Si près, si loin

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(Cette série de reviews en forme de  fictions, par ailleurs indépendantes les unes des autres, est supposée se dérouler après la fin des épisodes (à partir du 5X7). Le soir, après que les personnages aient quitté l’hôpital.)


Titre : Un peu plus tard -1- Si près, si loin
Auteur : Lilou

Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée « House md »
Spoilers :
après 5X7 : « The hitch »
Genre : Romance House/Cuddy
Classification : G
Résumé : “Flashback”

Publiée le 26-11-08

***

Parti, il était reparti… Il n’en revenait toujours pas de sa propre lâcheté. Ah il était beau le grand Grégory House, réputé autant pour ses capacités médicales que pour son caractère impossible. Si ses pairs le voyaient maintenant, elle en prendrait un sacré coup, sa réputation!

Tout en se versant un troisième whisky bien tassé (avec lequel il fit glisser deux comprimés de Vicodin, autant faire bonne mesure), il se remémorait cette soirée. Cette impulsion soudaine, après la tension de la journée, passée à jouer l’habituelle comédie pour ses collègues (il n’était d’ailleurs pas si sûr que Wilson soit encore dupe), qui l’avait poussé hors de chez lui, oubliant son casque et jusqu’à sa canne dans sa précipitation. Et puis… En arrivant chez elle… Plus rien… Paralysé comme un collégien, collé derrière sa fenêtre, l’observant boire une infusion tout en prenant des notes sur un dossier. Il ne s’était jamais rendu compte (mais s’était-il déjà posé la question?) à quel point son travail était prenant. Entre ses responsabilités et ses devoirs de doyenne d’un hôpital universitaire et ses fonctions de médecin, quelle place lui restait-il pour une vie privée? Et lui qui n’arrêtait pas de l’asticoter là-dessus, quel imbécile! Lui, sa journée finie, il pouvait se détendre s’il en avait envie, alors qu’elle continuait souvent à travailler tard chez elle le soir.

Elle avait toujours été une “bosseuse”. Il se souvenait d’elle à la fac. Lui, brillant étudiant de dernière année, déjà une légende, surpassant la plupart de ses professeurs, déjà caustique et coureur de jupons invétéré. Elle, timide et réservée, débarquant en première année bien décidée à réussir… Et elle avait plus que bien réussi! A priori, rien n’aurait dû attirer l’attention de Grégory House chez cette petite brune mal fagotée qui ne pensait qu’à ses études, et pourtant… Et pourtant chaque fois qu’il la croisait, il ne pouvait s’empêcher de la suivre du regard. Et puis il avait quitté la fac et ils ne s’étaient jamais revus jusqu’à… Son infarctus. Lorsque le caillot avait arrêté la circulation dans sa cuisse, provocant des douleurs insupportables, c’est à Princeton Plainsboro que Stacy l’avait emmené. Elle connaissait Cuddy qui venait d’être nommée à la tête de l’hôpital, où elle était elle-même conseillère juridique. Il avait tout de suite reconnu la petite étudiante dans la femme superbe qu’elle était devenue… la chrysalide s’était transformée en un éblouissant papillon, et il était immédiatement retombé sous le charme! Elle était devenue son médecin, avant de l’embaucher comme chef du service de diagnostics, le soufflant sous le nez de plusieurs hôpitaux prestigieux. Elle ne s’était jamais doutée qu’il avait réfuté des offres beaucoup plus avantageuses pour rester près d’elle!… Imbécile! Ça lui avait couté, lui seul le savait, sa relation avec Stacy. Et depuis, il se taisait, n’osant pas, lui, Grégory House, avouer ses sentiments à cette femme pour qui il avait tout quitté.

Depuis des années, brique après brique, il avait pourtant bien réussi à bâtir un mur solide entre lui et les autres. A se forger cette réputation de cynisme, d’insensibilité et de misanthropie. Se tenant à l’écart de ses patients pour ne pas se laisser influencer par ses émotions afin de pouvoir rester le meilleur, et de ses collègues pour ne pas leur imposer son infirmité, et son caractère rendu solitaire et aigri par la douleur et l’addiction aux diverses drogues qu’il essayait régulièrement pour tenter de l’oublier, à défaut de l’enrayer. Seul Wilson était parvenu à soulever une partie du masque, à percer un petit trou dans la carapace. Il s’accrochait à son travail et à cette amitié comme à ses seuls points d’ancrage dans la vie, n’exprimant vraiment ses sentiments qu’à travers sa musique, ne laissant rien d’autre filtrer à l’extérieur… Jusqu’à cette soirée de samedi dernier! Mais qu’est ce qui lui avait pris bon sang! Il était allé chez elle seulement (???) pour la réconforter, et il l’avait trouvée tellement fragile, vulnérable, elle, si forte et sure d’elle d’habitude… Et puis elle avait crié, le regard plein de larmes mal retenues, lui avait demandé pourquoi il trouvait un malin plaisir à toujours tout détruire autour de lui. Pour la première fois il s’était senti désarmé. Il n’avait rien trouvé à répondre d’autre que ce piètre “je ne sais pas”. Et il l’avait embrassée, comme ça, sans réfléchir. Ils s’étaient accrochés l’un à l’autre comme deux naufragés, mêlant pour un instant leurs deux détresses dans un baiser aussi intense et désespéré que son désir pour elle. Il avait alors compris qu’elle comptait pour lui bien plus encore qu’il ne le pensait, et il avait fui, terrorisé à l’idée qu’elle pourrait s’en rendre compte.

Le cocktail whisky/Vicodin commençait à faire son effet et si la douleur s’était atténuée, la double dose de comprimés mêlée à l’excès d’alcool le rendait quelque peu nauséeux. Finalement, c’était mieux comme ça, il avait bien fait de s’en aller. Il ne voulait pas imposer à la femme qu’il aimait une  vie avec un infirme drogué, un demi-homme même plus capable de l’accompagner courir ou s’amuser. Elle était sportive, elle aimait danser, autant qu’il avait pu en juger en l’observant au cours des quelques soirées auxquelles ils avaient assisté ensemble. Oui, c’était bien mieux. Il essayait désespérément de s’en persuader… Mais jusqu’à quand pourrait-il résister si elle faisait le premier pas? Allons, mauviette,  secoue-toi, tu t’appelles Grégory House, il te suffira de dire non et de t’en tirer avec une vacherie, comme d’habitude… Oui, bien sur, mais combien de temps pourrait-il encore continuer à la faire souffrir sciemment (il ne se rendait même pas compte qu’il se faisait autant souffrir lui-même). Il essaya de se lever, mais retomba sur le canapé, le regard vague, les jambes en coton et la tête vide… Le mélange ingurgité un peu plus tôt avait eu raison de lui. Il s’allongea péniblement sur les coussins et se laissa glisser dans un néant bienfaisant où la souffrance enfin n’existait plus.

***

Parti, il était reparti… Elle n’avait pas su, pas osé, le retenir. Et maintenant c’était fini, il ne reviendrait surement jamais. Ah elle était belle la célèbre Lisa Cuddy, à qui sa pugnacité avait permis d’accéder au poste de deuxième et plus jeune femme doyenne d’hôpital universitaire du pays. Belle combativité en vérité! Elle n’avait même pas été capable d’empêcher l’homme qu’elle aimait le plus au monde de partir!

Elle s’assit dans son fauteuil préféré, devant la fenêtre, une tasse à la main, et essaya de se concentrer sur ce satané dossier qu’elle avait ramené de l’hôpital, pour éviter de penser à ce samedi de la semaine dernière… Cette journée qu’elle revivait tous les soirs lorsqu’elle se retrouvait seule chez elle. Pourrait-elle un jour l’oublier? Elle avait si bien commencé, cette semaine, qui resterait à jamais gravée comme un cauchemar dans son esprit! La traditionnelle chamaillerie avec House, qui avait évidemment tout deviné très vite comme à son habitude. Le rendez-vous avec la mère du bébé… Et puis tout avait basculé d’un coup… L’admission de la jeune femme à l’hôpital, les diagnostics contradictoires, la césarienne, le bonheur de tenir son enfant dans ses bras… L’horreur, lorsque la mère avait changé d’avis et décidé de garder le bébé. Après, c’était le trou noir. Comment avait-elle pu terminer la journée, rentrer chez elle, elle ne s’en souvenait plus. Elle avait repris conscience dans la chambre préparée avec amour pour la petite Joy où elle avait laissé enfin éclater son désespoir. C’était fini, ça avait été son dernier recours, il n’y en aurait pas d’autre.

Elle avait sacrifié sa vie personnelle et renoncé à avoir un bébé lorsqu’elle était plus jeune à cause de son satané job. Et puis, il faut bien l’avouer, aucun homme ne lui semblait à la hauteur… Aucun? Un souvenir la hantait depuis la fac, le souvenir de deux yeux bleus inoubliables et d’un irrésistible sourire moqueur! Oh bien sûr, elle ne l’avait jamais montré, jamais avoué. Il était en dernière année et elle venait de commencer ses études de médecine et s’était jurée de ne pas laisser un homme l’empêcher de réussir à atteindre son but. Et puis… Pourquoi se serait-il intéressé à elle, toujours plongée dans ses cours, pas sophistiquée pour un sou, lui qui avait à ses pieds les plus belles filles du campus (et d’ailleurs). Elle avait bien le temps… Mais le temps avait passé et Lisa Cuddy était toujours seule… Des aventures, bien sûr, mais ils se lassaient tous très vite de la rivalité avec son travail et finissaient toujours par renoncer.

Et puis un jour, peu après sa nomination à Princeton Plainsboro, le compagnon de son amie Stacy avait été admis en urgence à l’hôpital. Quelle ne fut pas sa surprise en reconnaissant… Le regard qu’elle n’avait jamais pu oublier et qu’elle avait parfois cru sentir, autrefois, posé sur elle! Elle était loin de se douter que le Greg de Stacy était le Dr Grégory House, dont la réputation de plus en plus grandissante lui valait d’être courtisé par les plus grands hôpitaux du pays. Elle l’avait soigné, mais le bon diagnostic avait été posé (par lui, quelle ironie!) trop tard, et son muscle n’avait pas pu être sauvé. Elle se sentait tellement coupable depuis! Peu de temps après Stacy et Greg s’étaient séparés. Elle avait engagé ce dernier comme chef du service de diagnostics, au grand dam de pas mal d’autres directeurs d’hôpitaux et non des moindres. Elle s’était d’ailleurs souvent demandée comment elle avait pu y arriver. Pourquoi avait-il choisi de rester à Princeton? Mystère! Mais elle avait réussi à avoir le meilleur. Et peut-être au fond d’elle-même espérait-elle autre chose…

Elle avait entendu frapper. Qui pouvait venir la déranger à cette heure? Elle n’allait pas se laisser importuner par… Dans l’encadrement de la porte se tenait… La dernière personne qu’elle aurait pensé voir ce soir-là, et apparemment aussi embarrassé qu’elle. Combien devaient lui coûter les maladroites paroles de réconfort qu’il était en train de prononcer, lui, tellement cynique, insensible à tout. Enfin, en apparence, car il y avait longtemps qu’elle avait deviné que tout cela n’était qu’une façade, mais comme Wilson, elle faisait semblant de “marcher”. Et puis tout avait dérapé, et son désespoir s’était exprimé en reproches. Mais il n’avait pas répliqué, il l’avait regardée d’un air perdu et avait simplement murmuré, si bas qu’elle croyait avoir rêvé, un pauvre “je ne sais pas”. Il l’avait embrassée, et elle s’était accrochée à lui comme une noyée. Puis il l’avait doucement repoussée et il était parti… Et elle était restée là, elle ne l’avait pas appelé, elle n’avait pas couru pour le rattraper, rien… Il était parti!…

Une sensation bizarre l’envahissait tout à coup, comme un picotement dans la nuque, la sensation confuse d’être observée… Elle se leva et alla ouvrir la porte. Rien! Si ce n’est le feu arrière d’une moto qui tournait au coin de la rue…

FIN

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