Le jeu du Prince – L’affaire du collier

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Personnages : S.Snape, Albus Dumbledore, Remus Lupin, et les autres

L’affaire du collier

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Le lendemain était un samedi, et le jour de la première sortie à Pré-au-Lard pour les élèves. Une épaisse couche de neige, dans laquelle on s’enfonçait jusqu’aux chevilles, était tombée dans la nuit et quelques flocons continuaient à tourbillonner dans le vent glacé. Le paysage gelé, figé dans sa blancheur immaculée était d’une beauté à couper le souffle.

Severus, dont Dumbledore avait fini par sembler remarquer l’état d’épuisement (l’irruption d’une Minerva furieuse dans son bureau l’avant-veille n’y était peut-être pas tout à fait étrangère), n’était de corvée de surveillance ni au village ni à l’école, et dûment chapitré par le Directeur, pour une fois, il était décidé à lui obéir, et à profiter au moins d’une partie de sa journée. Il s’était levé un peu plus tard que d’habitude et après un rapide passage aux cuisines, où le professeur de Métamorphose l’avait expédié manu-militari dès qu’elle l’avait aperçu, sur le chemin de la bibliothèque, il était retourné à ses recherches, auxquelles il avait décidé de consacrer la fin de la matinée, avant de s’octroyer une après-midi de détente, la première depuis la rentrée.

Le silence n’était troublé que par le sifflement du vent glacé et le crissement de ses pas dans la neige, qui recouvrait d’un manteau épais, et vierge de toute trace, le chemin de la forêt interdite. Aux abords de la cabane d’Hagrid, les énormes empreintes qui s’éloignaient de la porte lui indiquèrent que leur propriétaire avait lui aussi pris le chemin du village. Pour une fois, il allait pouvoir savourer en toute quiétude sa promenade. La plupart des gamins étaient à Pré-au-Lard, et les autres s’étaient regroupés à l’intérieur, près des cheminées de leurs salles communes respectives. Il n’avait croisé qu’un petit groupe d’élèves de première année, qui bravant le froid, étaient occupés à une bataille de boules de neige ponctuée d’éclats de rire, dans la cour. Combien de temps faudrait-il avant que cette joyeuse insouciance ne disparaisse complètement et que les batailles de boules de neige ne se transforment en combats sanglants ? Déjà, des familles étaient endeuillées et des élèves avaient quitté l’école, et ça ne faisait que commencer.

Il arrivait en vue de l’enclos des Sombrals, lorsque des cris qui n’avaient rien de joyeux, ceux-là, attirèrent son attention. Peu après, sur la route qui venait du village, il aperçut la haute silhouette du demi-géant qui courait vers le château en portant quelque chose – il plissa les yeux – quelqu’un, dans ses bras. Il hésita une seconde. Poppy n’avait besoin de personne pour soigner un élève blessé, mais d’autre part, par les temps qui couraient, qui savait ce qui pouvait au juste s’être passé… Albus n’était pas au mieux de sa forme et avec sa complicité, avait fait croire à Minerva qu’il avait du s’absenter, pour ne pas avoir à justifier de son état auprès d’elle. Il soupira, puis disant mentalement adieu à tout espoir de tranquillité il reprit le chemin en sens inverse. Bien lui en avait pris, en entrant dans la cour, il faillit se heurter à Rusard qui justement le cherchait pour lui demander de se rendre d’urgence à l’infirmerie, et ensuite dans sa salle de cours, où l’attendrait le professeur McGonagall.

« Oh non ! Pitié, pas encore eux ! »

En entrant dans la pièce, il crut être victime d’un cauchemar et ferma les yeux une seconde. Lorsqu’il les rouvrit, la vision était toujours là, et avec elle l’habituel sentiment de catastrophe imminente lorsque ces trois-là se tenaient immobiles et inhabituellement silencieux, dans un coin d’une salle de classe en dehors des heures de cours. Personne ne l’avait encore remarqué. Pendant un court instant, il se demanda s’il n’allait pas rebrousser chemin en courant, avant de se racler la gorge pour signaler sa présence.

—Oh, Severus !

Il perçut un immense soulagement dans la voix de sa collègue. Qu’une chose pareille ait pu se produire malgré les mesures de sécurité mises en place était inconcevable. Une angoisse profonde était lisible dans le regard interrogateur qu’elle levait sur lui.

—Vous m’avez fait demander, Minerva ? Fit-il d’un ton égal, sans accorder un regard de plus au trio infernal, tout en la rassurant d’un rapide battement de cils sur l’état de la petite Bell. Ses épaules crispées se détendirent enfin, et elle laissa échapper un léger soupir. Au moins, une issue dramatique avait-elle été évitée…  »Pour cette fois ». Elle sentait l’angoisse revenir en même temps que la colère. Quels lâches pouvaient s’en prendre ainsi à des enfants ?

Après que la sous-directrice eut invité Granger, qui était des trois celle qui serait le plus susceptible de leur faire un compte-rendu aussi précis que concis, de leur rapporter ce à quoi ils avaient assisté, il s’approcha de la table sur laquelle avait été déposée une écharpe aux couleurs de Gryffondor qui enveloppait quelque chose. Sortant sa baguette, il écarta délicatement les pans de laine pour découvrir un très ancien collier d’argent, serti d’opales précieuses. Un frémissement le traversa, il reconnaissait le bijou, il avait naguère été exposé en bonne place chez Barjow & Beurk accompagné d’une pancarte avertissant de sa dangerosité. Il avait, en outre, l’impression que le sort qui pesait sur l’objet avait été renforcé. Il le fit léviter tout en récitant dans sa tête une incantation protectrice. Alors qu’il examinait le bijou, une expression de dégout intense passa dans ses yeux, si fugitive que personne ne la remarqua… ou presque.

—Qu’en pensez-vous, Severus ?

—J’en pense… l’espace d’un battement de cils, lorsqu’il leva les yeux, son regard rencontra celui, dubitatif, de la Miss-je-sais-tout, posé sur lui. Instinctivement, il renforça ses boucliers mentaux… « Que Miss Bell a de la chance d’être encore vivante. » Répondit-il en se tournant vers sa collègue d’un air soucieux, après avoir reposé délicatement le collier sur le guéridon.

Potter se mit à vociférer avec véhémence.

—Je connais Katy, elle ne ferait aucun mal à personne en dehors d’un terrain de Quidditch, elle a dû être ensorcelée.

—Elle a effectivement été ensorcelée. Confirma McGonagall.

—C’est Malfoy !

—C’est une très grave accusation Potter !

—En effet, renchérit Snape en se tournant vers lui. « Avez-vous des preuves ? »

—Non. Je le sais, c’est tout !

— Vous.Le.Savez.C’est.Tout ! !

Le professeur n’en croyait pas ses oreilles… L’outrecuidance de ce garçon atteignait des sommets ! Il détestait Draco au moins autant qu’il le détestait à lui, et même si Severus n’aurait pour rien au monde juré que ce dernier n’était pour rien dans cette affaire, il se devait de se faire l’avocat du diable. Ne serait-ce que de pour défendre la présomption d’innocence et parce qu’en plus d’être son protégé, Draco était un Serpentard. En tant que Directeur de Maison, il ne pouvait pas laisser passer ça. Il reprit la parole de cette voix soyeuse et égale, qui, pour qui le connaissait bien était son ton le plus dangereux.

« Vos dons sont étonnants, Potter. Des dons qu’un simple mortel rêverait de posséder. Quel honneur ce doit être, que d’être l’Élu. » Railla-t-il, méprisant. Seule la présence de Minerva l’empêcha d’enlever un bon paquet de points à Gryffondor pour calomnie infamante envers un condisciple.

Après avoir congédié le trio infernal et discuté un moment avec la sous-directrice, il enferma le collier à l’abri de toute convoitise et de tout risque dans un coffret muni d’une bonne serrure, encore renforcée par plusieurs sorts pour faire bonne mesure. Il prit le temps de repasser par ses appartements pour avaler une potion pour calmer sa migraine naissante, avant de rejoindre Dumbledore dans son bureau. Au premier regard, il comprit que le vieux mage était déjà au courant de toute l’affaire. Il avait depuis longtemps renoncé à percer le mystère de l’omniscience du directeur, aussi, il ne s’embarrassa pas de préambule.

—La petite Bell était sous Confundo.

—Vous en êtes certain ?

—Absolument ! L’effet n’en était pas encore dissipé lorsque je l’ai examinée. Elle a eu énormément de chance, elle avait des gants épais en tricot synthétique, pour une fois, nous pouvons remercier la technologie moldue. S’ils avaient été en matière naturelle, laine ou peau, ils auraient été plus perméables au maléfice. Le collier les a légèrement effleurés en glissant de son écrin, mais ils ont fait barrage, et il n’a pas touché directement la peau, ce qui a considérablement atténué la violence du maléfice… sans pour autant l’arrêter totalement, mais cette fois, j’ai pu intervenir immédiatement, et j’ai réussi à la stabiliser. Elle mettra du temps à s’en remettre, mais elle s’en sortira. Poppy l’a emmenée à Ste Mangouste.

Il laissa passer un silence et reprit d’une voix rauque, « c’est le même genre de malédiction que sur la bague, Albus… »

—Et vous dites que le bijou m’était destiné ?

—C’est ce que prétend sa camarade, mais je me demande comment cet objet aurait pu franchir l’épreuve des détecteurs. Si c’était vraiment un plan pour vous nuire, il était bien mal organisé… A moins que son utilité n’ait juste été de gagner du temps en faisant croire à une tentative déjouée. Ou bien… un acte manqué révélateur. Ce qui pourrait signifier que la personne qui a ourdi ce complot pourrait ne pas être aussi sure d’elle qu’on pourrait le penser !

—Vous pensez que le jeune Malfoy pourrait y être mêlé ?

—J’avoue que je n’en sais rien… Ce n’est pas impossible. Il était en retenue avec Minerva, mais il a pu bénéficier de complicités extérieures… A moins que… il se figea soudain. « Je-je pense que je vais aller faire un tour aux Trois Balais. »

—Soyez prudent, Severus, Tom a des espions partout !

Le professeur leva un sourcil.

—C’est censé être de l’humour, Albus ? Vous m’avez habitué à mieux !

—Je suis désolé mon garçon, j’ai parlé sans réfléchir. Pendant que vous y serez, faites aussi un saut à La Tête de Sanglier, la clientèle d’Abelforth pourrait se révéler intéressante, et il est plus observateur que son comportement le laisse croire.

—Je crois m’en être rendu compte… il y a quelques années, déjà.

—Je pensais que vous aviez fait la paix, depuis tout ce temps.

—C’est effectivement le cas, mais…

—J’ai confiance en mon frère autant qu’en vous, Severus, il pourrait décider de ne pas nous aider, mais jamais il trahirait la Lumière, croyez-moi.

—Je l’espère Albus, aussi bien pour moi que pour vous.

En sortant de La Tête de Sanglier, Severus n’en savait pas beaucoup plus, en dehors du fait que Mondingus Fletcher s’était trouvé à Pré-au-Lard l’après-midi même et qu’il avait eu une altercation avec Potter. Que Mondingus puisse être passé à l’ennemi ne l’aurait pas étonné outre mesure, il avait en effet une fâcheuse tendance à se vendre au plus offrant, voire à manger à plusieurs râteliers à la fois. Mais il doutait que même dans ce cas, Voldemort ait pu lui confier, pour les mêmes raisons, une mission aussi délicate. De plus, la petite Bell avait récupéré le collier dans les toilettes pour dames, si l’on s’en tenait aux dires de sa camarade. Il était donc énormément plus probable qu’il faille, comme disent les français ‘chercher la femme’.

A cette heure tardive, il n’y avait plus beaucoup de clients aux Trois Balais lorsqu’il en poussa la porte. Un ivrogne somnolait sur une banquette en piquant du nez dans son verre, et deux hommes sortirent alors qu’il s’approchait du bar, derrière lequel la patronne, Madame Rosmerta, regardait d’un air étrangement absent, les verres en train de se laver tous seuls dans l’évier.

Phillys Rosmerta était une belle femme d’une quarantaine d’années, aux courbes généreuses et au sourire avenant. Elle avait perdu son mari pendant la première guerre et gérait depuis son établissement toute seule, d’une main de fer, n’hésitant jamais à sortir sa baguette pour calmer les inévitables tensions. Severus et elle se connaissaient bien… très bien même. Lorsqu’il avait débuté sa carrière de professeur à Poudlard, avant que ses collègues ne se décident à vraiment accepter un ancien Mangemort parmi eux et à cesser de le tenir à l’écart, il venait parfois, lorsque la solitude lui pesait trop, s’assoir à une table d’angle, toujours seul, toujours tard le soir, après avoir corrigé ses copies du jour. Elle avait été intriguée par ce jeune homme, qui, même lorsqu’il était étudiant, n’avait jamais été ni très bavard, ni très sociable. Il buvait rarement plus d’un verre et elle ne l’avait jamais vu ivre. Jamais, sauf une fois…

C’était le soir d’Halloween de mil neuf cent quatre-vingt-deux. Lorsqu’il n’était plus resté qu’eux deux dans l’établissement, elle était allée s’assoir à côté de lui, elle ne voulait pas le brusquer. Lorsqu’elle avait doucement posé une main sur son épaule, avec l’intention de lui demander gentiment de partir, il avait tourné vers elle un regard si perdu, si désespéré, qu’elle en avait été retournée. Elle n’avait jamais su ce qui l’avait poussé à boire ce soir-là, mais elle avait reconnu un écho de sa propre peine dans ses yeux sombres, il avait dû, lui aussi, perdre beaucoup. Leur aventure d’un soir avait été la rencontre de deux solitudes, il avait été le premier homme qu’elle ait accepté après la mort de son mari, ils s’étaient accrochés l’un à l’autre, sans un mot, comme des noyés à une planche. La Marque ne l’avait pas effrayée, elle savait qui il était, elle connaissait son histoire, ou du moins ce que tout le monde en savait. Elle l’avait accepté tel qu’il était, sans rien demander, sans rien reprocher, sans rien exiger, et il lui en avait été reconnaissant.

Ils n’avaient pour autant jamais entamé une liaison, ils n’en voulaient ni l’un ni l’autre, les circonstances les avaient rapprochés, mais les disparus tenaient bien trop de place dans leurs cœurs, et il la respectait trop pour la considérer comme une des filles de l’allée des embrumes, auxquelles il lui arrivait parfois d’avoir recours, lorsque le besoin physique devenait trop exigeant. Elle lui avait ouvert ses bras, offert sa tendresse et réchauffé un peu son âme. Ils avaient trouvé tous deux le réconfort dans la chaleur de l’autre, et elle avait pour lui un sourire qu’elle n’avait pour personne d’autre. Il gardait de cette unique nuit une certaine tendresse pour la jeune femme. Ils entretenaient depuis une amitié tranquille, qui pouvait se passer de mots, et qui leur était précieuse à tous les deux. Il était donc particulièrement anxieux, ce soir-là, de découvrir si le soupçon qui avait effleuré son esprit dans l’après-midi se confirmerait.

Personne n’avait pu sortir de Poudlard après qu’Hagrid ait ramené la jeune Katie Bell, et que tous les élèves aient été rapatriés, plus tôt que prévu, et si ce qu’il pensait se révélait exact, le sort n’avait pas été levé. Si le Confundo disparaissait tout seul au bout de quelques heures, l’Imperium exigeait un contact visuel pour être annulé, et Draco était consigné dans sa salle commune, comme tous les autres étudiants, sous la surveillance de leurs directeurs de maison, excepté lui, qui avait délégué ses prérogatives à Slughorn pour l’occasion. Dumbledore, ‘revenu de son voyage’ à point nommé ayant officiellement requis la présence de son professeur de Défense pour une entrevue urgente et privée dans son bureau.

Il se détestait pour ce qu’il était sur le point de faire à l’une des très rares personnes qui faisaient partie de ce qui se rapprochait le plus pour lui d’un cercle d’amis. Il n’était pas comme Voldemort, il considérait le fait d’employer la Légilimencie sans autorisation comme un viol, mais il devait en avoir le cœur net et c’était le seul moyen, l’Imperium pouvait parfois résister même au Veritaserum. Après avoir mis l’ivrogne dehors, il ferma la porte à clé et tira les rideaux d’un coup de baguette, avant de se tourner vers la jeune femme, qui s’était approché de lui et le regardait maintenant d’un air surpris.

—Severus ? Qu’est-ce que…

Il ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase, autant en terminer le plus vite possible…

—Legilimens !

Son regard chavira alors qu’il pénétrait dans son esprit, et il eut très vite la confirmation de ses soupçons. Bien qu’il sache qu’elle n’y était pour rien, cela lui fit étrangement mal. Il reconnut les yeux gris de Draco, plongés dans les siens, il entendit la voix du jeune homme prononcer distinctement l’impardonnable et lui donner ses instructions, il la vit rejoindre la jeune Bell dans les toilettes, lui lancer un sortilège de Confusion, et lui confier un paquet qu’elle lui recommandait de ne pas ouvrir, et de ne donner à personne d’autre que Dumbledore, et surtout d’oublier qui le lui avait confié. Il ressentit sa rébellion intérieure, pendant qu’elle accomplissait sa ‘mission’, et son désespoir face à son impossibilité à résister à l’Imperium…

Elle avait senti son intrusion, et des larmes d’impuissance et de frustration perlaient maintenant à ses cils. Il en avait assez vu, il la libéra et posa doucement une main sur sa joue, effaçant une larme de son pouce, en murmurant « Obliviate », il ne pouvait pas se permettre que quelqu’un sache ce qu’il venait de faire. Il avait eu l’intention de lui implanter un faux souvenir, mais lorsqu’elle se haussa sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres, il n’eut pas le courage de la repousser.

Il ne pouvait pas la libérer de l’Imperium et il ne savait pas si Draco avait l’intention de le faire ou de l’utiliser encore, mais la seconde hypothèse s’avérait certainement la plus plausible, tant qu’elle serait sous l’influence du maléfice, elle serait un atout aux avants postes, pour le Seigneur des Ténèbres. Elle était une victime. Si le sort était physiquement indolore, c’était une véritable torture psychologique pour ceux qui y étaient soumis. Il savait qu’au fond d’elle-même, elle avait parfaitement conscience qu’elle agissait sous la contrainte, et qu’elle en souffrait, mais il lui était impossible de résister à sa puissance. Résister à un Imperium demandait un entrainement qu’elle n’avait jamais eu. La seule chose qu’il pouvait faire pour elle, c’était lui apporter le réconfort qu’elle lui demandait silencieusement, comme elle l’avait fait pour lui quatorze ans plus tôt. Alors il referma ses bras autour d’elle. Il n’avait pas oublié le goût de ses lèvres.

TBC

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Le lendemain était un samedi, et le jour de la première sortie à Pré-au-Lard pour les élèves. Une épaisse couche de neige, dans laquelle on s’enfonçait jusqu’aux chevilles, était tombée dans la nuit et quelques flocons continuaient à tourbillonner dans le vent glacé. Le paysage gelé, figé dans sa blancheur immaculée était d’une beauté à couper le souffle.

Severus, dont Dumbledore avait fini par sembler remarquer l’état d’épuisement (l’irruption d’une Minerva furieuse dans son bureau l’avant-veille n’y était peut-être pas tout à fait étrangère), n’était de corvée de surveillance ni au village ni à l’école, et dûment chapitré par le Directeur, pour une fois, il était décidé à lui obéir, et à profiter au moins d’une partie de sa journée. Il s’était levé un peu plus tard que d’habitude et après un rapide passage aux cuisines, où le professeur de Métamorphose l’avait expédié manu-militari dès qu’elle l’avait aperçu, sur le chemin de la bibliothèque, il était retourné à ses recherches, auxquelles il avait décidé de consacrer la fin de la matinée, avant de s’octroyer une après-midi de détente, la première depuis la rentrée.

Le silence n’était troublé que par le sifflement du vent glacé et le crissement de ses pas dans la neige, qui recouvrait d’un manteau épais, et vierge de toute trace, le chemin de la forêt interdite. Aux abords de la cabane d’Hagrid, les énormes empreintes qui s’éloignaient de la porte lui indiquèrent que leur propriétaire avait lui aussi pris le chemin du village. Pour une fois, il allait pouvoir savourer en toute quiétude sa promenade. La plupart des gamins étaient à Pré-au-Lard, et les autres s’étaient regroupés à l’intérieur, près des cheminées de leurs salles communes respectives. Il n’avait croisé qu’un petit groupe d’élèves de première année, qui bravant le froid, étaient occupés à une bataille de boules de neige ponctuée d’éclats de rire, dans la cour. Combien de temps faudrait-il avant que cette joyeuse insouciance ne disparaisse complètement et que les batailles de boules de neige ne se transforment en combats sanglants ? Déjà, des familles étaient endeuillées et des élèves avaient quitté l’école, et ça ne faisait que commencer.

Il arrivait en vue de l’enclos des Sombrals, lorsque des cris qui n’avaient rien de joyeux, ceux-là, attirèrent son attention. Peu après, sur la route qui venait du village, il aperçut la haute silhouette du demi-géant qui courait vers le château en portant quelque chose – il plissa les yeux – quelqu’un, dans ses bras. Il hésita une seconde. Poppy n’avait besoin de personne pour soigner un élève blessé, mais d’autre part, par les temps qui couraient, qui savait ce qui pouvait au juste s’être passé… Albus n’était pas au mieux de sa forme et avec sa complicité, avait fait croire à Minerva qu’il avait du s’absenter, pour ne pas avoir à justifier de son état auprès d’elle. Il soupira, puis disant mentalement adieu à tout espoir de tranquillité il reprit le chemin en sens inverse. Bien lui en avait pris, en entrant dans la cour, il faillit se heurter à Rusard qui justement le cherchait pour lui demander de se rendre d’urgence à l’infirmerie, et ensuite dans sa salle de cours, où l’attendrait le professeur McGonagall.

« Oh non ! Pitié, pas encore eux ! »

En entrant dans la pièce, il crut être victime d’un cauchemar et ferma les yeux une seconde. Lorsqu’il les rouvrit, la vision était toujours là, et avec elle l’habituel sentiment de catastrophe imminente lorsque ces trois-là se tenaient immobiles et inhabituellement silencieux, dans un coin d’une salle de classe en dehors des heures de cours. Personne ne l’avait encore remarqué. Pendant un court instant, il se demanda s’il n’allait pas rebrousser chemin en courant, avant de se racler la gorge pour signaler sa présence.

—Oh, Severus !

Il perçut un immense soulagement dans la voix de sa collègue. Qu’une chose pareille ait pu se produire malgré les mesures de sécurité mises en place était inconcevable. Une angoisse profonde était lisible dans le regard interrogateur qu’elle levait sur lui.

—Vous m’avez fait demander, Minerva ? Fit-il d’un ton égal, sans accorder un regard de plus au trio infernal, tout en la rassurant d’un rapide battement de cils sur l’état de la petite Bell. Ses épaules crispées se détendirent enfin, et elle laissa échapper un léger soupir. Au moins, une issue dramatique avait-elle été évitée…  »Pour cette fois ». Elle sentait l’angoisse revenir en même temps que la colère. Quels lâches pouvaient s’en prendre ainsi à des enfants ?

Après que la sous-directrice eut invité Granger, qui était des trois celle qui serait le plus susceptible de leur faire un compte-rendu aussi précis que concis, de leur rapporter ce à quoi ils avaient assisté, il s’approcha de la table sur laquelle avait été déposée une écharpe aux couleurs de Gryffondor qui enveloppait quelque chose. Sortant sa baguette, il écarta délicatement les pans de laine pour découvrir un très ancien collier d’argent, serti d’opales précieuses. Un frémissement le traversa, il reconnaissait le bijou, il avait naguère été exposé en bonne place chez Barjow & Beurk accompagné d’une pancarte avertissant de sa dangerosité. Il avait, en outre, l’impression que le sort qui pesait sur l’objet avait été renforcé. Il le fit léviter tout en récitant dans sa tête une incantation protectrice. Alors qu’il examinait le bijou, une expression de dégout intense passa dans ses yeux, si fugitive que personne ne la remarqua… ou presque.

—Qu’en pensez-vous, Severus ?

—J’en pense… l’espace d’un battement de cils, lorsqu’il leva les yeux, son regard rencontra celui, dubitatif, de la Miss-je-sais-tout, posé sur lui. Instinctivement, il renforça ses boucliers mentaux… « Que Miss Bell a de la chance d’être encore vivante. » Répondit-il en se tournant vers sa collègue d’un air soucieux, après avoir reposé délicatement le collier sur le guéridon.

Potter se mit à vociférer avec véhémence.

—Je connais Katy, elle ne ferait aucun mal à personne en dehors d’un terrain de Quidditch, elle a dû être ensorcelée.

—Elle a effectivement été ensorcelée. Confirma McGonagall.

—C’est Malfoy !

—C’est une très grave accusation Potter !

—En effet, renchérit Snape en se tournant vers lui. « Avez-vous des preuves ? »

—Non. Je le sais, c’est tout !

— Vous.Le.Savez.C’est.Tout ! !

Le professeur n’en croyait pas ses oreilles… L’outrecuidance de ce garçon atteignait des sommets ! Il détestait Draco au moins autant qu’il le détestait à lui, et même si Severus n’aurait pour rien au monde juré que ce dernier n’était pour rien dans cette affaire, il se devait de se faire l’avocat du diable. Ne serait-ce que de pour défendre la présomption d’innocence et parce qu’en plus d’être son protégé, Draco était un Serpentard. En tant que Directeur de Maison, il ne pouvait pas laisser passer ça. Il reprit la parole de cette voix soyeuse et égale, qui, pour qui le connaissait bien était son ton le plus dangereux.

« Vos dons sont étonnants, Potter. Des dons qu’un simple mortel rêverait de posséder. Quel honneur ce doit être, que d’être l’Élu. » Railla-t-il, méprisant. Seule la présence de Minerva l’empêcha d’enlever un bon paquet de points à Gryffondor pour calomnie infamante envers un condisciple.

Après avoir congédié le trio infernal et discuté un moment avec la sous-directrice, il enferma le collier à l’abri de toute convoitise et de tout risque dans un coffret muni d’une bonne serrure, encore renforcée par plusieurs sorts pour faire bonne mesure. Il prit le temps de repasser par ses appartements pour avaler une potion pour calmer sa migraine naissante, avant de rejoindre Dumbledore dans son bureau. Au premier regard, il comprit que le vieux mage était déjà au courant de toute l’affaire. Il avait depuis longtemps renoncé à percer le mystère de l’omniscience du directeur, aussi, il ne s’embarrassa pas de préambule.

—La petite Bell était sous Confundo.

—Vous en êtes certain ?

—Absolument ! L’effet n’en était pas encore dissipé lorsque je l’ai examinée. Elle a eu énormément de chance, elle avait des gants épais en tricot synthétique, pour une fois, nous pouvons remercier la technologie moldue. S’ils avaient été en matière naturelle, laine ou peau, ils auraient été plus perméables au maléfice. Le collier les a légèrement effleurés en glissant de son écrin, mais ils ont fait barrage, et il n’a pas touché directement la peau, ce qui a considérablement atténué la violence du maléfice… sans pour autant l’arrêter totalement, mais cette fois, j’ai pu intervenir immédiatement, et j’ai réussi à la stabiliser. Elle mettra du temps à s’en remettre, mais elle s’en sortira. Poppy l’a emmenée à Ste Mangouste.

Il laissa passer un silence et reprit d’une voix rauque, « c’est le même genre de malédiction que sur la bague, Albus… »

—Et vous dites que le bijou m’était destiné ?

—C’est ce que prétend sa camarade, mais je me demande comment cet objet aurait pu franchir l’épreuve des détecteurs. Si c’était vraiment un plan pour vous nuire, il était bien mal organisé… A moins que son utilité n’ait juste été de gagner du temps en faisant croire à une tentative déjouée. Ou bien… un acte manqué révélateur. Ce qui pourrait signifier que la personne qui a ourdi ce complot pourrait ne pas être aussi sure d’elle qu’on pourrait le penser !

—Vous pensez que le jeune Malfoy pourrait y être mêlé ?

—J’avoue que je n’en sais rien… Ce n’est pas impossible. Il était en retenue avec Minerva, mais il a pu bénéficier de complicités extérieures… A moins que… il se figea soudain. « Je-je pense que je vais aller faire un tour aux Trois Balais. »

—Soyez prudent, Severus, Tom a des espions partout !

Le professeur leva un sourcil.

—C’est censé être de l’humour, Albus ? Vous m’avez habitué à mieux !

—Je suis désolé mon garçon, j’ai parlé sans réfléchir. Pendant que vous y serez, faites aussi un saut à La Tête de Sanglier, la clientèle d’Abelforth pourrait se révéler intéressante, et il est plus observateur que son comportement le laisse croire.

—Je crois m’en être rendu compte… il y a quelques années, déjà.

—Je pensais que vous aviez fait la paix, depuis tout ce temps.

—C’est effectivement le cas, mais…

—J’ai confiance en mon frère autant qu’en vous, Severus, il pourrait décider de ne pas nous aider, mais jamais il trahirait la Lumière, croyez-moi.

—Je l’espère Albus, aussi bien pour moi que pour vous.

En sortant de La Tête de Sanglier, Severus n’en savait pas beaucoup plus, en dehors du fait que Mondingus Fletcher s’était trouvé à Pré-au-Lard l’après-midi même et qu’il avait eu une altercation avec Potter. Que Mondingus puisse être passé à l’ennemi ne l’aurait pas étonné outre mesure, il avait en effet une fâcheuse tendance à se vendre au plus offrant, voire à manger à plusieurs râteliers à la fois. Mais il doutait que même dans ce cas, Voldemort ait pu lui confier, pour les mêmes raisons, une mission aussi délicate. De plus, la petite Bell avait récupéré le collier dans les toilettes pour dames, si l’on s’en tenait aux dires de sa camarade. Il était donc énormément plus probable qu’il faille, comme disent les français ‘chercher la femme’.

A cette heure tardive, il n’y avait plus beaucoup de clients aux Trois Balais lorsqu’il en poussa la porte. Un ivrogne somnolait sur une banquette en piquant du nez dans son verre, et deux hommes sortirent alors qu’il s’approchait du bar, derrière lequel la patronne, Madame Rosmerta, regardait d’un air étrangement absent, les verres en train de se laver tous seuls dans l’évier.

Phillys Rosmerta était une belle femme d’une quarantaine d’années, aux courbes généreuses et au sourire avenant. Elle avait perdu son mari pendant la première guerre et gérait depuis son établissement toute seule, d’une main de fer, n’hésitant jamais à sortir sa baguette pour calmer les inévitables tensions. Severus et elle se connaissaient bien… très bien même. Lorsqu’il avait débuté sa carrière de professeur à Poudlard, avant que ses collègues ne se décident à vraiment accepter un ancien Mangemort parmi eux et à cesser de le tenir à l’écart, il venait parfois, lorsque la solitude lui pesait trop, s’assoir à une table d’angle, toujours seul, toujours tard le soir, après avoir corrigé ses copies du jour. Elle avait été intriguée par ce jeune homme, qui, même lorsqu’il était étudiant, n’avait jamais été ni très bavard, ni très sociable. Il buvait rarement plus d’un verre et elle ne l’avait jamais vu ivre. Jamais, sauf une fois…

C’était le soir d’Halloween de mil neuf cent quatre-vingt-deux. Lorsqu’il n’était plus resté qu’eux deux dans l’établissement, elle était allée s’assoir à côté de lui, elle ne voulait pas le brusquer. Lorsqu’elle avait doucement posé une main sur son épaule, avec l’intention de lui demander gentiment de partir, il avait tourné vers elle un regard si perdu, si désespéré, qu’elle en avait été retournée. Elle n’avait jamais su ce qui l’avait poussé à boire ce soir-là, mais elle avait reconnu un écho de sa propre peine dans ses yeux sombres, il avait dû, lui aussi, perdre beaucoup. Leur aventure d’un soir avait été la rencontre de deux solitudes, il avait été le premier homme qu’elle ait accepté après la mort de son mari, ils s’étaient accrochés l’un à l’autre, sans un mot, comme des noyés à une planche. La Marque ne l’avait pas effrayée, elle savait qui il était, elle connaissait son histoire, ou du moins ce que tout le monde en savait. Elle l’avait accepté tel qu’il était, sans rien demander, sans rien reprocher, sans rien exiger, et il lui en avait été reconnaissant.

Ils n’avaient pour autant jamais entamé une liaison, ils n’en voulaient ni l’un ni l’autre, les circonstances les avaient rapprochés, mais les disparus tenaient bien trop de place dans leurs cœurs, et il la respectait trop pour la considérer comme une des filles de l’allée des embrumes, auxquelles il lui arrivait parfois d’avoir recours, lorsque le besoin physique devenait trop exigeant. Elle lui avait ouvert ses bras, offert sa tendresse et réchauffé un peu son âme. Ils avaient trouvé tous deux le réconfort dans la chaleur de l’autre, et elle avait pour lui un sourire qu’elle n’avait pour personne d’autre. Il gardait de cette unique nuit une certaine tendresse pour la jeune femme. Ils entretenaient depuis une amitié tranquille, qui pouvait se passer de mots, et qui leur était précieuse à tous les deux. Il était donc particulièrement anxieux, ce soir-là, de découvrir si le soupçon qui avait effleuré son esprit dans l’après-midi se confirmerait.

Personne n’avait pu sortir de Poudlard après qu’Hagrid ait ramené la jeune Katie Bell, et que tous les élèves aient été rapatriés, plus tôt que prévu, et si ce qu’il pensait se révélait exact, le sort n’avait pas été levé. Si le Confundo disparaissait tout seul au bout de quelques heures, l’Imperium exigeait un contact visuel pour être annulé, et Draco était consigné dans sa salle commune, comme tous les autres étudiants, sous la surveillance de leurs directeurs de maison, excepté lui, qui avait délégué ses prérogatives à Slughorn pour l’occasion. Dumbledore, ‘revenu de son voyage’ à point nommé ayant officiellement requis la présence de son professeur de Défense pour une entrevue urgente et privée dans son bureau.

Il se détestait pour ce qu’il était sur le point de faire à l’une des très rares personnes qui faisaient partie de ce qui se rapprochait le plus pour lui d’un cercle d’amis. Il n’était pas comme Voldemort, il considérait le fait d’employer la Légilimencie sans autorisation comme un viol, mais il devait en avoir le cœur net et c’était le seul moyen, l’Imperium pouvait parfois résister même au Veritaserum. Après avoir mis l’ivrogne dehors, il ferma la porte à clé et tira les rideaux d’un coup de baguette, avant de se tourner vers la jeune femme, qui s’était approché de lui et le regardait maintenant d’un air surpris.

—Severus ? Qu’est-ce que…

Il ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase, autant en terminer le plus vite possible…

—Legilimens !

Son regard chavira alors qu’il pénétrait dans son esprit, et il eut très vite la confirmation de ses soupçons. Bien qu’il sache qu’elle n’y était pour rien, cela lui fit étrangement mal. Il reconnut les yeux gris de Draco, plongés dans les siens, il entendit la voix du jeune homme prononcer distinctement l’impardonnable et lui donner ses instructions, il la vit rejoindre la jeune Bell dans les toilettes, lui lancer un sortilège de Confusion, et lui confier un paquet qu’elle lui recommandait de ne pas ouvrir, et de ne donner à personne d’autre que Dumbledore, et surtout d’oublier qui le lui avait confié. Il ressentit sa rébellion intérieure, pendant qu’elle accomplissait sa ‘mission’, et son désespoir face à son impossibilité à résister à l’Imperium…

Elle avait senti son intrusion, et des larmes d’impuissance et de frustration perlaient maintenant à ses cils. Il en avait assez vu, il la libéra et posa doucement une main sur sa joue, effaçant une larme de son pouce, en murmurant « Obliviate », il ne pouvait pas se permettre que quelqu’un sache ce qu’il venait de faire. Il avait eu l’intention de lui implanter un faux souvenir, mais lorsqu’elle se haussa sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres, il n’eut pas le courage de la repousser.

Il ne pouvait pas la libérer de l’Imperium et il ne savait pas si Draco avait l’intention de le faire ou de l’utiliser encore, mais la seconde hypothèse s’avérait certainement la plus plausible, tant qu’elle serait sous l’influence du maléfice, elle serait un atout aux avants postes, pour le Seigneur des Ténèbres. Elle était une victime. Si le sort était physiquement indolore, c’était une véritable torture psychologique pour ceux qui y étaient soumis. Il savait qu’au fond d’elle-même, elle avait parfaitement conscience qu’elle agissait sous la contrainte, et qu’elle en souffrait, mais il lui était impossible de résister à sa puissance. Résister à un Imperium demandait un entrainement qu’elle n’avait jamais eu. La seule chose qu’il pouvait faire pour elle, c’était lui apporter le réconfort qu’elle lui demandait silencieusement, comme elle l’avait fait pour lui quatorze ans plus tôt. Alors il referma ses bras autour d’elle. Il n’avait pas oublié le goût de ses lèvres.

TBC




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