au-delà de la mort, il sentait encore la crispation de la main dans la sienne, comme pour l’entrainer dans sa chute, et de fait, c’était bien de cela qu’il s’agissait. « Je suis peut-être du côté des anges, mais ne vous imaginez pas une seconde que c’est un ange que vous avez devant vous… » Sherlock avait plongé son regard au plus profond de son esprit malade, et Jim avait soudain compris qu’il s’était joué de lui, il était parvenu à lui faire croire qu’il avait réussi à l’isoler de tous ses appuis, son frère d’abord, puis la presse et enfin Scotland Yard, mais en réalité, il avait partie liée dès le début avec Mycroft pour le piéger, laisser faire le reste n’avait été que poudre aux yeux, diversion pour le mettre en confiance et lui laisser croire qu’il menait la partie. Mais pour Jim Moriarty, la vie n’était qu’un jeu, et il avait gardé un joker dans sa manche, alors il avait joué sa dernière carte, la seule qui ne pouvait être contrée.

Un timide rayon de soleil printanier vint effleurer la joue du dormeur, qui s’agita dans son sommeil.

La peur. Il la reconnaissait, la même terreur immonde qui l’avait saisi aux entrailles quelques mois plus tôt, dans les landes du Devon, mais aujourd’hui, le danger était bien réel et aucune brume ne se dissiperait pour le faire disparaître. Le camion serait-il exactement au bon endroit, les sacs seraient-ils suffisants pour amortir le choc, et malgré tous les calculs, la trajectoire restait très aléatoire… Les cerveaux des deux frères avaient tout calculé au mieux, mais tellement de choses pouvaient venir entraver le bon déroulement de leur plan !
Debout sur le rebord du muret qui bordait la terrasse, il avait hésité, la gorge serrée et l’estomac noué, puis il avait vu le taxi arriver et les choses avaient repris leur place dans l’univers, il ne pouvait plus reculer. Pendant qu’il composait le numéro de John, les visages de ses amis défilaient devant lui, Mrs Hudson, Lestrade, John… sa vie valait-elle plus que la leur ? Sa vie, il l’avait parfois risquée pour bien moins que ça, juste pour tromper son ennui, mais c’était alors dans le feu de l’action, jamais encore il n’avait eu à sauter délibérément dans le vide depuis la terrasse d’un immeuble de plusieurs étages, avec comme objectif bien aléatoire d’atteindre relativement intact une benne de camion stationné de l’autre côté du trottoir.

Sa respiration s’accéléra et son pouls se mit à battre plus vite.

Il ouvrit les bras et s’élança dans le vide, l’esprit uniquement tourné vers le but à atteindre, après quelques secondes d’éternité, ce fut le choc, puis la douleur fulgurante qui l’amena au bord de l’évanouissement, il avait atteint son but, mais il fallait encore descendre du camion. Une main se tendait, une épaule sur laquelle s’appuyer… Molly. Quelques pas titubants avant de se laisser enfin tomber au sol, la sensation d’une piqure à la base du cou, une main écrasant quelque chose sur son visage, un liquide poisseux, écœurant, qui se répandait jusque dans ses yeux, cependant qu’un appel au secours déchirait le silence. Bruits de course, agitation, paroles confuses, mains le palpant, cherchant son pouls… Le paralysant procuré par Molly s’était avéré plus qu’indispensable, la douleur qui irradiait de son bras blessé, peut-être cassé, et de ses multiples contusions, était quasiment intolérable, il n’aurait jamais pu rester totalement immobile et inexpressif, il bénit encore plus la jeune femme lorsqu’il reconnut John, dévasté et hagard,  penché sur lui avant d’être entraîné de force par les secouristes. John lui pardonnerait-il un jour ?

Un gémissement lui échappa.

– Sherlock ! Réveille-toi, c’est un cauchemar ! Quelqu’un le secouait par les épaules. Depuis quand est ce que tu n’as pas dormi ? Le temps que j’aille brancher la bouilloire pour le thé et tu t’étais effondré dans les bras de Morphée, sur le canapé. Le décalage horaire avec la France n’est pas si important, tout de même !

Un rictus ironique aux lèvres, Sherlock passa une main lasse sur sa nuque.

—Mon frère faisant de l’humour… fichtre, tu devrais consulter un médecin ! … Une nuit entière ? Me souviens pas. Pas depuis St Barth en tout cas, et de moins en moins ces derniers temps… comme tu as pu le constater, le sommeil n’est pas trop mon ami en ce moment ! Il prit la tasse que lui tendait son frère et avala une gorgée, avant de la reposer sur la table basse.

—Tu n’aurais pas quelque chose de plus… corsé ?

Sans un mot, Mycroft se leva et sortit deux verres et une bouteille de vieux cognac d’un placard.

—Je ne suis pas certain que…

—Rassure-toi, je n’en suis pas encore arrivé là, si c’est ce que tu crains… J’ai même refusé les cachets que Molly voulait me donner pour m’aider à dormir, je ne replongerai pas ! J’ai juste besoin d’un petit coup de fouet, c’est tout.

—Tu aurais pu m’en parler.

—Et qu’est-ce que ça aurait changé ? Tu te prends pour un attrape-rêves ?

—Très drôle, tu aurais pu consulter un …

—Le sujet est clos, Mycroft !

—Comme tu veux. Parlons d’autre chose alors, ça a pris du temps, mais notre plan a porté ses fruits, nous sommes sur le point de réussir, l’organisation de feu notre ami se réduit comme peau de chagrin, Scotland Yard intensifie ses rafles et ça s’agite énormément dans certains milieux plutôt haut placés, les fruits pourris ne vont pas tarder à tomber.

—Moran n’est pas un imbécile, je pense que depuis quelques temps, il se doute de plus en plus que je ne suis peut-être pas tout à fait aussi mort qu’il avait pu le croire, le dénouement approche, il le sait et il risque de se retourner contre… eux. Un silence. Tu… tu as des nouvelles ?

—Ils vont bien, tous. Molly et Greg se sont installés ensemble, et John refuse toujours de me parler, mais il est « surveillé » de très près par Mary, comme tu l’avais prévu à Noël. Mrs Hudson est ravie, il passe presque autant de temps dans l’appartement C qu’il en passait autrefois dans le B, mais l’ambiance est plus calme, du moins dans la journée.

Une expression d’amertume passa sur le visage de Sherlock.

—Et maintenant que je suis rentré, ils sont de nouveau en danger… à cause de moi.

—Pas de toi, de Moriarty, et de Sébastian Moran.

—N’empêche que…

—Rien du tout, tu vas arrêter avec cette culpabilité idiote, les sentiments sont le pire fléau de l’humanité, tu dormais beaucoup mieux lorsque tu les muselais.

—Rassure-toi, la plupart du temps j’y arrive encore très bien, mais personne n’a jamais réussi à contrôler les rêves.

—Ca ira mieux lorsque tout ça sera fini.

—Mouais, je l’espère mais j’ai bien peur qu’il y ait des choses qui ne s’effacent jamais…

Mycroft se détourna. Il ne l’avouerait jamais mais, depuis presque trois ans, un sentiment de culpabilité qu’il n’aurait jamais pensé pouvoir éprouver un jour le poursuivait à lui aussi. C’était en grande partie de sa faute si les choses avaient dégénéré à ce point, il aurait pu tout arrêter plus tôt, il en avait le pouvoir, mais il voulait détruire l’organisation toute entière. Il avait voulu l’anéantissement complet de ce nid de cafards et pour cela, il n’avait pas hésité à employer tous les moyens en sa possession, et son meilleur atout était son frère, pour lequel Jim Moriarty avait développé une véritable obsession qu’il n’avait pas hésité à utiliser jusqu’à la corde. Contrairement à ce qu’avait cru John, Sherlock n’avait jamais été tenu à l’écart, et rien n’avait été fait sans son accord, mais Mycroft avait tout de même joué avec la vie de son cadet, et c’était loin d’être terminé.  Cette histoire avait fini par ébranler le socle de l’insensibilité affichée des frères Holmes, il fallait redresser la barre, et pour cela, il fallait en finir au plus vite avec cette affaire.

Sébastian Moran, qui avait pris les rênes de l’organisation de Moriarty après la disparition de celui-ci, avait fini par repérer Sherlock, qui séjournait depuis quelques mois chez de lointains cousins à Montpellier. Se sachant repéré et afin de les protéger de toutes représailles, celui-ci avait alors décidé de rentrer définitivement à Londres où de toutes façons les choses se précipitaient, afin de mettre enfin un point final à près de trois ans de traque, à travers le monde entier, de l’une des plus grandes entreprises criminelles jamais connues. Le dernier acte serait décisif, mais il s’avérait aussi le plus difficile à jouer, Sébastian Moran n’était pas un génie comme l’avait été Jim Moriarty, mais froid, lucide et déterminé, il n’en était pas moins dangereux. C’était un mercenaire, et malgré la disparition de son patron, il était bien déterminé à finir la mission que la ruse des frères Holmes l’avait empêché de mener à son terme à l’époque.

TBC

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