Le veilleur dans l’ombre -18-

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

Compte à rebours

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Sur les indications du fantôme, Severus avait enfin réussi à trouver le fameux diadème dans le fatras de l’endroit-ou-tout-est-caché. Il reposait maintenant sur un guéridon, dans le bureau directorial. Il s’en dégageait une aura dérangeante, malsaine, et malgré tout, la répulsion que l’objet lui inspirait n’avait d’égale que l’étrange attirance qu’il éprouvait pour lui, comme si le fragment d’âme qu’il renfermait reconnaissait et appelait celui qui était en lui. C’était la première fois qu’il se retrouvait face à un Horcruxe depuis qu’il en était devenu un lui-même, et il pouvait maintenant comprendre pourquoi Potter avait voulu garder le médaillon sur lui plutôt que de le transporter dans un sac, et la réticence qu’il avait en s’en séparer lorsqu’il devait le confier à ses amis pour échapper à cette accoutumance. Le souvenir incongru d’un roman moldu qu’il avait lu bien des années auparavant, dans lequel un anneau maudit exerçait sur ses possesseurs une attraction similaire, et finissait par les acculer à la folie, lui revint en mémoire. Là aussi, il était question d’un Seigneur des Ténèbres privé de corps et à qui un objet maléfique pouvait rendre son intégrité et sa puissance… ce pouvait-il que la mémoire collective de l’humanité ait gardé de lointains souvenirs d’autres âges obscurs, où Sorciers et Moldus auraient combattu et vaincu le mal côte à côte… Avant de se rejeter les uns les autres ? Il comprenait qu’il était impératif de s’en débarrasser le plus rapidement possible, avant que les deux ne puissent assez fusionner pour pouvoir l’empêcher de tuer le « jumeau » qu’ils pressentaient en l’autre. L’épée de Gryffondor était revenue d’elle-même à Poudlard, après avoir été dérobée par le Gobelin, mais accepterait-elle de servir un Serpentard ? Accepterait-elle de le servir Lui ? Il avait hésité à tenter de détruire l’Horcruxe lui-même, de peur de se trahir, mais le Seigneur des Ténèbres ne s’était jamais aperçu de rien lorsque Dumbledore et Potter avaient anéanti les premiers. Finalement, il avait décidé de prendre le risque. Un Horcruxe détruit redevenait un simple objet, aussi inoffensif et sans mémoire que s’il n’avait jamais été soumis à la magie. Il avait passé assez de temps à examiner sous toutes les coutures le journal de Jedusor et la bague de Gaunt, qui avait ensorcelé la main de Dumbledore, pour le savoir ! Le seul risque était que Voldemort n’arrive à traverser ses défenses mentales et à le lire dans son esprit. Mais de toute façon, s’il voyait ça, il verrait aussi tout le reste, et cela n’aurait plus aucune importance. Le temps était devenu trop précieux pour être perdu. Et puis… Et puis… L’épée avait presque bondi hors de sa cachette lorsqu’il l’avait ouverte, et s’était lovée au creux de sa main comme si elle avait, de toute éternité, été forgée pour lui… L’épée de Gryffondor se méritait par la bravoure et le courage. Il s’était volontairement mis au ban de la société, pour tous, il était devenu un symbole de traitrise et de lâcheté, et cet objet, qui plus était, issu d’une Maison ancestralement rivale et censé ne servir que les membres de cette Maison, lui rendait sa dignité, et son honneur bafoué. Réaction puérile sans doute, et qu’il n’aurait avouée pour rien au monde, même pas sous la torture, mais il n’avait pu s’empêcher d’en éprouver de la fierté. Cela avait fini d’emporter sa décision. Il s’était ensuite posté dans le couloir pour attendre la sortie du cours de potions, qu’il savait être son dernier de la matinée. Lorsqu’il avait jailli de l’ombre en la bousculant rudement, Ginny Weasley avait laissé tomber tous ses livres par terre. Le temps qu’elle les ramasse, les autres élèves, effrayés par le regard menaçant que leur avait adressé le sombre directeur, avaient déjà filé. « Confundo ! » Le sort avait été à peine perceptible. Il l’avait prise par un bras pour l’entraîner dans une salle de classe vide qu’il avait verrouillée et insonorisée. La jeune fille se tenait immobile devant lui, les yeux inexpressifs. —Lorsque Potter sera là, voila ce que vous lui direz… Après lui avoir donné les instructions sur la manière de suggérer à Harry de manière convaincante (c'est-à-dire en lui laissant penser que c’était lui qui en avait eu l’idée…) que le serpent était le dernier Horcruxe, il l’avait ramenée dans le couloir, et éparpillé ses livres sur le sol avant de rentrer dans l’ombre et de la libérer du sortilège. Elle ne se souviendrait de rien. De retour dans le bureau directorial, il avait, suivant les instructions du vieux directeur, glissé l’épée dans le Choixpeau magique, avant de les déposer sur le bureau et d’ouvrir la fenêtre. Après quoi il avait relâché le hibou qu’il avait reçu un peu plus tôt avec un parchemin contenant un seul mot : pub. Pour le moment, il ne pouvait rien faire de plus dans l’enceinte de l’école. Il avait verrouillé la porte et donné un nouveau mot de passe à la gargouille au cas où quelqu’un se serait laissé aller à essayer d’y pénétrer en son absence. Il serait bien improbable que quiconque puisse penser qu’il avait choisi le nom de l’homme qu’il était censé avoir assassiné. Il n’avait pas le temps de repasser par Spinner’s end pour se changer. Aussitôt sorti du château, il avait sommairement métamorphosé ses vêtements afin qu’ils paraissent pendant un moment un peu moins caractéristiques, et avalé une gorgée de Polynectar, avant de transplaner dans l’impasse encartée jouxtant le pub. Un rapide coup d’œil à l’intérieur lui avait confirmé que Lupin n’était pas là. Il préférait ça, ce n’était pas le moment de se faire remarquer inutilement en public. Ne sachant pas s’il arriverait en transplanant ou en marchant, Il était retourné à l’angle des deux rues, jetant sur lui un sortilège de Desillusion par précaution supplémentaire. Il n’avait presque plus de potion sur lui et l’effet de ce qu’il avait pris ne durerait pas bien longtemps. Il attendrait encore quelques minutes, sinon, tant pis, il aviserait. Il était sur le point de repartir, lorsque le loup-garou se matérialisa à quelques pas de lui. Il rentra dans l’impasse et annula le sortilège qui le dissimulait. Les deux hommes restèrent un long moment silencieux, face à face. Ils pressentaient tous les deux que ce serait certainement leur dernière entrevue avant la bataille décisive. Puis Severus raconta comment il avait ‘hérité’ des visions d’Harry, comment Voldemort avait profané la tombe de Dumbledore pour s’approprier la baguette de sureau, comment il avait trouvé et détruit le diadème, et ce qu’il savait concernant le dernier Horcruxe. —L’épée est sur le bureau du directeur, et le mot de passe est ‘Dumbledore’. Ceci dit, elle ne se laisse prendre qu’en cas d’absolue nécessité, et pas par n’importe qui, il serait donc judicieux que la première chose qu’ils fassent soit de récupérer quelques crochets de Basilic dans la chambre des secrets. D’autre part, cela ne m’étonnerait pas que le Seigneur des Ténèbres soit lui aussi à Poudlard demain, il ne lui faudra pas longtemps pour réaliser que tous ses précieux trésors ont disparu, et il voudra vérifier que le diadème est toujours là où il l’avait caché. Il faut absolument que tu trouves un moyen de prévenir Potter, ou plutôt Granger, qu’il est absolument crucial de détruire le serpent avant de s’attaquer à son Maître. Je lui fais confiance pour trouver une explication plausible au fait que ce soit le dernier Horcruxe, ne serait-ce que parce qu’il refuse de s’en séparer, même de quelques pas. J’ai moi-même fait quelques ‘suggestions’ à la petite Weasley, qui tiendrait ses informations de ‘rumeurs’ entendues pendant les vacances de Noël, et provenant entre autres de… toi.  Entre sa meilleure amie et sa petite amie, je ne doute pas qu’elles arrivent à le convaincre, d’autant plus si tu as l’occasion de t’en mêler ! Il laissa passer un silence, les yeux rivés sur les pavés de la ruelle, avant de relever lentement la tête. Pendant un bref instant, on put lire la lassitude sur son visage, mais aussi la tristesse, l’angoisse et l’amertume. Severus avait laissé tomber le masque, il livrait son âme à nu, et Lupin eut mal pour lui. C’était… comme un cri de détresse silencieux, déchirant, et la partie animale du loup-garou sentit l’odeur de la peur. « C’est bientôt terminé, Remus, poursuivit-il d’une voix rauque, « ce n’est plus qu’une question d’heures, il faut que tu t’arranges pour réunir le plus de combattants possible, il y a un passage à partir de la tête de sanglier. Abelforth est avec nous, il a réussi à garder sa cheminée reliée au réseau, il vous fera entrer dans le château. » Lupin sentit une angoisse sourde, un pressentiment odieux, lui serrer la poitrine. Depuis la dernière fois où il l’avait vu, Severus semblait avoir vieilli de dix ans, les rides de souffrance et les cernes foncés qui entouraient ses yeux profondément enfoncés dans leurs orbites, faisaient encore plus ressortir la pâleur cadavérique de sa peau, et il paraissait avoir encore maigri, si cela était possible. A voir l’état d’épuisement dans lequel il semblait être, il se demandait comment il pouvait encore tenir debout. Il avait devant lui un homme usé, brisé, à bout de résistance, qui ne tenait plus que par la force de sa volonté. Il le soupçonnait aussi d’user et d’abuser de ses potions afin de pouvoir tenir le coup. Même s’il  en sortait vivant, il lui faudrait certainement beaucoup de temps pour récupérer… Quoi qu’ait pu faire son ami dans le passé, il avait largement gagné sa rédemption. Il savait la question idiote, mais il ne put s’empêcher de la poser quand même : —Tu es obligé de retourner à Poudlard ? Tu ne peux vraiment pas arrêter cette comédie, maintenant ? —Il le faut. Je dois avoir l’air de lui rester fidèle, au moins jusqu’à ce que le serpent ait été détruit. Et puis je dois encore trouver un moyen de débarrasser le château des Carrow  ‘en douceur’, afin que vous ayez le champ libre, je veux faire courir le moins de risques possibles aux élèves… La prochaine fois que nous nous retrouverons face à face, ce sera dans des camps opposés et je serai plus que jamais l’ennemi à abattre. Un autre silence s’étira, tendu comme un fil de verre, que ni l’un ni l’autre ne pouvait se résoudre à briser. Ce fut finalement Remus qui se décida. Il n’aurait jamais pensé que les mots pourraient s’écouler aussi  facilement, aussi naturellement, face à cet homme habituellement si dur, si fermé. Mais la vulnérabilité qu’il avait brièvement laissé transparaître, aussi fugitive qu’elle ait pu être, lui retournait les entrailles. L’heure n’était plus à la pudeur ou à la retenue, demain, ils seraient peut-être tous morts, et le Maître des Potions n’avait pas du entendre beaucoup de paroles de réconfort dans sa vie… et encore moins ces derniers temps ! —Je ne pourrai jamais plus te considérer comme un ennemi, Severus, je suis désolé de m’être laissé entraîner dans ces bêtises d’adolescents, et de ne jamais m’être donné la peine de faire un effort pour mieux te connaître, autrefois. Je crois vraiment que ça aurait pu changer énormément de choses… Ces derniers mois, j’ai découvert un ami, un homme, comme on en rencontre peu dans une vie, et je veux que tu saches que cette amitié et cette personne me sont infiniment précieuses. Pendant cette diatribe, l’expression du Maître des Potions était passée d’un étonnement sincère, comme si lui, Severus Snape, ne se considérait pas comme digne d’amitié, à une non moins sincère émotion. Il ouvrit la bouche, puis la referma sans rien dire. La gorge serrée, il n’arrivait pas à prononcer une syllabe. Il fit un pas hésitant vers Lupin et les deux hommes s’étreignirent dans une brève accolade, puis l’homme en noir fit un pas en arrière les yeux rivés sur le visage du loup-garou, avec toujours cette nuance d’incrédulité dans le regard, comme s’il doutait encore de la sincérité d’une telle déclaration, et disparut. Lupin resta un moment immobile avant de partir à son tour. Les émotions qu’il avait vues se succéder sur le visage de Severus lorsqu’il lui avait ouvertement offert son amitié lui avaient fendu le cœur. Il avait d’un coup compris l’immense solitude qui avait été la sienne depuis toujours. Il avait compris à quel point il se mésestimait. Et que sous son masque d’arrogance se dissimulait une pudeur et un orgueil qui hélas le poussaient à cacher sa vraie personnalité, pour ne laisser paraître que le côté dur et caustique, qu’il cultivait, et qu’il élevait autour de lui comme un rempart, pour éviter d’autres blessures. La vie l’avait durci, rendu amer, mais sûrement aussi plus fort. Il avait tiré, de la plus dure des façons, les leçons de ses erreurs. Il n’était pas un saint, loin s’en fallait, mais sa loyauté ne s’était jamais démentie. A sa manière, il était peut-être le meilleur d’entre eux, il ne laisserait pas un tel sacrifice s’accomplir en vain. Un jour, le monde saurait ce qu’il devait à Severus Snape, il s’en fit le serment. Ca tenait du miracle. Ils auraient dû se douter que des barrières anti-intrusion auraient été mises en place contre eux. Si Abelforth Dumbledore n’était pas intervenu, leur petite excursion aurait bien pu se terminer avant de vraiment commencer. Mais maintenant ils étaient réunis dans la salle-sur-demande, et de plus en plus de monde se pressait autour d’eux. La liesse était indescriptible tout le monde voulait leur parler, les toucher, savoir si ce qu’on racontait était vrai… Il était à l’intérieur d’une masure en ruine, il venait d’éventrer le plancher moisi pour en tirer une petite boite en  or, qu’il envoya brutalement s’écraser contre le mur lorsqu’il vit qu’elle était vide. Le cri furieux de Voldemort vibra dans sa tête. Il réussit à s’arracher à la vision. Le Lord noir avait découvert l’absence de la bague. Combien de temps lui faudrait-il pour arriver à Poudlard ? Il fallait neutraliser les Carrow au plus vite, afin de laisser à l’Ordre le contrôle total du château, assez tôt pour qu’ils puissent s’organiser et évacuer les élèves les plus jeunes. La porte de la salle-sur-demande s’ouvrit à la volée, et Ginny annonça que Snape était au courant de la présence d’Harry, et que tous les élèves étaient sommés de se rassembler dans la grande salle. Avant de suivre Neville dans le passage secret, Hermione avait demandé à Abelforth d’alerter l’Ordre de ce qui était en train de se passer. Il avait trouvé le moyen de garder en secret sa cheminée reliée au réseau, et c’était lui qui leur servait de liaison avec le monde extérieur. Il l’avait rassurée, ils avaient eu des informations, et des dispositions avaient déjà été prises. Cela ne pouvait signifier qu’une chose : elle avait réussi, son Patronus avait prévenu Lupin ! Qu’en serait-il du professeur ? Une fois les quatre Maisons rassemblées dans la grande salle, Severus, dans un silence glacial, s’avança lentement jusqu’à l’estrade où l’attendaient Alecto et Amycius Carrow. Il se retourna vers les élèves et les professeurs rassemblés et laissa un court instant son regard errer sur son ‘public’. La pièce pouvait commencer, les fils du drame se nouer. Il débita sa tirade d’une voix monocorde, les yeux éteints. Chaque mot était une blessure à vif. Jamais son rôle ne lui avait semblé aussi difficile à tenir que devant ces enfants, qu’il avait protégés de son mieux, en secret , durant tous ces derniers mois, et ses anciens collègues qui le regardaient maintenant avec un mépris affiché, doublé pour certains de dégoût, de tristesse pour d’autres. Il n’aurait su dire laquelle de ces expressions lui faisait le plus de mal. Lorsqu’Harry se dévoila, sortant du groupe des Gryffondors où il s’était dissimulé sous une robe empruntée, les rangs refluèrent, les laissant tous les deux face à face au milieu de la salle. Severus ne répondit pas un mot aux insultes que l’adolescent lui crachait au visage d’un ton haineux, buvant jusqu’à la lie cette ultime humiliation. Et lorsque la porte de la Grande Salle s’ouvrit enfin sur les membres de l’Ordre, ses yeux trouvèrent immédiatement ceux d’Hermione et de Remus, leur intimant silencieusement de ne rien faire. Son regard balaya rapidement la salle pour évaluer l’emplacement des différences forces en présence, puis il dégaina sa baguette. Comme il l’avait prévu, en bonne Lionne, Minerva McGonagall se jeta devant Harry, prête à en découdre pour protéger son lionceau. Il parut hésiter une seconde, baissant légèrement sa garde, comme s’il hésitait à l’affronter. N’était-il pas sensé être le pire des lâches, après tout ? Il avait si bien joué sa partie, que personne ne semblait plus se souvenir qu’il était l’un des meilleurs duellistes que Poudlard ait jamais connus. Il ne voulait prendre le risque de blesser personne et elle moins que tout autre. Il se remit en garde, lui laissant l’initiative d’attaquer. Il se contenta de parer ses sorts informulés sans répliquer, aussi facilement que si elle les avait hurlés. Une fois. Deux fois. Trois fois… A chaque fois, il reculait un peu plus, revenant vers l’estrade. Enfin, lorsqu’il estima être à une distance convenable, dans un grand mouvement circulaire, il dévia un dernier sort, le divisant en deux et le faisant rebondir contre les deux Carrow, les mettant instantanément hors de nuire, et il disparut par la fenêtre, leur abandonnant le château, sous les cris de liesse des élèves et ceux de McGonagall qui le traitait triomphalement de lâche.

TBC

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