Le jeu du Prince 10 – Le secret de Dumbledore

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, Albus Dumbledore, Remus Lupin, et les autres

Le secret de Dumbledore

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Mars approchait et l'humeur du Maître des potions était en parfaite harmonie avec le ciel perpétuellement grisâtre et le crachin glacé qui frappait les vitres avec une constance décourageante depuis des jours, transformant les alentours du château en bourbiers. Ses recherches n'avançaient pas, et se replonger dans ses grimoires l'épuisait. Vaincre l'addiction que provoquait la Magie noire lui avait naguère demandé des efforts considérables, et sa plus grande peur était de rechuter. Bien que l'accoutumance la plus profonde soit plus provoquée par la pratique des sortilèges noirs, qu'il n'utilisait que lorsqu'il ne pouvait pas les éviter sans se faire remarquer, que par la théorie, celle-ci n'était pas non plus inoffensive. Il en avait autrefois fait l'amère expérience. Merlin en soit loué, Voldemort avait assez d'exécutants des basses œuvres dociles et enthousiastes pour que ses propres activités soient la plupart du temps limitées à l'espionnage et aux potions. Il dosait avec minutie ses temps de lecture, épuisant ses forces à contraindre sa volonté à résister au désir irrépressible d'aller toujours plus loin. A résister à l'emprise que les Arts sombres finissaient par exercer immanquablement sur l'esprit de ceux qui les étudiaient, et qui, lorsqu'elle échappait au contrôle, finissait par détruire toute humanité en eux… Et pestant sur le retard que cela lui faisait prendre. D'autant qu'il avançait à l'aveuglette, Dumbledore refusant obstinément de lui parler de cette partie de son 'travail' avec Potter.

Il comprenait le point de vue du vieil homme, et il savait que le refus de ce dernier de lui donner plus d'éléments n'était pas dû à un manque de confiance en lui. Il était assez logique pour reconnaitre le bien-fondé de son raisonnement. Malgré ses dons exceptionnels d'Occlumens, il n'était pas à l'abri d'une séance de torture de trop, ou trop forte, qui finirait par avoir raison de ses boucliers mentaux. Aucun des serviteurs du Seigneur des ténèbres ne l'était, il suffisait que le Maître soit de mauvaise humeur pour que sa colère s'abatte sur celui qui avait la malchance d'être près de lui à ce moment-là. Les plus chanceux avaient droit à un Avada Kedavra. Rapide, propre et net, les autres… D'autant qu'avec le travail de sape de Bellatrix, il était de plus en plus exposé à être un de ceux-là.

Il reconnaissait donc que Dumbledore avait raison d'être prudent et de ne pas 'vouloir mettre tous ses œufs dans le même panier, surtout lorsque ce panier était aussi souvent suspendu au bras du mage noir', comme il disait. Mais il en était tout de même irrationnellement blessé, et depuis quelques temps, leurs échanges s'en ressentaient.

Parallèlement à ses recherches, il surveillait toujours Draco, malgré les précautions prises par le garçon. L'adolescent lui avait même, sans le savoir, singulièrement facilité la tâche. Il avait en effet fini par démissionner de l'équipe de Quidditch dans laquelle il ne faisait plus de toute façon que d'éphémères apparitions, et profitait du temps autrefois consacré aux entrainements pour continuer son travail sur l'armoire. En conséquence, ses disparitions étaient désormais relativement planifiées, et Severus s'était plus d'une fois dissimulé dans la Salle sur Demande avant son arrivée, pour pouvoir suivre au plus près l'avancée des opérations.

Depuis qu'il avait réussi à faire transiter la pomme, il semblait piétiner sur place. Il avait fait plusieurs essais avec des oiseaux ou des souris, qui s'étaient à chaque fois terminés par la mort de l'animal. Les larmes du jeune Mangemort lorsqu'il ramassait délicatement les petits corps inutilement sacrifiés, les caressait avant d'aller -il l'avait suivi- les enterrer en cachette dans le parc, alors qu'il aurait pu s'en débarrasser beaucoup plus discrètement, lui avaient confirmé qu'il n'avait décidément rien à faire dans l'entourage de Voldemort. S'il éprouvait des remords après la mort de ses cobayes, jamais il ne pourrait tuer un être vivant de ses mains et de sang-froid, et encore moins un être humain. Il ne donnait pas cher de sa vie à brève échéance, et, conséquence directe du Serment qu'il avait prêté, de la sienne.

La chance lui sourit enfin le jour où, se trouvant à court d'un ingrédient pour une préparation demandée par Madame Pomfresh pour l'infirmerie, il s'était rendu dans la réserve, dont l'une des portes donnait sur son laboratoire et l'autre sur la salle de potions, au moment même où un cours se terminait.

Si le professeur Slughorn avait finalement accepté de reprendre son poste d'enseignant, il n'avait rien voulu entendre de plus. Les activités annexes qu'avaient assurées le Maître des potions depuis seize ans ne faisaient pas partie de son contrat. Snape avait donc obtenu de conserver ses appartements, dans les cachots, qui étaient attenants à son laboratoire personnel. Il continuait à y préparer potions et baumes pour l'infirmerie de l'école, fonction pour laquelle il avait un accès illimité aux réserves d'ingrédients du château, qui jouxtaient également la classe de potions afin que le professeur ou les élèves puissent y accéder en cas de besoin, et qu'il continuait en outre à gérer. Sa réserve personnelle, qu'il utilisait pour ses contrats avec Ste Mangouste et le Ministère, étant gardée sous clé dans le laboratoire lui-même, et en outre protégée par de puissants sortilèges, depuis un certain vol d'ingrédients quelques années auparavant, en raison de la dangerosité de certains produits, qu'il n'aurait pas été bon de mettre entre n'importes quelles mains.

Slughorn s'était déclaré ravi de l'arrangement, qui le déchargeait d'un travail de gestion qu'il n'avait jamais aimé, et lui attribuait en outre un douillet appartement au niveau du rez-de-chaussée, beaucoup moins humide, et plus facile à chauffer, ce qui à son âge et compte tenu de son goût marqué pour le confort, constituait pour lui un avantage non négligeable.

Il vaquait à ses occupations, quand, par la porte restée entrebâillée sur la salle de potions, des bruits de conversation vinrent briser le silence qui suivait habituellement la sortie des élèves. Il n'y aurait peut-être pas prêté plus attention, s'il n'avait reconnu la voix de Potter. Potter ne restait jamais –jamais- en arrière pour demander quoi que ce soit à un professeur, bien trop pressé d'être toujours parmi les premiers à sortir de classe. Et ce n'était pas vrai seulement pour ses cours à lui, en attestaient les conversations en salle des professeurs. De l'avis général, Harry n'était pas un si mauvais élève, mais c'était très loin d'être un bourreau de travail. La question de l'adolescent le figea sur place.

—Que pouvez-vous me dire des Horcruxes ?

Sa main s'immobilisa à mi-chemin d'une étagère. Le mot avait heurté ses oreilles presque physiquement. Il sentit un frisson glacé lui parcourir la colonne vertébrale, et il se prit à espérer avoir mal entendu. La réponse tarda un peu à venir, comme si le professeur avait éprouvé le même choc que lui. Sous ses dehors bonasses, Horace Slughorn était un sorcier puissant et profondément érudit, et Snape n'aurait pas mis sa main au feu qu'il n'ait jamais touché, jadis, à la Magie Noire… Voldemort, s'il fallait en croire Dumbledore, n'avait-il pas cherché à le recruter malgré son âge et son apparente débilité physique?

—Qu'est-ce… qu'est-ce que vous avez dit ? Fit-il d'une voix étranglée.

Le professeur semblait avoir des difficultés à s'exprimer. Harry répéta sa question, et Severus dut s'appuyer sur une table, lorsqu'il entendit la réponse que son successeur donna d'une voix éteinte.

—C'est Dumbledore qui vous a chargé de me poser la question. Et il n'y avait aucune trace d'interrogation dans son ton. Il semblait bouleversé, terrifié. « Il vous a montré ce… ce souvenir. C'est bien ça, n'est-ce pas ? Poursuivit-il.

Severus était tétanisé, au point que la fin de la conversation lui échappa, il ne reprit contenance que lorsqu'il entendit Slughorn sortir littéralement de ses gonds, niant avoir une quelconque connaissance du sujet et mettant le garçon à porte. Il sortit discrètement dans le couloir, mais Potter était déjà hors de sa vue. Un souvenir… Il n'imaginait pas que son ancien professeur de potions ait pu, à un moment ou a un autre, avoir pratiqué ce genre de… chose, et ensuite refusé de s'allier avec le Seigneur des Ténèbres. Mais d'un autre côté, il avait livré un souvenir falsifié au directeur, un souvenir qui concernait une des pires abominations qui soient.

Se pourrait-il que… Oui, bien sûr, ce ne pouvait être que ça ! Slughorn avait tout à fait pu être son professeur à l'époque où il était élève à Poudlard… ce souvenir devait forcément concerner Tom Jedusor lorsqu'il était étudiant… Ce dernier avait fort bien pu poser des questions à son professeur, sous prétexte de documentation. Si c'était le cas, et s'il avait lui bien livré des informations capitales sur les Horcruxes, il était plausible qu'il en ait maintenant tellement honte, qu'il ait cherché à le cacher même à Albus.

Ainsi, Dumbledore pensait que Voldemort avait fabriqué un Horcruxe… Et il avait chargé un adolescent de… Une grimace de dégoût déforma un instant son habituel masque impassible. Comment le vieil homme avait-il pu ! Et il prétendait agir pour le bien du gamin ! Il savait vaguement ce qu'étaient les Horcruxes, mais c'était une partie tellement obscure de la Magie noire, qu'il n'avait jamais pu se résoudre à étudier le sujet de près. Même les plus sombres grimoires ne faisaient que l'aborder. Les Horcruxes touchaient à la Nécromancie la plus profonde, et si ses souvenirs étaient bons, avaient un rapport avec l'immortalité, mais à un prix que bien peu étaient prêts à payer.

Apparemment, Voldemort avait été prêt.

Tout bien réfléchi, cela expliquait bien des choses, et en particulier sa réapparition, deux ans auparavant, lorsqu'il avait enfin réussi à récupérer un corps bien à lui. Et Dumbledore le savait sûrement déjà, quinze ans plus tôt, lorsqu'il lui avait affirmé qu'il reviendrait un jour. Son esprit avait survécu, après avoir été vaincu par Harry, et il avait du végéter de longues années, seul, jusqu'à ce que Queudvert soit démasqué et soit le premier à le rejoindre, 'empruntant' leur corps à des êtres faibles et sans défenses, dont il pouvait aisément dominer l'esprit, avant de les rejeter lorsqu'il les avait vidés de toute substance, partageant même peut-être parfois celui de Nagini, ce qui pouvait expliquer son étonnante connexion avec le serpent. Mais si Dumbledore savait déjà tout ça, pourquoi voulait-il à tout prix ce souvenir en particulier ?

Et quelque chose remonta à sa mémoire… A la fin de sa première année, Potter avait parlé d'un visage, d'un visage comme greffé à l'arrière de la tête de Quirell, et d'une autre voix, qui n'était pas la sienne. Il n'avait pas totalement pris possession du jeune professeur, il avait besoin qu'une partie de lui soit encore présente pour tromper son 'public' et ne pas être démasqué, mais Quirell était mort avant qu'il puisse investir un autre corps, et Voldemort était pourtant revenu encore une fois. Et cela ne pouvait signifier qu'une chose…

Plusieurs Horcruxes ! Une nausée l'envahit et il dut de nouveau s'appuyer contre le mur du couloir. Un, c'était déjà difficile à imaginer, mais plusieurs Horcruxes ! Et dans ce cas… combien ? S'il avait vu juste, la réponse, ou du moins une indication, devait logiquement se trouver dans le souvenir de Slughorn. Et si Dumbledore voulait ce renseignement, ce ne pouvait être que pour une raison : il cherchait à les retrouver et à les détruire avant l'affrontement final, afin d'ôter toute possibilité de retour au Seigneur des Ténèbres.

L'image de la main noircie du directeur s'imposa soudain à son esprit. La bague, bien sûr ! La bague était un Horcruxe ! Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi Dumbledore l'avait passée à son doigt malgré son pouvoir maléfique, mais il se souvenait de l'épée posée sur la table. Ce qui signifiait que l'épée de Gryffondor avait le pouvoir de détruire ces abominations… D'autres choses avaient-elles aussi ce pouvoir ?

Maintenant qu'il avait une partie de la réponse, il se souvint du livre que Dumbledore lui avait montré l'année où la Chambre des Secrets avait été ouverte. Du journal maléfique de Tom Jedusor, qui avait failli tuer la jeune Weasley, et qu'Harry n'avait réussi à détruire qu'avec un crochet de basilic. Basilic… le venin de basilic, donc, mais aussi peut-être le sang… C'était avec l'épée de Gryffondor que Potter avait tué le basilic, elle avait été forgée par les Gobelins. Si le sang de l'animal pouvait renforcer son pouvoir, alors elle l'avait absorbé et c'est cela qui lui permettait de détruire les Horcruxes ! Il reprit le chemin de ses appartements d'un pas plus assuré. Maintenant, il savait enfin ce qu'il devait chercher.

Une chose, tout de même tracassait Severus. Pourquoi Dumbledore avait-il demandé à Potter de recueillir le souvenir de Slughorn ? Pourquoi ne s'en était-il pas chargé lui-même ? Il se fustigea sur le champ. Bien sûr qu'il s'en était chargé lui-même, le souvenir falsifié en témoignait. Mais Horace n'était pas bête et il devait savoir que ce qu'il lui avait livré ne résisterait pas à un visionnage attentif, il avait seulement gagné du temps, et maintenant, il serait sur ses gardes. Il connaissait les dons de Legilimens du directeur, et il était assez bon Occlumens pour éviter de se rendre vulnérable, quant au Veritaserum, il ne serait pas assez stupide pour ne pas y avoir pensé. Avec Harry, Dumbledore jouait sur la vanité du vieux sorcier, et sur la faiblesse qu'il avait toujours eue pour sa mère. Le vieux Serpentard ne partageait pas les préjugés de classe de sa Maison, Lily avait été son élève préférée, et sa mort l'avait bouleversé. Si une personne pouvait arriver à lui tirer, si l'on pouvait s'exprimer ainsi les vers du nez en jouant sur les sentiments, c'était en effet bien Harry.

S'il voulait avoir une chance de savoir, il devait arriver à mettre la main sur ce souvenir le premier. A partir du moment où il serait en possession d'Albus, il ne pourrait plus rien faire, mais le problème qui se posait à lui était le même que celui qui se posait au directeur. Slughorn, sous son apparence bon-enfant de papa-gâteau, était un sorcier puissant. Avec lui, il n'était pas question d'employer la Legilimencie, ou l'Imperium et encore moins un simple sortilège de Confusion. Le Veritaserum était également exclu. Même s'il pouvait à la limite le lui administrer, à supposer que Slughorn ne se méfie pas également de lui, , il ne pouvait pas prendre le risque de lui faire savoir que son prédécesseur s'y intéressait également à titre personnel, et la potion, si elle obligeait à dire la vérité, n'effaçait pas le souvenir de celui qui l'avait administrée. La pensée d'un Obliviate lui effleura l'esprit, mais il la repoussa aussitôt : couplé au Veritaserum, cela pouvait s'avérer dangereux pour celui à qui il était administré.

Il ne voyait qu'une seule solution. Le garçon. Il devait attendre qu'Harry ait récupéré le souvenir, et tenter de l'intercepter avant qu'il ne le livre à Dumbledore. Lui, n'avait pas les capacités pour lui résister, et le sort d'oubli l'empêcherait de tout révéler au directeur. Mais pour cela, il devrait le surveiller en permanence. Il soupira. Harry, Draco… il regrettait que le don d'ubiquité n'existe pas, comment allait-il pouvoir s'y prendre ? Encore un peu moins de repos en perspective… si cette fois-ci il n'y laissait pas sa peau, il pourrait presque se croire devenu immortel, et sans avoir besoin d'Horcruxes, lui ! Perdu dans ses pensées, il n'avait pas eu conscience de se déplacer, et pourtant il se rendit soudain compte que ses pas l'avaient amené devant le portrait qui protégeait ses appartements.

Il se laissa tomber sans aucune grâce dans son fauteuil habituel près de la cheminée et laissa son regard se perdre dans les flammes.

Les flammes.

Les flammes !

Il n'avait pas allumé le feu. Il n'avait jamais besoin d'allumer ou d'entretenir le feu dans les principales pièces d'habitation, ni de lancer de sorts d'entretien d'ailleurs. Les seules pièces où il le faisait étaient son bureau, et son laboratoire.

La solution était là, sous ses yeux. Ce n'était pas bien sûr une solution idéale, mais cela lui permettrait de souffler un peu. Lorsqu'il était arrivé à Poudlard, un Elfe de maison personnel lui avait été attribué, comme à tous les autres professeurs. Missy s'était montrée tellement choquée et malheureuse qu'il refuse ses services qu'il l'avait autorisée, à condition qu'elle se fasse oublier, à entretenir le salon, la chambre, la salle de bains et la cuisine, tout en lui ordonnant de ne jamais mettre les pieds ou le bout d'un plumeau dans son bureau ou son laboratoire. L'Elfe avait si bien obéi, s'était montrée si discrète, qu'il avait tout bonnement fini par effectivement l'oublier.

—Missy !

Appela-t-il à voix haute. Il était tellement peu habitué à faire appel aux Elfes de maison, qu'il se sentit quelque peu stupide, de parler ainsi tout seul. Mais dans la seconde qui suivit, la petite créature apparut devant lui dans un 'pop' caractéristique.

—Le maître à appelé Missy ! Missy est si heureuse que le maître se souvienne d'elle ! Elle en sautillait presque sur place d'excitation. « Missy pensait que maître Snape l'avait oubliée. Et soudain, elle cessa de s'agiter pour le regarder d'un air inquiet. « Missy a-t-elle fait quelque chose de mal ? »

En voyant que la petite créature commençait à tirer sur ses oreilles de chauve-souris, Severus s'empressa de la rassurer.

—Non Missy, tu n'as rien fait de mal. J'ai seulement un service à te demander.

—Missy fera tout ce que maître Snape désire, Missy est tellement heureuse qu'il se soit souvenu d'elle !

—Tout d'abord, tu vas arrêter de m'appeler maître, Missy, monsieur, ou professeur suffiront.

Ce terme était si étroitement lié à Voldemort, qu'il ne supportait pas de le voir employé pour s'adresser à lui. D'autre part, il était par nature opposé à toute forme d'esclavage et n'avait jamais vraiment approuvé le statut inférieur des Elfes de maison, même si eux, le revendiquaient.

—Bien monsieur, Missy fera tout ce que voudra le professeur, monsieur !

—C'est bien. Connais-tu Harry Potter ?

—Missy connait Harry Potter, monsieur, Missy est amie avec Dobby. Dobby parle souvent d'Harry Potter à Missy.

—Dobby, oui bien sûr… Aimerais-tu être libre, toi aussi, Missy ?

—Oh non ! Pitié, professeur, monsieur. Missy veut servir le professeur. Missy est une bonne Elfe. Monsieur ne donnera pas de vêtement à Missy n'est-ce pas? Missy n'a rien fait de mal.

Severus ne put s'empêcher de sourire devant l'air désespéré de l'Elfe qui se préparait à recommencer à se fustiger.

—Non Missy, tu n'as rien fait de mal, s'empressa-t-il de répéter, et désormais, je t'interdis de te faire du mal, c'est compris ?

—Missy comprend, professeur, monsieur, Missy va essayer.

—Très bien alors voilà ce que tu vas faire…

Après avoir demandé à l'Elfe de suivre discrètement Potter partout où il irait, sans rien en dire à personne, et de le prévenir immédiatement s'il cherchait à approcher Slughorn en dehors des cours de potions, il s'accorda encore cinq minutes avant de gagner son bureau, où l'attendait un tas impressionnant de parchemins à corriger. Plongeant machinalement sa plume directement dans l'encre rouge, il se prépara à affronter les inepties de ses cornichons de sixième année.

TBC

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