Aveuglement

House md Add comments

(Cette série de reviews en forme de  fictions, par ailleurs indépendantes les unes des autres, est supposée se dérouler après la fin des épisodes (à partir du 5X7). Le soir, après que les personnages aient quitté l’hôpital.)

Titre : Un peu plus tard -3- Aveuglement
Auteur : Lilou
Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée « House md »
Spoilers : après 5X10 : « Let them eat cake »
Genre : Romance House/Cuddy, friendship House/Wilson
Classification : G
Résumé : “Wilson restait bouche bée, ne sachant plus très bien comment réagir…”

Publiée le 03-12-08

***

Wilson laissa échapper un profond soupir et se prépara mentalement à l’affrontement. Il préférait mettre ses idées au clair avant de descendre de sa voiture. Il n’avait pas lui-même la répartie facile, et l’esprit vif et les réflexions incisives et sans appel de son ami le prenaient toujours au dépourvu.

S’agissant d’un sujet aussi sensible et personnel que celui qu’il comptait aborder ce soir c’était encore pire. House ne se livrait jamais facilement. Il allait falloir préparer le terrain.

Un peu plus tôt dans la soirée, il avait du affronter le désespoir que Cuddy s’efforçait (très mal) de dissimuler. Elle avait été tellement heureuse en découvrant son nouveau bureau, et la délicatesse dont House, contre toute attente, avait su faire preuve! Et alors qu’elle se dirigeait vers le sien pour le remercier, elle avait surpris cette fille avec lui, arrangeant tendrement (c’est ce qu’elle en tout cas, avait ressenti) son col de chemise. Elle n’en avait pas attendu plus et s’était enfuie en courant. Wilson l’avait vue passer devant son bureau, l’air hagard et l’avait suivie. Il l’avait trouvée en train de sangloter sur le meuble qui l’avait tant émue un peu plus tôt. Sans y croire trop lui-même, il avait tenté sans succès de la réconforter, lui racontant le tour que House avait joué à Kutner et Taub. Mais depuis des années que House faisait appel à des call-girls, pourquoi se serait-il privé de terminer la soirée avec celle-ci?

Pour la première fois, elle avait admis devant lui ses sentiments pour House, et lui avait même avoué les avances qu’elles lui avait faites l’après-midi. La réaction de House l’avait désorientée. Ses gestes, son regard, tout son corps démentaient ses paroles ironiques, et elle avait beau le connaitre par cœur, elle n’arrivait plus à le comprendre. Wilson devait avouer qu’il n’était pas plus avancé. Il n’arrivait plus, lui non plus, à cerner son ami. Son comportement avait toujours été imprévisible, mais là, ça dépassait tout ce qu’il avait connu avant. Et maintenant, c’était Cuddy qui réagissait comme une adolescente immature!

Pourtant tout aurait dû être si simple. Ces deux là voulaient exactement la même chose. Mais ils étaient trop têtus l’un et l’autre pour en convenir tout simplement, préférant souffrir en silence chacun de son côté plutôt que de l’admettre le premier.

Tout avait commencé après l’échec de la tentative d’adoption de Cuddy. A la suite de l’élan incontrôlable qui l’avait poussé à l’embrasser, House avait réalisé qu’il ne se contentait pas de la désirer, et c’était si nouveau pour lui qu’il en avait été complètement déstabilisé. Il n’avait jamais été prolixe sur ses sentiments où sa vie privée, mais maintenant, même lui, Wilson n’arrivait plus à lui arracher un mot en dehors du travail.

Toc, toc… Des coups frappés à sa vitre le tiraient de sa réflexion, le faisant sursauter. House se tenait à côté de la voiture.

- “Ça fait plus d’une demi-heure, que tu es là, tu comptes passer la nuit dans ta voiture devant ma porte?”

- “D-désolé”. Ça y était, il s’était encore fait avoir. – “J’attendais que tu sois seul.”

- “Ah bon, parce qu’il y a quelqu’un chez moi? Je n’ai pourtant pas remarqué d’effraction en arrivant, et que je sache, tu es le seul à avoir la clé!”

Wilson s’emmêlait de plus en plus les pinceaux :

- “C’est à dire… La fille de cet après-midi… Je pensais…”

- “Tu penses trop, ça te perdra! Bien, et maintenant si ça ne t’ennuie pas je préfèrerais continuer cette agréable conversation à l’intérieur, il fait un peu frisquet ce soir.”

- “Whisky? Tu es frigorifié, on n’a pas idée de jouer au détective quand on n’est pas doué!”

- “Il-il y a longtemps que tu m’as repéré?”

House le regarda d’un air amusé:

- “Depuis que tu es arrivé. Je voulais savoir combien de temps tu tiendrais. Mais au bout d’un moment j’ai eu pitié… Et si tu avais attrapé la crève, je me serais senti obligé de te remplacer pour tes consultations!”

- “Pitié… c’est cela oui, ça m’étonnait aussi!”

- “Dis aussi que tu me crois incapable de tout sentiment humain?”

- “Justement… Non!”

- “Ah, nous y voilà! Le bon samaritain qui cherche à ramener le sale con sur le droit chemin!”

- “Pourquoi est-ce que tu fais ça? Vous êtes adultes, parfaitement consentants tous les deux. Je n’arrive pas à te comprendre. Tu, tu agis comme si tu avais peur de quelque chose.

- “C’est ma patronne!”

- “Mauvaise excuse. Ça ne t’as jamais empêché de faire les pires conneries, et c’était souvent beaucoup plus grave que ça.”

House détourna ta tête, semblant abandonner la partie. Il s’assit péniblement sur le canapé, avala un comprimé de Vicodin et resta immobile, penché en avant, les coudes sur les genoux et la tête basse. Pendant un moment, le silence s’installa entre les deux hommes. L’atmosphère de la pièce était maintenant emplie d’une tension presque palpable.

- “Je ne peux pas!”

- “Tu… ne peux… pas?”

- “Pas physiquement bien sûr. Mais je ne peux pas. Pas comme ça. Pas comme les autres… Pas elle!”
Il avait prononcé ces deux derniers mots d’une voix assourdie, presque inaudible.

- “House, t-tu veux dire… Tu es…”

- “Un con! Oui. Un sale con qui lui a rendu la vie impossible pendant des années. Comment pourrait-elle encore…”

Wilson restait bouche bée, ne sachant plus très bien comment réagir… House venait ni plus ni moins de lui avouer qu’il était amoureux. Amoureux au point de ne plus savoir quoi faire. Lui, tellement maître de lui en toutes circonstances. Habituellement si clairvoyant. En face de Cuddy, il ne savait plus comment se comporter. Il n’était même plus capable de voir ce que tout le monde voyait : qu’elle était aussi follement amoureuse que lui.

Il fallait absolument résoudre ce problème au plus vite. Si ces deux là continuaient à se comporter aussi irrationnellement, l’hôpital entier ne tarderait pas à en pâtir. Il avala une gorgée de whisky. Il ne restait plus qu’à trouver une bonne idée!

FIN

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