Vulnera – 4 – Temps incertain

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Personnages : S.Snape, Hermione Granger, et les autres…

Temps incertain

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Il n’avait plus eu d’autre alternative que de retourner à Poudlard. Il avait décliné l’offre de Hagrid de l’accompagner, lui demandant juste de ne pas ébruiter son retour jusqu’à nouvel ordre.

Le sentiment de malaise lié à l’impression que quelque chose ne cadrait pas, qu’il avait éprouvé lors de sa rencontre avec le garde-chasse, s’était accentué en traversant le parc impeccablement ordonné. Lorsqu’il avait franchi la poterne et qu’il s’était retrouvé dans la Grande Cour, la stupéfaction l’avait un instant cloué sur place. Comment avaient-ils pu réparer aussi vite et aussi complètement les dommages causés par la bataille ? Certes la magie pouvait beaucoup de choses, mais les dégâts qu’il avait pu voir avant que Voldemort ne l’appelle à la Cabane Hurlante étaient déjà considérables, et les réparer en un mois semblait un défi que lui le premier aurait considéré comme irréalisable.

Et puis, même si les changements étaient moins visibles sur Minerva que sur Hagrid, elle semblait elle aussi avoir été plus marquée qu’elle n’aurait dû l’être.

Il lui avait envoyé son Patronus pour s’annoncer, renonçant, après ce qu’il avait cru comprendre de l’accueil de Hagrid, à la rencontre en terrain neutre qu’il avait précédemment envisagée. Mais lorsqu’il était entré dans le bureau directorial, elle l’avait regardé avec l’air d’un Moldu qui aurait vu un revenant, avant d’éclater en sanglots en se précipitant sur lui. Même s’il se doutait bien que tout le monde avait dû le croire mort, venant de Minerva McGonagall, la réaction lui paraissait quelque peu excessive et décalée, surtout si l’on tenait compte de ce qui s’était passé l’année précédente, et des relations plus que conflictuelles qu’ils avaient alors entretenues ! Oui, décidément, quelque chose ne collait pas. Tout était étrangement familier et très différent à la fois… Il avait l’impression de se mouvoir dans une autre dimension.

L’explication ne tarda pas à lui sauter au visage, le laissant abasourdi, et à demi assommé par le choc de la nouvelle. Il n’avait pas changé de dimension, non… mais ce n’était pas moins déstabilisant pour autant !

S’il n’avait été assis dans le fauteuil  qui lui avait naguère été si familier, dans le bureau du directeur, ou plutôt, en l’occurrence, de la directrice, il en aurait titubé, au vu du vertige qui s’empara de lui (décidément, ça commençait à devenir une habitude depuis son réveil !). Il n’avait passé qu’un mois à Avalon, de cela il était certain, il entendait encore la voix dans sa tête, « Elle ne m’a accordé qu’une lune pour soigner vos blessures, même moi, je ne peux vous soustraire à cette loi. », et un nom lui traversa soudain l’esprit en même temps que la vision floue d’une silhouette féminine : Morgen !  Pendant que Minerva, Tempus à l’appui, lui annonçait que dix ans s’étaient écoulés dans leur monde !

Inquiète en voyant l’air hagard de l’homme qui ne s’était jamais, autant qu’elle pouvait s’en souvenir, autorisé à montrer une quelconque émotion en public, elle invoqua son Patronus à qui elle chuchota quelques mots, que dans son hébétude à la suite de cette révélation, il n’eut même pas l’idée d’essayer d’intercepter… Sa carrière dans l’espionnage était en train de prendre un sacré coup dans l’aile ! Peu de temps après, quelqu’un frappa à la porte, et sur l’invitation de la directrice, une jeune femme entra dans la pièce.

—Vous voulez me voir Min…

Sa bouche resta un instant entrouverte sur la fin de la phrase qu’elle n’acheva jamais. De son côté, Severus, qui avait fini par se reprendre, s’était levé et détaillait son ancienne élève avec curiosité. S’il était vrai que dix ans avaient passé, le temps n’avait eu que peu de prise sur elle, mais c’était aussi vrai qu’elle était encore très jeune, elle devait avoir, voyons… vingt-huit ans maintenant. Elle avait peu changé à vrai dire, et  la maturité lui allait bien. La jeune intellectuelle un peu ingrate ‘allons, Severus, pas si ingrate que ça, les deux dernières années’… s’était transformée en une ravissante jeune femme épanouie, mais parfaitement reconnaissable.

—Pr-pr-prof… !

—Vous étiez plus éloquente lorsque vous étiez élève, miss Granger ! Et oui, je vous confirme que c’est bien moi. Aux dernières nouvelles, il semblerait que je ne sois pas mort, finalement… Navré de vous décevoir !

Il s’attendait à tout, sauf au sourire émerveillé qui s’afficha spontanément sur le visage de la jeune femme, qui amorça un pas, les bras tendus vers lui, avant de se retenir in-extremis en voyant son expression choquée, et son mouvement de recul  instinctif. Mais qu’avaient-ils tous, aujourd’hui, à vouloir le prendre dans leurs bras… D’abord Hagrid qui avait failli l’étouffer, puis Minerva qu’il soupçonnait d’avoir laissé des traces d’humidité sur le devant de sa redingote, et maintenant Granger…. Granger, Merlin ! Il ne leur avait pas manqué à ce point, tout de même !

—Professeur Snape ! Si vous saviez comme je suis heureuse de vous… mais que s’est-il… comment avez-vous… Où étiez… les questions se bousculaient tellement sur ses lèvres, qu’elle en avait même perdu la faculté de les terminer.

—STOP Granger ! Je vois que je m’étais trop avancé en espérant que vous étiez devenue bègue ou mieux : muette ! Il sembla soudain réaliser quelque chose, et fronça les sourcils. « En fait… qu’êtes-vous devenue au juste ?  Pourquoi êtes-vous ici ? »

Minerva la prit de vitesse, avant que la jeune femme ait eu le temps d’ouvrir la bouche pour répondre.

—Miss Granger est Médicomage, elle remplacera Poppy, qui a décidé de prendre sa retraite, à compter de la prochaine rentrée. C’est elle qui assure la permanence à l’infirmerie aujourd’hui.

Il se retourna vers la directrice, la toisant de tout son haut, son air le moins engageant affiché sur le visage.

—Et qu’est-ce qui vous fait penser que j’ai besoin d’un Médicomage ?      

Minerva ne se laissa pas démonter pour autant, elle en avait vu d’autres, surtout venant de lui.

—Il y a un instant, vous n’étiez pas tout à fait aussi… fringant qu’à présent, si je ne m’abuse, Severus. Lorsque je vous ai annoncé en quelle année nous étions. Auriez-vous subitement perdu la mémoire ?

« Tu ne crois pas si bien dire ! »

—Mettez-vous à ma place Minerva, vous restez absent un mois, et lorsque vous revenez, on vous assène que dix ans ont passé ! Vous vous attendez à être mis au pilori, et on vous accueille comme si vous rapportiez le Graal dans votre poche… Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est un peu… déconcertant, mais pour autant, ça ne nécessite pas de soins médicaux. D’autant que personne ne pourrait, sur cette terre, mieux me soigner que je ne l’ai apparemment été.

Ce fut au tour d’Hermione d’être obligée de s’assoir.

—Un mois ? Mais comment…

—Je désespérais de voir un jour la miss-je-sais-tout de Poudlard ne pas avoir de réponse à une question… Finalement, je ne regrette pas d’avoir survécu, ne serait-ce que pour assister à ça !

—Allons Severus, ne recommencez pas à faire votre grincheux dès les premières minutes de votre retour. Gronda McGonagall pas impressionnée pour une Noise par le ton sarcastique de son ancien collègue. « Je pense que nous avons, aussi bien vous que nous, beaucoup de choses à nous raconter. Vous êtes sûr que vous ne voulez pas qu’Hermione vous… »

Le regard du Maître des potions aurait foudroyé sur place tout autre que Minerva McGonagall, qui se contenta d’un petit rire… auquel un autre fit écho. Trois têtes se retournèrent avec un bel ensemble vers le bureau directorial, derrière lequel  le portrait d’un très vieil homme vêtu d’une robe de sorcier pourpre brodée d’étoiles dorées, affichait un sourire ému.

—Je suis heureux de vous revoir en aussi bonne forme, mon garçon. En dépit de tout ce qu’on a pu me raconter, je me doutais bien que vous n’étiez pas mort, votre portrait n’étant jamais apparu dans le bureau, mais je me demandais ce que vous étiez devenu.

Le visage de Snape s’était subitement fermé, il avait blêmi, et une expression de tristesse mêlée de ressentiment passa sur ses traits. Lorsqu’il répondit, sa voix reflétait un mélange de colère et de résignation.

—Vous le voyez, je suis toujours en vie finalement, et ce n’est pas grâce à vous, Albus. Vos machinations ont bien failli me faire tuer cent fois, et Voldemort et son serpent y ont presque réussi au final…

—Je suis sincèrement désolé d’avoir du exiger de vous autant de sacrifices et de souffrances, Severus. Nous sommes tous conscients que nous n’aurions pas pu gagner cette guerre sans vous. Le monde magique vous doit sa liberté, et je suis sincèrement très heureux que vous ayez survécu. Je n’ai pas la prétention de penser que vous pourrez me pardonner tout ce que je vous ai obligé à endurer, mais je tiens à vous dire que je le regrette du fond de mon âme, et que je suis extrêmement fier de vous mon garçon… extrêmement ! Sa voix s’était légèrement enrouée sur les derniers mots.

Le regard du Maître des potions s’était dangereusement voilé pendant cette diatribe.

—Vous rendez-vous compte de ce que vous m’avez obligé à faire, vieux fou ? Fit-il d’une voix rauque. « Pensez-vous que j’ai un instant pu, que je pourrai un jour, me pardonner votre mort ? »

—Il n’y a rien à pardonner, ni de votre part, ni de la mienne, ni de qui que ce soit d’autre, d’ailleurs.

Son regard myosotis, devenu sévère, s’était posé sur Minerva, par-dessus ses lunettes en demi-lunes. Un lourd contentieux avait opposé ces deux-là après la guerre. Pendant longtemps, la nouvelle directrice en avait autant voulu à Albus pour l’avoir tenue éloignée de ses projets, qu’à Severus pour tout ce qu’il avait été obligé de faire pendant la dernière année de la guerre, à commencer par la mort de son mentor. Ce n’avait été qu’au bout de plusieurs mois, qu’elle avait réussi à appréhender toute l’affreuse réalité des faits, et l’enfer qu’avait dû vivre le Maître des Potions.

« Si vous ne m’aviez pas obéi, ce soir-là, je serais mort tout de même, vous le savez, nous le savons tous. Après mon imprudence avec la bague vous m’avez offert une année entière, alors que si vous n’aviez pas été là je n’en aurai guère eu que pour deux mois, trois au plus. Et après ma visite à la grotte avec Harry, je n’aurais pas survécu plus de quelques heures au poison que j’avais ingurgité. Même si les Mangemorts ne s’étaient pas introduits dans le château, ce soir-là, en ce qui me concernait, le résultat aurait été le même, avec cette différence que cela aurait été beaucoup plus long et douloureux pour moi. Alors cessez de vous torturer avec ça ! Je suis parfaitement heureux là où je suis.  Alors si pardon il doit y avoir un jour, c’est nous qui devrons implorer le vôtre, et non l’inverse. Ceci étant dit, pourrais-je suggérer que vous nous racontiez ce qui vous est arrivé pendant ce… hum… mois que vous avez passé loin de nous ? Vous êtes un esprit équilibré, Severus, je suppose que si vous parlez d’un mois, alors que dix ans ce sont écoulés ici, c’est que vous étiez dans un espace-temps différent. Ai-je tort ? »

Severus hésita un instant. Si Morgane avait tenté d’effacer sa mémoire, c’était sans nul doute afin qu’il ne révèle pas où il avait été amené. Mais d’un autre côté, à sa connaissance, personne ne lui avait rien fait promettre, et il savait qu’il pouvait faire confiance aux deux femmes et à l’image du vieillard qui le regardait depuis son cadre doré.

—Elle a tenté d’effacer mes souvenirs, mais d’un autre côté elle ne m’a fait prêter aucun serment, elle devait penser que son sort, où son philtre, je ne sais pas, serait suffisant pour me faire tout oublier définitivement …  Murmura-t-il comme pour lui-même.

—Elle ?                                                                                                                                 

Severus agita négligemment sa baguette, les isolant des autres portraits du bureau d’un sort informulé, inconscient du regard intrigué de Minerva et de celui, intéressé, d’Albus. Normalement, seul le directeur avait le pouvoir de faire cela.

—Si je vous révèle ce que vous me demandez, vous devez me jurer que cela ne sortira pas de cette pièce. Le secret de cet endroit ne m’appartient pas.

Tous trois acquiescèrent en silence. Minerva  posa une main sur son bras.

—Voulez-vous que nous prêtions…

Il tourna vivement la tête vers elle, l’air offensé, comme si elle l’avait giflé.

Non ! Réplica-t-il durement. « Non ! Jamais je n’exigerai de quiconque un serment inviolable !

Dans son cadre, Albus baissa les yeux d’un air gêné.

« Il semblerait que j’étais… à Avalon. » Reprit-il.

Les deux femmes étouffèrent des hoquets de stupéfaction, mais Dumbledore, dans son cadre, avait l’air beaucoup plus curieux que surpris.

—Semblerait, dites-vous ?

—Je… je ne peux pas… je ne me souviens pas vraiment… pour le moment c’est juste… des flashs, des sensations, mais je ne désespère pas arriver à retrouver très bientôt, au moins une grande partie de ma mémoire. Tout ce que je sais, ce dont je suis parvenu à me souvenir et dont je suis absolument certain, c’est que j’étais à Avalon et que je n’y suis resté que la durée d’une lune…

—Mais comment pouvez-vous être certain que ce souvenir soit bien réel, et non quelque chose qu’on aurait implanté dans votre esprit pour vous… égarer. Intervint Hermione.

—J’ai la prétention de savoir reconnaître un faux souvenir, miss Granger, ma survie a été dépendante de ma faculté à maîtriser la magie de l’esprit pendant assez longtemps !  Mais la meilleure preuve est que je suis toujours vivant malgré la morsure de Nagini. Avalon est l’un des secrets les mieux préservés du monde Magique. Comment j’ai pu y arriver reste un mystère, mais elle est certainement le seul endroit où une telle chose pouvait être rendue possible.

—La Dame d’Avalon était bien en effet la seule qui pouvait vous sauver, si j’en crois le récit que m’ont fait, à l’époque, les jeunes gens des circonstances de votre ‘mort’… confirma Dumbledore. « Le seul fait d’avoir gagné la bienveillance de Morgane devrait vous persuader que vous avez agi ainsi qu’il le fallait. Malgré sa réputation parfois un peu… sulfureuse, elle a toujours agi pour la Lumière et conformément aux désirs de la Déesse. Je vous envie, Severus, bien peu nombreux sont ceux, depuis la mort d’Arthur, qui ont eu le privilège de traverser les Brumes, et d’en revenir. Vous avez bénéficié d’un grand honneur, et vous l’avez amplement mérité. »

 

TBC

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