Le jeu du Prince 13 – L’âme du démon

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, Albus Dumbledore, Remus Lupin, et les autres

L'âme du démon

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La surveillance de Missy avait fini par porter ses fruits. Elle était tellement heureuse que Severus ait enfin daigné se souvenir de son existence, qu’elle avait mis tout son cœur à ne pas le décevoir. Depuis que le professeur le lui avait demandé, elle n’avait pas quitté Harry d’une semelle, ne s’accordant quelques minutes de repos que lorsqu’elle était certaine qu’il était endormi et ne bougerait plus pendant quelques heures, et encore avait-elle jeté des alarmes autour de son lit afin d’être prête dès qu’il posait un pied par terre. Elle était même allée jusqu’à déléguer provisoirement l’entretien des appartements de Snape à l’un de ses congénères afin de mieux se consacrer à sa mission.

Lorsque l’elfe l’avait averti de la rencontre de Potter et de Slughorn, et du rendez-vous qui en était résulté, à la cabane d’Hagrid, Severus avait aussitôt abandonné grimoires et parchemins, en priant pour que l’objet de ses recherches n’ait pas la mauvaise idée d’appeler ses troupes au même moment.

Plus le temps passait, et plus l’esprit de Voldemort devenait instable, et ce n’était pas le moment de négliger, ni même d’être simplement en retard à ses convocations. Celui qui arrivait un peu trop après les autres à son goût, était considéré comme « tiède » et finissait généralement par faire les frais de la colère du psychopathe, qui entendait désormais être obéi par ses troupes au doigt et à l’œil, dans l’instant et sans admettre aucune excuse, qu’elle soit personnelle ou professionnelle. Il n’était plus question pour lui de prétendre qu’une quelconque amitié le liait à ses adeptes, comme il avait pu le faire dans le passé. Il exigeait d’eux une soumission totale. Leurs vies lui appartenait, et plus d’un n’était jamais revenu d’une réunion où il suffisait de quelques minutes de retard, d’un regard, ou d’un mot, qui déplaisaient au Seigneur des Ténèbres pour déclencher ses foudres. Et bienheureux était alors celui qui avait la chance d’avoir droit à une fin rapide et indolore.

Seuls Draco Malfoy, qui était mineur et à qui il était impossible de quitter Poudlard en-dehors des vacances scolaires, et Severus durant ses heures de cours – mais les convocations survenaient rarement dans la journée – étaient dispensés de cette obligation. L’ambiance des réunions au manoir Jedusor était désormais pesante et silencieuse, et dans l’immense salle de réception où elles se tenaient, on pouvait presque sentir physiquement l’odeur de la peur flotter au-dessus des participants. Les Mangemorts n’étaient plus uniquement soumis à leur Maître par les meurtres commis lors de leur initiation, mais également par la terreur. Ce n’était plus seulement leurs vies qui étaient menacées. De cela, beaucoup se seraient accommodés, mais aussi celles de leurs familles, et Mangemorts ou pas, la plupart d’entre eux étaient prêts à tout pour protéger les leurs. Voldemort se repaissait de cette toute-puissance, et son esprit dérangé en testait et en repoussait sans cesse les limites.

Devant cette dégénérescence, dont il commençait maintenant à avoir un début d’explication, le combat personnel de Severus, qui,  au début, avait été uniquement lié à son serment envers la mémoire de Lily, s’était peu à peu transformé en une lutte convaincue, non pas uniquement pour  ‘Le plus grand bien’ cher à Dumbledore, mais contre le chaos dans lequel le monde entier, et pas seulement celui des sorciers, était menacé d’être précipité, sous la domination d’un tel monstre dévoré par une folie qui semblait ne pas avoir de bornes.

Dissimulé sous un sortilège de Désillusion, il avait discrètement suivi Harry et le professeur de potions, et assisté, de loin, aux funérailles d’Aragorg. Non sans grimacer au passage à l’opportunisme d’Horace, qui profitait du chagrin d’Hagrid pour se faire un beau petit paquet de Gallions en récupérant discrètement le venin de l’Acromentule morte. En bon Serpentard, il n’avait rien contre l’opportunisme, mais il réprouvait la malhonnêteté.

En s’éloignant de la fenêtre de la cabane du garde-chasse, par laquelle il avait assisté à toute la scène, Severus ne pouvait s’empêcher d’admirer, à son corps défendant, la tactique, toute serpentarde, qu’avait utilisée Harry pour soutirer à Slughorn les souvenirs que Dumbledore lui avait demandé de récupérer. Quelques dizaines de mètres plus loin, après l’avoir déverrouillée d’un rapide Alohomora, il se fondit dans l’ombre de la porte entrouverte de l’appentis jouxtant le potager, près duquel l’adolescent devait obligatoirement passer pour retourner au château. Il n’eut pas à attendre bien longtemps avant de le voir arriver, la satisfaction de sa réussite gravée sur le visage, après avoir abandonné à leur sommeil éthylique les deux professeurs, qu’il avait consciencieusement enivrés pour arriver à ses fins.

Harry marchait d’un pas rapide dans la nuit, à la fois pour se réchauffer et pour rejoindre au plus vite le château et le dortoir des Gryffondors. La froide lueur d’une lune presque à sa plénitude éclairait assez le chemin pour qu’il puisse se passer d’éclairage. Il sentait l’effet de la potion se dissiper, et l’euphorie et l’optimisme qu’elle lui avait apportés diminuer au fur et à mesure, mais peu lui importait, maintenant qu’il avait rempli sa mission. Il lui restait juste à espérer que la porte ne serait toujours pas verrouillée, mais il était assez confiant : Slughorn avait certainement dû s’assurer qu’elle resterait ouverte jusqu’à son retour, et pour le moment, le professeur de potions dormait à poings fermés du sommeil de l’ivrogne, la tête sur la table de la cuisine d’Hagrid. Il faillit éclater de rire. Le concert de ronflements qui se déroulait dans la cabane du garde-chasse avait quelque chose de grandiose, ceux du vieux professeur ne cédant en rien à ceux du demi-géant.

L’attaque le prit par surprise.

Au moment où, à la limite de sa conscience, il perçut la présence tapie dans l’obscurité, il était déjà trop tard. Avant qu’il ait eu l’occasion d’esquisser le moindre geste vers sa baguette, une poigne de fer se referma sur son poignet, et il se sentit happé vers un trou d’ombre qui s’avéra être la porte de la cabane à outils du potager. Il voulut crier mais se rendit compte qu’il était incapable d’émettre le moindre son. Il tenta de museler la terreur qui commençait à s’emparer de lui, et de garder la tête froide. « Silencio » se dit-il, son agresseur usait de magie, et de magie informulée, cela signifiait que ce n’était pas Rusard. Pas un professeur non plus, ni un Auror. Un professeur se serait contenté de le réprimander pour avoir été dehors après le couvre-feu avant de lui donner une sévère punition pour son imprudence, et un Auror l’aurait amené directement à Fol-Œil ou à Tonks, qui supervisaient la sécurité de Poudlard. La taille de son agresseur ne plaidait pas non plus pour un élève. Bien que certains de ses condisciples de sixièmes et septièmes années soient grands et musclés, la poigne et l’assurance étaient plus celles d’un adulte sûr de lui, que d’un adolescent. Il commençait à paniquer. Les Mangemorts auraient-ils réussi à investir le château ? Voldemort aurait-il ordonné son enlèvement ? Mais personne, à part Ron et Hermione ne savait qu’il serait dehors ce soir… Il essaya de se débattre, en vain. Il était muet et incapable du moindre mouvement, comme pétrifié, mais contrairement au Petrificus habituel, il pouvait rester debout. Même s’il avait vécu toute la scène comme au ralenti, tout cela n’avait pas duré plus de quelques secondes.

Snape avait agi dans le silence le plus total. Sachant que le directeur avait posé des alarmes sur toutes les entrées du bâtiment, passages secrets compris, il avait pris le parti d’intercepter Harry dans le parc, sur le chemin du retour. Même dans l’obscurité, il ne pouvait prendre aucun risque d’être reconnu. À l’intérieur de l’appentis, il faisait assez sombre pour qu’on ne distingue que des silhouettes, et avant de partir, il avait pris soin de laisser son immense toge de professeur, beaucoup trop liée à son personnage, dans ses appartements, afin de gommer au maximum tout ce qui aurait pu aider à l’identifier. Pour éviter toute gêne dans ses mouvements, il s’était également débarrassé de l’épaisse cape de laine qui le protégeait de la froideur de la nuit, avant d’agir. Le contact entre eux n’avait pas été assez étroit pour que l’adolescent ait pu remarquer le boutonnage de la redingote. Le peu qu’Harry avait éventuellement pu distinguer de son agresseur restait neutre, mais sa voix et sa diction étaient bien trop caractéristiques et reconnaissables pour qu’il se hasarde à prononcer un seul mot. Albus était un homme d’une intelligence exceptionnelle, en plus d’être un sorcier extrêmement puissant, s’il avait le moindre doute, il pourrait soutirer au garçon des renseignements que lui-même n’aurait même pas conscience de connaître.

Toujours silencieusement, il allongea l’adolescent sur sa cape, qu’il avait étendue sur le sol, et lui jeta un sort de sommeil, avant de se permettre un léger Lumos. Un Accio, et la fiole contenant le souvenir de Slughorn vint docilement se poser dans sa main. Il tira alors de sa poche un minuscule objet ressemblant à une coupelle miniature, auquel il rendit sa taille originelle après l’avoir posé sur un établi. Les filaments argentés luisaient doucement pendant qu’il versait le contenu du flacon dans la Pensine d’obsidienne, qu’il s’était procurée dès qu’il avait eu connaissance de l’existence du souvenir, et de l’importance qu’il pouvait avoir pour la suite des évènements, et peut-être sur l’issue même de la guerre, et le remuait du bout de sa baguette…

Un quart d’heure plus tard, un peu choqué par ce qu’il avait vu, il replaçait d’une main tremblante la fiole dans la poche du jeune homme et le faisait léviter jusque sur le chemin, après avoir vérifié que personne ne pouvait les surprendre. Après un Obliviate sur les dernières minutes et l’implantation dans l’esprit de Potter du souvenir d’un vertige suivi d’un faux-pas, il leva les sorts qui pesaient sur lui tout en se reculant dans l’ombre. L’opération entière, menée dans le silence le plus absolu, n’avait pas duré plus de vingt minutes.

Harry se releva avec une grimace et épousseta son pantalon. Il avait soudain été pris d’un léger étourdissement qui l’avait fait trébucher et tomber sur les genoux. C’était sûrement dû à la dissipation de l’effet du Felix Felicis se dit-il. Par chance, il ne s’était pas fait mal dans sa chute. D’une main glissée dans sa poche, il s’assura que la fiole qui contenait le souvenir de Slughorn était intacte, avant de reprendre son chemin. Il n’en revenait toujours pas d’avoir réussi. Cette fois, Dumbledore serait content de lui. Lorsqu’il arriva à la porte, il constata qu’ainsi qu’il l’avait supposé, elle n’était toujours pas verrouillée. Il se glissa à l’intérieur, repoussa le battant et s’y  adossa un instant avec un soupir de soulagement. Il resta un moment immobile, à l’écoute du moindre bruit qui aurait troublé le silence de la nuit, avant d’oser un Lumos. Il allait devoir être très prudent en regagnant son dortoir, afin de ne pas se faire surprendre à errer la nuit dans les couloirs. Quoiqu’à la réflexion, ce soir, cela n’aurait pas été bien grave, il pourrait toujours arguer que Dumbledore en personne lui avait demandé de le rejoindre, tant il était certain qu’aussi tardive que soit l’heure, avec ce qu’il lui apportait, le directeur serait enchanté de le recevoir.

TBC

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