Le veilleur dans l’ombre -17-

Harry Potter Add comments

Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

Accélération

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On ne pouvait pas vraiment dire que c’était une réussite ! Oh bien sûr, ce n’était pas un fiasco complet non plus, ils avaient récupéré la coupe de Poussouffle après tout ! Et c’était bien pour ça qu’ils avaient monté cette opération idiote dans laquelle ils avaient tous failli laisser leur peau… au propre comme au figuré. Mais à part ça, quel résultat ! Ils avaient perdu l’épée de Gryffondor, et avec elle leur chance de pouvoir se débarrasser de ce nouvel Horcruxe, détruit la moitié de Gringotts et démoli la plus grande partie des toits de tout un quartier de Londres. Sans compter le dragon qui avait sûrement été vu par on ne sait combien de Moldus ! Bonjour la discrétion ! Harry enrageait, il ramassa un galet et l’envoya valdinguer le plus loin possible. Jamais il n’aurait dû se fier au Gobelin !  Il sentit une bouffée de chaleur lui monter aux joues, en pensant que ce n’était pas comme si Bill ne l’avait pas prévenu… Et il pouvait s’estimer heureux qu’Hermione ne lui ait fait, en plus, aucune réflexion à ce sujet. Heureusement qu’elle était suffisamment intelligente pour ne pas en rajouter une couche ! Quant à Voldemort, s’il avait encore ignoré ce que recherchaient les jeunes gens, maintenant, il ne pouvait plus avoir aucun doute ! Ils avaient vraiment réussi la totale ! Le plus étrange dans tout ça, c’était qu’il ne ressentait toujours rien. Pendant toutes les années qui avaient suivi son retour, l’esprit d’Harry avait toujours été en connexion avec celui du Lord noir, en particulier lorsque celui-ci était en colère, et comment douter que ce n’ait pas été précisément le cas, en ce moment ?  Mais depuis Noël, plus rien ! Il ne pouvait pas dire que cela le gênait, bien au contraire, surtout lorsqu’il se remémorait la douleur qui accompagnait ses visions à chaque fois. Mais dans un sens, ça lui avait parfois donné un coup d’avance sur l’ennemi, sauf que… Il frissonna au souvenir de Sirius… ça avait aussi coûté la vie à son parrain ! Maintenant assis sur un gros rocher, près de la rive du lac, il retournait entre ses mains un coffret de bois sombre, qui semblait étrangement répondre à son toucher, comme un animal familier. Son cœur se serra un instant en pensant à Hedwige. Il s’en dégageait une puissante magie, mais pas une magie négative, non, c’était plutôt quelque chose de doux et de rassurant, une sorte d’aura invisible et bienveillante. Le plus intrigant était les initiales d’argent incrustées sur le couvercle : HP ! Après avoir vérifié que rien de dangereux ne s’en dégageait, il avait tenté de l’ouvrir. En vain. Le seul résultat qu’il ait obtenu était que sous les initiales, quatre mots étaient brièvement apparus : ‘je m’ouvre au terme’. C’était la même formule que sur le vif d’or légué par Dumbledore. Il ne comprenait pas. Lorsque le wagonnet s’était arrêté devant la chambre forte des Lestrange, l’œil d’Harry avait immédiatement été attiré par la porte mitoyenne qui s’ornait d’un grand ‘P’ d’argent ouvragé. La réponse du Gobelin sous imperium qui les conduisait, à qui il avait demandé à qui appartenait ce coffre, lui avait causé un choc : c’était celui de la famille Prince…  Et donc logiquement de leur dernier descendant : Snape ! Qui savait si Voldemort n’avait pas aussi confié un Horcruxe à son homme de confiance pour le mettre à l’abri, comme il avait confié la coupe de Poussouffle aux Lestrange ? Malgré les efforts d’Hermione pour l’en dissuader, il avait donc ordonné au Gobelin de lui ouvrir d’abord cette porte. A l’intérieur, sur les étagères qui couraient le long des murs, étaient méticuleusement rangés des sacs de pièces d’or, d’argent et de bronze, des fioles de potions soigneusement étiquetées, sûrement fruits des recherches personnelles de leur propriétaire, quelques grimoires manifestement très anciens, et des dizaines de rouleaux de parchemin. Et sur une petite table au centre de la pièce, le coffret scellé qu’il tenait maintenant entre ses mains. Une rapide vérification lui avait permis de vérifier qu’aucun des objets de la chambre forte n’était ensorcelé par magie noire, et donc qu’aucun Horcruxe n’y était dissimulé. Mais avant d’en faire refermer la porte, il n’avait pas pu s’empêcher, avec tout de même un léger sentiment de gêne, de glisser subrepticement dans sa poche la petite boite gravée à ses initiales, qui l’attirait irrésistiblement, comme si elle lui avait été destinée depuis toujours… Mais si c’était le cas, comment se faisait-il qu’elle se trouve dans la chambre forte des Prince ? Snape l’aurait-il volée à ses parents… à Dumbledore ? ‘Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être’. Et s’il s’était trompé ? Si le coffret n’avait rien à voir avec lui ? Si… ‘Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être’… D’abord Dumbledore, et puis Remus. Remus qui parfois avait des raisonnements si étranges, qui parfois semblait presque prêt à prendre la défense du Maître des potions ! Bien sûr, il le connaissait depuis leur enfance et il était mieux placé que quiconque pour savoir qu’il avait peut-être… quoi au juste ? Des circonstances atténuantes ? Avait-il vraiment pu agir sur ordre de Dumbledore ? Non, jamais lui, Harry Potter ne pourrait croire une chose pareille ! Severus Snape était le pire des salopards, un traitre, un lâche, un assassin, doublé, il s’en persuadait maintenant à chaque minute un peu plus, d’un voleur… et il allait le prouver au monde entier ! Il lança un Reducto sur le coffret qu’il remit dans sa poche et se leva. Le soleil était en train de se coucher. Un peu plus loin, Ron et Hermione, enlacés, revenaient d’une promenade le long de la berge. Il se dirigea vers eux. —Il faut aller à Poudlard ! Le seul élément possible dont nous pourrions nous servir ici contre cette saleté d’Horcruxe est le Feudeymon, et aucun de nous ne sait l’invoquer, et de toute façon, c’est beaucoup trop dangereux, et difficile à contrôler, surtout en pleine nature. Mais nous devons détruire la coupe, et à Poudlard, nous pourrons trouver des crochets de basilic. Il est toujours, ou ce qu’il en reste, dans la Chambre des Secrets. ‘’Et je pourrai enfin régler mes comptes avec Snape’’ ! Faute d’indications concernant l’emplacement d’un éventuel autre artefact, ils convinrent que c’était effectivement la meilleure chose à faire, et devant l’impatience d’Harry, Hermione dut renoncer à les convaincre de retarder leur départ afin d’élaborer d’abord un plan d’action. Tout ce qu’elle put obtenir, fut de les persuader de ne partir que le lendemain, le temps que leurs brûlures soient complètements guéries,  et d’avoir pris suffisamment  de repos pour pouvoir affronter une étape décisive avec tous les atouts en mains. Elle pourrait peut-être essayer de prévenir Remus, afin qu’il y ait au moins une chance pour que le Maître des potions ne soit pas totalement pris au dépourvu lorsqu’ils débarqueraient, elle avait cru comprendre qu’ils avaient des moyens de communiquer entre eux. Elle n’avait aucune possibilité de contacter directement le professeur. La seule manière à laquelle elle avait pensé, aurait été beaucoup trop risquée, pour lui comme pour eux, avec des Mangemorts et des traitres à Poudlard. Malgré que l’endroit ait paru désert, ils avaient lancé les habituels sorts de protection avant de monter la tente que leur avait donnée Bill pour remplacer celle qu’ils avaient perdue lors de leur capture par Greyback, et elle insista pour prendre le premier tour de garde. Elle devait attendre qu’ils se soient endormis. Elle sortit de son sac un manuel avancé de sortilèges, et retrouva rapidement la page. Elle s’était pourtant promis de s’entraîner, mais les évènements s’étaient enchainés, et elle avait fini par ne plus y penser. Elle ! Ce qui tendait à prouver à quel point elle était lasse ! Harry leur avait appris à produire un Patronus corporel l’année où ils avaient créé l’AD, mais le faire parler était autre chose… Lorsqu’elle fut certaine de maîtriser la formule, elle se leva pour aller vérifier que les garçons dormaient. Elle écouta un long moment leurs respirations régulières avant de revenir près du feu. Elle se concentra et d’un mouvement souple du poignet fit tourner sa baguette en murmurant « Spero Patronum ! ». Elle ne put retenir un soupir de soulagement lorsque la loutre argentée se matérialisa au premier essai. La partie la plus délicate allait être de dicter un message assez court et explicite sans être compromettant pour personne. Elle prononça la formule à voix basse en priant pour que ça marche « Porte vox meam » et ajouta « demain nous allons rendre une visite surprise à notre ami commun. Je compte sur vous », puis elle prit la tête de la loutre entre ses mains en coupe, et plongea son regard dans les yeux de lumière « trouve Remus Lupin ». Remus connaissait son Patronus, il comprendrait. Les étagères de sa bibliothèque personnelle, le crépitement des flammes dans la cheminée, le livre qu’il tenait dans sa main et qui tomba au sol dans un bruit mat, tout s’évanouit d’un coup. La douleur fendit sa tête en deux comme un coup d’épée, cela avait été tellement soudain, qu’il serait tombé s’il n’avait pas été assis dans son fauteuil. Il se trouvait à présent dans le hall dévasté de Gringotts, face à un demi-cercle de Mangemorts qui entouraient les employés de la banque. Une petite silhouette flageolante était agenouillée sur le sol. —Qu’est-ce que tu viens de me dire ? Sa voix était glacée, mais une peur atroce brûlait en lui. Se pourrait-il que la seule chose qu’il ait jamais redoutée… Mais c’était impossible, absolument impossible… Dumbledore était le seul qui aurait peut-être pu se douter… Mais Dumbledore était mort ! Mort ! Il ne pouvait même pas en douter, il avait vu, il avait profané sa dépouille, il lui avait pris sa baguette ! Le Gobelin tremblait, incapable de croiser les yeux rouges. —Répète, murmura dangereusement Voldemort, répète! —M… Maître, balbutia le Gobelin, les yeux écarquillés de terreur, « nous avons essayé… de les arrêter… Des imposteurs…ils sont entrés… dans les chambres fortes des Prince et des Lestrange… Le jeune Potter et deux complices. Ils ont… Libéré le… Dragon. —Et qu’ont-ils pris ? Dis-moi, qu’ont-ils pris ? Interrogea-t-il d’une voix de plus en plus aigüe, saisi d’une angoisse terrible. —Une petite coupe en or, M… Maître. Dans le coffre des Lestrange. Un hurlement de rage et de dénégation jaillit de lui dans une explosion de démence hystérique. C’était impossible ! Personne ne savait, personne ne pouvait savoir ! La baguette de sureau siffla dans l’air et une lumière verte explosa dans la pièce, le Gobelin roula à terre, mort, tous ceux qui se trouvaient là essayèrent de fuir la fureur du Maître dans une bousculade indescriptible, et Bellatrix et Lucius n’étaient pas en reste. Le sort s’abattit à plusieurs reprises, frappant sans distinction Gobelins et sorciers. Quelques instants plus tard, le sol était jonché des corps sans vie de tous ceux qui n’avaient pas pu atteindre la porte assez vite, punis pour lui avoir apporté la nouvelle. Maintenant, il arpentait la pièce furieusement, enjambant les cadavres de ses pieds nus, Nagini glissant silencieusement à ses côtés. Et si… Mais comment le garçon aurait-il pu savoir ? Connaissait-il aussi l’existence de tous ses autres trésors ? Combien avait-il pu en trouver jusqu’à présent ? Et surtout, comment Lui, avait-il pu ne s’apercevoir de rien, ne rien ressentir ? Peut-être finalement était-ce le premier, ou n’avait-il pas encore trouvé le moyen de les détruire ? Il se les remémora mentalement : les deux premiers, gaspillés lorsqu’il avait tenté de tuer Potter, et lorsque Quirell, cet idiot, était mort, le journal intime de Jedusor, la coupe de Poussouffle, la bague de Gaunt, le médaillon de Serpentard, le diadème de Serdaigle… Il ne pouvait se résoudre à y croire. Non, le garçon ne pouvait pas avoir fait le rapport entre lui et toutes ses cachettes, il ne connaissait pas son histoire ! Mais il devait s’en assurer, et il devait le faire seul. Il ne devait emmener que Nagini, le serpent était devenu son bien le plus précieux, il ne pouvait plus s’en séparer. Le journal et le diadème étaient en sécurité à Poudlard, qui irait les chercher là-bas ? Il commencerait donc par les autres… La vision s’évanouit aussi soudainement qu’elle était apparue, lui laissant une douleur lancinante dans la tête, et une nausée autant due à la souffrance qu’à la sauvagerie de la boucherie à laquelle il venait d’assister. Les mains crispées sur les accoudoirs du fauteuil à en engourdir les muscles de ses bras, il fallut un très long moment à Severus pour récupérer. La rage du psychopathe avait explosé comme une bombe dans son cerveau. Tout s’était passé si vite qu’il n’avait même pas eu le temps de mettre ses barrières mentales en place, avant d’être libéré. Mais à présent, il savait tout ! Le mage noir avait bien fabriqué sept Horcruxes, auxquels venait maintenant s’ajouter le serpent. Sans compter lui-même. Neuf, ce fou-furieux avait partagé son âme en neuf parties ! Il ne constituait plus seulement une menace pour ses opposants, ou les Moldus, mais pour l’humanité toute entière, ses propres partisans inclus. Plus personne n’était à l’abri de son instabilité mentale, de sa folie destructrice. Le problème qui se posait maintenant était comment faire savoir à Potter que les derniers Horcruxes étaient le diadème de Serdaigle et Nagini? Puisque le diadème était à Poudlard, il pouvait s’en charger lui-même. S’il pouvait le trouver et le détruire, ce serait autant de temps de gagné. Voldemort aurait tôt fait de découvrir que tous ses autres réceptacles avaient disparu, et il ne tarderait pas à venir ici-même se rendre compte de ce qu’il en était des derniers. Il avait bien une petite idée de par où commencer à chercher. Il se souvenait de la légende : le diadème était perdu, personne ne l’avait jamais revu de mémoire d’homme. Il fallait raisonner en Serdaigle, voilà tout… Mais il n’était pas certain qu’Elle accepte même de lui adresser la parole. Les fantômes de l’école avaient pris parti contre le Lord noir, et même le baron sanglant ne lui adressait plus, comme salutation, qu’un bref signe de tête et un regard dédaigneux, lorsqu’il ne pouvait pas faire autrement. Il revit mentalement les emplois du temps : à cette heure, tous les élèves étaient en cours, et il ne risquait même pas de tomber sur les Carrow dans les couloirs. Il se dirigea vers la tour de Serdaigle. Il finit par la trouver, au détour d’un couloir, flottant entre deux piliers, à mi-chemin du sol et du plafond, son habituel air triste et ennuyé plaqué sur son beau visage. —Bonjour, Helena ! La fille de Rowena Serdaigle le regarda avec une nuance d’étonnement et un intérêt plus marqué. Elle était ‘la Dame grise de Serdaigle’, qui se souvenait encore de son véritable nom ? —Voilà bien longtemps que vous ne vous êtes plus aventuré par ici, Severus Snape. Auriez-vous quelque chose à me demander ? —Je voudrais que vous me suiviez dans le bureau du directeur, Helena, des choses importantes se préparent et je ne sais que trop bien ce que tous ici pensent de moi. Mais peut-être accepterez-vous d’écouter ce que j’ai à vous dire, si les anciens directeurs se portent garant pour moi… Un peu plus tôt, il était brièvement passé dans le bureau directorial pour faire un récit rapide de ce qu’il venait de découvrir au portrait de Dumbledore. Severus lui avait exposé son idée concernant le diadème et Albus n’avait pu que convenir de la sagesse de la décision de son protégé. Plus vite le dernier Horcruxe serait découvert et détruit, plus vite Voldemort pourrait être mis hors de nuire. Il avait donc accepté de révéler au fantôme, sous le sceau du secret, la raison pour laquelle elle pouvait se fier à son remplaçant. Au moment où ils pénétraient dans la pièce, un hibou frappa au carreau de la fenêtre. Il était porteur d’un parchemin non signé : « Avons retrouvé les fugueurs, ils reviennent à l’école demain. Comptons sur vous pour punition appropriée.» Il avait immédiatement reconnu l’écriture de Lupin. Demain Potter et ses deux amis seraient à Poudlard. Demain Voldemort aurait également découvert l’absence de tous ses autres Horcruxes et viendrait réclamer les derniers. Il sentit son estomac se nouer, le dénouement était proche, il fallait faire vite. Depuis son portrait, Dumbledore adressa son sourire le plus enjôleur au fantôme. —Bonjour Helena !

TBC

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