La lumière au bout du tunnel -7- A broken Halleluja

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Titre : La lumière au bout du tunnel -7- A broken Halleluya
Auteur : Lilou0803
Type :
fanfic
Genre :
Friendship
Fandom :
Sherlock (BBC-2011)
Personnages :
John, Molly, Mrs Hudson, Lestrade,Sherlock
Rating : G
Disclaimer :
L’univers et les personnages de Sherlock Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, la série « Sherlock » à la BBC

A broken Halleluja

Ils étaient réunis dans le salon, Mrs Hudson avait à peine été surprise de retrouver Sherlock, au fond d’elle-même et malgré les évidences, elle n’avait jamais vraiment réussi à croire à sa mort, sa foi en lui était telle qu’elle avait inconsciemment attendu ce moment depuis près de trois ans. Ce qui ne l’avait pas empêché d’éclater en sanglots en se précipitant dans ses bras, avant de lui passer un savon bien senti.

Les deux frères avaient dû utiliser toute leur force de persuasion pour la dissuader de se rendre à l’hôpital, aux côtés de Mary et de John, elle n’avait pas encore bien réalisé l’ampleur et la signification des événements de l’après-midi et la part que chacun d’entre eux y avait prise.
Mycroft lui avait expliqué le rôle que Mary jouait auprès d’elle. Après avoir testé plusieurs moyens pour assurer sa sécurité, dont les travaux de réfection du 221C avaient d’ailleurs fait partie, le plus simple lui avait finalement semblé être d’installer quelqu’un à demeure chez elle.
Ce qui s’était passé prouvait que Sébastian Moran avait fini par avoir la confirmation que Sherlock était toujours vivant, et que les contrats sur ses amis avaient donc été réactivés. Moriarty avait un motif personnel pour vouloir détruire Sherlock, Moran n’était qu’un exécutant, et ils espéraient que sa neutralisation suffirait peut-être à arrêter la machine infernale.

Après avoir amené Mrs Hudson chez Mycroft et téléphoné à Molly pour lui expliquer la situation et lui demander de se rendre auprès de John, Lestrade était retourné à Scotland Yard. La trahison de Mac Adams allait entrainer une enquête des affaires internes, mais lui seul se doutait qu’elle impliquait certainement  beaucoup plus qu’une simple affaire de flic ripou, peu avant le coup de fil de Mycroft, Mac Adams avait reçu un appel sur son portable, et il avait demandé à Sally Donovan qui secondait habituellement le lieutenant, de le remplacer pour un interrogatoire de routine, obligeant son chef à faire appel à lui pour l’intervention chez Mrs Hudson. Il allait devoir mener sa propre enquête, si Moriarty avait infiltré des hommes à lui au Yard, Mac Adams n’était peut-être pas la seule branche pourrie et qui savait à quel niveau l’arbre pouvait être corrompu ! Il se composa le visage du collègue complètement atterré par ce qui venait de se passer… Plus il ferait l’idiot et moins l’ennemi serait sur ses gardes.

Il avait du subir plusieurs interrogatoires serrés, de la part de son supérieur hiérarchique, puis des affaires internes, sans compter les questions de ses collègues abasourdis, sans que rien ne puisse être retenu contre lui, tous les témoignages, dont celui de l’agent qui s’était trouvé sur place, allaient dans le même sens, Mac Adams avait tiré sur la femme, lui n’avait fait que riposter. Il finissait de taper son rapport lorsque son portable se mit à sonner, c’était Molly,  il fallait qu’il vienne le plus vite possible à l’hôpital, Mary n’avait pas survécu à ses blessures et ils ne seraient pas trop de deux pour soutenir John dans cette nouvelle épreuve.

Les yeux fixés sur le plancher, Mycroft raccrocha son téléphone, il n’avait pas prononcé un seul mot. Sherlock se leva.

—Je dois y aller.

—Il n’en est pas question !

—Ce n’est pas moi qui suis visé, et John est particulièrement vulnérable en ce moment, même face au danger, il serait capable de se laisser tuer sans réagir, je dois y aller.

—Tu ne sortiras pas d’ici ! Lestrade et miss Hooper sont avec lui, ils vont l’amener ici…

—Il refusera, il voudra rester là-bas.

—… De gré ou de force !

La porte d’entrée s’était ouverte, puis refermée, après un bon moment.

—Je pencherais pour la force.

La porte du salon fut poussée et Molly entra la première, suivie par Lestrade et le majordome, qui portaient un corps inanimé qu’ils allongèrent sur le canapé.

—Il est blessé ?

—Seulement anesthésié, il en a encore pour une bonne demi-heure.

—Bien, je propose que nous fassions le point sur la situation.  Jenkins, pouvez- vous nous préparer du café s’il vous plait ?

—Il est déjà prêt, monsieur, je me suis permis de penser que la nuit serait longue.

—Tout le monde est à son poste ?

—Oui, monsieur.

—Vous leur en porterez aussi, et restez dans les parages… Vous êtes armé, je suppose.

—Toujours, monsieur.

John reprenait lentement conscience. Des voix lui parvenaient, d’abord brouillées, puis il commença à les distinguer les unes des autres. Greg et Molly, oui il était avec eux lorsqu’il s’était… endormi ? Soudain, il se souvint, ils étaient à l’hôpital, dans le box où on avait transporté le corps de Mary après… il tenait à peine debout, assommé par le chagrin, anéanti, il n’avait même pas pu pleurer, tout était là, à l’intérieur, un tel poids… Molly s’était approchée de lui et lui avait pris le bras, l’obligeant à s’assoir sur la chaise qu’elle lui avait apportée, il n’avait même plus la force de résister. Elle avait glissé un gobelet dans sa main et l’avait obligé à boire quelque chose de chaud et de sucré, il avait avalé, machinalement. Plus tard,  il s’était certainement assoupi un moment. Maintenant, il était allongé, et il distinguait d’autre voix. Mrs Hudson ! La brave femme était sûrement accourue dès qu’elle avait appris… Non, Greg avait emmené Mrs Hudson chez… Mycroft ! La voix de Mycroft ! Il ouvrit les yeux.
Il n’était jamais venu chez Mycroft Holmes, les seules fois où il était allé le voir, c’était au Diogène, mais il reconnaissait le salon, c’était la réplique presque exacte du « parloir » du club, à moins que ce ne fut l’inverse. Mycroft avait horreur de changer ses habitudes. Molly, qui surveillait son réveil l’aida à s’assoir. Sa bouche était pâteuse.

—Vous m’avez drogué !

—C’était le seul moyen de vous amener ici, vous ne pouviez pas rester à l’hôpital, c’était trop risqué.

—Ils peuvent être n’ importe où, ils ont tenté d’abattre Mrs Hudson chez elle, Lestrade a eu l’un des assassins, mais l’autre court toujours et nous ne savons pas combien ils y en a en tout.

—Vous ne comprenez donc pas que je m’en fiche !

Molly posa une main sur la sienne.

—Je vous comprends, John, mais vous êtes sous le choc, et si vous vous en moquez, vos amis eux, se soucient de vous.

—Mary est morte, morte ! Et le responsable… Il se leva, se tournant vers Mycroft. C’est vous, Mycroft Holmes, vous ! Vous êtes bien tranquille, bien à l’abri dans votre club de débiles muets et pendant ce temps, vous envoyez les autres se faire tuer.

—Miss Morstan était une de mes employées, c’est vrai, mais personne ne l’a forcée à faire ce travail, elle était entrainée et connaissait les risques, qu’elle soit tombée amoureuse de vous pourrait même être considéré comme une faute prof…

—Mycroft !

La remise à l’ordre de Mrs Hudson était venue trop tard, John avait bondi, saisi l’homme par les revers de sa veste puis l’avait repoussé d’un geste brusque, manquant de le faire tomber.

—Vous ne méritez même pas que je me salisse les mains en vous administrant la correction que vous méritez. Je savais que vous n’aviez ni cœur ni sens moral, mais je pensais que vous auriez au moins la décence de montrer un peu de considération pour un de vos agents tombé en faisant son devoir. Notre relation n’a rien changé, nous venions de décider de nous marier lorsqu’a eu lieu le premier attentat et cela n’a pas émoussé ses réflexes professionnels, alors qu’elle savait que cela pouvait tout changer entre nous. Mais que peut-on attendre d’un homme qui n’a pas hésité à sacrifier son propre frère à ses intérêts !

Mycroft ne s’était pas départi de son masque d’impassibilité, il rajusta sa veste et brossa une poussière imaginaire sur son revers.

—Je n’ai jamais rien sacrifié à mes propres intérêts, John, mes seuls intérêts sont ceux du royaume, et je prendrai évidemment en charge les obsè…

—Mycroft !

Cette voix… John s’était figé, il n’osait pas se retourner. Un silence soudain s’était abattu sur la pièce, tous les regards s’étaient tournés vers celui qui venait à son tour de rappeler à l’ordre l’un des plus puissants personnages de l’état. Lentement, il pivota sur lui-même, il avait reconnu la voix mais son esprit se refusait encore y croire. Un jeune homme blond, qui jusque-là s’était discrètement tenu dans l’embrasure d’une fenêtre, le regardait d’un air grave. Il eut un étourdissement, un brouillard gris tourbillonna un instant devant ses yeux, et il fut obligé de s’accrocher au  dossier d’une chaise pour ne pas tomber, l’homme fit un pas vers lui, une main tendue comme pour le soutenir, mais il se ressaisit et l’autre s’immobilisa de nouveau.

—Toi !

—John, je…

—Non, ne dis rien, ne t’approche pas de moi !

Mrs Hudson s’était approchée de Molly et lui avait glissé quelques mots à l’oreille, avant de prendre le bras de Mycroft pour l’entrainer dans la pièce à côté où Molly et Greg les avaient précédés, sans même que les deux hommes en aient conscience.

—T-tu étais mort, mort ! Tout ce temps, tout ce temps … je, je… Merde, putain d’enfoiré ! Je t’ai pleuré, j’ai même voulu mourir tellement je me sentais coupable ! Et toi…

—J’étais là John, tu ne me voyais pas, mais à chacun de mes retours je t’envoyais un message, j’aurais voulu faire plus mais je ne pouvais pas…

—Ta gueule ! Je t’ai dit de te taire ! Transparent, hein ? On lit en moi comme dans un livre, hein ?… Espèce de salaud égoïste !

Il se jeta soudain sur lui et lui envoya son poing dans la figure avec une telle force que Sherlock s’effondra sur une chaise qui explosa littéralement sous le choc. Appuyé sur un coude, le jeune homme se frottait le menton en suçant le sang qui coulait de sa lèvre fendue.

—Je suppose que je ne l’ai pas volé ! Tu peux y aller, défoule-toi, je ne t’en voudrai pas.

Il essayait péniblement de se relever en s’appuyant sur le plancher, lorsqu’il se heurta à une main tendue, après un regard dubitatif à John et une légère hésitation, il saisit la main secourable et se retrouva debout, encore sonné, légèrement titubant.

—Un message, hein ? Alors le violon… la sonnerie…

—Ce n’était pas grand-chose, mais ça me donnait l’impression de garder le contact.

John ne pouvait détacher son regard du ressuscité.

—Tu as maigri, tu as mauvaise mine, et le blond ne te va pas.

—Merci. Disons que depuis pas mal de temps, ma vie n’est pas un modèle de calme et de régularité.

—Comment…

—Je t’expliquerai tout, mais plus tard, le temps joue contre nous, j’ai été repéré et les forces obscures se sont réveillées plus tôt que prévu, mais j’ai pu retrouver la trace du deuxième tireur, un dénommé Parker. En ce moment, il doit être entre les mains de la police. Moran, c’est le second de ce cher Jim, est de plus en plus isolé et je suis pratiquement certain qu’il voudra finir le travail lui-même, et ce dès cette nuit, je ne serais même pas étonné qu’il s’octroie une petite prime en essayant de me supprimer aussi, il me hait presque autant que Moriarty, mais ses méthodes sont moins subtiles, lui ne s’embarrassera pas de psychologie, une balle bien placée suffira à son bonheur.
Je lui ai tendu un piège, et je vais avoir besoin de toi… comme autrefois, si… si tu veux bien.
Il baissa la tête un instant, et repris d’une voix légèrement voilée. Le travail est le meilleur antidote au chagrin, John, et le travail que j’ai en vue ne peut que convenir à ton état d’esprit actuel. Je… je sais que j’ai toujours été incapable de… crois-moi, John, je suis désolé, j’aurais préféré que ce soit moi qui…

—Quand est-ce qu’on part ?

—Je pense que Lestrade est déjà en train de nous attendre, Mycroft doit lui avoir tout expliqué.

—Alors allons-y, finissons-en, et rentrons chez nous.

FIN

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