Le veilleur dans l’ombre -15-

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

L'hôte

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Il se trouvait dans un édifice imposant, une forteresse lugubre, menaçante, aux murailles d’un noir de jais. Il avançait d’un pas souple en direction du gigantesque bâtiment avec une détermination sereine, euphorique. Il contournait les gigantesques murs sombres, levant les yeux vers la plus haute fenêtre de la plus haute tour. Maintenant il s’élevait dans la nuit, volant droit vers la fenêtre située tout en haut de la tour, une simple fente dans la roche noire, pas assez large pour permettre le passage d’un homme. Une silhouette squelettique était tout juste visible au travers, recroquevillée sous une couverture… morte. Ou endormie ? Il se faufilait à travers l’ouverture, à la manière d’un serpent, et sautait à l’intérieur de la cellule avec la légèreté d’un nuage de vapeur… La douleur qui vrillait dans sa tête le tira brutalement de son fragile sommeil, et pendant quelques instants, il crut qu’il était encore en train de rêver. La silhouette émaciée remuait sous sa fine couverture et se retournait vers lui, ses paupières s’ouvrant, dans son visage semblable à une tête de mort… L’homme gracile se redressait, fixant sur lui ses grands yeux enfoncés dans leurs orbites. Puis il souriait, il n’avait presque plus de dents… —Vous voici donc. Je me doutais que vous viendriez un jour. Mais votre voyage aura été vain. Je ne l’ai jamais eue. —Tu mens ! —Tuez-moi donc Voldemort, la mort sera la bienvenue ! Mais même si vous arrivez à la trouver, elle ne vous apportera pas ce que vous cherchez… Il y a tant de choses que vous ne comprenez-pas… Il se rendit soudain compte de ce qui lui arrivait. Potter lui avait décrit en détail ses ‘cauchemars’ lorsqu’il avait tenté, en vain, de lui enseigner l’Occlumencie. Il réalisa que son esprit était à son tour directement relié à celui du Seigneur des Ténèbres. Ses pensées lui parvenaient avec une clarté tranchante. Tandis que la colère de Voldemort palpitait en lui, la douleur se fit si vive que sa tête sembla sur le point de s’ouvrir en deux. Il fit appel à tous ses boucliers mentaux et s’arracha à cette vision, ramenant son esprit dans son propre corps, luttant pour rester présent. Une sueur froide baignait tout son corps. Il avait redouté ce moment depuis qu’il avait repris conscience, à Godric’s Hollow. Toute sa maîtrise d’Occlumens serait-elle suffisante, maintenant qu’il était en connexion directe avec Lui ? Que se passerait-il si cela se produisait lorsqu’ils se retrouveraient face à face ? Mais l’expérience, aussi désagréable qu’elle ait été, lui fit également réaliser l’avantage considérable que ce nouvel élément pourrait lui apporter, si seulement il pouvait arriver à en contrôler le processus. Il se concentra, essayant de séparer son esprit de la part de celui de Voldemort qui était en lui, pour tenter de continuer à percevoir ses pensées tout en gardant intactes ses propres défenses. L’effort était surhumain et la douleur si intense qu’il se recroquevilla sur sa couche et se mit à claquer des dents sans même en avoir conscience. Et le miracle se produisit. Il se retrouva dans la cellule. Mais cette fois, il voyait la scène de l’extérieur, un peu comme un souvenir dans une Pensine, sauf que là, c’était du « direct ». Il était toujours dans la tête de Voldemort, mais il avait élevé une très forte barrière psychique entre eux, et il réussissait à garder le contrôle. C’était une sensation très étrange, il ressentait toujours les émotions du Seigneur des Ténèbres, mais il avait réussi à isoler la partie de son esprit qui aurait pu lui faire deviner sa présence. La connexion qu’il avait réussi à établir était non seulement volontaire, mais aussi à sens unique ! La tension était telle qu’il savait qu’il ne pourrait pas résister bien longtemps, mais c’était déjà une immense victoire. —Tuez-moi maintenant ! Exigeait le vieil homme. « Vous ne le vaincrez pas, vous ne pouvez pas vaincre ! Cette baguette ne sera jamais, jamais à vous… » La fureur de Voldemort explosa. Un éclair de lumière verte illumina la cellule du prisonnier et le vieux corps gracile fut soulevé de son grabat, puis retomba, sans vie. Voldemort retourna devant la fenêtre, sa colère difficilement contrôlable… S’ils n’avaient pas une bonne raison de l’appeler, ils en subiraient le châtiment ! La douleur devenait aveuglante, il réussit à s’arracher à l’emprise de la vision, et vomit sur le plancher avant de retomber, pantelant, sur son lit. Ils l’avaient appelé ! Il n’avait autorisé les Mangemorts à le déranger que dans l’hypothèse où ils auraient capturé Potter… Severus ferma les yeux un instant, respirant à fond pour tenter d’apprivoiser la souffrance. Il devait réfléchir vite. Il ne pouvait agir en personne sous peine de se trahir… Soudain, la solution s’imposa à lui, comme une évidence. —Dobby ! Appela-t-il. L’elfe de maison apparut aussitôt, dans un ‘pop’ caractéristique, une expression ouvertement hostile affichée sur le visage. Les elfes de maison étaient liés à Poudlard et à son directeur, ils ne pouvaient donc pas désobéir à un ordre direct de ce dernier, mais il y avait plusieurs manières d’obéir, Kreattur, l’elfe des Black, en avait été l’exemple le plus flagrant. Et les elfes de Poudlard avaient pris parti contre Voldemort… D’autre part, Dobby était un cas particulier, il ne devait rien au château, mais  Dumbledore avait accepté de l’héberger sans contrepartie, et son successeur n’avait pas résilié sa décision. Il avait donc une sorte de « contrat moral » envers le directeur, et si celui-ci avait choisi de l’appeler à lui en particulier, il devait y avoir une raison précise, il choisit donc d’écouter ce qu’il avait à lui dire. Severus continua : « Dobby, Harry Potter est en danger, il a été capturé par les hommes du Seigneur des Ténèbres. Je pense qu’ils ont dû l’amener au manoir des Malfoy, mais je ne peux pas y aller moi-même. Je sais que tu lui es dévoué, est-ce que tu peux essayer de le trouver, de l’aider ? » La petite créature le considéra un instant, d’un air d’abord surpris, puis pensif. Dobby était un elfe libre, il aurait pu refuser, mais d’autre part, ce qu’il venait de recevoir n’était pas un ordre, mais une requête polie… Et c’était pour la sécurité d’Harry Potter… Le directeur n’était donc pas au service du Seigneur des ténèbres, il jouait double-jeu ! Sa décision fut vite prise. En outre, informer ses semblables au passage, avant de partir, ne prendrait qu’un instant… —Dobby va aider Harry Potter, Monsieur. Dobby le trouvera où qu’il soit ! —Ne lui dis surtout pas qui t’a envoyé, c’est important ! —Dobby ne dira rien, Dobby va trouver Harry. Et il disparut dans un autre ‘pop’. Severus soupira. Il ne pouvait rien faire de plus pour Potter sans griller sa couverture, mais il avait confiance. Contrairement à beaucoup d’autres, il n’avait jamais sous-estimé la puissante magie des elfes, et il savait que Dobby était prêt à donner sa vie pour le jeune homme. Maintenant, Il devait au plus vite mettre Dumbledore au courant de ce nouveau développement. Le vieux mage lui garderait-il sa confiance, en sachant que s’il pouvait entrer dans l’esprit de Voldemort, celui-ci pourrait peut-être en faire autant ? Il avait réussi à faire barrage, cette fois, et même à provoquer le phénomène qui avait jusqu’alors toujours été involontaire, en réussissant en outre à dissocier leurs deux esprits. Mais en serait-il capable à chaque fois ? Les bribes de conversation surprises apportaient un élément nouveau. Lorsque le vieux prisonnier avait parlé de baguette, il avait su. Instinctivement… Ou tenait-il, sans même s’en rendre compte, cette connaissance de l’esprit de Voldemort lui-même ? La forteresse, c’était Nurmengard, et l’homme sans âge sur la paillasse, survivait là depuis plus de cinquante ans. Depuis que Dumbledore l’avait vaincu, dans un duel devenu légendaire dans le monde Sorcier. Son visage lui avait bien vaguement rappelé un très lointain souvenir, flottant à la lisière de sa mémoire, mais maintenant, tout était clair. Personne n’avait vraiment jamais su ce qu’était devenu Grindelwald après sa défaite, certains le disaient mort, d’autres enfermé dans une lointaine forteresse, d’autres enfin prétendaient qu’il s’était littéralement ‘évaporé ‘. Il n’était pas étonnant qu’il ait eu du mal à reconnaitre le jeune homme des photos  qu’il avait vues dans les livres d’histoire, dans le vieillard émacié, prisonnier depuis tant d’années. Il frissonna : un sort bien pire que la mort ! Ainsi, Voldemort recherchait une baguette, et pas n’importe quelle baguette, celle que le jeune Grindelwald avait volée tant d’années auparavant à Grigorovitch, la légendaire baguette de sureau ! Le bâton de la Mort au cœur de crin de queue de Sombral, la baguette de la destinée qui, croyait-il, lui apporterait l’invincibilité et le pouvoir suprême. Mais celui-ci ne venait-il pas de lui dire qu’il ne l’avait jamais possédée ? Alors qui ? Et une fois de plus, la lumière jaillit : depuis toutes ces années, la baguette avait été en possession de celui qui l’avait vaincu, c’était la baguette de Dumbledore, exhibée aux yeux de tous, et maintenant enterrée avec le vieux mage dans son mausolée de marbre blanc ! Combien de temps faudrait-il au Seigneur des Ténèbres pour faire le même raisonnement ? La douleur dans sa tête explosa en milliers de filaments aveuglants. Il s’accrocha au dossier d’une chaise, et en luttant pour ne pas gémir, éleva sa barrière mentale. —Endoloris ! La colère de Voldemort s’abattait sur celui qui l’avait dérangé, et avait ensuite commis l’irréparable erreur de laisser s’enfuir son prisonnier. A ses pieds, le corps de Lucius Malfoy se tordait en hurlant dans les tourments du sortilège, sous les regards terrifiés de son fils et de sa femme. Même Bellatrix Lestrange, réfugiée dans un coin de la pièce, n’en menait pas large. Ces tourments, il les avait endurés assez souvent pour ressentir une certaine compassion pour le Mangemort, mais cela ne pouvait signifier qu’une chose : Potter avait réussi à leur échapper. Il réussit à se concentrer assez pour échapper à l’emprise du parasite qui vivait maintenant en lui, et après quelques trop courtes minutes de récupération, il sortit de ses appartements pour rejoindre le bureau directorial. —Il a tué Grindelwald ? Pourquoi Grindelwald ? Il venait de rapporter à Dumbledore la scène et la conversation dont il avait témoin un peu plus tôt. Le vieux directeur n’avait pas été autrement étonné de la nouvelle connexion établie entre son protégé et le Seigneur des Ténèbres, mais il avait tout de même semblé très impressionné par le fait que le jeune homme ait aussi vite pu maîtriser le phénomène et en modifier le processus à son avantage. —Vous n’en avez pas une petite idée ? La disparition d’Ollivander, la mort de Grigorovitch… Ça ne vous suggère rien ? —La baguette de sureau ! Ce fou pense qu’elle le rendra invulnérable ! Mais il ne peut pas savoir… —…  Ce que j’en ai déduit moi-même ? Il est remonté jusqu’à Grindelwald. A partir de là, le reste n’est pas bien difficile à deviner ! Je suis même étonné qu’il ne soit pas déjà ici… Albus, poursuivit-il d’une voix assourdie «je ne pourrai pas l’empêcher de… » —Laissez-le faire, Severus, cela n’a aucune importance, je vous assure. Il y a en effet beaucoup de choses qu’il ignore, où que son esprit tordu de psychopathe ne peut appréhender. La baguette est puissante, certes, mais elle ne lui donnera pas ce qu’il cherche si ardemment. C’est plutôt pour vous que je m’inquiète. Pour un œil extérieur, vous m’avez assassiné, et tôt ou tard, lorsqu’il s’apercevra qu’elle ne lui obéit pas de la manière dont il le voudrait… —Je tacherai de faire en sorte que ce soit le plus tard possible, afin de donner du temps à Potter, mais nous savons tous les deux qu’il n’y a pas d’autre issue possible. —Qui sait, Severus, qui sait ? Il existe de nombreuses sortes de Magie, et celle qui est liée à cette baguette fait appel à des forces anciennes et primitives qu’il ne peut même pas appréhender. Dans sa quête de pouvoir et son incapacité à éprouver des sentiments, il a tout misé sur la magie noire. Mais ce sont parfois les choses qui peuvent sembler les plus petites, les plus simples, les plus naturelles, qui ont pourtant la capacité d’arrêter le mal et de changer le destin. —Que voulez-vous dire ? —Oh, ce serait trop long à expliquer, mais souvenez-vous que l’amour inconditionnel de Lily pour son fils a permis à Harry de survivre à un sortilège de mort… Même si je ne pourrais jurer de rien, votre destin n’est peut-être pas aussi inéluctable qu’il y paraît. —Mon destin m’importe peu, Albus, vous le sav… Son visage se crispa soudain et il esquissa un mouvement de la main droite vers son avant-bras gauche. Dumbledore soupira et le regarda d’un air triste, tandis qu’il tournait les talons sans ajouter un mot. —Soyez prudent, mon garçon ! Murmura le vieil homme. Snape referma la porte sans répondre. Nigellus Black s’agita dans son cadre, un air de reproche sur le visage. —Cet homme paye bien trop cher la seule erreur qu’il ait jamais commise ! —Ne croyez pas que j’en tire une quelconque satisfaction, Phineas, j’ai énormément d’affection pour lui, mais nous sommes en guerre, nous ne pouvons nous permettre aucune faiblesse. Severus sentait la peur s’insinuer dans toutes les fibres de son être. C’était la première fois qu’il allait se retrouver face à Voldemort depuis qu’il portait un morceau de son âme en lui. Dans l’obscure clarté qui précédait l’aube, à la lueur de la lampe qu’il portait, il pouvait à peine distinguer la silhouette, debout devant le portail. Tout était froid et sombre, les premières lueurs d’un soleil blafard étaient à peine visibles à l’horizon, côte à côte, ils traversèrent le parc en direction du lac. Ils s’arrêtèrent à l’orée de la forêt interdite. —Merci Severus, laisse-moi, maintenant. Dit le visiteur de sa voix aigüe et glacée. Snape s’inclina et repartit le long du chemin, sa cape noire flottant derrière lui, sans se retourner. Il n’en avait pas besoin. Un pas après l’autre, il continua d’avancer, avec cette douleur qui lui transperçait la tête, jusqu’à ce que les arbres le dissimulent à la vue du mage noir. Seulement alors, à bout de forces, il s’appuya contre un tronc. Voldemort avait jeté sur lui un sortilège de Désillusion qui le dissimulait à sa propre vue, mais il voyait à travers ses yeux, et de toute façon, il savait où il allait. Il continua à marcher le long du lac. Elle était là, se reflétant dans les eaux sombres. Il éprouva à nouveau cet accès d’euphorie contrôlée, cette détermination grisante à détruire. Il leva la vieille baguette en bois d’if. La tombe  se fendit en deux sur toute sa longueur… Severus repoussa la vision, il savait ce qui allait suivre. Il ne supporterait pas d’en voir plus. Il ne supporterait pas de voir profaner la dépouille de son vieux maître. Il ramena sur lui les pans de sa cape et reprit son chemin en accélérant le pas.

TBC

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