Le veilleur dans l’ombre – 29 – Annexe 3 – Nympharora Tonks

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Disclaimer : L’univers et les personnages d’Harry Potter ne m’appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Personnages : S.Snape, Albus Dumbledore, Remus Lupin, et les autres

Annexe 2 : Nymphadora Tonks

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Finalement, elle n’avait pas été plus étonnée que ça par la révélation du rôle de Snape… A vrai dire, malgré les évidences, même après qu’Harry ait affirmé l’avoir vu tuer Dumbledore, quelque chose la titillait, elle avait toujours pensé qu’il y avait autre chose derrière les apparences. Etait-ce l’instinct de l’Auror ? La réserve avec laquelle Remus parlait de lui lorsqu’ils étaient seuls, alors qu’il le vilipendait un peu trop ostensiblement, presqu’artificiellement, en public ? Et surtout Albus Dumbledore, le plus grand mage de leur époque avait-il pu se tromper à ce point ?

Oh bien sûr, elle n’avait jamais été celle qui avait eu le plus de rapports avec lui, que ce soit en tant qu’élève ou en tant que membre de l’Ordre. Mais contrairement à d’autres, elle s’en souvenait comme d’un professeur qui n’avait jamais été véritablement dur avec elle, malgré sa maladresse chronique. Elle faisait alors son maximum en potions, même si le maximum en question ne volait pas bien haut, et même si ses notes n’avaient jamais atteint des sommets (elle reconnaissait volontiers elle-même qu’elle ne méritait pas plus), elles restaient correctes, et il ne lui avait jamais asséné aucune de ses réflexions humiliantes qu’il réservait aux pires de ses ‘cornichons’. Mieux, avec le recul, elle s’était rendue compte qu’il l’avait discrètement encouragée, afin qu’elle puisse obtenir le niveau minimum requis pour pouvoir entamer sa formation d’Auror.

Peut-être son indulgence provenait-elle aussi du fait Qu’à chaque fois où ils avaient été en contact, au sein de l’Ordre, il l’avait traitée avec respect, reconnaissant ses mérites en tant qu’Auror, sans y glisser les préjugés trop fréquents concernant son sexe, dans une profession encore traditionnellement réservée aux hommes, dans l’esprit du grand public.

Le jour de la rentrée, deux ans plus tôt, lorsqu’ils avaient uni leurs efforts pour chercher Harry, qui ne s’était pas présenté à Poudlard alors qu’il avait été présent dans le train, il ne s’était pas, comme certains (de moins en moins, elle y veillait), même parmi ses collègues, étaient encore parfois tentés de le faire, comporté en mâle protecteur. Il ne l’avait pas traité comme une petite chose fragile, n’avait pas insisté pour se charger du dangereux secteur, surtout de nuit, de la Forêt Interdite… Pendant cette année-là, où elle avait ensuite été affectée à la garde interne du château, lorsqu’il lui arrivait de le croiser dans les couloirs, à défaut d’être chaleureux, il se montrait invariablement courtois, comme avec tout le personnel d’ailleurs. Et elle se demandait parfois pourquoi la plupart des élèves le détestaient avec autant d’acharnement.

Aurait-elle pu s’apercevoir de quelque chose, alors ? Il faisait partie de l’Ordre, il était depuis des années l’espion de Dumbledore dont il avait la confiance absolue, auprès du Seigneur des Ténèbres, il leur avait toujours rapporté des informations fiables grâce auxquelles ils avaient pu sauver des dizaines de vies et remporter de nombreuses victoires… Non, elle n’avait aucune raison de le surveiller. Mais elle doutait que même si elle l’avait fait, elle aurait pu voir les choses venir. Il était un Occlumens exceptionnel, c’était son atout principal dans sa mission d’espionnage auprès de Voldemort, il n’aurait jamais laissé paraître quoi que ce soit.

En le côtoyant en tant qu’adulte, elle avait également découvert une facette de son ancien professeur qu’elle n’aurait jamais soupçonnée. Au fil des discussions, il laissait parfois échapper de subtiles touches d’un humour sarcastique et pince-sans-rire qui l’avaient d’abord stupéfiée venant de lui, mais que ses collègues semblaient trouver tout à fait normal et habituel. Avait-il toujours été ainsi ? Certaines des réflexions dont il accablait ses étudiants les plus cancres n’étaient-elles pas tout simplement la même chose ?

Un soir, au début de son affectation, elle l’avait, avec sa maladresse coutumière, heurté de plein fouet au détour d’un couloir, alors qu’elle se pressait pour rejoindre Lupin après son service. Elle y avait mis tant d’ardeur qu’ils avaient failli s’étaler tous les deux, s’il ne l’avait pas retenu de justesse. Elle se préparait déjà à subir les foudres de la Chauve-Souris des cachots pour avoir –presque- couru dans les couloirs, et c’est avec un étonnement sans bornes qu’en levant la tête vers lui, elle avait cru surprendre une lueur amusée au fond de ses prunelles, si fugitive qu’elle avait pensé l’avoir imaginée.

—Pro-professeur Snape ! Je-je suis… désolée ! Je-je ne vous avais pas vu…

Ses lèvres avaient-elles été animées d’une ébauche de frémissement, immédiatement réprimée ?

—C’est bien ce que je présumais, miss Tonks ! Je n’oserais jamais espérer que vous vous soyez sciemment jetée dans mes bras…

—Je-je…

—Je connaissais votre maladresse, je ne vous savais pas bègue. Reprenez-vous, je ne vais pas vous mordre… je me suis déjà nourri cette nuit, et mes canines ont repris leur taille normale !

Là, elle ne pouvait pas se tromper, il avait réellement eu l’air amusé. Elle avait esquissé un léger sourire en retour. La légende d’un Snape vampire avait déjà commencé à courir à son époque…

—Je vous renouvelle mes excuses professeur. Elle avait fait un pas en arrière, un peu gênée par la promiscuité de l’homme. « Je vous souhaite une bonne soirée. » A sa grande surprise, il était resté planté au milieu du couloir, sans avoir l’air particulièrement pressé de se débarrasser de sa présence. Elle sentait son regard perplexe peser sur elle, comme s’il avait voulu l’évaluer.

—Je ne suis plus votre professeur, miss Tonks, vous pouvez m’appeler Severus. Avait-il repris au bout de quelques instants, faisant monter sa stupeur d’un cran.

—Oh ! Je… Eh bien… je suppose que… je ne suis plus votre élève… Severus, vous pouvez m’appeler…

Il avait levé un sourcil ironique.

—Nym-pha-do-ra ? L’avait-il coupée, en étirant au maximum, comme lui seul en avait le secret, chaque syllabe de son prénom, qu’elle détestait.

Elle avait grimacé mais était restée à court de ces réparties acides qui lui venaient habituellement en pareille circonstance. Snape n’avait pas grand-chose d’attirant pour la gent féminine, cela venait d’ailleurs plus, songeait-elle maintenant en le regardant, de son attitude et de son comportement que de son physique proprement dit. Non qu’il fut beau, il ne fallait pas exagérer non plus, avec son grand nez crochu et ses cheveux à l’aspect perpétuellement graisseux, mais plus d’une élève (elle n’avait jamais reçu de confidences de la partie féminine du corps professoral) avaient un jour fantasmé sur sa voix… profonde, grave, dangereusement caressante, dont il jouait avec virtuosité, tout en semblant étrangement en ignorer la sensualité… et le prénom honni ne lui semblait plus tout à fait aussi laid prononcé avec cette voix-là ! Tout juste si elle n’aurait pas aimé qu’il le répète encore une fois…

—Laissez-juste tomber le ‘miss’, ce sera parfait, avait-elle marmonné machinalement en rougissant jusqu’aux oreilles. Merde ! Heureusement que les couloirs étaient mal éclairés !

Pourquoi lui avait-il révélé, à elle, cet aspect de sa personnalité ? En avait-il même eu conscience ? Mais Severus Snape ne laissait jamais rien au hasard, il gardait le contrôle en toute circonstance. Remus lui avait parfois parlé du Maître des potions, il l’avait connu lorsqu’ils étaient eux-mêmes étudiants. Elle savait qu’il y avait un passif entre eux, qui les empêchait d’être vraiment proches, mais leurs rapports étaient cordiaux, et Lupin était fasciné par la personnalité complexe de son ancien condisciple, qu’il avait même qualifié un jour d’énigme vivante.

Elle reporta son regard sur le corps de Severus. Lorsque Remus avait mentionné le cadeau que leur avait fait le Maître des potions, après leur mariage, elle s’était blottie encore plus contre lui, tentant de ravaler avec un succès mitigé, les sanglots qu’elle sentait monter dans sa gorge. Elle connaissait la plus grande terreur de son mari, et elle savait que ce que l’homme qui était maintenant allongé là avait fait ce jour-là était une des plus grandes preuves de compréhension, d’amitié, et le plus beau des cadeaux qu’il pouvait lui offrir. Une bouffée de gratitude l’envahit et elle regretta de ne pas avoir eu l’occasion d’apprendre à le connaitre un peu mieux. Grâce à lui, le petit être qui grandissait en elle ne courrait aucun danger, et l’homme qu’elle aimait serait enfin apaisé, délivré de cette hantise qui le rongeait. Et Remus pourrait, de plus, continuer à mener une vie presque normale. Comment pourrait-elle jamais exprimer sa reconnaissance envers lui ?

Remus continuait à parler, à raconter cette dernière année, d’une voie atone et les joues ruisselantes, et au fur et à mesure du récit, un homme que personne ne connaissait vraiment apparaissait, débarrassé de sa gangue de froideur protectrice, profondément humain et vulnérable. Qui aurait encore pu lui reprocher quoi que ce soit après ce qu’il avait accompli. Après le calvaire qu’il avait vécu pendant ces derniers mois ? Dissimulée dans un coin d’ombre Minerva McGonagall était comme tétanisée et n’auraient-ce été les larmes qui coulaient sur son visage, on aurait pu la croire victime d’un Petrificus totalus. Elle s’anima soudain, pourtant, au moment où Hagrid s’agenouilla pour le prendre dans ses bras. Elle s’approcha et posa sa main sur son visage, caressant sa joue du même geste qu’une mère aurait pu avoir pour son enfant.

—Je n’ose implorer votre pardon, Severus, je n’ai pas su voir au-delà des apparences, et je ne mérite aucune absolution. Je ne me pardonnerai jamais la façon dont je vous ai traité tout au long de cette année. J’aurais dû comprendre… je connaissais assez Albus pour pouvoir comprendre ! Je connaissais vos talents et pourtant j’ai cru vous avoir vaincu dans la grande salle, je n’ai même pas réalisé que vous nous aviez volontairement débarrassés des Carrow avant de partir… Je me suis laissée aveugler par ma douleur et mon ressentiment, et je me suis laissée envahir par la haine. Vous étiez le plus noble, le meilleur d’entre nous, et je vous jure de me battre jusqu’au bout pour que le monde sache qui vous étiez vraiment. 

—Je l’ai traité de lâche, murmura Harry, « alors qu’il venait d’accomplir la chose la plus difficile que Dumbledore l’ait jamais obligé à faire, je comprends la rage qu’il a pu ressentir ce soir-là, et pourtant il n’a répondu à aucun des impardonnables que je tentais de lui envoyer, il s’est contenté de me désarmer. Il a passé les sept dernières années à me protéger, il a donné sa vie pour la mienne, je vous y aiderai, professeur. De toutes mes forces. Non seulement son nom sera lavé, mais je me battrai jusqu’au bout, pour qu’il obtienne les honneurs et la reconnaissance qui lui sont dus.»

« Son nom sera lavé… » Alors que Tonks aidait Lupin à se relever, une idée commençait à faire son chemin dans son esprit. Aucun héros de guerre, et son mari en était incontestablement un, ne nommerait son fils d’après un traître… C’était une jolie manière d’exprimer sa reconnaissance, et finalement, aucun prénom n’était vraiment laid, ou ridicule, n’est-ce pas ? Il le lui avait lui-même prouvé… Ca dépendait surtout de la manière de le prononcer, et ni elle ni Remus n’auraient jamais de mal à prononcer celui-là avec tendresse…

TBC

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