Le jeu du Prince 9 – …Et bonne année!

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, Albus Dumbledore, Remus Lupin, et les autres

…Et bonne année !

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Les deux Aurors chargés de la sécurité intérieure renforcée de Poudlard, sous la direction de Nymphadora Tonks, arrivèrent quelques jours avant la nouvelle année, pour pouvoir avoir le loisir de s’organiser avant la rentrée, afin d’effectuer leur travail de surveillance sans trop se faire remarquer des élèves et du corps enseignant. Leur présence n’était pas secrète, mais elle devait rester discrète. Ils devaient en quelque sorte se fondre dans le décor, et se faire oublier autant que possible. Dumbledore avait également demandé à Remus Lupin, de retour de sa mission d’espionnage auprès de la meute de Fenryr Greyback, de se joindre à eux.

Officiellement, et même si pratiquement personne n’était dupe, il était là pour servir d’assistant au professeur de Défense pour les démonstrations de niveau avancé des cours de sixième et septième année. La mauvaise réaction de Potter à sa première leçon avec Snape avait fourni un prétexte plus que plausible à la création de ce poste. Tout le monde savait maintenant que plus personne n’était à l’abri d’une attaque, et Dumbledore avait fait d’une pierre deux coups en décrétant que les étudiants qui seraient bientôt majeurs seraient initiés à des sortilèges de défense plus avancés que ceux demandés en temps ordinaire pour les ASPICs.

Lorsqu’il était allé habiter Square Grimmaurd pour tenir compagnie à Sirius et assurer son rôle de coordinateur pour l’Ordre, le Loup-garou avait abandonné sans regret son minable meublé moldu, et il se retrouvait maintenant sans logement. Malgré l’invitation d’Harry à demeurer tant qu’il le souhaiterait dans ce qui était désormais sa maison, il avait des scrupules à retourner s’y installer. Et surtout, il ne voulait pas avouer que de s’y retrouver seul, entre l’infernal portrait de Druella Black, les têtes d’elfes empaillées, et le souvenir omniprésent de Sirius, lui aurait trop pesé. Dumbledore lui avait donc proposé gite et couvert en échange de ses services pour la sécurité du château. La présence d’un deuxième expert en lutte contre les forces du mal en plus des Aurors, ne pouvait pas être superflue. Sa qualité de collègue et d’ami, lui avait valu d’être invité, contrairement aux Aurors du Ministère qui pour plus de discrétion avaient pris leurs quartiers dans les cuisines, à prendre ses repas dans la Grande Salle, à la table du corps professoral.

Le soir du trente et un décembre, au moment de passer à table, il avait discrètement demandé au Maître des Potions de rester après le départ des autres, une fois le dîner terminé.

Après que les élèves aient rejoint leurs dortoirs, et les professeurs leurs appartements cependant qu’eux deux s’attardaient devant leurs cafés, il fit signe à Severus de le rejoindre près de l’immense cheminée, où il avait invoqué deux confortables fauteuils et un guéridon sur lequel étaient posés une carafe de cognac français, et deux verres à pied ventrus. Après les avoir servis, il en tendit un à Severus, avant de s’assoir, en l’invitant d’un geste à en faire autant. Les deux hommes restèrent un moment silencieux, Lupin à contempler les flammes en faisant tourner le liquide ambré dans son verre, Snape à regarder son ancien collègue et nouvel assistant d’un air dubitatif, sans toucher au sien, qu’il avait posé sur le guéridon.

Ils n’étaient pas vraiment amis, le passif avec les Maraudeurs était trop important pour être aussi facilement effacé. Mais ils avaient établi, depuis l’année où  Lupin était venu enseigner à Poudlard, un accord de paix tacite, et le Maître des Potions confectionnait depuis, consciencieusement tous les mois, même après qu’il ait eu quitté l’école, la potion qui permettait au loup-garou de mener une vie à peu près normale. Il l’avait même considérablement améliorée, lui permettant de récupérer beaucoup plus vite, après les éprouvantes transformations dont il mettait autrefois parfois plusieurs jours à se remettre. Tous deux membres importants au sein de l’Ordre du Phénix, où Remus, qui avait une foi absolue en Dumbledore était l’un des seuls à vraiment lui accorder une confiance totale, ils se respectaient,  mais leurs relations s’en étaient toujours tenues là. L’invitation à boire un dernier verre avait donc un peu pris Severus par surprise. Il en avait conclu que l’autre avait quelque chose d’important à lui dire, et il attendait patiemment qu’il veuille bien se décider à parler. Au bout de quelques minutes, Lupin se lança :

—J’étais au Terrier à Noël…

Une lueur de compréhension passa dans le regard sombre du professeur de Défense, qui hocha la tête, et malgré le fait qu’ils soient désormais les seuls occupants de la salle, lança machinalement un sort de silence autour d’eux, avant de répondre.

—Et…  Je suppose que Potter t’a exposé en détail ses grandes théories, avec en vedette Snape le traître, l’irréductible Mangemort, le bâtard des cachots, le salopard qui a poussé son cher Sirius à la mort à force de provocations, et j’en passe…

Un sourire amusé passa fugitivement sur les lèvres du loup-garou. Pour peu, on aurait pu penser que Snape avait assisté à la discussion qu’il avait eue avec Harry quelques jours plus tôt. Ses deux fonctions de professeur et d’espion avaient fait de cet homme un fin psychologue, un observateur hors normes et un as de la déduction. Il n’avait pas pu s’empêcher de faire un parallèle avec un détective, héros de romans moldus que Lily lui avait faits découvrir autrefois. Imaginer Severus coiffé de la casquette à double visière dont le gratifiaient les illustrations d’époque, était carrément… il préféra chasser l’idée avant d’éclater de rire. Il n’était pas suicidaire !

—Dans les grandes lignes, c’est à peu près ça, en effet.

Snape se tassa un peu sur lui-même d’un air las, sous le regard surpris de son vis à vis. Jamais le Maître des Potions ne se laissait aller en public.
Jamais.
Quoi qu’il arrive, et aussi épuisé ou mal-en-point qu’il puisse être.

Contrairement à Sirius et à beaucoup d’autres, il ne pensait pas que l’homme jouait la comédie.
Il avait été l’unique témoin, une nuit, d’une scène dont il n’avait jamais parlé à personne, mais qui avait largement contribué à changer son regard sur l’ancien Mangemort.
L’été qui avait suivi le retour du mage noir, ils avaient, pendant quelques semaines, tous été confinés au square Grimmaurd. Severus, sur ordre de Dumbledore, était allé rejoindre son ancien maître, et certains ne se privaient pas de douter ouvertement de son allégeance à l’Ordre, maintenant que celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-nom était revenu.

Cette nuit-là, qui était une veille de pleine lune, et donc particulièrement pénible pour lui, il avait les nerfs à vif et ne parvenait pas à trouver le sommeil. Ses sens aiguisés mis en alerte par un bruit inhabituel, il était silencieusement descendu dans l’entrée, et l’avait surpris au retour d’une des premières convocations de Voldemort, lorsqu’il devait encore lutter pour le convaincre de sa sincérité, après être allé le retrouver deux heures plus tard que les autres. Il l’avait observé pendant quelques secondes, avant de faire connaitre sa présence. Titubant, une main étroitement pressée contre son flanc et s’appuyant de l’autre contre le mur, les traits déformés par un masque de pure souffrance. Lorsqu’il s’était manifesté, avec l’intention de lui porter secours, il s’était tant bien que mal recomposé un visage neutre, et lui avait alors sèchement ordonné de le laisser seul et de ne rien dire à quiconque, repoussant toute velléité de compassion d’un regard farouche. Tant que le Loup-garou avait été là, il s’était tenu stoïquement droit et raide, tentant de dissimuler ses blessures, mais ne pouvant empêcher le sang qui imprégnait ses vêtements de goutter sur le sol. Il luttait visiblement pour ne pas s’écrouler, et Lupin avait compris qu’il serait mort debout plutôt que de se laisser aller à montrer une quelconque faiblesse devant un tiers. S’il avait voulu attirer la sympathie, il aurait agi différemment. Et puis n’avait- il avait l’entière confiance de Dumbledore ?

Perdu dans ses souvenirs, il sursauta lorsque Severus reprit la parole.

—Je n’ai aucune raison de chercher à me justifier, mais c’était ton ami, alors…
C’est vrai qu’on se prenait souvent la tête, l’an dernier, plutôt bêtement et autant par la faute de l’un que de l’autre d’ailleurs, je ne le nie pas. Mais non, je n’ai pas sciemment poussé Black à faire ce qu’il a fait. Il n’a jamais eu besoin de personne pour agir stupidement et de manière irréfléchie, tu devrais le savoir, toi plus que tout autre…Ca a failli nous coûter assez cher à tous les deux en cinquième année… Et ça l’a d’ailleurs conduit à Azkaban il y a seize ans. »

—Je n’entrerai pas dans cette polémique. Sirius était… Sirius ! Et ce n’est pas parce qu’il était mon ami, que je n’étais pas conscient de ses défauts, et que j’approuvais tout ce qu’il faisait. Mais la question n’est pas là. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé l’an dernier, mais Harry est braqué à mort contre toi, et même si tu voulais lui parler, ce dont je doute, il ne t’écouterait pas.

—C’est un adolescent, projeté au centre d’un conflit qui le dépasse. Des gens meurent autour de lui, des innocents, des personnes qu’il aime, et il se sent coupable. Alors il a besoin d’un responsable, il a besoin de quelqu’un à haïr. Quelqu’un de moins inaccessible que le Seigneur des Ténèbres, quelqu’un de concret, au visage de qui il puisse cracher cette haine qui le dévore… Et qui mieux que moi, le Mangemort, le professeur détesté depuis toujours, l’ennemi intime de son père et de son parrain, pourrait remplir ce rôle dans son esprit ? Black est mort et je suis toujours en vie, pour lui, c’est la pire des injustices.

Il se garda bien d’ajouter qu’Harry, depuis qu’il avait surpris certains de ses secrets, avait d’autant plus besoin de le détester qu’il savait le garçon assez honnête pour reconnaître les torts de James, et qu’au fond de lui, il avait peur, s’il ne trouvait un exutoire, que celui-ci ne doive descendre du piédestal où il l’avait placé.

« Et se qui se prépare ne risque pas d’améliorer les choses… » Termina-t-il  pour lui-même d’un ton amer, et à voix si basse, que seule l’ouïe sur-développée du Loup-garou lui permit de l’entendre. S’il fut surpris par cette remarque, il n’en laissa rien paraître, et poursuivit comme s’il ne l’avait pas entendue.

—C’est aussi ce que je pense, et j’avoue que je n’ai pas réussi à lui faire entendre raison. Mais moi, moi j’aimerais comprendre. Qu’est-ce que c’est que cette histoire avec Malfoy ?

Snape soupira et se pinça l’arête du nez entre deux doigts en fermant brièvement les yeux, avant de les fixer sur lui, semblant peser le pour et le contre avant de répondre.

—Qu’est-ce qu’il t’a raconté ?

—Que le gamin avait un comportement suspect, qu’il pensait qu’il était devenu Mangemort, et que…

—Et que je lui avais proposé mon aide… qu’il a d’ailleurs refusée, en vue de l’aider à remplir une mission ? Je suppose que selon sa bonne habitude, il nous a suivis, lorsque j’ai raccompagné Draco dans le couloir, le soir de la fête de Slughorn, et surpris, ou plutôt espionné, notre conversation. Et que, toujours selon sa bonne habitude, il l’a évidemment interprétée de travers.

—Euh… c’est un assez bon résumé.

—D’accord ! Bon, je suppose que de toute façon, en tant que second de Dumbledore, il vaut mieux que tu sois au courant, même s’il n’a pas jugé bon de t’en parler. J’en prends la responsabilité. Mais pas un mot, ni à Potter, ni aux autres membres de l’Ordre, ils le sauront bien assez tôt, et pour une raison ou pour une autre, Albus a décidé d’essayer de sauver Draco à tout prix.

Remus lui jeta un regard à la dérobée. ‘’Peut-être parce qu’il se sent coupable de n’avoir pas pu en sauver un autre assez tôt, autrefois’’. Mais il se garda bien d’exprimer tout haut sa pensée.

« Pour faire court, Draco a bien pris la Marque l’été dernier, sous l’influence de Bellatrix, après l’arrestation de Lucius. Et oui, avant que tu le demandes, Dumbledore est au courant. Si nous n’avons rien dit, c’était pour laisser une chance au garçon. Tant qu’il n’était pas majeur, il n’y avait pas beaucoup de risques qu’on lui ordonne de commettre quelque chose d’irréparable, le Seigneur des ténèbres n’est pas stupide. Mais il s’est mis dans la tête, ou plutôt je soupçonne Bellatrix de lui avoir mis dans la tête, de faire rentrer sa famille en grâce, et je pense que dans son esprit, ça passe par faire ses preuves le plus tôt possible, même avant ses dix-sept ans… Même si je suis certain qu’il commence à regretter très sérieusement sa décision… Il y a… il y a des signes qui ne trompent pas, mais il est trop tard, il est coincé. Le Seigneur des Ténèbres a dû le menacer de tuer ses parents s’il avait le moindre doute sur sa loyauté, c’est sa manière de fonctionner. Du coup, poussé par sa tante, il a décidé de prendre les devants, quitte à prendre des initiatives idiotes !

Il hésita quelques secondes, le regard maintenant fixé sur les flammes qui dansaient dans la cheminée, avant de continuer.

« Entre sa sœur, qui s’est installée chez elle, et le Seigneur des Ténèbres, et avec son mari en prison, Narcissa est prise entre deux feux. Cet été, elle est venue me supplier de veiller sur son fils, de le protéger,  et elle m’a demandé de prêter un… un Serment Inviolable. Si elle était venue seule, j’aurais pu négocier, mais Bellatrix l’avait accompagnée. Elle me déteste, ce qui en soit n’est pas bien grave, et tout à fait partagé, mais surtout, elle se méfie de moi. Du coup, je ne pouvais pas refuser sans griller ma couverture. J’ai du céder… Et depuis j’essaye d’empêcher Draco de faire plus de conneries qu’il n’en a déjà faites, et de le sortir de ses sales draps, en tentant de limiter la casse au maximum… Voilà, tu sais tout. »

Lupin faillit en laisser échapper son verre.

—Un… Un Serment Inviolable ! Alors… Alors c’était vrai ! En bégaya-t-il, « je pensais qu’il avait mal compris. Mais qu’est-ce que tu as à vouloir protéger tout le monde ?  Oh ne me prends pas pour un imbécile, poursuivit-il devant le regard interloqué du Maître des Potions. « Tu t’imagines vraiment que je n’ai pas remarqué toutes les fois où tu as sauvé la mise d’Harry, sans en avoir l’air ? N’oublie pas que je suis moi aussi, un expert en Défense. Et maintenant Malfoy… je sais que tu l’aimes bien, et je peux comprendre que tu veuilles lui éviter de faire les mêmes erreurs que toi, mais un Serment Inviolable !!!Tu es soit l’homme le plus noble que je connaisse, soit le plus stupide ! Mais à quoi tu penses ? Tu n’en avais pas assez avec ton rôle d’agent double ? Tu veux te suicider ? A quoi tu joues, Severus ?

Le susnommé considéra un moment son vis-à-vis avec un certain étonnement devant sa virulence. ‘’Si tu savais !’’Il était intrigué, le Loup-garou avait l’air de se soucier réellement de lui. Il se prit un instant à rêver… Pouvoir se confier à quelqu’un, ne plus être obligé de porter tout seul ce fardeau écrasant que la paranoïa de Dumbledore lui imposait, respirer un peu, enfin ! Lupin était quelqu’un de loyal, il l’avait prouvé. De plus, des maraudeurs, c’était le seul qui ne lui ait jamais vraiment été hostile. Le seul qui ait jamais tenté de les retenir lorsqu’ils allaient trop loin. Le seul qui lui ait ouvertement offert un geste de compassion lorsque sa mère était morte. Et il avait, lui aussi, failli pâtir cruellement de la pire de leurs ‘plaisanteries’ idiotes…


Et puis surtout, il avait l’air sincère, et Lupin ne savait pas feindre, il était bien trop honnête pour ça, bien trop Gryffondor ! Il se demanda un instant comment il avait pu ne pas être démasqué par Greyback, mais peut-être ne les avait-il observés que de loin, n’avait-il approché que des subalternes. Il n’était après tout chargé que d’évaluer les effectifs de la meute…  Il réalisa que lui aussi, savait ce qu’étaient la solitude et le rejet. Quel mot avait-il employé ? Noble ?!!Bien sûr, ce n’était qu’une expression, mais quand même, il ne pouvait s’empêcher d’être… touché ! Décidément, il allait devoir faire attention s’il ne voulait pas se transformer en ‘’quelle horreur !’’Poussouffle dégoulinant de bons sentiments !


Il ne pouvait, il ne voulait pas se permettre de se laisser aller à éprouver des sentiments. Après Lily, il n’avait jamais plus connu de véritable amitié, jamais eu le genre d’ami sur lequel on peut se reposer en toute confiance. Lorsque les gens devenaient trop proches, il dressait inconsciemment une barrière entre eux, qui empêchait leur relation d’aller plus loin. Ca avait été le cas pour Poppy et Regulus, puis pour Phyllis et Minerva, et même Albus dans une certaine mesure, sauf que… Il ne voulait pas penser à Albus. Les autres n’avaient jamais vraiment compté, ils étaient, au mieux, des relations amicales. Accepter de laisser un ami entrer dans sa vie, c’était comme accepter… d’aimer, c’était s’exposer à être trahi, c’était s’exposer à souffrir. Et il ne voulait plus souffrir. Mais était-ce du à l’épuisement ? A cet étrange pincement dans la poitrine devant la haine brute de Potter ? Ce soir, la tentation était forte, et il dut faire appel à toute sa volonté pour y résister. C’est avec une amertume non dissimulée qu’il lui répondit.

—A quoi je joue ? Mais au même jeu que toi, Lupin, un jeu qui fait de toi un traitre pour un camp et un héros pour l’autre, ça s’appelle l’espionnage. Sauf que moi, et crois moi je ne considère pas ça comme un titre de gloire, je joue au niveau au-dessus : je suis un traitre dans les deux camps. Certains disent qu’en misant sur les deux tableaux je serai toujours du côté des vainqueurs, mais moi je sais que quoi qu’il arrive, je serai de celui des vaincus, parce que qui fait vraiment confiance à un agent double ? Black le répétait assez souvent, non ? ‘Mangemort un jour, Mangemort toujours’.

Il attrapa son verre et son regard sembla se perdre un instant dans les reflets mordorés de l’alcool.

« Mais quelle importance au final ? poursuivit-il. « Les chances de survie d’un espion sont plus que limitées, surtout en temps de guerre, et dans mon cas, il faut tout multiplier par deux. Je sais que mes chances de sortir du jeu vivant sont quasiment nulles, et les morts ne font partie d’aucun camp, les morts sont juste… morts. Il leva son verre, en signe qu’il ne repoussait pas totalement la main tendue « A la tienne ! Avant d’en boire une gorgée et de le reposer sur le guéridon, en se levant pour se diriger vers la sortie, sous le regard songeur du loup-garou.

Il était presque arrivé à la porte, lorsqu’il lança par-dessus son épaule, sans se retourner : « et bonne année ! »

TBC

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