Parce que c’est lui – 1

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Titre : « Parce que c’est lui » – Chapitre 1
Auteur : Lilou
Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée “House md”
Spoilers : Saison 5 Finale
Genre : Frienship House/Wilson/Cuddy
Classification : G
Résumé : «Une fin, ou une renaissance?»
N/A : Fiction + Vidéo (Forgotten Hopes)

Publiée le 19-05-09

***

Chapitre 1 : Sur le fil


Il ne s’était rendu compte de l’endroit où il se trouvait que lorsqu’il avait coupé le moteur.

Depuis que la porte s’était refermée sur le regard délavé d’enfant perdu fixé sur lui comme pour un dernier adieu, il était en état second. Il n’aurait pas su dire au bout de combien de temps il avait enfin pu remonter dans sa voiture, et encore combien de temps s’était écoulé avant qu’il ne réussisse à s’arracher à cet endroit maudit, aux allures écrasantes de forteresse infernale.

Les yeux dans le vague, il avait laissé son subconscient conduire la Volvo. Une ou deux fois, il avait déclenché les essuie-glaces en vain, avant de se rendre compte que sa vision brouillée de provenait pas de la pluie.

Il traversa la rue et sortit la clé de sa poche.

L’appartement était plongé dans la pénombre. Les épais doubles rideaux ne laissaient filtrer de l’extérieur qu’une lueur diffuse.

Il se laissa tomber sur le canapé et vida lentement les poches de son manteau, disposant un à un les objets sur la table basse.

La montre, le portefeuille, le téléphone… IL n’avait rien voulu garder qui puisse le relier au monde extérieur, lui rappeler qui et ce qu’il avait été. Il s’était métaphoriquement mis à nu pour affronter la pire des épreuves.

Il avait arrêté le temps.

S’il parvenait à sortir de cet enfer sans devoir renoncer à une partie de lui-même, il récupèrerait sa vie et son identité, et le temps recommencerait à s’écouler. Sinon… Sinon, personne ne saurait, et son souvenir finirait par s’estomper peu à peu – les hommes ont la mémoire courte – Ils penseraient tous qu’il avait démissionné sur un coup de tête, et quitté la région. C’est du moins ce qu’ils avaient convenu d’accréditer dans le pire des cas…. Mais au moins, lorsqu’on se souviendrait parfois de lui ce serait de celui qu’il avait été avant…

Même sa mère ne savait rien. Ils n’étaient que trois dans le secret, et c’était encore trop à son goût.

Pendant le trajet, il avait complété les règles : il refusait toute visite, de qui que ce soit. Il ne voulait surtout pas que quiconque puisse voir sa déchéance. Il savait par où et par quoi il allait devoir passer. Il savait aussi que son ami ne pourrait peut-être pas résister à la tentation de l’aider s’il le suppliait, et il refusait qu’Elle assiste à ça… Pas après avoir imaginé…

Deux jours plus tôt :

Lorsque la porte du bureau s’était ouverte sur eux, il avait immédiatement compris, en voyant l’expression angoissée de Cuddy et le regard égaré de son ami, que le pire avait fini par arriver.

Sans un mot, il avait décroché le téléphone. Les contacts avaient déjà été pris la veille, après la tentative aussi désespérée qu’inutile de House de se provoquer un choc à l’insuline pour se débarrasser de ses hallucinations, et les choses avaient pu s’organiser très rapidement.

Elle avait été la première à rompre le silence qui s’était ensuite installé dans la pièce.

- Je viens avec vous!

- Pas question! … Personne ne sera surpris que je n’assiste pas au mariage de Chase et Cameron. L’absence de Wilson peut s’expliquer par son deuil récent et le mal que ça lui ferait. Mais vous, vous devez y aller! Personne ne comprendrait votre absence. Personne ne doit se douter de quoi que ce soit.

Une pause.

- S’il vous plait! … J-Je sais que je me suis comporté comme un con, que je vous ai blessée… Mais je vous en supplie, faites ça pour moi!

- …S’il vous plait!

L’avait-il de nouveau suppliée d’une voix étranglée. Il avait l’air si misérable, si désarmé, si loin du House qu’ils connaissaient !

- Il a raison, avait renchérit Wilson. Il sera admis sous un pseudonyme, et à part nous, personne n’a besoin d’être au courant de ce qui arrive. Si la cure se passe bien, il reviendra en septembre comme s’il rentrait de vacances. Etant donné son état pendant ces dernières semaines personne ne s’étonnera que vous ayez prolongé ses congés.

Un coup d’oeil à la jeune femme le dissuada d’exposer ce qui pourrait arriver si la cure ne réussissait pas. A vrai dire, lui-même ne le savait pas vraiment. Mais cette perspective le terrifiait. Il connaissait assez son ami pour se douter qu’il ne supporterait pas de continuer à vivre en voyant ses facultés diminuées et sa raison corrompue.

La gorge serrée, elle avait hoché la tête. Evidemment, ils avaient raison!

Elle n’avait pas bien compris tout ce qui s’était passé ces derniers jours, mais elle soupçonnait Wilson d’en savoir beaucoup plus qu’elle, et elle se promettait bien de le cuisiner jusqu’à ce qu’il lui avoue la vérité. De simples insomnies, même graves, ne pouvaient pas tout expliquer.

Elle l’avait serré dans ses bras avant que Wilson ne l’emmène, essayant de lui faire comprendre dans cette étreinte que tout ce qu’il avait pu dire ou faire depuis la veille était pardonné. Le regard qu’il lui avait rendu lui avait déchiré le coeur et l’âme. C’était le regard d’un animal blessé à mort qui acceptait sa destinée. Elle avait le sentiment d’un adieu et elle avait eu peur de ne jamais le revoir. Et puis ce regard… Il exprimait aussi autre chose… Une chose…

Elle s’était enfuie. Elle ne voulait pas qu’il emporte d’elle une image de douleur et de larmes.

Une fois la porte fermée à clé et les stores tirés, elle avait laissé libre cours à son chagrin, libérant ses sanglots, crispant convulsivement ses mains sur son bureau. Ce bureau qui l’avait rendue tellement heureuse lorsqu’elle avait compris qu’il venait de lui.

Sa voix résonnait dans sa tête :

- Je vous ai dit que j’avais besoin de vous…

Son ton incrédule :

- Vous m’avez aidé!

Elle revoyait le tremblement spasmodique de ses doigts lorsqu’il avait ouvert la main sur la boite de comprimés, son recul et son air horrifié lorsqu’il l’avait jetée à terre…

Les images se bousculaient dans sa tête. Elle faillit se mettre à hurler. Les poings pressés contre sa bouche, elle s’abattit sur le canapé.

Un éclat orange sur la moquette blanche attira son regard… La boîte d’Hydrocodone était toujours là. Elle la ramassa et la glissa dans sa poche. C’était tout ce qui lui restait de lui.

Elle commençait à comprendre qu’il avait du se passer quelque chose de vraiment très grave.

… Et c’était vers elle que son subconscient s’était tourné. C’était en elle qu’il avait placé sa confiance dans son délire.

Bien sûr, à ce moment-là, elle ne pouvait pas s’en douter, mais elle s’en voulait tout de même de s’être montrée aussi dure. Elle dirigeait cet hôpital, elle était responsable. Elle aurait dû s’apercevoir que quelque chose ne tournait pas rond depuis quelques jours… Il avait même commencé à se confier à demi-mot lorsqu’il était allé lui demander les somnifères, mais elle n’avait pas osé insister de peur de le voir de nouveau se fermer comme une huître.

Des bribes de conversations surprises çà et là dans les couloirs remontaient maintenant à sa mémoire. Les mots House et coma hypoglucidique associés… Mais elle n’y avait pas prêté plus attention que ça… Les infirmières devaient discuter d’un patient, avait-elle alors pensé.

Oui, il allait falloir avoir une sérieuse conversation avec Wilson!

Il ne pouvait pas se décider à renter chez lui. La nuit était tombée, maintenant. Les heures s’étaient écoulées sans qu’il en ait conscience.

Rester ici, c’était comme maintenir une espèce de lien.
La partition sur le piano, le livre ouvert posé à l’envers sur un guéridon, la serviette encore humide au-dessus de la baignoire… Tout évoquait sa présence, on aurait pu croire qu’il allait rentrer d’un instant à l’autre.

Le froid le réveilla. Il s’était endormi sur le canapé et ses membres ankylosés lui arrachèrent une grimace lorsqu’il voulut se lever.

Minuit et demi. Il se dirigea vers la chambre et se laissa tomber sur le lit en pleurant… C’était tellement pareil… Les souvenirs affluaient à sa mémoire… Amber… La sensation de perte était presque la même…

Malgré son optimisme affiché face à Cuddy, il avait peur. Son ami allait devoir affronter ses pires démons, et il avait choisi de les affronter seul. Dieu seul savait à quelle extrémité il pourrait être amené face au manque, à la douleur, à la solitude et au désespoir. House n’était pas homme à accepter les compromis. Il irait jusqu’au bout de son calvaire, mais qu’y trouverait-il… Une fin, où une renaissance?

TBC

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Vidéo : Forgotten hopes

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