Le veilleur dans l’ombre -21-

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

Le dernier Horcruxe

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Les quatre jeunes gens s’étaient rejoints devant le porche qui menait à la cour intérieure de la tour. —Regardez ! —Ron montrait la fenêtre du bureau de Dumbledore. Une forme sombre qui ressemblait de loin à un grand oiseau maladroit semblait s’en être envolée, et descendait vers eux en tourbillonnant. Le Choixpeau magique atterrit dans les mains de Neville. Il sentit quelque chose se loger dans sa paume, et l’épée d’argent de Gryffondor étincela au soleil lorsqu’il l’en tira. —C’est logique, murmura Hermione. Ils s’élancèrent dans la direction où ils avaient vu leur ami disparaître. La vision de la scène qui se déroulait dans la petite cour les figea sur place. Harry, baguette haute, faisait face à Voldemort et à un Snape qui n’avait vraiment pas l’air au mieux de sa forme, mais qui redressa la tête en les apercevant. Les bruits de la bataille qui continuait à faire rage leur parvenaient assourdis par l’épaisseur de la muraille. Soudain, la voix du professeur s’éleva. Forte et claire. —Non ! A partir de là tout alla très vite. La baguette du jeune homme s’envola pour atterrir entre les mains du Maître des potions, qui dans le même mouvement s’était placé devant lui, lui faisant un bouclier de son corps, tout en lui arrachant le crochet de basilic qu’il tenait toujours dans la main gauche. Voldemort regardait la scène sans esquisser un geste, peut-être pensait-il que l’espion venait de désarmer Potter pour le lui livrer ‘sur un plateau’. Harry fulminait, il tenta de l’écarter, sans réussir à le faire bouger d’un pouce. —Vous ! Je vais vous… —D’abord le serpent ! Jeta Snape d’un ton péremptoire en rengainant sa baguette. Ses yeux avaient évalué la situation en un éclair. Il avait repéré l’épée dans la main de Londubat, et il pria pour que le garçon se montre plus brillant sur le terrain qu’il ne l’avait été en classe… Mais après tout, il se battait vaillamment tout à l’heure, et  l’épée l’avait choisi ! D’un regard, il intima aux quatre adolescents qui venaient d’entrer dans la cour, l’ordre de ne pas intervenir. Voldemort reporta son attention sur lui. Une stupéfaction sans borne était gravée sur ses traits. —Toi ! Tu…Tu as…Tu m’as… trahi ! Toi! —Je n’ai jamais été à votre service, Tom Jedusor. Jamais depuis que vous avez menacé Lily Potter ! Toute l’attitude de soumission qu’il affichait depuis des années devant le mage noir avait disparu. Tête haute, il défiait ouvertement celui qu’il avait été obligé d’appeler ‘Maître’ pendant si longtemps, lui redonnant le nom qu’il honnissait et qu’il avait voulu effacer de la mémoire des hommes. « Et ce n’est pas la peine de chercher votre précieux diadème, je l’ai détruit moi-même hier… Il n’en reste plus aucun. » Insista-t-il. Voldemort leva sa baguette. Snape se raidit, il savait qu’il allait mourir. Il narguait la mort au quotidien depuis des années, après la mort de Lily, il l’avait même appelée de toute son âme, mais au moment où sa destinée était sur le point de s’accomplir, il sentait son cœur s’affoler dans sa poitrine sous l’effet de la peur. Il avait la gorge sèche et il s’appliqua à respirer profondément. Mourir n’était finalement pas si facile. Il jeta un regard à Neville, qui cligna une fois des paupières en inclinant imperceptiblement la tête. Il crispa étroitement ses doigts sur sa cape, il ne voulait pas être tenté de riposter. Le premier informulé l’atteignit en pleine poitrine, le projetant contre un mur dans une giclée de sang. Il fut suivi d’un autre, puis d’un autre encore… Et encore… A chaque fois, une large entaille sanglante apparaissait sur son corps. Voldemort avait poussé l’ironie jusqu’à utiliser son propre Sectumsempra contre lui. Il avait veillé à ne toucher aucun organe vital, aucune artère, rien qui lui aurait offert une mort rapide en lui permettant de se vider de son sang en quelques minutes. Il ne pouvait se permettre le loisir de le torturer comme il l’aurait souhaité, pour avoir la satisfaction de l’entendre le supplier de l’achever, mais il avait au moins fait en sorte que l’espion meure lentement, et dans d’atroces souffrances. Harry était paralysé, incapable du moindre mouvement, il se rendit compte qu’il était victime d’une variante du sortilège du Saucisson qui lui permettait de rester debout. Et soudain, il comprit. Tout ! En un instant tout devint limpide, net dans son esprit : Noël, Godric’s Hollow, la disparition de ses visions… Il n’avait pas rêvé. Il n’avait pas été victime d’hallucinations. Le Maître des potions l’avait bel et bien emmené dans les Limbes pour pouvoir, selon les mots de Dumbledore, ‘endosser son fardeau’. Il ne comprenait pas encore exactement la nature du fardeau en question, mais à cet instant précis, il sut avec certitude que celui-ci était en rapport direct avec le lien qui l’avait naguère uni à Voldemort, et qu’il devait lui être fatal à terme… Et que celui qu’il croyait son pire ennemi était maintenant en train de mourir à sa place ! Il l’avait empêché d’agir et s’était exposé, volontairement, à la vindicte du mage noir, trouvant les mots qu’il fallait pour déchainer sa rage et détourner son attention sur lui. Voldemort s’approcha de Snape, et brisa en deux la baguette qu’il avait laissé tomber sur le sol, la baguette qu’Harry avait prise à Draco. Après être resté un instant à contempler son œuvre, sans sembler se soucier du fait que d’autres personnes se tenaient maintenant à l’entrée de la cour, Voldemort ordonna en Fourchelang : « Nagini ! Tue ! » Hermione, un instant tétanisée, comme ses compagnons, par la rapidité et la brutalité de l’attaque du mage noir, hurla. Brandissant son crochet de basilic, elle voulut, au mépris de tout danger, se précipiter entre le monstre et l’homme qui gisait sur le sol, mais elle était encore trop loin. Au moment où le gigantesque serpent se dressa au-dessus de Severus, Neville, qui pendant toute la scène avait progressé le long du mur à l’abri d’un sortilège de Desillusion, abattit sa lame, et lui trancha la tête d’un seul coup, l’envoyant tournoyer haut dans les airs. Voldemort poussa un hurlement de rage inhumain alors que le corps du serpent s’abattait lourdement à ses pieds. Snape ferma les yeux en se recroquevillant sur le sol, uniquement concentré sur le contrôle de son esprit, qu’il parvint à garder d’extrême justesse. Il n’aurait plus manqué que le fou furieux ne découvre son secret in-extremis, et qu’il décide de sauver son dernier Horcruxe ! Du fin-fond de la brume de douleur écarlate dans laquelle il était plongé, il entendit le bruit caractéristique du transplanage. Alors, dans un dernier effort, il libéra Harry du sortilège qui l’avait empêché d’intervenir, et du bouclier dont il l’avait entouré, avant de sombrer dans une semi-obscurité glaciale, où la seule sensation qui subsistait encore était une souffrance intolérable. Il sentait sa vie s’enfuir rapidement avec le sang qui continuait à sourdre de ses blessures. Hermione, Ron et Luna  avaient rejoint Neville et  s’étaient interposés entre Potter et lui, et le mage noir, mais celui-ci avait disparu. Sans Horcruxes, il ne voulait prendre aucun risque face à quatre combattants déterminés, fussent-ils des adolescents. Il avait rejoint la forêt. Il lui fallait retrouver ses esprits, trouver un autre angle d’attaque, tous ses précieux trésors étaient détruits, il ne lui restait que la baguette de sureau. Le seul point positif était qu’il était certain que, maintenant qu’il avait tué Severus, la baguette serait pleinement sienne. Il avait longuement réfléchi. Bien que lui obéissant parfaitement, elle ne lui avait jamais semblé plus puissante que sa vieille baguette d’if… Jusqu’à ce qu’il se souvienne que l’obédience d’une baguette conquise allait à celui qui avait vaincu son précédent propriétaire. La voler ne suffisait pas, il comprenait maintenant pourquoi Grindelwald lui avait dit qu’elle ne lui avait jamais appartenu… Et c’était Snape qui avait tué Dumbledore ! Dès lors, le Maître des potions avait été condamné, et sa trahison n’avait fait qu’avancer légèrement son exécution programmée. Il maîtrisait enfin l’arme ultime avec laquelle il pourrait enfin tuer Potter. Ensuite, il recommencerait tout à zéro. Il n’était pas envisageable d’abandonner son rêve d’éternité et de toute puissance. Harry s’agenouilla auprès du Maître des potions. Il regardait comme s’il ne l’avait jamais vu, cet homme qu’il avait haï par-dessus tout, qu’il avait insulté, bafoué publiquement, chargé de tous les péchés… Il se sentait infiniment honteux, cet homme avait sacrifié des années de son existence pour donner aux partisans de la Lumière les  moyens de contrer les desseins du Mage noir. Pour le protéger, à lui, par fidélité à la mémoire de sa mère. Il venait de donner sa vie pour épargner la sienne. Il avait consenti aux plus grands sacrifices afin que Voldemort puisse être vaincu. Et lui… Il voyait maintenant clairement tous ces signes que la haine lui avait faits ignorer. Tous ces moments, depuis son arrivé à Poudlard, où le professeur l’avait régulièrement tiré des ennuis dans lesquels il avait le chic pour se plonger. Toutes ces fois où il l’avait discrètement protégé, et même plus d’une fois sauvé d’une mort certaine… Il comprenait maintenant tous les regards, tous les non-dits, les sous-entendus de ses amis, qui le mettaient récemment tellement en colère. Remus, Hermione, Neville, Luna… Ils avaient tous compris, et lui… Lui, il n’avait rien voulu voir, rien voulu entendre. Il n’avait rien vu d’autre que le ressentiment du professeur envers son père, et ce qu’il pensait être un acharnement injuste contre lui, sans jamais chercher à en comprendre la raison profonde. Fermant volontairement les yeux à chaque fois qu’il approchait d’un peu  trop près la vérité. Severus agrippa le blouson du jeune homme et l’attira vers lui, il fallait qu’il lui dise… —Le… coffret… à Gringotts… vous… vous l’avez pris n’est-ce pas ? Une bouffée de honte lui monta au visage… Il avait dérobé le coffret dans sa chambre forte, et pour se justifier à ses propres yeux, n’avait rien trouvé d’autre que traiter le professeur de voleur, sans aucune autre justification que son désir obsessionnel de le diaboliser à tout prix ! —Oui professeur. —C’est… bien… Pre… prenez… ma baguette ! —Mais… —Ne… discutez… pas… —Severus ! Lupin était arrivé en courant, suivi de près par Tonks et Draco, qui était couvert de sang, et dont un bras pendait, inerte, le long du corps. La bataille semblait s’être suspendue, mais ils étaient tous conscients que Voldemort regroupait son armée aux portes du château pour le dernier assaut. Remus se laissa tomber sur ses genoux près de son ami, et prit sa main dans les siennes. Une faible lueur vint éclairer un instant le regard du mourant lorsqu’il le posa sur lui, et il sentit une légère  pression sur ses doigts. Les yeux du loup-garou se voilèrent de larmes, il jeta un regard rapide autour de lui, ils étaient tous là, ceux qui savaient, et ceux qui avaient compris. Severus ne serait pas seul. Severus ne serait plus jamais seul. Le sang avait détrempé ses vêtements et formait maintenant une large flaque sur le sol. Harry fit glisser la baguette noire de la manche du professeur. Il en sentit la puissante magie crépiter entre ses doigts, et une agréable chaleur monta jusqu’à son épaule. Une gerbe d’étincelles argentées jaillit de son extrémité. La baguette d’ébène l’acceptait. Il la pointa sur les blessures de l’homme étendu devant lui comme il le lui avait vu faire lorsqu’il avait blessé Draco, et commença à psalmodier. —Vulnera Sanentur… Vuln… Snape rassembla le peu d’énergie qui lui restait pour le repousser. —Non ! Il faut… Le… il doit être… Il n’avait plus de forces, son étreinte sur le poignet d’Harry se desserra, et il se laissa aller entre les bras de Lupin. « Explique… Lui. Un râle atroce sortit de sa gorge et il ferma les paupières. Son souffle se faisait de plus en plus rauque. Pendant quelques minutes, on n’entendit plus que cette respiration laborieuse qui déchirait le silence. Hermione pleurait sans bruit dans les bras de Ron, Tonks soutenait Draco qui semblait sur le point de s’effondrer. Beaucoup d’autres étaient tombés aujourd’hui, mais chacun de ceux qui étaient présents dans cette cour, même sans en connaitre les détails, avait la conscience aigüe que l’ampleur du sacrifice consenti par cet homme pour leur communauté ne se résumait pas uniquement à cette fin pathétique. Remus avait le cœur brisé, c’était la deuxième fois qu’il assistait à l’agonie de son ami, mais cette fois, il n’y aurait pas de miracle. « Lily… Tu… étais… ma part de lumière. En te perdant… J’ai tout perdu. Sa voix n’était plus qu’un filet presque inaudible, seule l’ouïe surdéveloppée du loup-garou, et Harry qui était penché sur lui, avaient réussi à saisir ces derniers mots. Harry était effondré, ainsi le professeur n’avait pas été seulement le meilleur ami de sa mère, il l’avait aimée… Toujours. Même sans espoir, même après qu’elle ait épousé son pire ennemi et qu’elle lui ait donné un enfant… Jusqu’au bout ! Soudain, Severus rouvrit les yeux et rassemblant toute sa volonté, il tourna la tête vers le jeune homme. « Regarde… Moi ! »  Murmura-t-il dans un souffle. Harry comprit, et il enleva ses lunettes, trop semblables à celles de James, avant de plonger ses yeux verts, les yeux de Lily, dans les yeux noirs de Snape. Un instant plus tard, quelque chose sembla s’éteindre au fond du regard sombre qui devint fixe, terne, vide. La main qui était encore posée sur le bras d’Harry retomba avec un bruit sourd, et Severus ne bougea plus. Il était étendu sur une surface moelleuse et agréable, et le soleil réchauffait sa peau. Il était déjà venu ici. Un peu plus de quatre mois plus tôt. Et encore bien avant… Il savait qu’il était nu et sa première pensée fut de se vêtir. Comme la première fois, il lui avait suffi d’en exprimer le désir, mais étrangement, au lieu de son habituel accoutrement victorien, il se retrouva habillé de la tenue, plus décontractée, qu’il mettait ces derniers mois pour rejoindre Lupin. Il n’avait aucune envie de se lever. Il était bien, il n’avait plus mal. Les feuilles des grands saules frissonnaient au-dessus de lui et l’herbe était douce et épaisse sous ses doigts. Il entendait le clapotis de la rivière toute proche. Un bien-être comme il n’en avait pas connu depuis longtemps l’envahissait. Il avait été heureux ici. Il sourit à un lointain souvenir, et transforma quelques feuilles en papillons. L’écho d’un rire depuis longtemps enfui résonna autour de lui. —Moi aussi, j’ai été heureuse ici. Il s’assit en ouvrant brusquement les yeux. Cette voix… « Bonjour, Sev !» La lumière de son sourire l’accueillit, et la douceur de son regard était comme une caresse. —Lily ! —Tu as été si courageux, Severus, si courageux… Elle s’assit à côté de lui. Abasourdi, il ne pouvait la quitter des yeux, se nourrissant de sa vue, s’abreuvant de sa présence. —Tu… Tu ne m’en veux plus ? —De quoi devrais-je t’en vouloir ? —Je t’ai insultée… Je suis devenu un Mangemort… Tu es morte à cause de moi… Harry… —Je suis morte à cause d’une prophétie idiote et parce qu’un fou a préféré s’en prendre à un enfant de sang-mêlé plutôt qu’à un enfant de sang-pur. Je suis morte parce qu’un homme qui se disait notre ami nous a trahi pour des promesses de gloire. Ce n’était pas de ta faute, Severus. —Si je n’avais pas rapporté… —Ce serait arrivé de toute façon, peut-être un peu plus tard, mais ça serait arrivé… Et je suis la seule responsable de ce que tu es devenu. Je n’avais pas compris, je t’ai abandonné. Si je ne t’avais pas tourné le dos ce soir-là, si je t’avais obligé à choisir une fois pour toutes… tout aurait été différent. —Non ! Ne dis pas ça Lily, je suis le seul coupable, je… —Arrête de te fustiger, Sev, tu as assez souffert comme ça. Et même si ce que tu penses avait été vrai, tu aurais très largement racheté ta soi-disant faute avec ce que tu as accompli par la suite. Il baissa la tête, laissant ses longues mèches noires cacher son visage. —J’aurais voulu… Que ça se passe autrement ! Elle tendit sa main vers lui et dans un geste douloureusement familier, écarta le rideau de cheveux, le forçant à la regarder. —Je sais. Mais tu sais que ce n’était pas possible. Tu devais agir comme tu l’as fait. Si tu avais montré, à lui ou aux autres, que tu… ne le détestais pas, tu n’aurais pas pu le protéger de Voldemort. Il regarda autour de lui, semblant pour la première fois prendre conscience de la signification de cet endroit. —Pourquoi sommes-nous ici ? —Ah ! S’exclama Lily en souriant. « Tu te décides enfin à poser les bonnes questions ! » —Si je suis mort, je ne devrais pas être là. —Alors la bonne question est sûrement : es-tu vraiment mort ? —Que veux-tu dire ? Je l’ai laissé me tuer, je ne me suis pas défendu, c’était nécessaire. Il devait détruire lui-même… —Et c’est justement cela qui a fait toute la différence. Le sacrifice volontaire, accompli par amour, qui a le pouvoir de détruire la malédiction de ce qui a été arraché par le meurtre et dans la haine. Voldemort n’a jamais rien compris à l’amour, à la loyauté, au courage, à l’abnégation, au pouvoir de toutes ces choses qui lient les êtres entre eux. Il en est incapable. —Donc, la partie de son âme qui était en moi… n’est plus là ? —Non, elle n’est plus là, et ton âme a retrouvé son intégrité. —Mon âme est à jamais flétrie par tout ce que j’ai fait. —Tu n’as jamais tué personne simplement par plaisir, ou par haine. Même lorsque tu étais Mangemort, tu as toujours essayé de protéger les innocents, et même si tu n’y es pas toujours parvenu, tu as essayé, et c’est cela qui compte. Ton repentir, ta souffrance, ta compassion et ton sacrifice ont racheté ton âme, Severus. Plus jamais tu n’auras à affronter tes fantômes. Tu as le choix. —Le choix ? —Je suis ici pour te montrer le chemin, mais uniquement si tu le désires. —Tu veux dire que… Je peux y retourner ? —C’est à toi de décider. —Je suis fatigué, Lily, tellement fatigué ! Si seulement je pouvais être sûr… —Tu ne peux rien faire de plus pour lui. Ce qu’il lui reste à accomplir, personne ne peut le faire à sa place. L’heure est venue pour lui aussi, d’affronter son destin : ‘l’un ne peut survivre tant que l’autre est vivant’. Tu as fait en sorte qu’il n’ait pas à mourir, au prix de ta propre vie. Tu lui as donné ta baguette… D’ailleurs quelque chose me dit que je n’approuverais pas vraiment les sorts que tu as inventés pour renforcer son pouvoir… Il s’autorisa un sourire. —Sûrement pas… Mais c’était pour une bonne cause ! Il laissa passer un moment puis d’une voix assourdie, osa enfin l’aveu qu’il n’avait jamais pu lui faire : « Lily… Tu… étais… ma part de lumière. En te perdant… J’ai tout perdu. » Elle lui sourit, et son sourire était comme un rayon de soleil au travers  des nuages. —Viens ! Elle l’attira contre elle, le faisant allonger sur l’herbe et posa sa tête sur ses genoux. Ses yeux plongés dans les siens, elle effleura son front du bout de ses doigts et caressa doucement ses cheveux, et tous ses tourments s’évanouirent. Elle lui avait pardonné. Pour la première fois, il se sentait enfin en paix avec lui-même, et un sentiment de plénitude l’envahit. La vie valait-elle cet instant de bonheur ? La vie… La vie pourrait-elle un jour être douce pour lui ? Même si son véritable rôle était dévoilé, même s’il était réhabilité, la plupart des gens le considèreraient toujours comme un traître ! Pourtant… La pensée de Lupin lui traversa l’esprit. Cette amitié, si nouvelle pour lui, avait été la lumière et la chaleur qui lui avaient permis de supporter la noirceur et le froid dans lesquels il avait eu si peur de se perdre pendant ces derniers mois. Mais Remus avait Tonks, et sûrement bientôt une famille… D’autres images se mirent à défiler. Granger qui lui demandait de prendre soin de lui… Qui d’autre, à part Lily, s’était jamais soucié de lui ? Tonks, Londubat et Lovegood qui se battaient à ses côtés, et la légèreté grisante de cette éphémère complicité. Malfoy qui avait finalement choisi le bon camp. Un elfe qui le protégeait. Le visage de Potter penché sur lui, avec, pour la première fois, autre chose que de la haine ou de la crainte dans les yeux… Les yeux de Lily plongés dans les siens… Toutes ces petites choses qui malgré la douleur avaient formé une bulle de douce chaleur autour de son cœur pendant ces dernières heures, qui lui avaient donné le courage de continuer, d’aller jusqu’au bout. Peut-être que finalement… Mais il était tellement fatigué ! Toutes ces années de souffrance, de solitude… Il n’avait plus envie de lutter, d’être en permanence sur ses gardes. Pouvait-il, pour une seule fois dans son existence, se laisser aller à ne penser qu’à lui ? Etait-ce vraiment tellement égoïste ? Etait-ce de la lâcheté ? Il avait terminé sa mission, et Lily lui avait pardonné. Il était enfin libre, il avait gagné le droit de choisir son destin. Il n’avait plus peur. Il n’aurait plus jamais peur. Il se sentait en harmonie avec l’univers. Et soudain, il comprit qu’il avait le pouvoir de faire durer cet instant une éternité. Il vida son esprit, ne gardant que cette dernière sensation, et le laissa s’envoler.

TBC

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