Le veilleur dans l’ombre -23-

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, R.Lupin, et les autres… Résumé : Après la mort de Dumbledore… Je sais, ce n’est pas grand chose, mais ça résume assez bien la situation

La voie de la rédemption

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Dès qu’il eut passé la porte, un tonnerre d’applaudissements s’éleva des tableaux accrochés au mur. Harry leva les mains et les portraits se turent. Dans un silence respectueux, le visage rayonnant, certains s’essuyant les yeux, ils attendirent qu’il prenne la parole. Mais il n’avait d’yeux que pour l’homme qui occupait le plus grand des tableaux, juste derrière le fauteuil du directeur. Des larmes jaillissaient derrière les lunettes en demi-lune et coulaient dans la longue barbe argentée. C’est à lui seul qu’il s’adressa. —Je… J’ai fait une énorme erreur de jugement, monsieur le Directeur… —Je sais Harry, tu as toujours eu une regrettable tendance à l’entêtement et aux jugements sans appels. Mais dans ce cas précis, ce n’était pas entièrement de ta faute. Toutes les apparences étaient contre le professeur Snape, il l’avait lui-même exigé. C’est à ce prix seul qu’il a pu accomplir sa mission jusqu’au bout comme il l’a fait ! Le regard d’Harry errait sur les murs du bureau. —J’avais pensé… Espéré… Comment se fait-il, après tout ce qu’il a fait pour Poudlard… contre Voldemort… pour protéger les élèves… pour… pour… me… protéger… Comment se fait-il que son portrait ne soit pas parmi vous ? Il l’a amplement mérité pourtant ! —Je suis heureux que tu fasses amende honorable en ce qui concerne Severus, Harry. Et je suis désolé que cela ait dû se passer dans ces circonstances. Tu as raison, il a plus que tout autre, peut-être plus que moi-même, sa place ici. Il aurait mérité un autre destin, mais je suppose que de son point de vue, les choses ne pouvaient pas se terminer autrement. Il a beaucoup souffert, mais il a enfin trouvé la paix. Ne sois pas triste pour lui, Harry, depuis la mort de Lily, sa vie ne valait plus que par son désir d’abattre Voldemort. Quant à son portrait… Et bien les évènements, comme tu l’as sans doute remarqué, se sont légèrement précipités depuis ton arrivée, et même les puissances magiques qui régissent Poudlard ont leurs limites, dans certaines circonstances… Mais je pense qu’il ne devrait pas trop tarder à nous rejoindre. Harry hocha la tête, et resta un moment silencieux. Il était épuisé, le regard brouillé par la fatigue, mais il avait encore une tâche à accomplir, une tâche de la plus haute importance. En sortant du bureau, malgré la lassitude qui le faisait trébucher, au lieu d’aller vers les dortoirs, il dirigea ses pas vers la Grande Salle. Il fut heureux de rencontrer Hagrid dans le couloir afin de lui demander un dernier service. Lorsqu’ils débouchèrent dans la petite cour isolée, le tableau qui s’offrit à leurs yeux avait de quoi bouleverser le cœur le plus endurci. Après la bataille, Lupin était retourné auprès du corps de Severus. Assis par terre, il avait posé la tête de son ami sur sa veste roulée en boule, comme pour rendre son sommeil plus confortable, comme une dernière négation, une ultime révolte contre le sort. Il leva vers eux un visage ravagé. Tonks s’était blottie contre lui, ses bras enserrant sa taille et la tête sur son épaule. Remus lui racontait d’une voix hachée tout ce qui s’était passé ces derniers mois. Lorsqu’il mentionna le cadeau que Severus leur avait fait, elle se serra un peu plus fort contre lui et essuya une larme. Même s’il ne le lui avait jamais avoué clairement, elle avait compris depuis longtemps les raisons de la longue hésitation de son mari à accepter leur relation. Elle connaissait la valeur que pouvait avoir tel don pour lui, et la délicatesse dont avait su faire preuve le Maître des potions la touchait au plus profond du cœur. La scène était éclairée par des dizaines de bougies, que la jeune femme avait fait apparaître, et qui tenaient toutes seules suspendues en l’air. Seule dans un coin, une silhouette sombre se tenait immobile, comme tétanisée par tout ce qu’elle venait d’apprendre. Minerva McGonagall ne se pardonnerait sûrement jamais le traitement qu’elle avait fait subir au professeur au cours des derniers mois. Elle se demandait comment elle avait pu être aussi aveugle. Son affection pour Dumbledore avait nourri la haine qu’elle avait conçue pour celui qu’elle pensait être son assassin, qui l’avait empêché de voir tous les autres signes. Du sentiment que les Carrow agissaient parfois de bien étrange façon, et que ces fois-là, ils paraissaient être sous l’influence de quelque chose, qu’elle avait pensé être des substances illicites. Des punitions infligées pour fautes graves qui se résumaient à une visite à Hagrid, que les enfants ne devaient pas plus redouter qu’un paquet de Chocogrenouilles. De l’apparente ignorance du non-respect de ses consignes par les professeurs et de leur indulgence flagrante pour les infractions des élèves… Ils s’étaient crus très malins, tous, quelle ironie ! Et tant d’autres petits détails qui auraient dû lui mettre la puce à l’oreille, jusqu’au duel de la veille, qu’elle avait été si fière alors, d’avoir gagné… alors que non seulement il n’avait pas riposté une seule fois, mais qu’il les avait débarrassés des Carrow avant de partir ! Comment avait-elle pu penser que son sort avait été divisé et détourné accidentellement… d’une manière aussi précise ? Pendant tout ce temps, il les avait protégés du mieux qu’il avait pu, et en retour, ils l’avaient méprisé, haï… C’était elle-même qu’elle méprisait à cet instant précis. Lorsqu’Hagrid apparut sur le seuil, portant entre ses bras le corps de Severus Snape et suivi de Lupin, Tonks, McGonagall et Harry, un silence de cathédrale tomba sur la Grande Salle. La rumeur que la défaite du Seigneur des Ténèbres était en grande partie due à l’ancien Maître des Potions, s’était répandue parmi ceux qui n’avaient pas pu assister au duel entre Harry et Voldemort. Tous s’écartèrent devant le demi-géant lorsqu’il s’avança vers l’estrade pour y déposer le corps de l’homme en noir, au milieu de tous les autres défenseurs de Poudlard tombés pendant la bataille. Harry prit une grande respiration et vint se placer d’un pas chancelant en face des survivants. Il ferma les yeux un instant, cherchant ses mots, avant de se mettre à parler d’une voix forte, pour être entendu de tous. —Aujourd’hui, nous nous sommes tous battus afin que les ténèbres soient définitivement vaincues. Aujourd’hui nous avons souffert dans nos corps et dans nos cœurs, nous avons perdu des êtres chers, mais tout ça n’aura pas été vain, le mal a été terrassé. Cette fois, Voldemort est vraiment mort, il ne reviendra jamais plus et ses derniers partisans sont en fuite. Mais ce que la plupart d’entre vous ignorent c’est que cette victoire, autant sinon plus qu’à notre combat, nous la devons à deux hommes, qui depuis des années avaient entièrement voué leur existence à cette lutte. Albus Dumbledore et Severus Snape. Il s’interrompit un instant, la voix sur le point de se briser. « … Tous ceux qui me connaissent savent à quel point, pendant des années, j’ai détesté, haï cet homme. Je l’ai accusé de tous les maux, je l’ai même accusé d’avoir assassiné celui qui lui avait accordé sa confiance après qu’il ait abandonné le service de l’ombre, attirant l’opprobre sur lui. J’ose à peine dire à ma décharge qu’à ce moment-là, j’étais de bonne foi, j’ai raconté ce que mes yeux ont vu, mais je ne connaissais pas encore les dessous de la tragédie qui se jouait ce soir-là devant moi. Ce soir, je veux lui rendre justice. Je veux que tous sachent ce qu’il a sacrifié à notre cause depuis des années… Je sais qu’il n’aurait pas voulu que je révèle la raison profonde qui l’a poussé à quitter le service du Seigneur des Ténèbres pour devenir le plus fidèle allié d’Albus Dumbledore, et je respecterai son désir. Mais depuis plus de seize ans, Severus Snape a été le plus loyal des serviteurs de la Lumière. Depuis le retour de Voldemort, il a risqué sa vie à chaque heure de chaque jour, réussissant à tromper un des plus grands legilimens de tous les temps, tout en sachant pertinemment que s’il était découvert, les représailles seraient terribles, et que sa mort serait plus atroce que tout ce que l’esprit le plus retors pourrait imaginer. Depuis tout ce temps, il a toujours été le seul homme sur qui le professeur Dumbledore a pu se reposer en toute confiance, pour assurer la sécurité de tous, et plus encore au cours de cette dernière année, où Poudlard était livré aux forces du Mal. Il a été chargé des tâches les plus ingrates, les plus dangereuses, sans que sa loyauté soit jamais prise en défaut, et cela malgré la méfiance, lorsque ce n’était pas la haine, de beaucoup d’entre nous. Tout cela, c’est lui qui l’avait voulu, exigé, afin de préserver le secret qui était la clé de voute de l’édifice que le directeur et lui avaient réussi à construire au fil des ans. Il s’interrompit une nouvelle fois, passant une main lasse sur son visage, et essuyant une larme au passage. « … Durant toutes ces années, il… il m’a protégé, il m’a même sauvé la vie plusieurs fois, toujours en restant dans l’ombre, et je ne suis pas fier de la façon dont je l’ai traité en retour ! Severus Snape était l’homme le plus courageux que j’ai jamais rencontré, il a sacrifié près de la moitié de sa vie, et l’a finalement donnée, pour que notre monde ne sombre pas dans les ténèbres, et pour… pour moi. C’est moi qui aurait normalement dû mourir ce soir, il s’est volontairement sacrifié pour que je puisse vivre… Je sais que depuis qu’il a mis pieds à Poudlard pour la première fois, il a toujours considéré cet endroit comme son véritable foyer, aussi… Il se tourna vers Kingsley Shacklebolt, qui avait été nommé ministre de la Magie par intérim. « Monsieur le ministre, si vous m’accordez le moindre mérite dans la destruction de Voldemort, je voudrais vous demander la faveur de lui accorder de pouvoir rester ici, au même titre que celui qui seul connaissait son secret, et le considérait comme un fils. » —Comment pouvez-vous savoir tout cela Potter ? —J’étais présent lorsque Voldemort l’a tué, ainsi que plusieurs autres, qui sont ici-même dans cette salle et pourront en témoigner. De plus, avant de mourir le professeur Snape m’a confié ses souvenirs, et depuis des mois, il était en contact avec Remus Lupin. C’était lui la source de tous les précieux renseignements dont il vous faisait profiter. C’est grâce à sa baguette que j’ai pu vaincre le Seigneur des Ténèbres. Et si tout cela ne suffisait pas, le portrait du professeur Dumbledore est prêt à se porter garant de ma parole. —Je dois reconnaître que comme beaucoup d’entre nous, même si je reconnaissais ses talents, je n’ai jamais beaucoup apprécié Snape. Il était trop secret, trop froid, et tous ne lui faisaient pas confiance, mais après un tel témoignage, je suis enclin à revoir mon jugement. Si cet homme s’est lui-même mis au ban de ses semblables afin de mieux servir notre cause, nous ne lui en devons que plus de reconnaissance et de respect, et si le conseil d’administration de Poudlard n’y voit aucun inconvénient, c’est bien volontiers que j’accèderai à votre demande. —Merci monsieur le ministre, si quelqu’un a un jour mérité de recevoir autant de reconnaissance et d’honneurs que le professeur Dumbledore, c’est bien Severus Snape. Et c’est une bien petite réparation pour la dette que j’ai envers lui, que de les lui obtenir. Il baissa la tête vers la silhouette sombre étendue sur le sol. La boule qui remontait de sa poitrine jusque dans sa gorge l’empêchait presque de respirer, et c’est d’une voix hachée par le chagrin et le remords qu’il reprit la parole. « Ce soir, je… je voudrais qu’il puisse encore m’entendre pour… pour lui dire que je comprends maintenant beaucoup de choses, et pouvoir lui demander… de me pardonner tout le tort que j’ai pu lui causer par mes paroles et mon comportement… Il essuya une larme qui glissait sur sa joue. « Pardon professeur ! » Termina-t-il d’une voix éteinte. Incapable de pouvoir prononcer un mot de plus, Harry commençait à redescendre les marches de l’estrade, lorsqu’un brouhaha lui fit relever la tête. Il se retourna pour suivre les regards, tournés vers l’endroit qu’il venait de quitter. Le corps de l’ancien Maître des Potions était maintenant nimbé d’une brume argentée qui semblait exhaler de lui. Peu à peu, la brume se transformait, commençait à prendre une forme, la forme d’un grand animal, et soudain, une biche argentée s’élança vers le plafond enchanté où elle disparut parmi les étoiles. Assis sur les marches, Harry put alors libérer les larmes qui étaient restées bloquées en lui depuis que tout cela avait commencé. C’était comme si le poids qui avait pesé sur son cœur depuis que ses yeux s’étaient enfin ouverts, depuis qu’il avait plongé son visage dans la pensine, s’était envolé avec le Patronus de Severus Snape. Il tourna la tête en percevant une présence à ses côtés. Remus venait de s’assoir près de lui. —Que… que peut-on faire… pour… Les autres ont tous quelqu’un… de la famille. Ils les ramènent chez eux. Je… On ne peut pas le laisser comme ça… par terre… tout seul. —Je vais m’en occuper. Je crois… je pense que son laboratoire personnel… Oui, je crois vraiment que c’est ce qu’il aurait aimé. Va te reposer, Harry, je resterai avec lui, il ne sera pas seul. Harry tira de sa poche la baguette de sureau et celle d’ébène. —Elles doivent être rendues à leurs propriétaires. —Tu n’as plus de baguette, Harry, Severus t’a donné la sienne, je crois qu’il voulait que tu la gardes. —Je ne sais pas… elle est à lui. C’est ma main qui la tenait, mais c’est sa magie qui a vaincu Voldemort et vengé ma mère. C’était… je ne sais pas comment l’expliquer… différent du duel dans le cimetière. Plus ‘facile’, en quelque sorte. Comme… comme si quelque chose s’était ajouté à mon sort… Je ne suis pas certain que cela aurait été pareil avec ma propre baguette ! Il est juste qu’elle reste avec lui… Mais peut-être… Il tira du petit sac qu’il portait au cou sa propre baguette brisée, et pointa la baguette noire sur la cassure. —Reparo ! Les deux moitiés de la baguette de houx se rejoignirent aussitôt, comme si elles n’avaient attendu que ce moment, et des étincelles rouges et argentées jaillirent de son extrémité. Il la prit et sentit la même chaleur dans son bras que la première fois où il avait saisi celle de Snape. Il comprit alors qu’une partie de la puissance de la baguette d’ébène s’était ajoutée à la sienne. —Merci professeur ! Murmura-t-il, si bas que seul le loup-garou l’entendit. Il glissa la baguette noire à la place qu’elle avait toujours occupée, dans la manche de la redingote de son propriétaire. « Prenez la baguette de sureau, elle doit revenir là où elle était. Son maître a toujours été Dumbledore, sans lui, elle n’a pas plus de pouvoir qu’une autre. Vous la donnerez aux autorités compétentes. » Termina-t-il en se levant, avant de se diriger d’un pas hésitant vers la porte. Soudain, il s’immobilisa et se retournant, revint lentement vers l’estrade. L’image incongrue de l’apparition du Maître des potions en jean et col roulé noirs venait de lui traverser l’esprit. —Remus, je sais que ça peut sembler idiot, mais… Est-ce que vous savez pourquoi il s’habillait ainsi. Je veux dire… En près de sept ans, été comme hiver, je ne l’ai jamais vu vêtu autrement. —Je ne peux que faire des suppositions, mais je pense que cet habit devait constituer une sorte de… d’armure. Un rappel permanent de ce qu’il était, et de la distance qu’il estimait devoir garder par rapport aux autres. Une façon de se protéger du monde extérieur, en quelque sorte. Il s’habillait tout à fait normalement, avant de prendre la Marque… Je crois qu’il en avait honte, il se sentait souillé, et il a dû reporter le dégoût qu’il éprouvait pour ce tatouage et ce qu’il représentait sur toute sa personne. Ça explique ces couches de vêtements, et ce boutonnage insensé, comme un verrouillage, comme une… prison… Seigneur ! Il s’était levé et se penchait maintenant pour soulever le bras gauche du gisant. Il déposa la baguette d’ébène sur le sol, et commença à déboutonner les boutons de la redingote, puis ceux de la chemise blanche qu’il portait en dessous. Il avait le cœur serré, à Noël, il avait accompli les mêmes gestes, mais cela avait été pour ramener son ami de la mort. Il commença à remonter les manches sur l’avant-bras de Severus. —Harry ! Là où aurait dû s’étaler la Marque des Ténèbres, la peau était aussi blanche et lisse que si elle n’avait jamais été marquée. Pourtant, ils l’avaient tous vue, trois ans auparavant, le jour où il l’avait exhibée devant le ministre de la magie, noire et hideuse, comme preuve que Voldemort était bien revenu. Les corps des Mangemorts avaient étés déposés dans une autre pièce, avec celui de leur Maître. Remus et Harry s’y précipitèrent. Aucun autre tatouage n’avait disparu. Lorsqu’ils revinrent auprès du Maître des potions, ils le trouvèrent entouré de McGonagall, Flitwick et Madame Pomfresh.

TBC

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