Le jeu du Prince – Le professeur de Défense

Harry Potter Add comments

Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Personnages : S.Snape, Regulus Black, Lily Evans, Sirius Black … et les autres.

Le professeur de Défense

1 Heart2 Hearts3 Hearts4 Hearts5 Hearts (1 votes, average: 5, 00 out of 5)
Loading ... Loading ...

En regardant ses élèves entrer dans la salle de classe, le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal se sentait de meilleure humeur qu’il ne l’avait jamais été avant de commencer un cours. Enfin, il n’allait plus avoir à supporter les explosions de chaudrons et leurs conséquences désastreuses, et le serrement de cœur qui se transformait en cette colère sourde et permanente qui avait fait naître sa réputation de semi tortionnaire, devant ses chères préparations horriblement dénaturées par la bande de cornichons décérébrés qui lui servait d’élèves.

Il adorait les potions, c’était un domaine dans lequel il avait toujours excellé, où il touchait à la perfection. Mais il détestait enseigner les potions. Il ressentait chaque ratage de ses étudiants comme autant de mutilations infligées à ce qu’il considérait comme de purs chefs-d’œuvre de  précision et d’efficacité. Celui qui était le maître des potions détenait entre ses mains le pouvoir absolu, il pouvait décider de guérir ou de tuer, de calmer ou d’exciter, de susciter le désir ou bien la haine… Mais bien peu parvenaient à saisir toutes les nuances de cet art subtil, car, exercé par lui, il ne pouvait y avoir aucun doute, il s’agissait bien d’un art, et il en était un merveilleux virtuose.

La majorité de ses élèves, comme de ses condisciples d’ailleurs, ne comprenaient rien à la beauté et à la subtilité de cette discipline minutieuse, n’en retenant que les mauvais côtés. Il était vrai que les ingrédients employés n’étaient souvent pas très ragoutant, que les émanations et les vapeurs n’étaient pas non plus, dans la plupart des cas, ce qu’il y avait de plus agréable, et pouvaient provoquer des effets secondaires déplaisants… ses cheveux en savaient quelque chose ! Ils ignoraient la griserie de tenir entre ses doigts, emprisonné dans une minuscule fiole, un pouvoir quasi absolu. En temps de guerre, le camp qui possédait la loyauté du meilleur Maître des potions bénéficiait d’un avantage considérable… Evidemment, la plus petite erreur, la moindre inattention pouvait provoquer des désastres et Merlin savait que la concentration n’était pas la spécialité des adolescents dopés aux hormones qu’étaient les étudiants de Poudlard. Il soupira. Peut-être était-ce un effet de l’âge, même si, à trente-six ans, il était l’un des plus jeunes professeurs de l’école, mais il avait l’impression qu’au fur et à mesure que le temps passait, les effets pernicieux de l’adolescence se faisaient sentir de plus en plus tôt…

Severus était donc d’une humeur relativement sereine, malgré la présence de Potter et de ses acolytes au fond de la classe, lorsqu’il débuta son cours. Dès les premiers mots, il réussit à captiver son auditoire, et la partie théorique se déroula dans une atmosphère attentive. Aucun autre professeur de Défense, pas même Lupin, ne leur avait jamais parlé de cette manière des Arts Sombres et de leurs dangers. Avec peut-être une nuance d’admiration dans la voix pour la complexe perfection des maléfices, mais sans détours, sans chercher à ménager leur sensibilité. Il les préparait à affronter une guerre, où leur âge ne ferait aucune différence pour l’ennemi.

Le faux Fol Œil leur avait bien fait quelques démonstrations des impardonnables sur de malheureuses araignées, mais voir torturer ou tuer une de ces bestioles n’avait été bien impressionnant pour personne, sauf peut-être Neville Londubat, les araignées n’étant pas, pour les Sorciers des créatures plus populaires que pour les Moldus. Peut-être encore moins, car eux avaient aussi l’occasion de parfois se frotter à la charmante espèce appelée Acromentules que personne à par Hagrid n’aurait cherché à fréquenter pour le plaisir ! Quant à les voir soumises à la volonté de Maugrey, cela avait été plus divertissant qu’autre chose… Tout bien réfléchi, il avait présenté les impardonnables comme une amusante distraction pour l’un, et comme un bon moyen de se débarrasser des nuisibles pour les autres, ce qui, sachant qui il était vraiment n’était tout compte fait, pas bien étonnant. Les gravures animées que Severus leur commentaient en détail, de sa voix grave et posée étaient bien plus impressionnantes et parlantes.

Et lorsqu’il leur demanda de pousser les tables pour la partie pratique, ils s’exécutèrent avec une bonne volonté et un enthousiasme certains. Les cornichons étaient, comme supposé, bien plus intéressés par l’impression de puissance qu’ils pourraient retirer en jouant de leur baguette que par celle émanant d’un flacon de potion réussie, aux effets immédiats bien moins spectaculaires. Pourtant, certaines préparations pouvaient procurer à celui qui en avait le secret, et le talent pour les préparer, un pouvoir qui égalait et même surpassait souvent celui de beaucoup de sortilèges, y compris les plus puissants, tout en étant beaucoup plus discret dans leur administration… Mais il était évident que dans l’esprit de gamins leur âge, la supériorité d’un sorcier passait par l’étalage, le plus spectaculaire possible de son habileté à jeter des sorts.

A quel moment les choses avaient-elles dérapées ? Qu’avait-il loupé ? Il avait bien évidemment remarqué que Potter l’avait dévisagé d’un air haineux dès son entrée dans la classe, et lui-même n’avait pas pu résister en contrepartie, à lui jeter quelques piques au passage. Mais il avait déjà fait bien pire les années précédentes, en potions, et rien ne laissait prévoir la réaction de l’adolescent lorsqu’il avait voulu le prendre comme ‘cobaye’ pour démontrer l’efficacité des sorts informulés.

En maître espion qu’il était, il n’avait évidemment jamais rien ignoré de l’Armée de Dumbledore, la petite organisation que les jeunes avaient montée l’année précédente pour pallier l’incompétence crasse de Dolorès Ombrage. Et même s’il ne l’aurait jamais admis publiquement il savait, tout comme ses camarades qui s’étaient entraînés sous sa direction, que Potter était le plus apte à se défendre efficacement. Dans son esprit, la démonstration n’en serait que plus convaincante lorsqu’il enverrait le garçon au tapis.

Pour se défendre, il s’était défendu, et son bouclier l’aurait jeté à terre s’il ne s’était retenu in-extremis à une table… ou était-ce la table qui lui avait évité de s’étaler lamentablement  sur le sol ?

En un éclair, lorsqu’il avait levé sa baguette, sa perception sur-aiguisée avait pu entrevoir, dans l’esprit du jeune homme, même sans Légilimencie, la terreur laissée par le souvenir des leçons d’Occlumencie, fiasco mémorable de l’année écoulée. Il avait aussi perçu la haine rougeoyante qui l’avait envahi, superposée à l’image de Black basculant derrière le Rideau, lors de la bataille du département des mystères. Il avait été choqué par l’intensité de sa violence, au point de retenir in-extremis le sort qu’il s’apprêtait à lancer. Qu’avait donc cru cet idiot, qu’il allait lui jeter un impardonnable ? L’insolence inqualifiable avec laquelle le garçon lui avait ensuite répondu lui avait coupé le souffle. Aucun élève ne s’était jamais permis une chose pareille avec lui. Lorsqu’il avait congédié la classe, la colère était revenue, et avec elle un autre sentiment, qui ressemblait à… de la tristesse ? De la déception ? Depuis quand se souciait-il des sentiments de Potter à son égard ? Depuis quand cela le touchait-il ?

Il avait compris qu’Harry le rendait responsable de la mort de son parrain. Sirius et lui avaient certes eu plusieurs joutes verbales mémorables au cours de l’année passée, pendant des réunions de l’Ordre. Et s’il ne niait pas qu’elles avaient parfois été initiées par une de ses réflexions exaspérées devant cet imbécile congénital,  Black en avait autant, sinon plus, et souvent de plus insultants, à son égard, que lui. Seulement maintenant, il n’était plus un gamin isolé face à quatre voyous, et il avait répondu du tac au tac aux nombreuses provocations du cabot, ce qui avait rendu plus d’une fois l’atmosphère électrique au Square Grimmaurd. Mais ce n’était pas à cause de ça que Black avait décidé de se rendre au Ministère ce soir-là. Aurait-ce été n’importe qui d’autre que son filleul qui aurait été en danger, qu’il aurait obéi à Dumbledore et n’aurait pas levé le petit doigt.

Il avait assez de péchés sur la conscience pour pouvoir en toute bonne foi s’absoudre de celui-là. Il n’avait pas sciemment poussé Black à commettre d’imprudences, leurs disputes n’avaient rien été de plus que ce qu’elles semblaient. Beaucoup de membres de l’ordre étaient bien plus virulents envers lui qu’il ne l’avait été envers le cabot. Il était le premier à être régulièrement qualifié de ‘traître’, de ‘lâche’ ou de ‘planqué’, et personne ne les aurait accusés d’être responsables, s’il avait été à la place de Sirius. S’il était mort, ce n’était pas de sa faute, et s’il avait vraiment fallu désigner un responsable celui-ci aurait pu être bien plus probablement Harry que lui… D’ailleurs, inconsciemment, le gamin avait dû le comprendre, et il rejetait sa culpabilité latente contre la personne qu’il détestait déjà le plus au monde, et qui avait échoué à lui enseigner l’Occlumencie. C’était tellement plus facile d’occulter sa propre responsabilité ! Après tout, s’il avait accepté d’appliquer ses instructions et ses conseils, et d’essayer de fermer son esprit, le Seigneur des Ténèbres n’aurait pas pu l’influencer et lui envoyer les fausses visions qui avaient tout déclenché !

Dieu savait qu’il avait détesté Black, plus encore que James Potter ! Il avait été son plus grand harceleur pendant toute leur scolarité, et c’était souvent uniquement pour distraire Sirius que les autres s’en prenaient à lui. C’était également lui qui avait eu la brillante idée de l’envoyer à la rencontre d’un  Loup Garou en pleine transformation, un soir de pleine lune. Son inconséquence était telle, qu’il n’avait même pas réfléchi au fait qu’outre le fait de causer sa mort, il aurait pu transformer un de ses meilleurs amis en assassin, même involontaire. Heureusement que pour une fois, les autres ne l’avaient pas suivie dans cette folie.

Il ne savait pas s’il lui en voulait plus pour avoir failli le faire tuer, ou pour être responsable de la dette de vie qu’il avait alors contractée envers Potter. Ensuite sa haine avait atteint des sommets lorsqu’il l’avait cru responsable de la mort des Potter… de la mort de Lily. Il s’en était fallu de très peu qu’il ne le tue le soir où il l’avait tenu au bout de sa baguette, dans la cabane hurlante. A l’époque, l’évadé était recherché, mort ou vif, par tous les Aurors du pays, et personne ne l’aurait inquiété pour ça. Seule la présence des enfants l’avait retenu. Si elle était légèrement retombée par la suite, lorsque l’innocence de Black avait été établie, il n’avait jamais pu conclure avec lui le genre de trêve, même fragile, qu’il avait réussi à établir avec Lupin, alors que Sirius avait continué à l’insulter, sans aucune raison valable, comme aux pires jours de leur adolescence.

Mais cette fois-ci, ils étaient dans le même camp, et ils n’étaient pas assez nombreux pour se permettre de perdre un bon combattant. Parce qu’autant qu’il le haïsse, Severus reconnaissait que Black était un bon combattant, malgré sa tendance aux rodomontades qui avaient fini par le perdre, face à Bellatrix Lestrange. Bellatrix était la seule coupable de la mort de son cousin, et elle était de ce fait, responsable de l’ampleur qu’avait prise la haine qu’Harry éprouvait envers lui, juste au moment où lui… Encore un grief de plus contre elle !

Dumbledore s’était bien entendu fait un plaisir de saborder la punition qu’il avait donnée à l’insolent, en prétextant les cours particuliers qu’il désirait lui donner. Le vieux mage s’obstinait à ne pas vouloir lui révéler ce qu’il comptait réellement faire avec Harry, et il en éprouvait une rage latente mêlée d’une certaine jalousie envers le morveux. Que lui cachait le vieux fou ? N’avait-il pas assez prouvé son allégeance pour mériter son entière confiance ? Il s’était juré de découvrir ce qu’il essayait de lui dissimuler. Il se doutait que cela était en rapport étroit avec la connexion des esprits de Voldemort et d’Harry.  En rentrant dans ses appartements, ce soir-là, il hésita un moment. Il n’avait pas encore de devoirs à corriger, il aurait pu profiter d’une dernière soirée de tranquillité. Au lieu de ça, il tira lentement sa baguette de sa manche et s’approcha d’un pan de mur de son salon, recouvert, comme tous les autres, par les rayonnages d’une impressionnante bibliothèque.

Après une dernière hésitation, il marmonna à mi-voix une incantation que les années ne lui avaient pas faite oublier, et un rayonnage supplémentaire apparut, semblant repousser les autres de chaque côté. Il inspira profondément et tendit la main vers les grimoires anciens posés sur les étagères. Consulter ces ouvrages, voire simplement ouvrir ces livres, n’était jamais anodin. La Magie Noire agissait comme une véritable drogue, elle s’emparait des esprits, créait une dépendance de plus en plus forte, à laquelle seule une volonté sans faille pouvait résister. Même un sorcier aussi puissant que Dumbledore avait bien failli y succomber, jadis. Il avait fallu pour Albus comme pour lui, le traumatisme de la mort d’un être particulièrement cher pour trouver la force de s’arracher à son emprise, et Severus se prenait à prier pour arriver à lui résister encore cette fois.

Un hiver précoce s’était installé sur l’Ecosse. Le silence qui régnait sur la nature dans ces instants qui précédaient l’aube était presque angoissant, et les pas de l’homme résonnaient sur le chemin de terre durci par le gel, avec cette sonorité particulière qui précède les chutes de neige. La réunion s’était prolongée, le Seigneur voulait connaitre les dispositions prises pour protéger l’école, et il l’avait retenu après le départ des autres. Severus était épuisé, le raclement qui ponctuait certains de ses pas en témoignait. Depuis le retour de Bellatrix et sous son influence, il avait bien remarqué que Voldemort lui avait repris une partie de la confiance qu’il avait péniblement réussi à regagner après être arrivé deux heures après les autres Mangemorts, lorsqu’il était revenu, un an et demi plus tôt.

La tante de Draco l’avait toujours détesté. Pour la fille ainée de Druella et Cygnus Black, élevée dans la plus stricte tradition de la ‘très noble et très ancienne famille Black’, le jeune Sang-Mêlé n’avait rien à faire auprès de son Maître, quant à y occuper une place dominante, dans son esprit dérangé, c’était un sacrilège. Qui se souvenait qu’il s’était lui-même appelé Tom Jedusor dans une autre vie, et que son sang avait lui-aussi été ‘souillé’ par celui d’un Moldu ? L’insistance du Seigneur des Ténèbres vouloir le jeune prodige des potions dans ses rangs avait encore attisé sa haine, et depuis qu’il était, en plus, devenu l’espion très écouté du mage noir, elle n’avait eu de cesse que de tenter de le discréditer.

La haine de Bellatrix, encore accrue par le fait qu’il ait, lui entre tous les autres, réussi à échapper à Azkaban après la première guerre, la rendait bien trop clairvoyante à son goût. À force d’insinuations pernicieuses, elle en était petit à petit arrivée à ébranler la confiance qui lui était accordée. Depuis quelques temps, il surprenait de plus en plus souvent Voldemort à investir son esprit à ce qu’il pensait son insu, souvent après quelques Doloris destiné à affaiblir ses défenses, comme s’il cherchait à le prendre en faute. Dumbledore avait hélas raison, à moins d’un acte extrême, il aurait effectivement bien du mal à regagner sa confiance absolue, condition indispensable pour mener leur plan à bien. Il était vrai que la sorcière avait des ‘arguments’ qu’il ne possédait pas… Malgré le physique repoussant de son Maître, bien différent de celui qu’il avait possédé lorsqu’il avait jadis séduit la jeune Mangemort, elle avait immédiatement retrouvé sa place de favorite auprès de lui, après son évasion.

Il était également frustré. Malgré tous ses efforts, il n’avait pas réussi à découvrir ce que Draco manigançait avec cette histoire d’armoire, et quand, et de quel côté, allait venir l’attaque contre Dumbledore. Il avait aussi découvert récemment à ses dépens que le jeune Malfoy avait réussi, contrairement à Potter, à développer une aptitude très  convaincante à l’Occlumencie, sans doute guidé par sa mère, ou par sa tante. Les Black comptaient de très grands Occlumens dans leur lignée. Narcissa et son visage d’albâtre, lisse de toute émotion en était une illustration parfaite. Cela rendait sa mission encore plus difficile, et le serment inviolable presque impossible à tenir dans ces conditions.

Bien sûr, s’il l’avait vraiment voulu, il aurait pu passer outre les boucliers mentaux encore fragiles de l’adolescent, mais il ne voulait pas trop l’alarmer. Il n’aurait plus manqué qu’il aille, consciemment ou non, révéler à Bellatrix ou à Voldemort que Severus Snape s’intéressait d’un peu trop près à ses secrets ! Il devait être constamment sur ses gardes. À Poudlard, le garçon était le ver introduit dans la pomme. Heureusement, il avait l’air de vouloir agir seul, et Crabbe et Goyle, qui n’avaient pas encore pris la Marque, ne lui servaient plus que de guetteurs lorsqu’il avait besoin de se cacher.

Se cacher de quoi ? De qui ? Se cacher pourquoi… et où ? Autant de question auxquelles le professeur n’avait pas encore réussi à avoir de réponses. Il avançait à l’aveuglette avec Draco, et il n’aimait pas ça du tout. Arrivé à la porte de ses appartements, il fut pris d’un vertige qui l’obligea à s’appuyer contre le mur.

Depuis combien de temps n’avait-il pas dormi plus d’une ou de deux heures d’affilée ? Entre son travail de professeur, l’Ordre du Phénix, les convocations de Voldemort, et le service privé et secret de Dumbledore, sans compter ses propres recherches, et les potions qu’il continuait à fabriquer pour l’infirmerie, le Square Grimmaurd, et Ste Mangouste, sa santé et sa résistance étaient mises à rude épreuve. Il avait maigri de manière alarmante, de profonds cernes sombres creusaient son regard, et l’abus des potions de force dont il usait pour pouvoir tenir le coup n’arrangeait pas les choses. Lorsqu’il daignait apparaître aux repas dans la grande salle, Minerva le fusillait de regards réprobateurs, et ne le laissait pas repartir sans l’avoir obligé à manger raisonnablement, ce à quoi il était bien forcé d’obéir sous peine de s’exposer en public à la colère de la Lionne.

Depuis l’incident du premier cours, il avait décidé d’ignorer Harry, après tout il s’était engagé à le protéger, pas à garantir ses résultats scolaires, il avait déjà bien assez fait pour ça en lui transmettant son ancien manuel de potions, rempli de ses précieuses annotations. S’il savait l’exploiter intelligemment – il croisa les doigts -  il en apprendrait plus avec ‘le Prince de Sang-mêlé’ que ce qui lui était permis d’enseigner à des élèves de sixième année. Si le gamin voulait ruiner son année scolaire, libre à lui ! L’ambiance dans sa classe s’en était trouvée considérablement améliorée, d’autant que, certainement dûment chapitré par Hermione, Harry se tenait maintenant à peu près tranquille. D’autant que Severus se révélait excellent dans sa nouvelle discipline, et que beaucoup de ses élèves, même s’ils ne l’aimaient toujours pas, reconnaissaient que ses cours étaient passionnants, et qu’il les faisait indéniablement progresser. Bien évidemment, Harry, qui avait tiré sa part de gloire de son enseignement dans l’AD, l’année précédente, s’en sentait trahi, et n’en était, quoique silencieusement, que plus furieux contre lui !

TBC

Print This Post




Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Designed by NattyWP Wordpress Themes.
Images by desEXign.