Le jeu du Prince 3 – Préparatifs de rentrée

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Personnages : S.Snape, Regulus Black, Lily Evans, Sirius Black … et les autres.

Préparatifs de rentrée

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Des éclats de rires joyeux fusaient de l’étage, et Molly se prit à sourire malgré elle. Malgré la présence de Fleur dans sa cuisine. Malgré les neuf aiguilles de la pendule pointant toutes sur ‘en danger de mort’. Un instant d’insouciance, même court, ne se refusait pas par ces temps troublés.

Les plus jeunes s’étaient réunis dans l’ancienne chambre des jumeaux. Harry racontait à ses amis, avec force détails, l’entrevue de Dumbledore avec son oncle et sa tante, lorsqu’il était enfin venu le chercher pour l’emmener chez les Weasley, et leur visite à Horace Slughorn, qui supposait-il, serait leur prochain professeur de Défense contre les forces du mal.

La veille, les enfants avaient reçu les résultats, très satisfaisants, de leurs BUSEs. Pour fêter ça, elle avait réuni le plus de membres possible de sa famille, et pour Molly Weasley, la famille ne s’arrêtait pas à son époux et à ses nombreux enfant. Elle adoptait littéralement tous les ‘chiens perdus’, animaux ou humains qui avaient le bonheur de croiser son chemin. Tous, sauf un peut-être, ou plutôt une… Elle soupira, quelle idée avait eu Bill de s’amouracher de cette française au point de vouloir l’épouser ? Qu’avait-elle de plus, à part sa beauté éthérée de Velane bien sûr, que les autres ?

Elle reporta son attention sur la marmite qui glougloutait doucement sur le feu. Fleur s’était mis en tête de leur préparer un plat traditionnel français, la… comment déjà ? Ah oui : ‘Poulopo’, et malgré sa prévention première, elle devait reconnaître que le fumet qui s’échappait du récipient était tout à fait appétissant. Elle jeta un regard en biais à sa future belle-fille, il faudrait plus qu’une ‘Poulopo’ pour la séduire. A son grand dépit, tous les hommes de la maison, y compris Arthur, avaient bien entendu succombé à ses charmes, mais elle ne se laisserait pas aussi facilement acheter ! Oh non ! Elle reporta sa pensée sur les plus jeunes. Tout était prétexte à les nourrir ‘convenablement’, avant la rentrée, et elle planifiait déjà dans sa tête le repas qu’elle concocterait pour l’anniversaire d’Harry, qui aurait lieu dans quelques jours.

On était déjà à la moitié des vacances, la reprise des cours approchait et il allait bientôt falloir penser à se rendre sur le Chemin de Traverse pour acheter les nouvelles fournitures demandées par l’école. Ses mains s’immobilisèrent et son regard se fit lointain, les nouvelles rapportées par Arthur empiraient chaque jour, les disparitions se multipliaient. Aux dernières nouvelles, c’étaient Florian Fortarôme et Garrick Ollivander les dernières victimes, ils avaient disparu du jour au lendemain, et personne n’aurait pu dire s’ils avaient été consentants ou non, encore moins s’ils étaient encore vivants ou non.

Les enfants allaient devoir quitter la sécurité relative du Terrier pour retourner à Poudlard, et une angoisse sourde lui serrait la poitrine. Charlie était si loin… mais au moins, si l’on exceptait la dangerosité de son métier, était-il aussi, loin des affrontements qui se préparaient , les jumeaux vivaient maintenant sur le Chemin de Traverse, et Percy… il valait mieux ne pas penser à Percy ! Heureusement, Bill était plus souvent à la maison depuis quelques temps, mais elle aurait tellement voulu les garder tous auprès d’elle, y compris Harry et Hermione. En sécurité. Mais pouvait-on encore trouver un seul endroit au Royaume Uni, où l’on puisse se prétendre vraiment en sécurité? Il était inutile de chercher à nier l’évidence, la guerre n’était plus seulement une vague menace, la guerre avait bel et bien commencé, et depuis l’attaque du ministère, le monde sorcier en avait enfin pris pleinement conscience. Vingt ans plus tôt, elle avait vécu la première, et elle y avait perdu ses frères. A l’époque, ils n’étaient pas beaucoup plus âgés que ne l’étaient ses enfants aujourd’hui. Parfois, lorsqu’elle regardait les jumeaux… Elle secoua la tête, comme si ce simple geste avait pu chasser ses idées noires. Poudlard était certainement un des endroits les plus surs du pays. Elle tenta en vain de repousser son mal-être, et reporta son attention sur la poule-au-pot.

A l’abri d’un sortilège de Desillusion, Severus Snape surveillait les abords de la boutique depuis près de deux heures, il grelottait malgré sa lourde cape. L’allée des Embrumes portait bien son nom et il commençait à se demander si essayer de découvrir ce que manigançait Draco valait bien le risque d’attraper la crève. Un sort de réchauffement était exclu. Même s’il était peu probable que cela arrive, un endroit apparemment désert et qui aurait dégagé de la chaleur aurait très certainement attiré l’attention. La façade de Barjow & Beurk n’était ni plus ni moins sinistre que d’habitude et n’exposait rien de nouveau. Il savait que Narcissa et son fils devaient se rendre ce jour-là sur le Chemin de Traverse pour acheter les fournitures scolaires du jeune homme, mais il doutait fort que celui-ci réussisse à persuader sa mère de se laisser entraîner jusqu’à ce coupe-gorge. Il n’était là que sur une intuition, uniquement parce que Draco avait laissé échapper une allusion au magasin, lors de sa dernière visite au manoir des Malfoy. Il était sur le point de renoncer lorsqu’une mince silhouette aux cheveux blonds remonta la rue et poussa furtivement la porte vitrée. Il allait essayer de se rapprocher discrètement, lorsque quelque chose, à la limite de son champ de vision, attira son attention et lui fit froncer les sourcils. Il faillit laisser échapper un grognement d’exaspération.

Des pieds… trois paires, deux masculines et une féminine d’après les chaussures, qui marchaient tout seuls ! Il jura silencieusement entre ses dents. Encore Potter, et ses habituels acolytes, mal dissimulés sous la cape d’invisibilité du jeune homme. Ces trois-là allaient-ils un jour cesser de fourrer leur nez dans ce qui ne les regardait pas, se mettant systématiquement inutilement en danger et compliquant encore sa tâche ? Il soupira. Comme si veiller sur Potter n’était pas suffisamment absorbant, il avait cette année, hérité en prime de la responsabilité de Draco, et quelle responsabilité… Sans compter que les deux adolescents ne pouvant pas se voir en peinture, l’année promettait d’être… sportive. Mais qu’avait-il fait à Merlin ? Du coup, il allait falloir qu’il se contente de regarder de loin, sans aucune possibilité d’entendre ce qui se disait à l’intérieur.

Il faillit s’étrangler lorsque juste après le départ du jeune Malfoy, la Miss Je-sais-tout émergea de sous la cape et poussa la porte de la boutique avec assurance. Ces gamins allaient finir par lui donner des cheveux blancs avant l’âge… ou une crise cardiaque ! Elle en ressortit un court moment plus tard, l’air déconfit, et disparut de nouveau à ses yeux. Lorsqu’il put supposer avec certitude qu’ils étaient repartis, après tout ils avaient certainement du échapper à la vigilance de Molly Weasley et ne pouvaient s’attarder très longtemps s’ils ne voulaient pas subir les foudres de la matriarche.

Lui-même n’aurait pour rien au monde voulu affronter une Molly en colère, l’excellente femme qu’elle était par ailleurs, pouvait avoir des accès de rage dévastateurs lorsqu’elle était poussée à bout. Jusqu’à ce qu’ils quittent l’école, l’année précédente, les Beuglantes que recevaient régulièrement les jumeaux étaient devenues légendaires à Poudlard. Au lendemain de chaque nouvel ‘exploit’ mémorable de leur part, et il fallait bien reconnaître qu’ils n’étaient jamais à cours d’imagination, le corps professoral autant que les élèves, guettaient avec impatience l’arrivée du vieux hibou harassé de la famille, porteur de la fameuse enveloppe écarlate qui faisait la joie de toute la Grande salle.

Lorsque donc il eut laissé passer un petit moment, il annula le sortilège qui le dissimulait, et traversa la rue pour aller frapper fermement à la porte vitrée barrée de la pancarte ‘fermé’. Barjow commença par lui faire signe de partir, avant de reconnaitre son visiteur et de venir lui ouvrir avec déférence. Il ne s’embarrassa pas de préambules.

—En l’absence de son père, Lady Malfoy m’a demandé de veiller sur son fils, aussi, j’aimerais savoir ce qu’il faisait ici tout à l’heure. Demanda-t-il abruptement en portant discrètement sa main droite à son avant-bras gauche.

Le propriétaire du magasin connaissait bien son interlocuteur. Il n’était ni assez courageux, ni assez bon Occlumens pour essayer de lui mentir, d’autant plus qu’il n’y avait pas grand-chose à dire. Monsieur Malfoy voulait réparer une armoire à disparaitre et était venu lui demander des conseils dans ce but. Il s’était également renseigné sur le prix d’un tel objet en bon état, comme celui qui était exposé ici-même, sur lequel il avait pris une option. Même si le statut de Severus Snape était assez flou pour beaucoup, en bon serviteur du Seigneur des Ténèbres, Barjow était persuadé qu’il était un des leurs, et il pouvait tout aussi bien être là pour vérifier que le jeune homme avait bien accompli la démarche qu’on lui avait demandée de faire. Il avait donc répondu la stricte vérité.

En ressortant, Severus était perplexe. Il se souvenait d’avoir déjà vu une armoire en tous points semblables à celle qui était exposé, mais ce n’était pas chez les Malfoy ! Si seulement il pouvait se souvenir… Les armoires à disparaître fonctionnaient sur le même principe que le Réseau des cheminées, ou les Portoloins, et permettaient de se rendre directement d’un point déterminé à un autre, en l’occurrence, d’une armoire à sa jumelle, les deux étant alignées selon un algorithme runique d’une extrême précision lié à un sortilège d’une complexité qui dépassait les capacités normales d’un sixième année. Draco devait bénéficier d’une aide qualifiée, et il se doutait de son identité. Bellatrix n’avait pas perdu de temps pour mettre le grappin sur son neveu. Sous son influence, il avait pris la Marque au début de l’été, sans que Narcissa ait réussi à le raisonner, à le faire attendre au moins jusqu’au retour de son père, ou du moins jusqu’à sa majorité.

Depuis que ces moyens de transports avaient permis, pendant la première guerre, à un bon nombre Mangemorts d’échapper à la justice, le Réseau des cheminées et les Portoloins étaient strictement contrôlés par le ministère. Tous les autres réseaux privés avaient été interdits et tous les artefacts saisis et, théoriquement, désensorcelés. Peut-être pourrait-il, à la prochaine réunion de l’Ordre, suggérer à Arthur Weasley une petite perquisition au manoir des Malfoy, par acquit de conscience, bien qu’il soit pratiquement certain que ce n’était pas là qu’il avait vu la deuxième armoire…

Draco marchait d’un pas alerte le long du quai 9 ¾ de la gare de King cross, la tête haute, l’air encore plus arrogant, s’il était possible, que d’habitude. Il se sentait léger, libre… Important ! Il n’était plus le petit garçon de sa maman, il n’était plus seulement ‘le fils de Lucius Malfoy’, il était Draco Malfoy, il serait bientôt majeur, il était un homme, il était enfin libre, libre de choisir son chemin, et il avait fait son choix. Poussé par sa tante Bellatrix, il avait pris la Marque peu après l’emprisonnement de son père. C’était, lui avait-elle fait valoir, le seul moyen de faire rentrer en grâce la famille Malfoy auprès du Maître, et il comptait bien sur son nouveau statut pour assoir encore plus son emprise sur ceux qui lui léchaient déjà les bottes à l’école, et seraient certainement bientôt ses subordonnés aussi dans les rangs du Seigneur des Ténèbres.

Bellatrix… Il connaissait son nom, bien entendu, mais elle était emprisonnée à Azkaban depuis qu’il avait un an, et il l’avait rencontrée l’été dernier pour la première fois. Ou aurait-elle pu se réfugier, après que le Seigneur ait fait évader ses fidèle Mangemorts, ailleurs que chez sa sœur et son beau-frère. Depuis, sur ‘requête’ du Seigneur des Ténèbres, l’aile des invités du manoir des Malfoy abritait la sœur de sa mère, son mari et son beau-frère. Celui-dont-on- ne-doit-pas-prononcer-le-nom avait confié à Bellatrix la formation de sa nouvelle recrue, et la supervision de son initiation.

Sa mère l’avait mis en garde, à mots couverts. Sa sœur avait toujours été instable, et les quinze années passées à Azkaban, au contact des Détraqueurs, n’avaient pas amélioré les choses. Mais contre toute attente, elle s’était montrée charmante, elle savait se montrer charmante. Elle avait entrepris de lui enseigner la Magie noire, et sa vive intelligence avait aimé étudier ce nouvel aspect de son art. Mais lorsqu’ils en étaient arrivés à la partie pratique des Impardonnables, il avait prétexté une migraine atroce pour échapper au Doloris et à l’Avada Kedavra. L’idée de tuer de sa main, même de simples animaux nuisibles, le révulsait, et pour la première fois, il s’était demandé s’il avait bien pris la bonne décision. Bien sûr, il ne le lui aurait jamais avoué, et le spectacle de la jubilation malsaine qui s’affichait sur le visage de sa tante pendant qu’elle torturait et décimait les quelques rats que les elfes de maison avaient capturés en vue de l’exercice lui avait retourné l’estomac. Il s’était précipité dans sa salle de bains pour vomir tripes et boyaux. Pour le coup, sa migraine était devenue bien réelle et il n’était même pas descendu pour le repas du soir.

Le lendemain, il retournait à Poudlard, il était tranquille jusqu’aux vacances de Noël. D’ici là, avec un peu de chance, le plan qu’il avait commencé à ourdir aurait peut-être porté ses fruits. Quelle gloire si le jeune Mangemort réussissait son épreuve sans se faire prendre, avant même sa majorité ! Sa conscience s’arrangerait mieux, lui semblait-il, d’un meurtre à distance que d’une confrontation directe. A cette pensée, il ressentit un désagréable pincement au niveau de l’estomac, tout au fond de lui, il savait qu’il se mentait à lui-même. Mettant en pratique l’autre enseignement dispensé cet été là par Bellatrix, il Occluda, rejetant la sensation, et reprit sa marche un instant interrompue. De loin, il aperçut Blaise Zabini en grande conversation avec Théodore Nott, levant les yeux, celui-ci lui fit signe de les rejoindre. Vincent Crabbe et Gregory Goyle devaient déjà être installés dans un compartiment, en train de s’empiffrer de friandises. La main qui se posa sur son bras le fit sursauter, il tourna la tête vers Pansy Parkinson, mais malgré l’insistance avec laquelle elle s’accrochait à lui comme une huitre à son rocher, il se contenta d’un vague sourire suffisant. Embrasser une fille en public ne se faisait pas lorsqu’on avait reçu l’éducation d’un Malfoy. Toutefois, il passa son bras autour de sa taille d’un geste possessif, et ils rejoignirent ensemble leurs condisciples, qui les attendaient pour monter dans le train.

TBC

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Des éclats de rires joyeux fusaient de l’étage, et Molly se prit à sourire malgré elle. Malgré la présence de Fleur dans sa cuisine. Malgré les neuf aiguilles de la pendule pointant toutes sur ‘en danger de mort’. Un instant d’insouciance, même court, ne se refusait pas par ces temps troublés.

Les plus jeunes s’étaient réunis dans l’ancienne chambre des jumeaux. Harry racontait à ses amis, avec force détails, l’entrevue de Dumbledore avec son oncle et sa tante, lorsqu’il était enfin venu le chercher pour l’emmener chez les Weasley, et leur visite à Horace Slughorn, qui supposait-il, serait leur prochain professeur de Défense contre les forces du mal.

La veille, les enfants avaient reçu les résultats, très satisfaisants, de leurs BUSEs. Pour fêter ça, elle avait réuni le plus de membres possible de sa famille, et pour Molly Weasley, la famille ne s’arrêtait pas à son époux et à ses nombreux enfant. Elle adoptait littéralement tous les ‘chiens perdus’, animaux ou humains qui avaient le bonheur de croiser son chemin. Tous, sauf un peut-être, ou plutôt une… Elle soupira, quelle idée avait eu Bill de s’amouracher de cette française au point de vouloir l’épouser ? Qu’avait-elle de plus, à part sa beauté éthérée de Velane bien sûr, que les autres ?

Elle reporta son attention sur la marmite qui glougloutait doucement sur le feu. Fleur s’était mis en tête de leur préparer un plat traditionnel français, la… comment déjà ? Ah oui : ‘Poulopo’, et malgré sa prévention première, elle devait reconnaître que le fumet qui s’échappait du récipient était tout à fait appétissant. Elle jeta un regard en biais à sa future belle-fille, il faudrait plus qu’une ‘Poulopo’ pour la séduire. A son grand dépit, tous les hommes de la maison, y compris Arthur, avaient bien entendu succombé à ses charmes, mais elle ne se laisserait pas aussi facilement acheter ! Oh non ! Elle reporta sa pensée sur les plus jeunes. Tout était prétexte à les nourrir ‘convenablement’, avant la rentrée, et elle planifiait déjà dans sa tête le repas qu’elle concocterait pour l’anniversaire d’Harry, qui aurait lieu dans quelques jours.

On était déjà à la moitié des vacances, la reprise des cours approchait et il allait bientôt falloir penser à se rendre sur le Chemin de Traverse pour acheter les nouvelles fournitures demandées par l’école. Ses mains s’immobilisèrent et son regard se fit lointain, les nouvelles rapportées par Arthur empiraient chaque jour, les disparitions se multipliaient. Aux dernières nouvelles, c’étaient Florian Fortarôme et Garrick Ollivander les dernières victimes, ils avaient disparu du jour au lendemain, et personne n’aurait pu dire s’ils avaient été consentants ou non, encore moins s’ils étaient encore vivants ou non.

Les enfants allaient devoir quitter la sécurité relative du Terrier pour retourner à Poudlard, et une angoisse sourde lui serrait la poitrine. Charlie était si loin… mais au moins, si l’on exceptait la dangerosité de son métier, était-il aussi, loin des affrontements qui se préparaient , les jumeaux vivaient maintenant sur le Chemin de Traverse, et Percy… il valait mieux ne pas penser à Percy ! Heureusement, Bill était plus souvent à la maison depuis quelques temps, mais elle aurait tellement voulu les garder tous auprès d’elle, y compris Harry et Hermione. En sécurité. Mais pouvait-on encore trouver un seul endroit au Royaume Uni, où l’on puisse se prétendre vraiment en sécurité? Il était inutile de chercher à nier l’évidence, la guerre n’était plus seulement une vague menace, la guerre avait bel et bien commencé, et depuis l’attaque du ministère, le monde sorcier en avait enfin pris pleinement conscience. Vingt ans plus tôt, elle avait vécu la première, et elle y avait perdu ses frères. A l’époque, ils n’étaient pas beaucoup plus âgés que ne l’étaient ses enfants aujourd’hui. Parfois, lorsqu’elle regardait les jumeaux… Elle secoua la tête, comme si ce simple geste avait pu chasser ses idées noires. Poudlard était certainement un des endroits les plus surs du pays. Elle tenta en vain de repousser son mal-être, et reporta son attention sur la poule-au-pot.

A l’abri d’un sortilège de Desillusion, Severus Snape surveillait les abords de la boutique depuis près de deux heures, il grelottait malgré sa lourde cape. L’allée des Embrumes portait bien son nom et il commençait à se demander si essayer de découvrir ce que manigançait Draco valait bien le risque d’attraper la crève. Un sort de réchauffement était exclu. Même s’il était peu probable que cela arrive, un endroit apparemment désert et qui aurait dégagé de la chaleur aurait très certainement attiré l’attention. La façade de Barjow & Beurk n’était ni plus ni moins sinistre que d’habitude et n’exposait rien de nouveau. Il savait que Narcissa et son fils devaient se rendre ce jour-là sur le Chemin de Traverse pour acheter les fournitures scolaires du jeune homme, mais il doutait fort que celui-ci réussisse à persuader sa mère de se laisser entraîner jusqu’à ce coupe-gorge. Il n’était là que sur une intuition, uniquement parce que Draco avait laissé échapper une allusion au magasin, lors de sa dernière visite au manoir des Malfoy. Il était sur le point de renoncer lorsqu’une mince silhouette aux cheveux blonds remonta la rue et poussa furtivement la porte vitrée. Il allait essayer de se rapprocher discrètement, lorsque quelque chose, à la limite de son champ de vision, attira son attention et lui fit froncer les sourcils. Il faillit laisser échapper un grognement d’exaspération.

Des pieds… trois paires, deux masculines et une féminine d’après les chaussures, qui marchaient tout seuls ! Il jura silencieusement entre ses dents. Encore Potter, et ses habituels acolytes, mal dissimulés sous la cape d’invisibilité du jeune homme. Ces trois-là allaient-ils un jour cesser de fourrer leur nez dans ce qui ne les regardait pas, se mettant systématiquement inutilement en danger et compliquant encore sa tâche ? Il soupira. Comme si veiller sur Potter n’était pas suffisamment absorbant, il avait cette année, hérité en prime de la responsabilité de Draco, et quelle responsabilité… Sans compter que les deux adolescents ne pouvant pas se voir en peinture, l’année promettait d’être… sportive. Mais qu’avait-il fait à Merlin ? Du coup, il allait falloir qu’il se contente de regarder de loin, sans aucune possibilité d’entendre ce qui se disait à l’intérieur.

Il faillit s’étrangler lorsque juste après le départ du jeune Malfoy, la Miss Je-sais-tout émergea de sous la cape et poussa la porte de la boutique avec assurance. Ces gamins allaient finir par lui donner des cheveux blancs avant l’âge… ou une crise cardiaque ! Elle en ressortit un court moment plus tard, l’air déconfit, et disparut de nouveau à ses yeux. Lorsqu’il put supposer avec certitude qu’ils étaient repartis, après tout ils avaient certainement du échapper à la vigilance de Molly Weasley et ne pouvaient s’attarder très longtemps s’ils ne voulaient pas subir les foudres de la matriarche.

Lui-même n’aurait pour rien au monde voulu affronter une Molly en colère, l’excellente femme qu’elle était par ailleurs, pouvait avoir des accès de rage dévastateurs lorsqu’elle était poussée à bout. Jusqu’à ce qu’ils quittent l’école, l’année précédente, les Beuglantes que recevaient régulièrement les jumeaux étaient devenues légendaires à Poudlard. Au lendemain de chaque nouvel ‘exploit’ mémorable de leur part, et il fallait bien reconnaître qu’ils n’étaient jamais à cours d’imagination, le corps professoral autant que les élèves, guettaient avec impatience l’arrivée du vieux hibou harassé de la famille, porteur de la fameuse enveloppe écarlate qui faisait la joie de toute la Grande salle.

Lorsque donc il eut laissé passer un petit moment, il annula le sortilège qui le dissimulait, et traversa la rue pour aller frapper fermement à la porte vitrée barrée de la pancarte ‘fermé’. Barjow commença par lui faire signe de partir, avant de reconnaitre son visiteur et de venir lui ouvrir avec déférence. Il ne s’embarrassa pas de préambules.

—En l’absence de son père, Lady Malfoy m’a demandé de veiller sur son fils, aussi, j’aimerais savoir ce qu’il faisait ici tout à l’heure. Demanda-t-il abruptement en portant discrètement sa main droite à son avant-bras gauche.

Le propriétaire du magasin connaissait bien son interlocuteur. Il n’était ni assez courageux, ni assez bon Occlumens pour essayer de lui mentir, d’autant plus qu’il n’y avait pas grand-chose à dire. Monsieur Malfoy voulait réparer une armoire à disparaitre et était venu lui demander des conseils dans ce but. Il s’était également renseigné sur le prix d’un tel objet en bon état, comme celui qui était exposé ici-même, sur lequel il avait pris une option. Même si le statut de Severus Snape était assez flou pour beaucoup, en bon serviteur du Seigneur des Ténèbres, Barjow était persuadé qu’il était un des leurs, et il pouvait tout aussi bien être là pour vérifier que le jeune homme avait bien accompli la démarche qu’on lui avait demandée de faire. Il avait donc répondu la stricte vérité.

En ressortant, Severus était perplexe. Il se souvenait d’avoir déjà vu une armoire en tous points semblables à celle qui était exposé, mais ce n’était pas chez les Malfoy ! Si seulement il pouvait se souvenir… Les armoires à disparaître fonctionnaient sur le même principe que le Réseau des cheminées, ou les Portoloins, et permettaient de se rendre directement d’un point déterminé à un autre, en l’occurrence, d’une armoire à sa jumelle, les deux étant alignées selon un algorithme runique d’une extrême précision lié à un sortilège d’une complexité qui dépassait les capacités normales d’un sixième année. Draco devait bénéficier d’une aide qualifiée, et il se doutait de son identité. Bellatrix n’avait pas perdu de temps pour mettre le grappin sur son neveu. Sous son influence, il avait pris la Marque au début de l’été, sans que Narcissa ait réussi à le raisonner, à le faire attendre au moins jusqu’au retour de son père, ou du moins jusqu’à sa majorité.

Depuis que ces moyens de transports avaient permis, pendant la première guerre, à un bon nombre Mangemorts d’échapper à la justice, le Réseau des cheminées et les Portoloins étaient strictement contrôlés par le ministère. Tous les autres réseaux privés avaient été interdits et tous les artefacts saisis et, théoriquement, désensorcelés. Peut-être pourrait-il, à la prochaine réunion de l’Ordre, suggérer à Arthur Weasley une petite perquisition au manoir des Malfoy, par acquit de conscience, bien qu’il soit pratiquement certain que ce n’était pas là qu’il avait vu la deuxième armoire…

Draco marchait d’un pas alerte le long du quai 9 ¾ de la gare de King cross, la tête haute, l’air encore plus arrogant, s’il était possible, que d’habitude. Il se sentait léger, libre… Important ! Il n’était plus le petit garçon de sa maman, il n’était plus seulement ‘le fils de Lucius Malfoy’, il était Draco Malfoy, il serait bientôt majeur, il était un homme, il était enfin libre, libre de choisir son chemin, et il avait fait son choix. Poussé par sa tante Bellatrix, il avait pris la Marque peu après l’emprisonnement de son père. C’était, lui avait-elle fait valoir, le seul moyen de faire rentrer en grâce la famille Malfoy auprès du Maître, et il comptait bien sur son nouveau statut pour assoir encore plus son emprise sur ceux qui lui léchaient déjà les bottes à l’école, et seraient certainement bientôt ses subordonnés aussi dans les rangs du Seigneur des Ténèbres.

Bellatrix… Il connaissait son nom, bien entendu, mais elle était emprisonnée à Azkaban depuis qu’il avait un an, et il l’avait rencontrée l’été dernier pour la première fois. Ou aurait-elle pu se réfugier, après que le Seigneur ait fait évader ses fidèle Mangemorts, ailleurs que chez sa sœur et son beau-frère. Depuis, sur ‘requête’ du Seigneur des Ténèbres, l’aile des invités du manoir des Malfoy abritait la sœur de sa mère, son mari et son beau-frère. Celui-dont-on- ne-doit-pas-prononcer-le-nom avait confié à Bellatrix la formation de sa nouvelle recrue, et la supervision de son initiation.

Sa mère l’avait mis en garde, à mots couverts. Sa sœur avait toujours été instable, et les quinze années passées à Azkaban, au contact des Détraqueurs, n’avaient pas amélioré les choses. Mais contre toute attente, elle s’était montrée charmante, elle savait se montrer charmante. Elle avait entrepris de lui enseigner la Magie noire, et sa vive intelligence avait aimé étudier ce nouvel aspect de son art. Mais lorsqu’ils en étaient arrivés à la partie pratique des Impardonnables, il avait prétexté une migraine atroce pour échapper au Doloris et à l’Avada Kedavra. L’idée de tuer de sa main, même de simples animaux nuisibles, le révulsait, et pour la première fois, il s’était demandé s’il avait bien pris la bonne décision. Bien sûr, il ne le lui aurait jamais avoué, et le spectacle de la jubilation malsaine qui s’affichait sur le visage de sa tante pendant qu’elle torturait et décimait les quelques rats que les elfes de maison avaient capturés en vue de l’exercice lui avait retourné l’estomac. Il s’était précipité dans sa salle de bains pour vomir tripes et boyaux. Pour le coup, sa migraine était devenue bien réelle et il n’était même pas descendu pour le repas du soir.

Le lendemain, il retournait à Poudlard, il était tranquille jusqu’aux vacances de Noël. D’ici là, avec un peu de chance, le plan qu’il avait commencé à ourdir aurait peut-être porté ses fruits. Quelle gloire si le jeune Mangemort réussissait son épreuve sans se faire prendre, avant même sa majorité ! Sa conscience s’arrangerait mieux, lui semblait-il, d’un meurtre à distance que d’une confrontation directe. A cette pensée, il ressentit un désagréable pincement au niveau de l’estomac, tout au fond de lui, il savait qu’il se mentait à lui-même. Mettant en pratique l’autre enseignement dispensé cet été là par Bellatrix, il Occluda, rejetant la sensation, et reprit sa marche un instant interrompue. De loin, il aperçut Blaise Zabini en grande conversation avec Théodore Nott, levant les yeux, celui-ci lui fit signe de les rejoindre. Vincent Crabbe et Gregory Goyle devaient déjà être installés dans un compartiment, en train de s’empiffrer de friandises. La main qui se posa sur son bras le fit sursauter, il tourna la tête vers Pansy Parkinson, mais malgré l’insistance avec laquelle elle s’accrochait à lui comme une huitre à son rocher, il se contenta d’un vague sourire suffisant. Embrasser une fille en public ne se faisait pas lorsqu’on avait reçu l’éducation d’un Malfoy. Toutefois, il passa son bras autour de sa taille d’un geste possessif, et ils rejoignirent ensemble leurs condisciples, qui les attendaient pour monter dans le train.

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