Le veilleur dans l’ombre -7-

Harry Potter Add comments

Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

Une vérité qui dérange

1 Heart2 Hearts3 Hearts4 Hearts5 Hearts (1 votes, average: 5, 00 out of 5)
Loading ... Loading ...

Le ministère tomba une semaine plus tard, le jour même du mariage de Bill et Fleur. Les Aurors de l’ancien régime qui avaient refusé de prêter allégeance au nouveau pouvoir étaient maintenant devenus des hors-la-loi et Harry, Ron et Hermione étaient en fuite.

Tout s’était passé très vite après que le Patronus de Shacklebolt les ait prévenus, et lorsque les Mangemorts avaient envahi le Terrier, après que les défenses mises en place par l’ancien ministère aient été désactivées, ils n’avaient trouvé que les invités, innocents et passablement affolés, d’un mariage auquel ils n’avaient rien pu trouver à redire. Il n’y avait pas plus de hors-la-loi ici que dans les six autres endroits signalés comme suspects. Les parents de Tonks, dont la maison était située juste au-dessous du point où Voldemort avait perdu la trace d’Harry, furent soumis au Doloris mais réussirent à ne rien révéler et furent laissés en liberté faute de preuves.

Remus était furieux. Une fois encore, Potter avait failli tout faire échouer en voulant à tout prix rester pour se battre. Il avait presque été obligé d’employer la force pour le faire partir, heureusement que Granger était intervenue et avait transplané en entraînant avec elle Harry et Ron, sans leur demander leur avis. Le matin même, il avait pris la jeune fille à part, lui confiant ses inquiétudes quant à l’imminence  de la catastrophe, et l’enjoignant de se tenir en permanence prête à toute éventualité, lui glissant même au passage qu’en cas de besoin, Fol-Œil avait sécurisé l’ancien quartier général de l’Ordre. Bien sûr, il ne lui aurait jamais confié d’où lui venait ce ‘pressentiment’.

La veille, alors qu’il s’apprêtait  à entrer dans le pub, ou il devait attendre Tonks à l’heure de la sortie des bureaux, afin de se rendre ensemble au Terrier pour l’anniversaire d’Harry, un inconnu entièrement vêtu de noir l’avait arrêté pour lui demander l’heure. Le temps qu’il sorte sa montre, l’homme avait eu le temps de murmurer : « C’est pour demain, les sécurités tomberont avec le ministère. Le Square Grimmaurd est sûr », avant de s’éloigner sans se retourner. Hermione n’avait pas perdu de temps à demander des explications et s’était précipitée à l’intérieur en murmurant « mon sac, il me faut mon sac ! ». Il n’avait pu s’empêcher de sourire en pensant qu’Harry aurait d’abord discuté, argumenté, exigé des explications… Oui, Dumbledore avait décidément eu raison.

Remus avança prudemment dans le couloir en admirant au passage le sortilège mis en place par Fol-Œil, qu’il n’avait pas encore eu l’occasion d’observer, aucun membre de l’Ordre n’ayant mis les pieds Square Grimmaurd après que Maugrey ait installé son petit ‘piège à Snape’. Il n’eut pas le temps d’aller bien loin avant de se retrouver en face de trois baguettes pointées sur lui. Pour une fois, Harry et ses amis avaient bien réagi face à un éventuel danger. Les adolescents venaient de lui raconter comment ils avaient découvert que la chambre de Sirius avait subi une fouille en règle, sans qu’ils puissent savoir si cela avait eu lieu avant ou après la mise en place des sortilèges. Lupin penchait pour avant, mais aucun d’entre eux n’arrivait à trouver de raison valable à cette perquisition. Même Mondingus semblait hors de cause, tant il avait déjà dépouillé la maison de tous ses objets de valeur avant la mort de Sirius. La lettre inachevée ne donnait aucune indication logique, quant à la photo déchirée, Remus se rappelait l’avoir déjà vue, et dans son souvenir, le morceau manquant ne montrait que Lily. Ce n’était que l’image innocente d’une famille heureuse et confiante, bien loin de se douter qu’un destin tragique était déjà en marche.

Harry tournait et retournait la photo dans ses mains. Il leva la tête vers l’homme assis en face de lui, qui était maintenant le seul à avoir assez bien connu ses parents pour pouvoir lui parler d’eux autrement qu’en lui débitant les fadaises habituelles.

—Remus, je… Mon père, comment était-il réellement? Je veux dire… Vous étiez son ami, vous  savez plus de choses de lui que la plupart des gens qui l’ont connu.

—Ton père était quelqu’un de bien, de courageux, il…

—J’ai déjà entendu tout ça ! Et de toute façon, qui oserait dire autre chose à un orphelin ? Sauf…

—Sauf ?

—Snape !

—Nous y revoilà !

—Non, vous ne comprenez pas. Il ne m’a jamais caché ce qu’il pensait de mon père, et moi, c’est vrai que je le hais, c’est un traître et un assassin ! Mais il y a quelque chose… Que ne n’ai jamais raconté à personne, pas même à Ron, Hermione ou Dumbledore.

—Et ? Tu veux en parler maintenant ?

—Ca me ronge, et je voudrais connaitre la vérité… C’était l’année où il me donnait des cours d’Occlumencie. Au début de chaque cours, il mettait des souvenirs de côté dans sa Pensine, des choses qu’il ne voulait pas que je puisse voir par accident. Je pensais… je pensais que c’étaient des choses qu’il avait à cacher concernant… Voldemort et tout ça. Alors le jour où il a été obligé de s’absenter en me laissant seul, j’ai…

—Tu as regardé ses souvenirs ! Est-ce que tu te rends compte…

—Oui je sais ! Je n’en suis pas vraiment fier. D’autant plus que ça n’avait rien à voir avec… En fait, ça concernait mes parents, enfin surtout mon père et… et ce que lui et Sirius s’amusaient à lui faire. Je… C’était exactement comme si j’étais lui… J’étais dans sa tête, Je ressentais tout ce qu’il ressentait … La colère, la haine et surtout… L’humiliation… Et alors j’ai compris des choses… C’était… Je n’aurais jamais pu imaginer que…

—Seigneur ! Et il t’a surpris ?

—Oui. En voyant son expression, j’ai pensé qu’il allait me frapper… Mais il s’est contenté de me renvoyer.Ca ne changeait rien à mes sentiments, mais ce jour-là, j’ai presque ressenti de la compassion pour lui. Un silence épais s’installa, Lupin gardait les yeux obstinément fixés sur la bouteille de bièraubeurre qu’il tenait à la main. Au bout d’un moment, Harry reprit : « Mon père… Est-ce que… ? »

—Ce ne sont pas non plus des souvenirs dont je puisse être fier. Je ne les approuvais pas, mais j’étais là, et le plus souvent je les laissais faire sans intervenir. Nous étions jeunes et bêtes, comme les adolescents que nous étions, je crois que nous ne nous rendions même pas compte à quel point ce que nous faisions pouvait faire du mal. Il soupira, l’air malheureux. « James et Sirius ont pris Severus en grippe la première fois qu’ils se sont vus, dans le Poudlard Express. Il y a eu une dispute, je ne me souviens plus au juste à quel sujet, un truc idiot à propos de la répartition et des maisons, je crois. Ça aurait pu s’arrêter là, mais par la suite, ils ont continué à s’en prendre à lui, pendant des années, toujours à lui, peut-être parce qu’il était seul, et que le plus souvent il préférait partir que se défendre. Non qu’il n’aurait pas pu : en arrivant à Poudlard il connaissait déjà plus de sortilèges que beaucoup d’élèves de dernière année. Mais il devait penser que riposter lui aurait valu bien pire. Il ne faut pas oublier, et de ça non plus il n’y a pas de quoi être fier, que nous étions quatre contre un, et que contrairement à ton père et à Sirius, il n’était pas très populaire. En cas de conflit ouvert, il n’aurait pas eu grand monde de son côté… Les gamins peuvent se montrer extrêmement cruels entre eux, et je suppose qu’il ne devait pas en être à sa première mauvaise expérience. Dans le monde moldu dans lequel il avait vécu jusqu’à son arrivée à Poudlard, il ne devait pas être mieux traité, surtout si les autres s’étaient aperçu qu’il était ‘différent’. Et puis, je crois que James était jaloux… A cause de Lily. »

—De ma mère ? Quel rapport peut-il bien y avoir entre ma mère et Snape ?

—Severus était le meilleur ami de ta mère.

La révélation tomba comme une pierre dans une mare. Harry eut un sursaut de stupeur indignée, la bouche entrouverte, son teint passant du cramoisi au blanc. Remus leva la main pour lui intimer le silence.

« Ils se connaissaient depuis l’enfance et ils étaient très proches. Lorsque ton père l’a vue pour la première fois, dans le train, je crois que malgré leur jeune âge, il est tombé amoureux d’elle immédiatement. Dès lors, il n’a pas pu supporter leur complicité, et il a tout mis en œuvre pour les séparer. Ça lui a pris cinq ans, mais il a fini par y parvenir, le jour où il a dépassé les limites et l’a vraiment humilié publiquement comme jamais, sans aucune autre raison que celle d’amuser Sirius qui s’ennuyait. Ce jour-là, Severus a perdu tout contrôle, il était véritablement fou de rage, je ne pense même pas qu’il ait vraiment réalisé ce qu’il disait, ni à qui… Il a traité ta mère de sang-de-bourbe. A l’époque il avait commencé à traîner avec une bande de Septième Année, qui étaient déjà assujettis à Voldemort et c’était leur insulte favorite. Le soir même, il est venu implorer son pardon, au vu de tous, malgré ce que cela devait coûter à son amour-propre, mais elle n’a rien voulu entendre. Elle était sa seule véritable amie, la seule qui avait de l’influence sur lui. La seule qui aurait pu le retenir sur la mauvaise pente sur laquelle ses condisciples de Serpentard l’entrainaient. Et lorsqu’il s’est retrouvé tout seul, il s’est laissé définitivement embrigader par les partisans de Qui-tu-sais. »

Complètement abasourdi, Harry le fixait d’un air choqué.

Ma mère ! Ma mère était… La meilleure amie de Snape ? Et mon père a vraiment…

—Il a changé, par la suite. Et je suis sûr qu’il a regretté ce qu’il avait fait, mais il a toujours été trop fier, ou  peut-être trop orgueilleux pour aller s’excuser. Et puis les évènements se sont précipités et après, il était trop tard.

—Mais… Mais mon père lui a sauvé la vie !

—C’est vrai, mais là encore, et crois-moi, je suis désolé d’avoir à te dire ça, il ne l’a fait que pour sauver la mise à Sirius et aux Maraudeurs, si ce n’avait été ça, il n’aurait certainement pas levé le petit doigt pour lui. Sirius avait sciemment et délibérément envoyé Severus à la cabane hurlante ce soir-là, alors que j’étais en pleine transformation, et si James n’était pas intervenu, j’aurais pu le tuer, ou en tout cas le blesser gravement. J’avoue que moi-même j’ai eu du mal à pardonner à Black d’avoir failli faire de moi un meurtrier ! En tout état de cause, nous aurions au minimum été tous renvoyés, et Sirius aurait peut-être même pu finir à Azkaban. Nous avions tous eu la peur de notre vie, et même Minerva et Dumbledore qui ‘laissaient passer’ beaucoup de choses, peut-être trop, de la part des Gryffondors, n’ont pas été très tendres avec eux sur ce coup-là. C’est à partir de ce moment-là que James a commencé à mettre un peu de plomb dans la cervelle, et cessé ses gamineries. Tu sais, le fait qu’ils étaient mes amis ne m’a jamais empêché de les regarder avec lucidité. Sirius était un irresponsable, James un enfant gâté, et Pettigrew un opportuniste. Quant à Severus, je pense sincèrement que nous avons eu notre part de responsabilité dans ce qu’il est devenu par la suite…

—V… Vous n’allez tout de même pas prendre sa défense !

—Je ne prends la défense de personne, Harry, j’énonce des faits, je rétablis la vérité, c’est tout ! Même si c’est une vérité que tu n’es pas décidé à entendre. Je suis désolé, mon garçon, mais personne n’est tout à fait blanc ou tout à fait noir sur cette terre, et parfois les apparences peuvent être trompeuses, mais il faut apprendre à accepter les choses auxquelles on ne peut rien changer, et s’arranger pour vivre avec le mieux possible.

Pour une fois, l’adolescent resta muet, il semblait avoir du mal à digérer ce qu’il venait d’entendre. Remus en profita pour se lever et aller appeler Hermione et Ron, qui étaient montés à l’étage en voyant le ton personnel que prenait leur conversation. Lorsqu’ils furent de nouveau tous réunis autour de la table de la cuisine, Lupin prit une grande inspiration et lâcha brusquement :

—Snape a été nommé Directeur de Poudlard !

Trois regards sidérés se tournèrent vers lui en même temps, puis les adolescents se mirent à parler tous à la fois.

—Non ! Ce n’est pas possible !

—Ils n’ont pas pu faire ça !

—Il a assassiné Dumbledore !  Les autres professeurs n’accepteront jamais !

Remus laissa passer l’orage.

—J’ai bien peur qu’ils n’aient pas le choix. S’ils protestent, ils courent le risque d’être arrêtés, bien sûr, ils pourraient démissionner, mais à mon avis, ils choisiront de rester pour protéger les élèves. D’autant plus qu’à partir de la prochaine rentrée, tous les enfants de sorciers devront suivre une scolarité obligatoire à Poudlard, sans possibilité d’aller étudier à l’étranger ou d’être scolarisés à domicile, ainsi qu’ils le pouvaient jusqu’à maintenant. Ah ! Et puis, je crois que vous devriez enlever le portrait de Nigellus Black de la chambre du premier, il a son pendant dans le bureau du Directeur, à l’école, et s’il lui prenait l’envie d’être trop bavard, votre cachette serait vite compromise. Mais d’un autre côté, et pour les mêmes raisons, il pourrait aussi s’avérer utile, aussi je conseillerais à Hermione de l’ajouter aux bagages qu’elle transporte déjà dans son sac, au cas où vous partiriez d’ici.

Hermione se précipita hors de la pièce. Harry était hors de lui.

—Comment peut-il ? Il a assassiné Dumbledore, et maintenant…

Remus soupira en lui jetant un regard fatigué.

—Je pense que lui non plus n’a pas eu le choix. Voldemort ne pouvait logiquement pas laisser Minerva McGonagall à ce poste. Crois-tu vraiment qu’il va avoir la tâche facile, face à l’hostilité de tous les professeurs et de la grande majorité des élèves ? Tout compte fait, et tout choquant que cela puisse nous sembler, ce choix est le meilleur pour nous. Imagine qu’il ait décidé de nommer un de ces détraqués qui font partie de son cercle rapproché ! Severus est professeur, il connait les rouages de l’école, il fera certes régner l’ordre et la discipline, mais ce n’est pas un psychopathe assoiffé de sang et de tortures comme cette folle de Bellatrix Lestrange par exemple, et je ne pense pas qu’il fera sciemment du mal aux élèves.

—Je ne suis pas d’accord, Snape…

—… Est orgueilleux, arrogant, sévère, partial en faveur de ses Serpentards et par contrecoup souvent injuste pour les autres, mais il n’a jamais agressé physiquement un élève, a toujours eu de bons rapports avec ses collègues et est de plus un excellent professeur.

—Parce qu’il y avait Dumbledore pour calmer le jeu, mais maintenant qu’il est directeur…

—Nous verrons bien Harry, nous n’avons ni l’un ni l’autre le don de divination, mais je ne crois pas qu’il soit dans son intérêt d’augmenter encore son impopularité, et par là même celle de son Maître. Poudlard est le vivier de la nouvelle génération, et je pense que Voldemort voudra mettre le plus de monde possible de son côté. Et il est assez intelligent pour savoir qu’il a intérêt à le faire plutôt par la persuasion que par la terreur ou l’intimidation.

TBC

Print This Post




Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Designed by NattyWP Wordpress Themes.
Images by desEXign.