On n’est pas sérieux… Le premier des Iroquois

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartient pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Le titre est un clin-d’œil d’une part au « dernier des Mohicans » et d’autre part, au début de la culture punk, dans les années 70.

Le premier des Iroquois

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« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans » (A. Rimbaud)

Le couloir des cachots était inhabituellement animé en cette soirée du 25 mars 1977. Horace Slughorn, professeur de potions et directeur de la Maison de Serpentard donnait une ‘petite réception’ pour son anniversaire. Il avait invité ses collègues, et avait autorisé les membres de son ‘club’, a venir accompagnés. Un orchestre à la mode devait assurer l’animation de la fête, et la plupart des convives étant majeurs, on ne servirait certainement pas que du jus de citrouille. Le lendemain étant un samedi, la soirée s’annonçait longue et animée.

Si l’un des deux jeunes gens qui se dirigeaient vers les appartements de leur professeur, ce soir-là, marchait d’un pas allègre, l’autre était plutôt réticent. Il aurait de toute évidence préféré être n’importe où ailleurs.

—Je me demande encore comment j’ai pu accepter…

—Parce que Selena m’a laissé tomber et que tu ne veux pas laisser un ami tout seul dans cette situation déprimante ?

—Tu n’as pas l’air de déprimer outre-mesure !

—C’est parce que je cache bien mon jeu… Allez, Sev, arrête de faire la tête et lâche-toi un peu, pour une fois. Merlin ce que tu peux être coincé ! Et puis tu auras peut-être l’occasion de parler à Evans en tête à tête…

—Et qu’est ce qui peut te faire croire que j’ai envie de parler à Evans ?

—Le fait que tu aies accepté de venir ?

—Je ne vois pas le rapp…

—Pas à moi, tu veux ? Ca va bientôt faire deux ans que, pour le coup, toi, tu déprimes ! Bon, je suis d’accord, elle a de beaux yeux, mais… Seigneur !  Une Gryffondor, Sang-de-bourbe, et une amie de mon frère en plus ! Enfin, tous les goûts sont dans la nature, je suppose.

Severus avait grimacé dans l’ombre, mais n’avait pas relevé l’expression.

—Evans sort avec Potter depuis Noël, je suppose que Monsieur belle-gueule-mèche-rebelle ne va pas la lâcher d’une semelle

Regulus laissa échapper un petit rire.

—Et tu oses prétendre que tu ne t’intéresses plus à elle ! Si c’est pas de la jalousie, çà…

—Absolument ridicule !

—C’est ça, oui… Allez, dépêche-toi un peu, sinon on va être en retard. Tu tiens à ce point-là à te faire remarquer ?

Les derniers mots eurent l’effet escompté, et le jeune homme accéléra le pas tout en continuant à maugréer entre ses dents.

Ils n’étaient pas les derniers, des élèves arrivaient encore, en couples ou par groupes. Le vieil homme accueillait ses invités à l’ancienne, près de la porte.

—Black ! Votre charmante amie vous a fait faux bond ? Mais peu importe, en ce qui me concerne, je suis ravi de recevoir l’un de mes plus brillants élèves, vous êtes le bienvenu Snape !

—Merci professeur.

Répondit Regulus pour les deux, avant d’entrainer Severus près du bar.

« Whisky Pur-Feu, deux ! »

Le serveur se détourna un moment puis posa deux verres sur le bar.

« J’ai demandé deux whiskies, pas un whisky et une bièraubeurre ! »

—Je suis désolé, Monsieur, mais votre empreinte magique m’indique que vous n’êtes pas majeur. Les élèves mineurs ne sont pas autorisés à boire de l’alcool. La bièraubeurre est la boisson la plus forte que je sois autorisé à servir à un élève de seize ans.

—Merde ! Fait chier, putain de Trace !

—Surveille ton langage, Black ! Que dirait ta chère maman si distinguée ?

—Tiens, Potter ! Qu’est-ce que tu vas faire ? Cafter à mon grand frère pour qu’il vienne me tirer les oreilles ? Oh mais non, c’est vrai j’oubliais, c’est ton grand frère maintenant !

—Sirius n’a rien contre toi, Reg, c’est toi qui refuses de lui parler.

—MOI !? C’est lui qui est parti, il me semble, lui, qui a renié sa famille, lui, qui… qui m’a abandonné ! Termina-t-il très vite d’un ton étouffé en se détournant vivement.

—Dégage, Potter, laisse-le tranquille !

—Comme c’est mignon ! Le preux Servilus qui vole au secours de sa demoiselle en détresse…

—James, Severus ! Arrêtez, tous les deux !

—Que ce passe-t-il  ici, Miss Evans ? Slughorn s’était approché en silence. « Ah, vous avez amené Potter ! Je vois…

Sans prendre pour autant ouvertement la défense de Severus face à McGonagall et à Dumbledore (le courage n’était pas sa vertu première), Slughorn était certainement le professeur que les ‘facéties’ des Maraudeurs amusait le moins.

« Allons, allons mes enfants, je ne tolèrerai pas de disputes le soir de mon anniversaire. Vous allez me faire le plaisir de conclure une trêve pour la soirée… C’est entendu ? »

—Bien sûr professeur ! Il n’y aura aucun problème. Severus attrapa leurs boissons. « Viens, Reg. »

Fit-il en se frayant un chemin au milieu des convives. James se balançait d’un pied sur l’autre, mal à l’aise. C’était Lily qui faisait partie du ‘club’, lui n’était que son accompagnateur.

—Oui professeur, je suis désolé.

—Je préfère ça, Potter. Je n’ai rien contre vous, et je serais navré pour Miss Evans d’avoir à vous demander de quitter la soirée.

De l’autre côté de la pièce, Regulus et Severus s’étaient installés sur deux fauteuils, de part et d’autre d’un guéridon.

—Passe-moi la bièraubeurre.

Severus tira une minuscule fiole de la poche de sa veste et la versa dans le breuvage.

—Qu’est-ce que fais ?

—Potion de sobriété, composition personnelle de ton serviteur. Avec ça, l’alcool n’aura pas plus d’effet sur nous que du jus de citrouille.

—M’en fiche, personne ne me servira d’alcool de toute façon.

Severus tendait le verre, dont il venait de boire la moitié, à son compagnon.

—Tais-toi et bois !

—Tu l’as déjà testé, ton truc ?

—Tu ne t’es jamais demandé comment je faisais pour garder la tête froide dans les soirées de Malfoy ? Je me suis juré depuis longtemps de ne jamais devenir comme mon père.

Lorsque Regulus eut fini de vider le verre, Severus y transvasa les trois-quarts du sien, puis, la faisant à peine dépasser de sa manche, pointa sa baguette sur le verre qu’il venait de vider, qui se remplit aussitôt.

—Co-comment tu as fait ça ? Je croyais qu’on ne pouvait pas faire apparaître de la nourriture…

—C’est vrai, la nourriture est une des cinq exceptions à la loi de Gamp sur la métamorphose élémentaire, en revanche, on peut toujours augmenter la quantité de celle dont on dispose… simple charme de remplissage.

—Rappelle-moi de t’inviter plus souvent, Sev.

—Ouais, compte là-dessus ! On fait quoi maintenant ?

—On essaye de passer une bonne soirée, il doit bien y avoir quelques filles potables dans le coin, et sinon, les buffets du vieux Slug sont toujours bien garnis…

Lily ne buvait jamais d’alcool fort, et James, qui était à deux jours de son anniversaire, et donc encore mineur, avait, toute la soirée, profité sans beaucoup de modération de la générosité de sa petite-amie, sous le regard intéressé de Severus, accoudé au bar.

—T’es tombé amoureux de Potter, Sev ?

La soirée tirait vers sa fin et Regulus venait de le rejoindre après avoir accompagné à la porte la fille avec laquelle il avait passé une grande partie de la soirée.

—Je crois que j’ai trouvé comment m’amuser un peu, finalement.

Répondit l’intéressé en versant discrètement le contenu d’une deuxième fiole dans son whisky tout en murmurant une incantation à voix basse, avant de se tourner vers le barman. Il se dirigea bientôt vers le jeune couple, muni d’un plateau sur lequel, outre son whisky, étaient posés deux autres verres.

« Puisque nous sommes censés faire une trêve, ce soir, je peux peut-être vous offrir un verre ? » Il regarda Lily au fond des yeux. « En souvenir du passé. »

Sans attendre de réponse, il tendit une bièraubeurre à son amie d’enfance.

« Tu ne bois toujours pas d’alcool à ce que je vois… »

Et un whisky à James. La jeune femme le regardait d’un air dubitatif.

—C’est vraiment gentil, Sev, mais, sans vouloir te vexer, tu ne voudrais pas échanger ton verre et celui de James ?

Severus prit un air pincé.

—Je vois que la confiance règne… qu’est-ce que tu t’imagines, que je veux empoisonner ton chéri… Devant tout le gratin de Poudlard ?

Lily eut la bonne grâce de rougir.

—Sev ! Je…

—Bon OK, si c’est ce que tu désires, et si ça peut contribuer à ce que tu ne me regardes plus comme un étranger, ou pire, un ennemi … Son regard sombre s’était empli de tristesse. « Je ne suis pas ton ennemi, Lily, je ne le serai jamais ! »

Et il tendit son propre verre à James, avant de porter l’autre à ses lèvres.

—Tu vois, pas de poison ! Je suis de bonne foi.

—Pfff !  J’me doutais pas que t’avais une zi bonne deszente, Ser-Snape !

—Il y a beaucoup de choses que tu ignores sur moi, Potter. A Lily !

James leva son verre vers sa petite amie, avant de le vider en quelques gorgées.

Un peu plus tard, les deux amis regagnaient le dortoir de Serpentard, un peu plus loin dans les cachots.

—T’as loupé ton coup, cette fois, on dirait !

—Qu’est ce qui te fait dire ça ?

—Ben… il ne s’est rien passé après que Potter ait descendu ton verre.

—Tu me prends pour un imbécile ? Tu imagines vraiment que je lui aurais fait prendre un truc qui agirait immédiatement … et devant Lily en plus ?

—Tu as raison, je suis désolé, mais j’aurais tout de même bien aimé… au fait, qu’est-ce que tu lui as donné ?

—Ne t’inquiètes pas, tu le verras, si je ne me suis pas trompé dans la formule, et je ne me trompe jamais, personne ne pourra le louper… Pour info, dans deux jours, c’est l’anniversaire de Potter.

—Comment tu sais ça ?

—Le meilleur moyen pour se protéger de ses ennemis est de savoir le plus de choses possibles sur eux. Bonne nuit !

Si le lendemain beaucoup des invités de la fête n’étaient pas apparus pour le petit déjeuner, le dimanche matin, la Grande Salle était pleine. A la table des Gryffondors, régnait un joyeux chaos, rythmé par les arrivées de nombreux hiboux venant déposer lettres et paquets devant Potter, lorsque Sirius Black, assis en face de son ami, manqua s’étouffer avec une bouchée de bacon. Mais personne ne songeait à lui venir en aide, tout le monde avait les yeux tourné vers un James Potter radieux qui commença tout de même à se demander ce qu’il se passait lorsqu’un éclat de rire général monta de toutes les tables, y compris celle des professeurs. Au bout d’un moment, une Lily hilare finit par conjurer un miroir dans lequel il put à son tour admirer la superbe crête iroquoise vert fluo qui se dressait haut sur sa tête. Il se leva d’un bond, baguette brandie, au mépris de tous les règlements de l’école.

—SNAPE !

Les rires s’éteignirent aussitôt. Severus, qui ce matin-là avait pris bien soin de s’installer dos à la table des Gryffondors, et qui ne s’était retourné qu’à la réaction de ses vis-à-vis affichait un air d’incompréhension profonde.

—He ! J’ai rien fait, moi Potter ! Je ne te regardais même pas ! Pourquoi est-ce que ça devrait être moi ? Tu t’imagines que tout le monde est en admiration devant toi ?

Mais le jeune homme, furieux, en appela à sa directrice de Maison, qui essuyait encore les larmes que le fou-rire avait fait monter à ses yeux, et même au directeur qui tenta de calmer le jeu, la plaisanterie n’étant pas bien méchante. L’incriminé fut tout de même sommé de présenter sa baguette, mais le Prior Incanto se révéla négatif, le dernier sort jeté s’étant en effet révélé être un innocent Lumos, et l’avant-dernier, celui demandé par Minerva elle-même dans son dernier cours de Métamorphose, le vendredi précédent. Severus Snape revint à sa place, l’air digne et profondément humilié par cet examen. Mais pendant qu’il se rasseyait, et que Potter se faisait réprimander pour son attitude agressive, les commissures de ses lèvres frémissaient.

Un peu plus tard, Regulus le rattrapa devant la porte de la bibliothèque.

—Alors, comment tu as fait ?

—Potion plus sort de retardement, formulé sans baguette… Une des seules  inconnues était la hauteur de la crête, mais j’avoue que je ne suis pas déçu ! Ça valait vraiment le coup de faire semblant de fraterniser avec Potter pendant quelques minutes. Pourquoi crois-tu que j’ai accepté de venir à la fête de Slug ?

Un bruit de pas pressés se fit entendre derrière eux.

—Severus !

—Je-Oui, Lily ?

—Je ne sais pas comment tu as fait mais… Il y avait longtemps que je n’avais pas autant ri !

—Tu…

—Rassure-toi, je ne dirai rien à James, mais… Il-il va rester comme ça longtemps ?

—Comment veux-tu que je le sache ?

—Oh Sev ! Tu ne me fais pas confiance ?

—Désolé Lily, pas vraiment, non… Mais en l’occurrence, je te jure que je n’en ai absolument aucune idée. Regarde-moi, est-ce que j’ai déjà réussi à te mentir sans que tu t’en aperçoives ?

L’air boudeur, la jeune fille se détourna et entra dans la bibliothèque.

—Alors ?

—Alors quoi ?

—Combien de temps…

—Oh, ça ! Je n’ai pas menti à Lily, je n’en ai absolument aucune idée, c’était la deuxième inconnue…

FIN




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