Le jeu du Prince – 18 – Sectumsempra

Harry Potter Add comments

Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés. Personnages : S.Snape, Albus Dumbledore, Remus Lupin, et les autres

Sectumsempra

1 Heart2 Hearts3 Hearts4 Hearts5 Hearts (1 votes, average: 5, 00 out of 5)
Loading ... Loading ...

Missy s’était tellement bien acquittée de sa mission de surveillance d’Harry, qu’à la grande fierté de l'elfe, Severus lui avait aussi confié celle de Draco, ce qui lui permettait de s’accorder quelques petites plages de repos bien méritées, mais surtout de se consacrer à ce qui était désormais devenu sa priorité absolue, l'étude des Horcruxes.

Contrairement aux sorciers les elfes pouvaient transplaner à l’intérieur des limites du château. La petite créature était très intelligente, elle avait bien compris ce qui était important pour le professeur, et dès qu’elle voyait l’adolescent se diriger vers le septième étage, elle allait directement l’attendre dans la Salle sur Demande, où elle observait ses progrès sur l’armoire, pour aller ensuite en faire un compte-rendu complet au Maître des Potions.

Le jeune homme semblait stagner dans l’avancée de ses réparations, et Severus s’en réjouissait secrètement. La fin de l’année scolaire était proche et si Draco ne réussissait pas à faire entrer ses complices dans le château avant la sortie, il n’aurait peut-être finalement pas à accomplir ce que Dumbledore avait exigé de lui. Il doutait en effet que tout seul, le jeune Malfoy réussisse à accomplir la mission dans laquelle il avait déjà lamentablement échoué par deux fois. Et d’ici la rentrée, le vieil homme serait mort, de toute façon. La malédiction avait maintenant atteint un stade où plus rien ne pourrait bientôt plus le soulager, et il ferait alors en sorte de l’aider à partir sereinement et sans souffrance. Et surtout, sans coup d’éclat !

Il en venait à se ficher royalement de sa situation auprès de Voldemort, et même de la guerre qui se préparait à éclater au grand jour. Tout ce qui occupait son esprit, désormais, tout ce à quoi il voulait se consacrer, était la façon dont il pourrait débarrasser Potter du parasite qui vivait en lui, sans pour autant qu’il doive mourir pour cela. Bien entendu, il aurait alors la tâche supplémentaire d’empêcher le Seigneur des Ténèbres de tuer Draco pour avoir échoué, mais il était assez confiant dans ses talents de persuasion… d’autant plus que sa propre vie en dépendait également !

Il se doutait bien que Dumbledore avait transmis à Harry toutes les informations en sa possession pour retrouver les autres Horcruxes, mais c’était à lui qu’il avait confié, comme toujours, le sale boulot qui était de révéler au jeune homme, au moment opportun, qu’il devait se sacrifier pour ‘le plus grand bien’… Et c’était là que le bât blessait, là que résidait la plus grande faille de son plan, selon le Maître des potions : comme si Harry allait bien gentiment accepter de marcher volontairement vers sa mort, sur les conseils de Severus Snape ! Plus… D’un Snape qui, entre-temps, aurait tué son mentor et serait devenu le bras droit de Voldemort ! Plus il y réfléchissait, et plus il trouvait ce plan bancal, à moins que le vieux fou n’ait eu un autre atout dans sa manche, qu’il aurait caché aussi bien à lui qu’à son ‘Elu’. Et pour qui était tant soit peu familier de son esprit tordu, rien n’était impossible !

Les cours de la matinée venaient de se terminer dans le calme, avec une double classe de septième année Poussouffle-Serdaigle. Il ne comprendrait décidément jamais pourquoi Albus s’échinait depuis des années à mélanger systématiquement Serpentards et Gryffondors au lieu de les répartir avec les deux autres Maisons, dont la neutralité aurait assuré une certaine sérénité dans les cours.

Lui qui avait détesté enseigner les potions à des cornichons qui n’avaient jamais su apprécier la beauté de cet art, se découvrait des dons insoupçonnés de pédagogue dans sa nouvelle matière, accompagnés, à son immense étonnement, d’un certain plaisir de la transmission. Il était également vrai que la Défense contre les Forces du Mal passionnait nettement plus les élèves que les potions ! C’est donc avec une relative bonne humeur que le professeur de Défense s’apprêtait à sortir de la classe récemment désertée par ses élèves, pour se rendre dans la Grande Salle pour le déjeuner, lorsque le bruit caractéristique d’un Transplanage retentit tout près de lui.

Il fallut un moment à l’elfe affolée pour se calmer et pouvoir raconter le drame qui était en train de se jouer dans les toilettes désaffectées du sixième étage, où Harry Potter et Draco Malfoy étaient en train de se battre en duel. A en croire Missy, ça n’avait rien d’une simple querelle, comme en étaient coutumiers les deux adolescents. Les sorts qui pleuvaient étaient loin d’être anodins, et les dégâts matériels étaient déjà considérables. Un mauvais pressentiment l’envahit, et il sentit un frisson glacé courir le long de son échine. Severus envisagea le moyen le plus rapide pour se rendre sur place. Il posa une main sur l’épaule de l’elfe.

— Emmène-moi !

La douleur, fulgurante, le prit par surprise alors qu’ils se rematérialisaient dans le couloir désert du sixième étage. Il trébucha et se plia en deux sans pouvoir retenir un gémissement, en se demandant qui lui avait jeté un Doloris. Draco aurait-il finalement réussi à réparer l’armoire, et les Mangemorts avaient-ils réussi à pénétrer dans le château ? Mais il était officiellement un des leurs, pourquoi l’auraient-ils attaqué à lui ? Son allure était assez reconnaissable pour qu’on ne le confonde pas avec qui que ce soit d'autre ! Il réussit à se reprendre et regarda autour de lui. Le couloir était désert. Peut-être était-ce simplement le résultat du Transplanage d’escorte avec un elfe à l’intérieur de Poudlard, qui causait cet effet… après tout, directeur ou pas, les sorciers n’étaient pas censés pouvoir Transplaner à l’intérieur de l’enceinte du château sans que les défenses aient été abaissées. Au même instant, une voix féminine poussa soudain un hurlement assourdissant.

-AU MEURTRE ! MEURTRE DANS LES TOILETTES ! AU MEURTRE !

S’époumonait le fantôme de Mimi Geignarde. Il la fit taire d’un Silencio. Ce n’était pas la peine d’ameuter toute l’école, Aurors en tête, avant de savoir au juste de quoi il retournait.

Son malaise allait en s’amplifiant. Maintenant, il avait du mal à respirer, et une douleur aigue vrillait sa poitrine, comme si un étau comprimait ses poumons, de plus en plus fort. Il se précipita en titubant, et il ouvrit la porte des toilettes à la volée. La pièce avait été dévastée, des débris de faïence et de miroirs avaient giclé dans tous les sens, et un corps ensanglanté gisait sur le sol inondé d’eau. Un adolescent complètement affolé agenouillé auprès de lui bafouillait des mots sans suites. Malfoy et Potter !

Repoussant Harry sans ménagement, il s’agenouilla au-dessus du jeune homme blond. De profondes entailles béantes, qui semblaient avoir été causées par une lame de rasoir géante et par où le sang s’écoulait sans discontinuer, lacéraient sa poitrine, et son visage crispé par la douleur, déjà pâle naturellement, avait fini de perdre toute couleur. Les blessures étaient caractéristiques, il comprit immédiatement quel sort avait utilisé Harry. Il sortit sa baguette et la passa le long des blessures que le maléfice avait causées, en psalmodiant une incantation qui ressemblait à une mélodie.

« Vulnera Sanentur, Vulnera Sanentur… »

Jusqu’à ce que le flot de sang ne se tarisse enfin, et que les entailles se referment. Il essuya doucement le visage livide de Draco et le prit dans ses bras, avant de se relever en chancelant quelque peu. Il avait évité le pire, mais le garçon avait un besoin urgent de Dictame et de Régénération Sanguine. Harry n’avait pas bougé, il regardait fixement, horrifié par ce qu’il avait fait, à peine conscient que lui aussi était trempé et couvert de sang. Mimi Geignarde, qui avait retrouvé sa voix, sanglotait et gémissait au-dessus de leur tête.

—Je l’emmène à l’infirmerie, vous Potter, attendez-moi ici ! Le ton ne souffrait pas de discussion.

Il se sentait mieux, il avait senti ses forces revenir au fur et à mesure que les blessures de Draco se refermaient. Ils l’avaient tous les deux échappé belle ! Mais qu’était-il passé par la tête de cet abruti de Potter ? Sectumsempra était le sort le plus dangereux qu’il ait jamais inventé, celui qui se rapprochait le plus de la Magie Noire. Employé à mauvais escient, il pouvait tuer… il ne l’avait pas effacé du livre de potions afin de lui donner la possibilité de disposer d’une arme suffisamment puissante contre Voldemort et ses sbires, mais il n’aurait jamais imaginé que le gamin soit assez stupide pour l’utiliser sans même apparemment l’avoir expérimenté, s’il se fiait à sa réaction !

Draco avait failli mourir, et, si, jusqu'à ce moment précis, il ne savait pas au juste comment se manifesteraient, en cas d’échec à sa mission, les effets du Serment Inviolable qu’il avait passé avec Narcissa l’été précédent, il en avait maintenant une idée assez précise. C’était l’Enchaîneur qui liait la ‘punition’, en général un simple sort de mort, au serment, et il avait bien reconnu là la signature de Bellatrix. Son goût pour le Doloris et pour le tout nouveau Suffocatio, variante d’un très ancien supplice Moldu infligé jadis aux sorcières, qui visait à les étouffer lentement et douloureusement par écrasement progressif. Voldemort l'avait récemment adapté magiquement, et il était devenu, depuis, le dernier sort à la mode chez les Mangemorts qui voulaient plaire à leur Maître. Il ne doutait pas que si Draco avait succombé, sa propre mort aurait été, venant d’elle, la plus douloureuse possible.

Un quart d’heure plus tard, il était de retour. Potter, toujours aussi hébété, n’avait pas bougé. Il entra et referma la porte derrière lui, en ordonnant à Mimi de s’en aller. Une fois qu’elle eut disparu dans les canalisations, il se tourna vers Harry, se contentant de le regarder d’un air qu’il s’efforça de rendre le plus terrifiant possible, en laissant s’installer volontairement un silence pesant. Ce fut le gamin qui finit par le rompre, d’une voix hésitante.

—Je… je n’ai pas voulu ça. Je… je ne connaissais pas les effets de ce sortilège.

—Manifestement… Laissa-t-il tomber sur un ton méprisant. « Et bien entendu, vous utilisez tout naturellement un sort que vous ne connaissez pas sur l’un de vos camarades, au risque de le tuer… Poursuivit-t-il d’une voix dangereusement calme. « Apparemment, je vous ai sous-estimé, Potter, qui aurait pu soupçonner que vous aviez de telles connaissances en matière de Magie Noire ? Qui vous a enseigné ce maléfice ? »

—Personne. J-je l’ai lu dans un livre à… à la bibliothèque.

Bafouilla l’adolescent de plus en plus mal à l’aise. Severus planta son regard dans le sien. Même s’il n’avait pas connu la vérité, Il n’aurait pas été utile de faire appel à la Legilimencie pour savoir que Potter mentait, tant son visage était transparent. Mais il ne devait pas montrer qu’il savait ce qu’il en était réellement, au contraire, il fit en sorte que le jeune homme perçoive bien son intrusion dans son esprit.

—Vous mentez, Potter ! Vous mentez… encore et toujours ! Et de plus, vous mentez mal ! N’avez-vous pas encore compris, depuis toutes ces années, qu’il était inutile de s’essayer à ce petit jeu avec moi ? Apportez-moi tous vos livres de classe, j’ai bien dit tous… Immédiatement !

Dès qu’Harry eut tourné le dos, le professeur appela : « Missy ! » L’elfe se matérialisa dans la seconde. « Suis Potter, et rapporte-moi tout ce qu’il aura fait jusqu’à ce qu’il revienne ici. »

—Oui professeur, Missy va suivre Harry Potter. Et elle disparut dans un ‘pop’.

Evidemment, ainsi qu’il l’avait prévu, Harry avait – encore – essayé de le tromper. Le manuel de potions lui était bien trop indispensable pour qu’il accepte de s’en séparer aussi facilement, mais il en serait pour ses frais. Missy ne s’était pas contentée de le suivre, elle avait fait preuve d’un bel esprit d’initiative en récupérant le livre là où Potter avait tenté de le dissimuler et en le lui ramenant. L’adolescent devrait désormais se contenter de ses propres talents en potions pour finir l’année, ce qui augurait, pour Horace Slughorn, des séances épiques.

La punition qu’il lui avait concoctée pendant les dix heures de retenues qu’il lui avait infligées, si l’on exceptait le fait qu’il serait privé de Quidditch jusqu’à la sortie, n’était pas bien méchante en regard de ce qu’il avait fait, et surtout de ce qui aurait pu arriver s’il n’était pas intervenu à temps, mais elle aurait l’immense avantage de lui faire toucher du doigt les nombreux méfaits perpétrés par son père et ses amis en leur temps, qui n’étaient pas toujours très anodins, et leurs conséquences, tant sur leurs victimes, qu’en termes de punitions. Peut-être que l’auréole de Saint-James-Potter-le-parfait en sortirait un peu moins brillante, et qu’Harry s’apercevrait enfin que même si les morts sont parés de toutes les qualités dans le souvenir de leurs amis, ils peuvent aussi parfois avoir des ‘cadavres’ cachés au fond de leurs placards.

TBC

Print This Post




Comments are closed.

Designed by NattyWP Wordpress Themes.
Images by desEXign.