Le veilleur dans l’ombre -19-

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

L'heure des choix

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Hermione n’avait pu retenir un sursaut d’indignation. —Ne le trait… Remus avait précipitamment saisi son bras, qu’il serrait à le broyer, pour lui intimer le silence. La jeune fille rougit de s’être ainsi laissée emporter et baissa la tête. Ron, près d’eux, les regardait sans comprendre, mais Neville semblait soudain stupéfait, comme s’il avait reçu une révélation divine, et le regard songeur de Luna allait de la fenêtre brisée aux Carrow étendus sur le sol, avant de revenir se poser sur eux. Les autres s’étaient déjà égayés dans la salle et n’avaient rien remarqué. Tous sauf Tonks, qui elle aussi, semblait perplexe. —Remus, Hermione, qu’est-ce qu’il se passe ? —Je… Rien, pourquoi ? La jeune fille ne savait pas mentir, elle était aussi rouge qu’un coquelicot. —Ron ! Hermione ! Harry leur faisait signe de le rejoindre depuis l’entrée de la salle. Il était avec Ginny. Soulagée, elle se précipita, non sans une pincée de honte à l’idée de laisser Remus se débrouiller pour trouver une explication crédible pour Tonks. Après une légère hésitation et un regard curieux vers le loup-garou, Ron la suivit. —Tu me caches quelque chose. Depuis des mois. Tu n’es plus le même, au début j’ai pensé que tu regrettais de m’avoir épousée… Mais je sens qu’il y a autre chose… Ca concerne Snape, n’est ce pas ? Et Hermione est aussi dans le coup ! Ca a un rapport avec tes absences du samedi soir ? Avec ton départ précipité, le soir du réveillon de Noël que nous devions passer chez mes parents ? —Tu te fais des idées… —Tu oublies que je suis une Auror confirmée, Remus, formée par le meilleur. De plus, hier, j’ai du me rendre à Ste Mangouste, et j’en ai profité pour leur demander si tu étais déjà passé chercher ta potion, ce mois-ci. Imagine ma surprise lorsque j’ai appris que ça fait maintenant plusieurs mois qu’ils ne t’en fournissent plus ! Pourquoi est-ce que ne m’as rien dit ? Pourquoi est- ce que tu ne me fais pas confiance ? Avec un soupir, Lupin capitula. —J’ai une pleine confiance en toi Dora, je te confierais ma vie, tu le sais, mais… OK ! Tu as raison. C’est vrai, il y a bien quelque chose, mais ce secret n’est pas le mien. Je ne peux rien te dire, j’ai fait un serment. —D’accord, je comprends. Alors je ne te demanderai rien sur ce sujet. Je vais juste te poser une question personnelle : es-tu absolument sûr de toi ? —Oui ! A cent pour cent. Répondit-il d’une voix ferme, sans l’ombre d’une hésitation. —Très bien, moi aussi j’ai confiance en toi, quoi qu’il arrive, je serai à tes côtés. —Tu… —Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même, Remus, tu n’es ni crédule, ni naïf, tu es même parfois un peu trop prudent, poursuivit-elle en souriant, avec un léger clin d’œil. « Jamais tu n’afficherais une certitude aussi absolue sans preuves irréfutables, surtout après la mort de Dumbledore. De plus Hermione est beaucoup trop intelligente pour ne pas elle-aussi avoir de bonnes raisons pour prendre ainsi son parti… Et puis avec le recul… Je dois bien avouer que ces derniers mois  je me demandais parfois d’où pouvaient bien te venir ces ‘intuitions’ qui relevaient presque de la voyance ! Je soupçonnais bien un informateur, mais j’étais loin de me douter de son identité.» —Dis aussi que tout seul, je suis un incapable ! La taquina-t-il. Il saisit son poignet avant que son poing fermé ait réussi à atteindre son bras. —Ce que je ne comprends pas, c’est… pourquoi agir de cette manière?  Pourquoi un tel secret ? Il aurait pu continuer comme avant… —Pas après la mort de Dumbledore. Elle a conforté sa position de second auprès de Tu-sais qui, mais Il ne pouvait pas se permettre qu’il puisse y avoir le moindre soupçon sur ses vraies circonstances. L’ostracisme dont il fait l’objet devait être réel, afin de lui garantir une couverture sans la moindre faille. Il a fallu des circonstances… Il se tut brusquement, se mordant les lèvres en s’apercevant qu’il en avait trop dit. Tonks lui sourit en effleurant sa joue du bout des doigts. —Ne t’inquiètes pas, je sais tenir ma langue. Soudain, Lupin prit conscience d’un fait qui lui avait échappé. —Dora ! Qu’est-ce que tu faisais à Ste Mangouste ? Ce ne pouvait pas être pour une enquête, tu ne fais plus partie du bureau des Aurors… Elle rougit et détourna un instant le regard, avant de relever vers lui un visage rayonnant. —Je… J’aurais voulu te l’annoncer dans d’autres circonstances, mais… Elle ne put en dire d’avantage, le loup garou l’avait attirée contre lui et l’embrassait passionnément, indifférent aux regards et aux sourires entendus de ceux qui les entouraient. —Il faut que tu partes, tu vas aller chez tes parents, et… —Il n’en est pas question, je vais très bien. Je suis enceinte, pas malade. S’il doit se passer quelque chose, je veux être à tes côtés… Pour le meilleur et pour le pire, tu te rappelles ? —Dora ! —Pas un mot de plus, Remus Lupin. Au cas où tu ne t’en serais pas encore aperçu, je ne suis pas une femme soumise. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement. Je me suis battue pour t’avoir, je me battrai pour te garder. Et aujourd’hui ça veut dire pour nous garder en vie à tous les deux. Si mon enfant doit ne pas avoir de père, je préfère qu’il ne naisse pas ! Un sourire éclaira soudain son visage tandis qu’elle regardait derrière lui. « De toutes façons, c’est impossible, mes parents sont ici ! » Dit-elle en se précipitant dans les bras d’Andromeda Tonks. Plus calmement, Remus qui l’avait suivie, échangeait une solide poignée de mains avec son beau-père. Son air affable s’effaça et il fit un pas en arrière lorsqu’il remarqua la troisième personne, qui se tenait un peu en retrait du petit groupe. —Narcissa ! L’épouse de Lucius avait perdu son air arrogant. Elle baissait la tête, consciente du froid glacial que sa présence venait de déclencher. Kingsley Shacklebolt se dirigeait vers eux à grands pas. —Que fait cette femme ici ? Andromeda s’interposa. —C’est ma sœur, je me porte garante pour elle ! Je suis venu vous offrir mes services, je suis médicomage et j’ai bien peur que Poppy n’ait besoin de toute l’aide possible, dans très peu de temps. Narcissa avait commencé ses études avant son mariage, elle m’assistera. —Elle est femme et mère de Mangemorts, et sympathisante de Qui-vous-savez. Nous ne pouvons pas l’accepter parmi nous ! Pour la première fois, Narcissa prit la parole. —Lucius ne reste avec le Seigneur des Ténèbres que pour protéger sa famille des représailles, il n’a d’ailleurs plus de baguette. Et je sais que Draco regrette son choix, mais il marche sur un fil, et le montrer équivaudrait pour lui à un suicide. Je n’ai pas de baguette non plus, je l’ai donnée à mon fils, je ne peux donc pas grand-chose contre vous, mais je pourrais me rendre utile s’il y a des blessés à soigner. Je ne suis pas une aussi bonne guérisseuse qu’Andromeda, mais j’ai de bonnes notions. Shacklebolt se tourna vers le père de Tonks. —Ted ? —Dromeda et elle resteront à l’arrière. Comme elle l’a dit, elle n’a pas beaucoup de possibilités, et je pense vraiment qu’elle est sincère. Bellatrix a fait une grossière erreur en menaçant de s’en prendre aux siens et en particulier à son fils, lorsqu’elle a compris que leurs convictions commençaient à tiédir… —D’accord, mais ta femme répondra de sa sœur. Qu’elles rejoignent Madame Pomfresh à l’infirmerie ! Pendant que Rusard, aidé des préfets et des membres de l’AD évacuaient les élèves mineurs et ceux qui affichaient plus ou moins ouvertement leur sympathie pour Voldemort par la pièce-sur-demande, les professeurs et la plupart des adultes étaient descendus dans la cour du château et mettaient en place les sorts de protection les plus puissants autour de l’école. Ils étaient maintenant isolés au cœur d’une immense bulle invisible, mais aucun d’entre eux ne se faisait d’illusions sur la suite. Les forces qui commençaient à s’amasser au-dehors avaient avec eux la capacité de destruction massive que leur conférait la magie noire, et aucun ne sous-estimait la puissance de celui qui était à leur tête. Le bouclier leur ferait au mieux gagner quelques heures. Les renforts, cependant ne cessaient d’arriver, et le croisement de ceux qui partaient et de ceux qui arrivaient causait une belle pagaille à ‘la tête de sanglier’ où Abelforth ne savait plus où donner de la tête pour canaliser ces deux flots continus. Profitant de la confusion, Draco n’avait au aucun mal à se dissimuler. Il était tellement souvent venu là, l’année précédente, que la salle-où-tout-est-caché n’avait plus de secrets pour lui. Il n’avait aucune envie de partir, aucune envie de rejoindre Voldemort. Si celui-ci était vainqueur et s’il s’en sortait vivant, il pourrait toujours prétendre avoir été blessé, ou séquestré… Après tout, tout le monde savait bien ou allait son allégeance, et il était devenu assez bon occlumens pour pouvoir résister à un ‘sondage’, à condition qu’il reste dans la normale. Même Severus n’avait rien pu tirer de lui, l’année précédente. Il éprouvait bien un sentiment de culpabilité vis-à-vis de ses parents, mais tant que Voldemort n’avait pas la preuve de sa trahison, il ne leur ferait rien. Du moins essayait-il de s’en persuader de toutes ses forces. Il lui suffisait juste de rester là, et d’attendre… Mais au moment même où il pensait cela, il savait déjà qu’il ne pourrait pas attendre sans rien faire… Etait-il donc le seul à avoir compris ? Etaient-ils tous devenus aveugles ?  Etaient-ils tous tellement obnubilés par la haine qu’ils ne pouvaient pas voir ce qui était pourtant tellement évident ? Severus n’aurait eu aucun mal à se débarrasser de McGonagall s’il l’avait vraiment voulu. Contre les membres de l’Ordre, il aurait pu faire appel aux Carrow, aux Serpentards, dont la plupart était dans le camp du Seigneur des Ténèbres. Au lieu de ça, il avait neutralisé les deux acolytes et laissé le champ libre à ses adversaires, sans même essayer de combattre. Ils avaient beau, tous, le traiter de lâche, lui savait bien que cela ne lui ressemblait pas. Il l’avait assez souvent vu payer de sa personne, ces derniers mois, aussi bien ici, qu’au manoir des Malfoy, où le mage noir avait pris ses quartiers. Ainsi, le Maître des Potions était vraiment du côté de l’Ordre, malgré la mort de Dumbledore ! Depuis quelques temps, il en avait l’intuition, et il avait plusieurs fois failli aller se confier à lui, sans jamais oser aller jusqu’au bout. Il avait maintenant l’occasion de lui rendre ce qu’il avait fait pour lui. Severus Snape aurait au moins un allié dans Poudlard ! Il prit une grande inspiration et sortit de la salle. Au même moment, la brûlure devenue familière dans son bras gauche le fit grimacer, mais il se garda bien d’y porter la main. Rien ne le ferait revenir sur sa décision. Il s’était réfugié dans la cabane hurlante, c’était le premier endroit qui lui était venu à l’esprit, elle avait été construite bien après le départ de Tom Jedusor, et il ne la connaissait peut-être pas. Il n’eut que le temps de s’appuyer contre un mur, la douleur devenait chaque fois plus forte au fur et à mesure que le Lord noir découvrait qu’un nouvel Horcruxe avait disparu. Il voyait un lac. Un lac peuplé d’inferi  glisser sous le bateau verdâtre où il avait pris place. Il le sentait heurter la rive. Et il sauta à terre, avec dans le cœur une envie de meurtre… Son dernier espoir se trouvait à Poudlard. Il se prépara à transplaner. Les explosions de rage du Seigneur des Ténèbres étaient si soudaines et si fulgurantes qu’il n’avait plus le temps d’élever ses barrières mentales avant qu’elles ne se dissolvent aussi soudainement qu’elles apparaissaient. Cette fois-ci, ça y était, Voldemort serait ici d’un moment à l’autre. Soudain il était devant le haut portail de fer forgé flanqué de colonnes surmontées de sangliers ailés. D’un effort désespéré, Severus s’arracha à son emprise et réussit à séparer leurs deux esprits. Par-delà le parc plongé dans l’obscurité, il scrutait le château illuminé, Nagini enroulé autour de ses épaules, il se sentait possédé de cette détermination froide, cruelle, qui précédait le meurtre. Il grimaça, en repliant spasmodiquement son bras gauche. Le seigneur des Ténèbres appelait ses troupes à la rescousse. Mais il avait un peu de temps devant lui : n’était-il pas censé contrôler le château, avec les Carrow ? Il aurait tout aussi bien pu être, lui aussi, neutralisé… Il devait réfléchir, et vite. L’heure n’était plus aux plans organisés, il allait devoir improviser la suite. Il éleva ses barrières mentales les plus solides, il ne devait plus se laisser surprendre à l’improviste, il devait plus que jamais garder le contrôle. La voix glacée de Voldemort venait de partout, elle semblait suinter des murs, elle s’insinuait dans les moindres recoins, elle résonnait à l’intérieur même des crânes. Il y eut des regards terrifiés, des hurlements. —Je sais que vous apprêtez à combattre… Le discours se voulait rassurant, le mage noir prétendait ne vouloir de mal à personne, tout ce qu’il demandait, c’était qu’on lui livre Harry Potter. Ils avaient jusqu’à midi. Puis le silence retomba. —Il ment ! Toutes les têtes se tournèrent vers la voix qui venait de prononcer ces paroles. —Malfoy ! En face de lui, se dressait un mur humain hérissé de baguettes, mais Draco ne recula pas, il avait fini d’être lâche, fini de se cacher derrière les autres. Il avait choisi son camp, et tant pis si son père devait le renier pour ça. Aujourd’hui, il agirait pour lui, et s’il survivait à cette journée, demain il pourrait vivre la tête haute. Crabbe et Goyle, ses habituels comparses, étaient partis avec la plupart des autres Serpentards, il était seul face à tous, mais il n’avait pas l’intention de leur montrer la peur qui le rongeait. Grâce au Maître des potions, il avait compris ce qu’il devait faire. Quitte à mourir, autant que ce soit en se rachetant, et pour une bonne cause. —Il ment, il n’épargnera personne, même si vous lui livrez Potter, il vous tuera tous. Je sais que j’ai fait des erreurs, mais je veux me battre à vos côtés, même si ensuite vous devez m’envoyer à Azkaban. —Pourquoi devrions-nous te croire ? Tu es un Mangemort ! Il tourna la tête. Harry, Hermione, Ginny et Ron se tenaient à l’entrée de la salle, ils tenaient chacun leur baguette dans une main et un crochet de basilic dans l’autre. —Vous n’y êtes pas obligé, mais j’aurais pu partir avec les autres. J’ai choisi de rester. Mes parents sont de l’autre côté, si Vous-savez-qui l’apprend, il les tuera. S’il me capture, il me torturera jusqu’à ce que je le supplie de me tuer. Dumbledore disait que tout le monde a droit à une seconde chance. Je suis seul, vous pouvez faire ce que vous voulez de moi. —Qui nous dit que ce n’est pas un piège ? Draco le regarda d’un air ironique. —C’est vrai que je suis un combattant aux superpouvoirs, c’est bien connu, je pourrais tous vous neutraliser d’un claquement de doigts ! —Oh ce n’est pas à ça que je pensais, mais avoir un allié dans l’autre camp pourrait s’avérer utile pour Lui, au moment opportun. Ce ne serait pas la première fois que nous aurions un traitre dans nos rangs. Dumbledore avait un peu trop tendance à accorder une seconde chance à des gens qui ne la méritaient pas… —Si c’est pour Snape que tu dis ça… Lupin, qui n’avait rien dit jusqu’à ce moment, lui coupa la parole. —Nous n’avons plus le temps de polémiquer. Soit on l’accepte, soit on l’enferme dans les cachots. Personnellement, je pense que ses arguments ne sont pas idiots et qu’on pourrait lui accorder le bénéfice du doute… Après tout, cela recoupe… D’autres informations. Il attrapa sans douceur un bras du jeune homme et le fit pivoter vers lui, avant de plonger ses yeux dans les siens. « Ecoute-moi bien, Malfoy, tu vas rester avec moi, et tu peux me croire sur parole, un seul mot, un seul geste suspects, et tu n’auras même pas le temps de t’en repentir ! Il continua en baissant la voix, de manière à n’être entendu que de lui. « Ta mère est ici, alors je te conseille de réfléchir à deux fois avant de faire l’idiot, elle en pâtirait autant que toi. Quant à Severus, pas un mot sur lui jusqu’à nouvel ordre, si tu ne veux pas le mettre encore plus en danger, tu as bien compris ? » La bouche entrouverte et les yeux ronds de stupéfaction, Draco avait l’air d’un poisson rouge sorti d’un bocal, mais il acquiesça silencieusement, un peu assommé par les deux nouvelles qu’il venait d’apprendre. Sa mère avait tourné le dos à Voldemort, elle avait quitté le manoir et elle était à Poudlard, et Lupin savait que Snape était de leur côté ! A ce moment-là, un grondement sourd sembla envelopper le château, le sol et les murs se mirent à trembler. Une à une, les protections sautaient sous les assauts de la magie noire. Les défenseurs rejoignirent leurs postes. La bataille décisive venait de commencer.

TBC

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