Le veilleur dans l’ombre -14-

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

Les rafleurs

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Lorsqu’Harry ouvrit les yeux, il était de retour dans la tente, étendu sous un amas de couvertures, sur la couchette inférieure de l’un des lits superposés. L’obscurité laissait à peine deviner les contours de ce qui l’entourait, dans cette lueur froide si spécifique qui précède l’aube, qui peinait à percer à travers la toile du toit. Il était trempé de sueur. Peu à peu, sa vue s’adaptait à la pénombre et il tendit machinalement la main vers le tabouret sur lequel il posait habituellement ses lunettes. En tournant la tête il aperçut Hermione, assise en tailleur près du lit. Elle était éveillée, et des cernes sombres se dessinaient sous ses yeux. Il remarqua une petite éponge dans sa main : elle lui avait essuyé le visage. —Qu’est-ce qu’il s’est passé ? —Tu as été malade, répondit-t-elle. Très malade. —Il y a combien de temps qu’on est revenus ? —Des heures. C’est presque le matin, tu as dormi toute la journée. Une douleur lancinante vrillait sa poitrine, il rejeta les couvertures, remonta son T-shirt humide de sueur et regarda. Il y avait à l’endroit de son cœur un ovale écarlate. Il vit aussi les traces de crochets à moitié guéries sur son avant-bras. —C’est le médaillon… Il était collé à ta poitrine. Je suis désolée, j’ai été obligée de jeter un sortilège de Découpe pour le détacher. J’ai soigné les plaies avec du dictame. —Ou est-il ? —Dans mon sac. Je crois qu’il vaut mieux ne plus le porter jusqu’à ce qu’il soit détruit. Il se redressa et rejeta les couvertures. —Harry, non, il faut absolument que tu te reposes ! —C’est toi qui as besoin de dormir. Ne le prends pas mal mais tu as une mine épouvantable. Moi je vais très bien. Je vais monter la garde. Où est ma baguette ? Elle ne répondit pas, se contentant de le regarder d’un air triste. —Où est ma baguette, Hermione ? Elle se mordait la lèvre et il vit qu’elle était sur le point de se mettre à pleurer. —Harry… —Où est ma baguette ! Elle tendit la main par terre, près du lit, et la lui donna. La baguette en bois de houx était coupée en deux. Les deux parties n’étaient encore reliées que par un fragile filament de plume de phénix. Incrédule, Harry la prit entre ses mains. Il leva un regard paniqué sur Hermione. —Répare-là s’il te plait. —Je… J’ai déjà essayé ! Il la contempla, effaré, incapable d’admettre ce qu’il voyait, sa baguette était comme une partie de lui-même, le prolongement naturel de son bras. Il avait l’impression d’avoir perdu une vieille amie… D’abord Hedwige et maintenant… Il pensa à Ollivander, enlevé et séquestré par Voldemort, il pensa à Grigorovitch qui était mort. Comment allait-il se procurer une nouvelle baguette ? Il se sentait nu et vulnérable. Il retomba sur ses oreillers, et observa le visage grisâtre, aux traits tirés d’Hermione. Des larmes ruisselaient sur son visage. —Harry, murmura-t-elle. « Je suis navrée, c’est quand le serpent nous attaquait, j’ai jeté un maléfice Explosif qui a rebondi dans tous les sens… il a dû atteindre… » —C’était un accident, dit machinalement Harry. « Ce n’est pas de ta faute, tu m’as sauvé la vie, si tu n’avais pas fait ça nous serions morts tous les deux. Je… Je ne me souviens pas de tout ce qu’il s’est passé après l’explosion. C’est… c’est très… Bizarre. J’ai l’impression d’avoir rêvé, et en même temps, ça avait l’air tellement réel ! Il y avait Dumbledore, et puis… Snape, mais ils n’étaient pas… Je ne sais pas… C’était… Etrange… Je me souviens du cimetière… Nous avons vraiment trouvé l’épée ? Ou ça aussi je l’ai rêvé ? » —Non, tu n’as pas rêvé, nous avons vraiment trouvé l’épée. Elle était bel et bien cachée à Godric’s Hollow. Après l’explosion, tu es resté quelques minutes inconscient, tu as du avoir une hallucination. Après que tu aies repris connaissance, nous sommes allés au cimetière, et c’est là que nous avons trouvé l’épée. Sur la tombe de… —Mes parents ! Oui, Je me souviens de la biche… Le Patronus de ma mère…Des larmes perlaient à ses paupières. « Je pense qu’il faudrait que nous détruisions cette… chose le plus rapidement possible, maintenant que le pouvons ». Reprit-il au bout d’un moment. —Tu as raison. Elle plongea la main dans son sac et en tira le médaillon, qui parut tressaillir légèrement. Harry savait que la chose qu’il contenait avait senti la présence toute proche de l’épée qui pouvait la tuer. Il était urgent de détruire l’Horcruxe une bonne fois pour toutes. —Je pense que nous ne devrions pas faire ça à l’intérieur. Hermione attrapa sa baguette et Harry s’empara de l’épée. Une fois dehors, il jeta un regard alentour, et repéra un endroit qui semblait convenir : un rocher relativement plat dans un espace  découvert. Ils s’aventurèrent hors des protections. La clairière était totalement déserte et silencieuse, sans aucun signe de présence humaine ou animale. Il dégagea la neige qui couvrait la surface de la pierre et tendit la main pour prendre l’Horcruxe. —Et j’espère bien que Voldemort va le sentir passer ! Au même moment, un ‘crac’ sonore retentit non loin d’eux, suivi du crissement des pas de plusieurs personnes sur la neige. La jeune fille pivota, la baguette pointée. Quatre hommes à l’air patibulaire leur faisaient face, baguettes en mains. —Allons jeune fille, lâchez çà et levez les mains en l’air, nous sommes plus nombreux, et résister ne vous servirait qu’à vous faire blesser. « Expelliarmus ! » Le sort venait de derrière le groupe. Les quatre baguettes de leurs agresseurs s’envolèrent par-dessus leur tête. Hermione lança deux Stupefix coup sur coup suivi d’un Protego pour les mettre à l’abri. Les deux hommes encore debout n’eurent pas le temps de finir de se retourner pour voir d’où venait le danger,  ils furent terrassés à leur tour par deux rayons de lumière rouge qui étaient partis des arbres qui bordaient la clairière. Leur sauveur sortit de l’ombre et s’avança vers eux. Hermione alla à sa rencontre comme une somnambule. —Ron ? Ron !  Un mouvement à la limite de son champ de vision, attira son attention. « Petrificus Totalus ! Levicorpus ! » Fit-elle sans même ralentir. Les quatre hommes, incapables du moindre mouvement se retrouvèrent suspendus en l’air par une cheville. Elle se précipita sur lui et martela à coups de poing chaque centimètre carré de son corps. —Aïe… Ouille… Arrête ! Qu’est-ce que… Hermione… Ouille ! —Ronald… Weasley… Espèce de… parfait… crétin ! Elle ponctuait chaque mot d’un nouveau coup. Le jeune homme battit en retraite, se protégeant le visage. « Tu… reviens… ici… en douce… après… des semaines… —Hermione, dit Harry. « Calme t… » —Je ne me calmerai pas ! Hurla-t-elle. Jamais encore ils ne l’avaient vue perdre à ce point son sang-froid. « Ce n’est pas à toi  de me dire ce que je dois faire Harry Potter ! Cria-t-elle d’une voix suraiguë. « Et toi ! » Elle pointa sur Ron un doigt accusateur. « J’ai couru après toi ! Je t’ai appelé ! Je t’ai supplié de revenir ! » —Je sais, je suis désolé, vraiment, je… —Tu es désolé ! Elle éclata d’un rire aigu, incontrôlable. « Tu reviens après des semaines… On a failli mourir… Et tu penses qu’il te suffit de dire ‘désolé ‘ pour que tout s’arrange ? —J’ai voulu revenir dès l’instant où j’ai transplané, mais je suis tombé sur des Rafleurs, et je ne pouvais plus aller nulle part ! —Des quoi ? demanda Harry tandis qu’Hermione s’asseyait sur la pierre plate bras et jambes étroitement croisés. —Des Rafleurs, répondit Ron en montrant leurs agresseurs. « Il y en a partout. Ils essayent de gagner de l’or en arrêtant les nés-Moldus et les traîtres à leur sang. Le ministère offre une récompense pour chaque capture. Heureusement, ils n’étaient que deux et pas très malins, je leur ai dit que j’étais Stan Rocade. C’était assez pitoyable, je le reconnais. Par chance, ils ne le connaissaient pas et ils se sont disputés pour savoir si oui ou non je disais la vérité. J’ai profité de leur distraction pour donner un coup dans le plexus de celui qui me tenait et j’ai pu lui arracher la baguette qu’il m’avait prise. Puis j’ai envoyé un Stupefix à l’autre, et j’ai aussitôt transplané. Lorsque je suis arrivé à l’endroit où nous avions campé, vous étiez déjà partis. Je ne savais plus trop quoi faire, alors je suis allé chez Bill et Fleur… Au fait, le nom de qui-vous-savez est maintenant frappé du maléfice du Tabou. Il montra la petite troupe neutralisée. « C’est le simple fait de le prononcer qui les attire. » —Oh mais c’est palpitant ! Pauvre Ron, tu as dû être terrifié, lança Hermione d’un ton glacial. Nous, nous nous sommes contentés d’aller à Godric’s Hollow et, voyons, qu’est ce qui s’est passé, déjà ? Ah oui, le serpent de tu-sais-qui nous attendait, il a failli nous tuer, ensuite tu-sais-qui en personne est arrivé et nous nous en sommes sortis de justesse. —Quoi ? S’exclama Ron en les regardant d’un air d’un air ahuri. —Je voudrais quand-même savoir comment tu t’y es pris pour nous retrouver ce soir ? Quand nous le saurons, nous pourrons faire le nécessaire pour éviter les visiteurs indésirables. Ron lui jeta un regard noir, puis sortit de la poche de son jean un petit objet en argent. —Le Déluminateur ? Hermione semblait en avoir oublié son ressentiment. —Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais la nuit dernière, je… j’ai entendu ta voix. Il regardait Hermione. —Ma voix ? —Elle venait de ma poche, elle venait de là. Il montra de nouveau le Déluminateur. « Alors je l’ai actionné. La lumière s’est éteinte dans ma chambre mais il brillait, un peu comme un Portoloin. J’ai attrapé mon sac à dos que je gardais toujours à portée de main, et il m’a fait transplaner jusqu’à cette forêt. Je suis resté là toute la journée, j’étais certain que vous y étiez, mais avec vos sortilèges de protection, je ne pouvais ni vous voir, ni vous entendre. En voyant que je ne parviendrais pas à vous retrouver, j’ai attendu en espérant que l’un de vous finirait par mettre le nez dehors… Harry se tourna vers Ron en montrant leurs agresseurs. —Tu as récupéré leurs baguettes ? —Quoi ? Répondit Ron qui n’avait cessé de regarder Hermione d’un air inquiet. « Ah oui, oui.  Les voilà. Par les temps qui courent, c’est bien d’en avoir en réserve. » —Tu as raison. Assura Harry en tendant la main. « La mienne est cassée.» —Tu plaisantes ? S’exclama Ron, mais au même moment, Hermione se leva. —Non ! Dit la jeune fille d’une voix lasse. Elle semblait avoir abandonné toute tentative de velléité. « Et je crois qu’après ces touchantes retrouvailles, nous devrions partir en vitesse, en leur jetant un sort d’oubli. » Elle montrait les Rafleurs. —Détruisons d’abord l’Horcruxe. Reprit Harry. «  Je ne peux plus supporter d’être près de ce machin, même pas dans un sac…  Il tendit l’épée à Hermione. « Je crois que c’est à toi de le faire. » —Moi ? Pourquoi moi? —Parce que c’est toi qui nous a sauvé la vie à Godric’s Hollow, et que c’est toi qui a trouvé l’épée sur la tombe. Je crois donc que cette tâche te revient. Je pense que je devrais lui demander de s’ouvrir en lui parlant Fourchelang, après tout c’est comme ça que j’ai réussi à ouvrir la chambre des Secrets, et toi, tu le transperceras tout de suite. D’accord ? Parce que ce qu’il y a à l’intérieur ne se laissera pas détruire sans combattre. Le fragment de Jedusor qui se trouvait dans son journal a essayé de me tuer, de tuer Ginny. —Non, attends, je pense que c’est Ron qui devrait le faire. —Moi ? S’étonna à son tour le jeune homme. « Pourquoi ? » —Parce que si je ne me trompe pas, c’est à cause de lui que tu es parti, à cause des choses qu’il t’obligeait à imaginer. Au sujet de moi, et de… Harry, n’est-ce pas ? Ron rougit et détourna le regard, tandis qu’Harry les regardait tour à tour, bouche-bée. —Qu’est-ce que tu racontes, Hermione ? —Ne le prends pas mal, Harry, mais ce sont des choses que les filles comprennent, ou si tu préfères, ressentent, beaucoup mieux que les garçons. Nous sommes amis depuis si longtemps, tous les trois, que tu ne peux même pas imaginer que Ron puisse être jaloux de toi —Jaloux ! De… moi ! Mais… Enfin, Hermione, tu es… Tu es comme ma sœur, et c’est de Ginny que je suis… Il se tourna vers son ami. « Ron ! Tu as vraiment pu t’imaginer une chose pareille ? » —Je suis désolé, Harry, je sais bien que c’est idiot, mais vous êtes tellement complices parfois, tellement proches que je ne pouvais pas m’empêcher… Et lorsque j’avais le médaillon autour du cou, c’était pire ! Je devenais fou de rage, j’avais envie de… —Mais… J’ai toujours agi avec Hermione exactement comme avec toi, ni plus, ni moins. Qu’est ce qui a bien pu te faire croire… Hermione avait maintenant l’air franchement amusée. —Ne cherches pas à comprendre, Harry, mais je persiste à croire que c’est Ron qui doit détruire l’Horcruxe, parce que c’est lui qui a été le plus affecté par son influence maléfique. Et que malgré tout, il a décidé de revenir tout en sachant ce qui l’attendait tant que nous le porterions avec nous. Ron se tourna vers Hermione. —Ensemble ! Nous allons le faire ensemble, nous allons lui montrer qu’il ne peut pas nous affecter, que nous pouvons être plus forts que lui ! Il referma sa main sur celle de la jeune fille, qui tenait toujours l’épée. Ainsi qu’Harry l’avait prévu, la chose qui vivait dans le médaillon essaya de se défendre, tentant de les dresser les uns contre les autres, utilisant toutes les faiblesses qu’elle sentait dans leurs esprits, jalousie, colère, rancœur, mais elle ne parvint pas à faire faiblir leur volonté. Lorsque la lame de l’épée s’abattit, dominant le fracas métallique, un grand cri se prolongea dans le jour naissant, et un flot de sang sembla sourdre du bijou transpercé de part en part. Ils restèrent un moment en alerte, mais il n’y avait plus rien à combattre, les restes du médaillon fracassé fumaient légèrement et toute influence maléfique en avait disparu. La chose qui vivait dans l’Horcruxe s’était évanouie. Ils restèrent longtemps à regarder l’objet redevenu inoffensif, avant d’oser enfin s’en approcher. Harry finit par le ramasser. Les deux parties du médaillon avaient été traversées par l’épée et il ne dégageait plus aucune aura malfaisante, il le jeta dans le sac d’Hermione. Ils ne s’attardèrent pas, et transplanèrent dès qu’ils eurent démonté le camp et effacé toute trace de leur passage, après avoir jeté un sort d’oubli sur les quatre Rafleurs, qui se demanderaient toujours comment ils avaient pu atterrir dans cette forêt.

TBC

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