Révélations

House md Add comments

(Cette série de reviews en forme de  fictions, par ailleurs indépendantes les unes des autres, est supposée se dérouler après la fin des épisodes (à partir du 5X7). Le soir, après que les personnages aient quitté l’hôpital.)

Titre : Un peu plus tard -2- Révélations
Auteur : Lilou

Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée « House md »
Spoilers : après 5X9 : « Last resort »

Genre : Romance House/Cuddy, friendship House/Wilson
Classification : G
Résumé : “Au fond d’elle même, elle voulait croire, croire que ce bonheur était peut-être possible

Publiée le 28-11-08

***

Le Dr Cuddy rentrait chez elle totalement “lessivée”. Elle avait vécu cette journée comme un mauvais rêve. La prise d’otages s’était terminée heureusement avec moins de dégâts qu’on n’aurait pu le craindre. Son bureau était saccagé, mais au fond d’elle même elle était soulagée… Il était vivant, et c’était pour elle ce qui comptait le plus au monde. Bien sûr elle avait tremblé pour les otages, patients et personnel de l’hôpital, bien sûr elle s’était précipitée pour soigner le Dr Hadley qui avait souffert de l’aventure plus que quiconque. Mais elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il avait une fois de plus risqué sa vie. A son crédit, cette fois-ci ça n’avait pas été de sa faute! Mais quelle idée d’aller rendre son arme au forcené! C’était du House tout craché, ne pensant qu’à résoudre son cas, et peu importe les conséquences!

Avec un léger sourire elle se remémorait la dernière réflexion de House (elle avait vite appris à “lire entre les lignes” avec lui) et sa blague de potache. Son regard dériva vers un rosier dégarni par l’hiver, planté devant la fenêtre de son salon. Et son esprit remonta à ce matin de la semaine dernière… Son regard avait été attiré, elle n’aurait pas su dire pourquoi, par un petit rectangle clair, posé juste sous la fenêtre. Trop régulier pour une feuille morte. En y regardant de plus près, elle avait découvert… Un pansement! Que pouvait faire un pansement sous la fenêtre de son salon? Il fallait traverser tout le jardin pour y parvenir. Un souvenir se fraya un chemin dans sa mémoire. Qui s’était promené toute la journée de la veille avec un pansement sur la main?… HOUSE! Mais que faisait ce pansement dans son jardin, sous son rosier, juste devant sa… Fenêtre!!! Alors elle n’avait pas rêvé la nuit dernière, il y avait bien quelqu’un qui l’observait! Et ce feu arrière de moto… Mais pourquoi? Elle ne pouvait s’imaginer un House l’observant à la dérobée, comme un adolescent transi. Elle savait qu’elle lui plaisait, qu’il la désirait, ça oui, et elle était même prête à s’en contenter, pensant qu’elle ne pourrait jamais avoir autre chose de lui que des miettes. Mais House pouvait-il être… Amoureux? Il est vrai que depuis quelques temps son comportement avait changé, il était à la fois paradoxalement plus agressif et plus attentif. Elle surprenait parfois des regards furtifs lorsqu’il croyait qu’elle ne le verrait pas (les cloisons vitrées sont traitres parfois…), des regards non plus concupiscents ou ironiques, mais presque tristes, douloureux… Son cœur battait maintenant à une cadence folle. Elle aimait House depuis des années, mais se serait faite tuer plutôt que de l’avouer. Seul Wilson avait su la percer à jour, mais même avec lui, elle continuait de nier. Et maintenant, d’autres souvenirs remontaient à la surface. Combien de fois House avait-il fait avorter ses relations naissantes avec d’autres hommes. Elle avait alors pensé qu’il n’était, selon sa propre expression qu’un “sale con voulant faire capoter le bonheur des autres”, mais si en réalité il était… Jaloux! Une vague de tendresse l’avait submergée à cette pensée. Elle était prête à bénir ses années de solitude si c’était pour en arriver là. Le bonheur lui faisait tourner la tête. Oui, bien sûr, toutes ces petites choses isolées auxquelles elle n’avait pas prêté attention sur le moment se mettaient maintenant bout à bout, tout collait!

Attention Lisa, ne te laisse pas emporter, il y a peut-être plein d’autres explications! Mais au fond d’elle même, elle voulait croire, croire que ce bonheur était peut-être possible. Elle allait devoir se battre pour ça. Il n’allait pas rendre les armes aussi facilement. Elle le savait, elle ne le connaissait que trop bien. Mais ce ne serait pas son premier combat et Lisa Cuddy n’aimait pas perdre!

***

Imbécile! Crétin! Triple idiot! OK, il avait décidé de dire non… Définitivement non. Mais il ne pouvait s’empêcher de se botter mentalement le derrière. Tous ces regards, ces sous-entendus… Enfin quoi, elle le voulait autant que lui, ça se voyait tellement que même le policier l’avait remarqué. Alors pourquoi, pourquoi résister encore? Pour ne pas avoir à souffrir lorsque cela se terminerait? Parce que dans son esprit, ça ne pouvait évidemment que finir par une rupture! Mais tu souffres déjà comme un damné, et tu la fais souffrir aussi! Cette journée avait été une des plus longues de sa vie. Privé de sa canne et de ses comprimés, pris en otage, s’efforçant de maintenir l’équilibre pour éviter le carnage. Bien sûr, il s’était aussi laissé aller à se passionner pour le cas, jusqu’à aller rendre son arme au forcené! Idiot!… Et Thirteen avait bien failli y rester! Quel con! Au moins, le point positif avait été de lui faire prendre conscience qu’elle n’avait pas vraiment envie de mourir. Évidemment, c’est ce qu’il avait voulu lui prouver, mais ça avait failli aller trop loin, cette fois.

Il était vidé, il avait froid, il n’avait pas su, pas voulu saisir la perche qu’elle lui avait tendue. Une simple histoire de sexe ne lui suffisait pas. Pas avec elle! Et pourquoi aurait-elle voulu autre chose? Depuis des années il s’efforçait de la maintenir à distance à coup de mufleries, qu’elle lui rendait d’ailleurs coup pour coup. Lisa Cuddy était une combattante. Il s’assit devant le piano, mais ses mains refusèrent de se poser sur les touches. Il était à bout, il ne voulait plus lutter. Son job le passionnait, il avait toujours aimé les défis, mais ces journées à jouer la comédie du sale type arrogant l’épuisaient. Il appuya son front contre le bord du piano. Il n’avait plus joué depuis ce soir-là, où il était sorti de chez lui en trombe, bien décidé à aller jusqu’au bout cette fois. Et où il était revenu vaincu, pour la première fois de sa vie. Il ne se souvenait pas d’avoir éprouvé ça avant, même avec Stacy. C’était tellement différent, tellement plus douloureux. Il se sentit soudainement très proche de Wilson. Il commençait à appréhender ce qu’avait pu ressentir son ami lorsqu’Amber était morte. Il se leva avec difficulté, les muscles endoloris. Toute la tension accumulée pendant cette journée ressortait. Depuis combien de temps était-il là, assis sur ce tabouret? Il ouvrit la bouteille qu’il avait achetée sur le chemin du retour et attrapa la petite boite jaune qui ne le quittait jamais… Pourquoi pas? Ce serait tellement facile! Il était médecin, il connaissait exactement la dose nécessaire… Les comprimés blancs se répandirent sur la table basse. Tellement simple! Overdose… “Pauvre House, il a dépassé les limites cette fois, ça devait finir comme ça”… Personne ne saurait… Et Grégory House trouverait enfin le repos!

Il n’entendit ni les coups frappés à sa porte, ni la clé tourner dans la serrure. Le regard vide, les yeux fixés sur les comprimés répandus, il était ailleurs, très loin. Un regard d’eau claire venait d’apparaitre, se surimposant au blanc des cachets, un regard plein de reproches qui demandait : “pourquoi?” Le tableau que découvrit Wilson lui fit un instant craindre le pire. Il avait essayé de téléphoner, sans succès. Et au souvenir de l’expression de son ami en quittant l’hôpital, il avait décidé de venir voir ce qui se passait. Bien sur, House avait crâné jusqu’au bout, et la blague du tiroir avait pu tromper tout le monde sur son état d’esprit. Mais lui, il le connaissait trop bien. Cette journée avait été éprouvante pour tous, mais ils en avaient connues d’autres.
Ce soir, quelque chose s’était cassé dans le regard que House lui avait lancé avant de rabattre la visière de son casque.

- “Comment es-tu entré?” Il sursauta. House ne s’était pas retourné et il était presque sur qu’il ne l’avait pas entendu entrer.

- “J’ai toujours la clé, je te rappelle que j’ai habité ici.”

- “Oui, avant Amber!” Le coeur de Wilson se serra, mais House continuait : – “je suis désolé, je te demande pardon, je-je n’avais pas compris.” Quoi? Il ne pouvait pas en croire ses oreilles. House qui présentait des excuses!

- “Qu’est ce que tu n’avais pas compris?”

- “Ne cherche pas, je crois que j’ai trop bu.” Wilson considéra d’un air entendu la bouteille pleine, et le verre auquel son ami n’avait pas touché.

- “Oui ça doit être ça!” Il s’assit sur le canapé à ses côtés.

- “J’en prendrais bien un moi aussi, si tu veux bien.” House fit glisser son verre vers lui avec un léger sourire ironique.

- “Je suis content de te voir.” Il remettait les comprimés, sauf un, dans leur boite. Il n’allait pas baisser les bras maintenant. Il allait continuer à se battre. Contre la douleur. Contre la solitude. Non, il ne voulait pas seulement d’une histoire de sexe, mais il pouvait essayer d’obtenir plus. Ce ne serait pas facile. Mais ce ne serait pas son premier combat et Grégory House n’aimait pas perdre!

FIN

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