Le veilleur dans l’ombre -12-

Harry Potter Add comments

Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

De l'autre côté de la nuit

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Son plan, il le leur expliqua en détail après avoir administré la potion à Harry et qu’ils se furent assuré qu’il reposait tranquillement. —J’ai décidé de vous faire confiance, miss Granger, si j’ai tort, je n’aurai certainement pas l’occasion de m’en mordre les doigts, mais j’espère bien que Lupin se chargera de vous le faire regretter. Commença-t-il. « En outre, si tout se passe bien, ce que nous allons faire devra rester secret, même envers Potter, je veux votre parole, sans cela, je serai obligé de vous neutraliser, mais sachez que votre présence est un atout supplémentaire pour la vie de votre ami ! » —Ce que vous allez faire… —Est risqué, dangereux. Extrêmement dangereux. Aussi bien lui que moi pouvons y laisser notre peau, bien je ne doute pas que la deuxième éventualité doive vous être particulièrement indifférente. Je ne peux ni ne veux vous le cacher… A vous de décider ! Elle n’hésita que quelques secondes. —Vous avez ma parole. Il la considéra quelques instants, semblant évaluer la sincérité de la jeune fille, avant de continuer. —Merci ! Vous savez ce qu’est le médaillon, mais ce que même le Seigneur des Ténèbres ignore, c’est que Potter lui-même est aussi un Horcruxe, créé involontairement lorsqu’il a essayé de le tuer, il y a seize ans. Ce serait bien trop long d’entrer dans les détails, mais je vais tenter de le débarrasser de ce fardeau qui doit fatalement entrainer sa mort à court terme, afin que Qui-vous-savez puisse être détruit. Si j’échoue, au mieux rien ne sera changé, au pire, nous mourrons tous les deux, ce qui tout compte fait ne fera qu’avancer un peu l’échéance. Mais si j’y parviens, il aura au moins une chance de survivre à cette guerre… Pardonnez-moi d’insister, au risque de paraitre insulter votre intelligence, mais je me dois de vous reposer la question : avez-vous bien compris ce à quoi vous vous engagez ? —J’ai compris professeur. Et j’ai également bien conscience que sans baguette, et entre Remus et vous, je ne suis pas de taille à vous empêcher de faire quoi que ce soit. Mais comme vous me l’avez très justement fait remarquer, si vous aviez voulu tuer ou livrer Harry, vous l’auriez déjà fait, sans vous embarrasser de toute cette comédie. Au lieu de ça, vous l’avez soigné et vous semblez tous les deux vous soucier sincèrement de lui. Si vous me dites que ma collaboration est un atout supplémentaire pour sa vie, je suis prête à vous aider. —Bien ! Il posa son regard alternativement sur ses deux interlocuteurs, comme s’il hésitait encore à franchir le dernier pas, puis il se lança : « Avez-vous déjà entendu parler de la notion de NDE ? » Lupin paraissait totalement perdu, mais Hermione acquiesça. Malgré la gravité du moment, son ancien professeur ne put s’empêcher d’esquisser un bref sourire, en la voyant amorcer un mouvement, vite réprimé, pour lever le doigt. —Expérience de Mort Imminente. Des scientifiques moldus ont fait des études sur cette question… Elle parut soudain réaliser ce qu’il voulait dire. « Vous n’allez tout de même pas… » —Si, miss Granger, je vais… Ou plutôt nous allons, avec Potter. Je vais nous plonger, à l’aide d’une potion de mon invention, dans un état de… comment dire… de mort… retardée, ou si vous préférez, réversible… Enfin, du moins je l’espère… Ce ne sera pas de la catalepsie, nous serons vraiment morts. Toutes nos fonctions vitales vont s’arrêter, et  pas seulement ralentir à l’extrême. Mais si je ne me suis pas trompé dans la composition et les proportions, notre cerveau devrait résister beaucoup plus longtemps que la normale à l’absence d’irrigation et d’oxygène, et notre sang rester liquide. Cela devrait nous donner le temps d’atteindre ce que nous appelons les Limbes, et d’en revenir sans en garder de séquelles. Lorsque nous serons dans ce qu’on pourrait considérer comme un no man’s land entre la vie et la mort, je tenterai de convaincre cette tête de mule de retourner dans son corps en abandonnant le fragment d’âme parasite dont il est porteur ‘’et le connaissant, c’est pas gagné !’’. Nous devrions théoriquement disposer d’environ une heure et demie, au-delà, la potion ne sera plus active, et il n’y aura plus de retour possible. D’autre part, plus nous nous attarderons et moins nous aurons de chances de pouvoir revenir par nous-mêmes, et je crains qu’un simple Enervatum ne soit pas suffisant pour nous aider… Votre père travaille dans le milieu médical, je crois, vous savez donc ce qu’est cet appareil, je suppose ? —C’est un défibrillateur. —C’est cela. Si au bout d’une heure nous ne sommes pas revenus, et si les moyens magiques échouent, vous devrez essayer de nous ranimer avec ceci. Je vais vous en expliquer le fonctionnement. —Je sais comment ça marche, j’ai un diplôme de secourisme. —Certes, mais je doute que Lupin ait même jamais entendu parler de cette machine. Vois-tu Remus, l’inconvénient du monde sorcier, c’est qu’il est tellement sûr de sa supériorité qu’il néglige de s’intéresser à tout ce qui peut venir des autres cultures. Il leva une main vers Hermione qui le considérait, bouche-bée. « Oh, pas d’ironie, s’il vous plait, Granger, j’ai mis du temps à m’en apercevoir mais comme vous pouvez le constater je suis prêt à faire amende honorable. » Cette apparente humilité finit de laisser la jeune fille sans voix. Le loup garou, qui était resté silencieux, jusque-là, prit la parole. —Et que va devenir le… ? Il considérait Severus, qui évitait maintenant de croiser son regard, d’un air suspicieux. « Tu as dit qu’on ne pouvait les détruire qu’avec certaines substances, ou certains éléments magiques. Sauf que, Il montra l’épée du menton, « tu ne peux pas emmener d’objets physiques là où vous allez, et pas de baguette non plus.  Il va donc rester vivant et devra lui aussi revenir, ce qui signifie qu’il aura besoin d’un… contenant. » La réponse qu’il attendait ne vint pas, et soudain, la lumière se fit dans son esprit. Il écarquilla les yeux d’un air horrifié en réalisant toutes les implications de ce qu’ils allaient faire. — Tu ne vas tout de même pas… —Il le faut. Il est nécessaire que le Seigneur des Ténèbres lui-même détruise ce Horcruxe, et je refuse de laisser mourir Harry. ’’Harry ? L’avait-il vraiment appelé Harry ?’’ Hermione allait de surprise en surprise. Mais dans le même instant, elle réalisa à son tour la signification de ces dernières paroles. — Mais, professeur ! Ca équivaut à vous condamner à mort ! L’homme en noir tourna la tête vers elle, étirant les commissures de ses lèvres dans un rictus ironique. —Oh ! Vous croyez ? —On ne peut pas te laisser faire ça ! Renchérit Remus. —Il n’y a pas à revenir là-dessus ! Vous avez tous les deux donné votre parole ! Il eut un pincement au cœur, c’étaient presque mot pour mot, la dernière conversation qu’il avait eue avec Dumbledore. Il s’en voulut de leur imposer à son tour un tel fardeau à porter. Il cilla légèrement, mais continua comme si de rien n’était : « Et n’oubliez pas : vous devrez vous occuper de Potter en priorité ! » Harry s’agita sur le canapé, marmonnant des mots sans suite. Hermione posa une main sur son front. —Il est brûlant ! Elle s’apprêtait à saisir le bol de potion à moitié vide qu’elle avait posée sur le guéridon  après lui en avoir administré une première dose un peu plus tôt, mais une main repoussa son bras. —Non ! Trancha Snape. « La fièvre peut s’avérer être un atout supplémentaire dans le processus. En brouillant son esprit, elle pourrait le rendre moins… rebelle à mes arguments. Il attrapa deux des fioles qu’il avait posées sur le guéridon, à côté de… Hermione était médusée, les évènements s’étaient succédés à un tel rythme qu’elle ne l’avait pas remarquée avant : ‘’L’épée de Gryffondor !‘’ « Lorsque vous nous aurez ramenés, il faudra nous faire avaler les deux autres, cela permettra à nos organismes de combattre les séquelles de la première potion et de la privation d’oxygène. » Sans attendre de réponse, il souleva le buste d’Harry pour lui permettre d’avaler le liquide sans s’étouffer, puis s’asseyant par terre, il approcha la seconde fiole de ses lèvres. L’effet fut presque instantané. Leurs respirations se firent rapidement laborieuses se transformant en râles douloureux alors qu’ils entraient en agonie. Enfin leurs corps se raidirent dans un dernier spasme, avant de se détendre, dans une immobilité totale. Ils ne respiraient plus et une rapide vérification permit à Lupin de constater que leurs cœurs avaient cessé de battre. Remus et Hermione avaient beau avoir été prévenus, l’effet n’en fut pas moins dévastateur. Snape et Harry étaient morts, et rien n’indiquait que ce ne serait pas définitif. Le Maître des Potions ne leur avait pas caché que malgré sa quasi-certitude, l’effet du breuvage sur la durée était strictement théorique. Etant donné la confidentialité de la chose, Il n’avait en effet pu tester le produit de ses recherches que sur des rats de laboratoire, et sur lui-même. Mais faute d’assistant, il ne s’était jamais attardé dans les limbes plus de temps qu’il ne fallait pour pouvoir en revenir par ses propres moyens… Même si, une fois au moins, il avait poussé l’expérience jusqu’à l’extrême limite du raisonnable, mais cela, il l’avait gardé pour lui Une longue attente silencieuse commença. Dans certaines circonstances, les minutes peuvent ressembler à des heures, et celles-là se révélèrent particulièrement élastiques. Harry se sentait nauséeux, il était allongé sur une surface dure, il avait trop chaud, et sa tête était douloureuse. Il ouvrit les yeux, il était enveloppé d’une sorte de brume translucide qui semblait peu à peu se diluer pour dévoiler les alentours. Il tenta de se redresser sur un coude, mais un vertige le fit retomber sur le sol. —Restez tranquille, Potter, le venin est encore actif dans votre sang et la fièvre n’arrange pas les choses. Si j’étais vous je n’essaierais pas de me lever. Il ne pouvait pas voir la personne qui s’adressait à lui, mais le son de cette voix lui donna l’énergie nécessaire pour s’assoir. C’est alors qu’il s’aperçut qu’il était nu. —Snape ! —Professeur Snape, Potter ! Si je ne m’abuse, vous n’avez pas encore terminé votre scolarité. —Allez vous faire… —Taisez-vous Potter ! Je ne tolèrerai aucune grossièreté de la part d’un élève, qui plus est vautré à poil sur le sol. Couvrez-vous ! Les paroles étaient aussi cassantes que d’ordinaire mais le ton était… Amusé ? Un jean et un T-shirt atterrirent près de lui. Négligeant la main tendue de l’homme qui lui faisait maintenant face, il se leva tant bien que mal en vacillant, et commença à s’habiller maladroitement. Il était en plein cauchemar, ce ne pouvait être que ça ! Il allait se réveiller sous la tente et… Et… Snape avait-il parlé de venin ? Peu à peu les souvenirs remontaient… Hermione, la maison de BathildaTourdesac, la vieille femme qui parlait Fourchelang, l’odeur de décomposition, le serpent géant qui jaillissait de son corps, la douleur de la morsure, l’explosion… Que s’était-il passé ? Il avait de vagues réminiscences de voix autour de lui. Il lui avait semblé reconnaitre Remus et Hermione et… Snape ! Toujours Snape ! Etait-il tombé entre les mains de Voldemort, et le Mangemort était-il là pour le torturer ? —Non Potter, ce n’est pas mon intention ! —Que… Comment… —Vous êtes toujours aussi, tellement, lamentablement, lisible ! Je vous avais pourtant dit d’apprendre à fermer votre esprit ! —Ou sommes-nous ? —Je ne sais pas où vous êtes, Potter, regardez autour de vous. Chacun de nous est dans un endroit qui représente quelque chose pour lui, un moment important de sa vie. Il leva la tête. Très haut, une immense verrière en forme de dôme étincelait au soleil. Autour de lui, tout un décor sortait du néant, une immense salle déserte, sillonnée de rails, des bancs, des sièges… —La… La gare de King’s cross ! —Tiens ? Intéressant ! Départs, arrivées, changements de direction… Soudain, l’incongru de la situation lui sauta brutalement au visage. —Que faisons-nous là ? Pourquoi sommes-nous seuls ? Est-ce que nous sommes… morts ? Il grimaça. La perspective d’une éternité avec Snape pour seule compagnie tenait plus d’une vision de l’enfer que du paradis ! Le Maître des potions émit un ricanement. —Enfin les bonnes questions ! Il était temps ! Et du temps, nous n’en avons pas beaucoup devant nous. Pour faire simple, et dans le désordre : Non, nous ne sommes pas encore tout à fait morts, mais si nous continuons à perdre du temps en considérations oiseuses, cela ne saurait tarder. Si vous êtes coincé ici avec moi, ce qui ne m’enchante pas plus qu’à vous, c’est parce que je vous y ai amené. Quant à ce que nous faisons là, c’est une très longue histoire, que je n’ai ni l’envie ni le temps de vous raconter pour le moment. —Pas tout à fait morts ? Vous m’avez amené ici ? Est-ce que ça veut dire… Que vous êtes en train d’essayer de me tuer ? —Ca veut dire que suis en train d’essayer de vous sauver, crétin ! Quand allez-vous enfin apprendre à vous servir du petit pois qui vous sert de cervelle ? Si j’avais voulu vous tuer, nous ne serions pas en train d’avoir cette conversation stupide et vous ne seriez pas presque mort, croyez-moi ! Et maintenant, vous allez me faire le plaisir de foutre le camp d’ici, et de retourner en vitesse d’où vous venez. C’est alors qu’Harry remarqua quelque chose, sur le sol. Une créature rosâtre, comme écorchée vive, de la taille d’un petit enfant, mais au visage adulte et mauvais, et au regard reptilien, abandonnée sous un banc. C’était… immonde et répugnant, ça suintait le Mal, mais c’était… vivant ! Et ça essayait de ramper vers lui en gémissant d’un air suppliant. Tout en lui rejetait cet avorton, mais une force irrépressible le poussait à s’approcher de lui. Il tendit la main, mais Snape l’attrapa violemment par le poignet et le tira en arrière. —Ne touchez pas cette… chose, ne la regardez pas, ne l’écoutez pas ! Partez ! Vite ! —Qu’est-ce que… L'homme en noir leva les yeux au ciel avec un soupir désespéré. —Toujours cette manie de contester, de poser des questions, vous êtes aussi exaspérant mort que vivant, Potter. Pour l’amour du ciel, pour une fois, une seule petite fois, obéissez ! Le temps presse, Granger et Lupin ne pourront bientôt plus vous aider si vous n’avez pas la volonté de repartir par vous-même. —Cette chose… Elle fait partie de moi, je le sens ! Je ne peux pas l’abandonner ! —Vous devez l’abandonner, c’est pour ça que nous sommes ici. C’est votre seule chance, il n’y en aura pas d’autre. Je sais que vous ne me faites pas confiance, mais je vous jure sur… —Harry ! Severus ! Ils se retournèrent d’un même mouvement. —Albus ! —Professeur Dumbledore ! — Que faites-vous ici ? Comment pouvez-vous… —Oh, vous seriez surpris par tout ce que je peux faire, Severus. Je suis venu pour vous aider, mon garçon. Lorsque vous m’avez fait part de votre projet insensé, je ne pensais vraiment pas que cela pourrait marcher. C’est une décision excessivement risquée et courageuse que vous avez prise là, et puisque vous ne m’avez pas laissé le choix, je me dois de vous épauler, afin que votre sacrifice ne soit pas vain. —Mais… Professeur ! C’est un meurtrier ! Il vous a assassiné ! —J’étais condamné, et Severus m’a aidé à mourir rapidement et sans souffrance, Harry. C’était un acte de compassion, exécuté à ma demande… Sur mon ordre. Il ne m’a pas assassiné. D’ailleurs si je l’avais écouté, jamais il ne l’aurait fait. —Albus, il n’a pas besoin de… —C’est de ma mort dont il est question. Je ne vous ai rien promis sur ce sujet-là, Severus, et il a le droit de connaitre la vérité. Vous avez subi assez d’injustices comme ça. Il se retourna vers Harry.  « Tu dois vraiment partir maintenant, tu dois retourner auprès de tes amis. » —Mais… Il regarda de nouveau la créature qui essayait toujours de ramper vers lui. —Tu ne peux rien pour elle. Ne regarde pas en arrière, pense aux vivants, à ceux qui ont besoin de toi. Tu es l’Elu, tu es leur raison d’espérer, de se battre, tu n’as pas le droit de les abandonner ! Severus a accepté de prendre sur lui ce fardeau, fais en sorte que ce ne soit pas en vain, et souviens-toi que les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent être ! Harry sentait qu’il commençait à s’éloigner des deux hommes et de la pitoyable créature, il se sentait aspiré, comme si une main géante l’avait saisi par son T-shirt et le tirait en arrière. —Est-ce que nous nous reverrons ? —Qui sait ? Le vieil homme cligna de l’œil. « Et puis maintenant, tu auras une chance de venir me dire un petit bonjour dans mon bureau lorsque cette guerre sera finie ! »

TBC

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