Parce que c’est lui – 2

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Titre : « Parce que c’est lui » – Chapitre 2
Auteur : Lilou
Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée “House md”
Spoilers : Saison 5 Finale
Genre : Frienship House/Wilson/Cuddy
Classification : G
Résumé : «Wilson, vous devez tout me dire!»

***

Chapitre 2 : Le côté obscur


Le lendemain, bureau de Lisa Cuddy.

- Wilson, vous devez tout me dire!

- Je ne peux pas.

- Je suis son médecin traitant, c’est médicalement justifié!

- C’est moralement injustifié.

Vous ne comprenez pas… Il me fait confiance! Trop de personnes l’ont déjà trahi (il n’osa pas ajouter « y compris moi »).

Pour lui, plus que pour moi, je ne peux pas. Je n’en ai pas le droit.

Ce serait… comme un coup de poignard dans le dos, où… le baiser de Judas, si vous préférez…

Il souffre assez comme ça…

Il n’a plus rien, vous comprenez…

Pendant un moment, il a cru, il a pensé, espéré que…

Mais son esprit aussi l’a trahi!

Je ne peux pas, je ne veux pas lui faire ça… J- je l’ai déjà trop souvent abandonné…

Elle avait laissé s’installer le silence. Elle ne l’avait jamais vu bouleversé à ce point depuis la mort d’Amber. Elle avait compris qu’il fallait le laisser parler, déverser tout le trop plein accumulé depuis ces derniers mois.

L’orage qui s’était abattu sur eux avait tout dévasté sur son passage. Une tempête s’était levée qui avait mis les âmes et les cœurs à nu…. Il avait changé… House avait changé… Ils avaient tous changé !

- Il n’est pas… Il n’est pas réellement celui qu’il veut bien montrer.

Il y a des choses… Ca remonte à loin, très loin… Avant l’infarctus… Avant Stacy… Avant la médecine…

Ce… ce côté obscur, cette… fragilité à déjà failli avoir raison de lui…. plusieurs fois.

Alors ne m’obligez pas à trahir le peu de confiance qu’il peut encore avoir en quelqu’un.

Je lui ai déjà fait trop de mal…

Encore il n’y a pas si longtemps, lorsque je l’ai rendu responsable de la mort d’Amber, alors que personne au monde n’aurait accepté de faire tout ce qu’il a fait pour elle… pour moi…

Il a… vous comprenez… il a désespérément besoin… de reconnaissance… d’amitié… d’… de quelque chose qui puisse donner un sens à sa vie, à quoi il puisse se raccrocher… besoin de savoir que lui aussi compte un peu sur cette terre… qu’il n’est pas un raté, un inutile…

Il a de profondes fissures en lui, Il a été trop…

- Trop ?

- Rien ! J’en ai déjà beaucoup trop dit.

Je suis désolé, Cuddy, Je voudrais sincèrement vous aider à comprendre, mais je ne peux pas. S’il ne vous a rien dit, ce n’est pas à moi de le faire.

Tout ce que je peux vous dire c’est…

- Oui ?

- Qu’il… Que vous tenez une place très importante dans sa vie.

Il… il n’était pas dans son état normal l’autre jour ! Je m’en veux, j’aurais dû me douter de quelque chose, le retenir. Mais il était tellement convainquant… Tellement convaincu lui-même de… Que c’est même moi qui l’ai encouragé à vous pousser à bout… Vous voyez, je suis aussi fautif que lui, plus même. Moi, j’étais parfaitement lucide.

Vous devez lui pardonner. Il a été maladroit, comme à chaque fois qu’il essaye d’exprimer…

Il ne voulait pas vous blesser, mais il ne comprenait pas votre réaction. Il croyait… Il voulait…

Wilson s’enlisait de plus en plus et son bégaiement s’aggravait à chaque seconde.

Posant une main apaisante sur son épaule, elle le força à s’asseoir sur le canapé du bureau, prenant place à côté de lui.

L’entretien prenait un cours inattendu. Elle commençait à entrevoir des choses qu’elle n’aurait pu imaginer seulement quelques jours auparavant… Quoi que, en y réfléchissant bien…

Mais elle réfléchirait plus tard. Pour le moment, elle entendait bien profiter sans vergogne de l’état d’agitation de son ami pour lui soutirer un maximum de renseignements.

Tête baissée, le front posé dans une main, il ressemblait à un gamin malheureux. Et lorsqu’il leva les yeux vers elle, son regard était un peu trop brillant.

- Vous êtes amis depuis très longtemps n’est ce pas ?

- Plus de quinze ans…

Il n’était pas vraiment comme ça au début… Oh! Bien sûr, il a toujours eu un caractère de cochon… Renfermé, sarcastique, il voulait déjà être le meilleur, mais il n’avait pas cette amertume en lui qui lui fait rejeter les autres et l’éloigne de la société. Il avait encore foi dans la vie…

Maintenant, je réalise qu’il a été plus qu’un ami pour moi. Il été tout ce dont j’avais besoin au moment où j’en avais besoin… Un ami, un frère, un père…

Il a toujours été là pour m’épauler, me soutenir, m’aider, sans jamais en avoir l’air.

Je ne m’en étais jamais rendu compte avant… Mais il a cette capacité de donner sans qu’on le remarque, en vous laissant même l’impression que c’est vous qui lui avez fait une faveur.

Il apporte à chacun exactement ce dont il a besoin, sans jamais rien attendre en retour… Il nous a aidés, à tous ! A moi, à vous, à ses employés… A nous révéler, à nous construire… Mais à sa manière, et tant pis s’il passe pour un sale con arrogant !

Mais qui a essayé ne serait-ce qu’une fois de vraiment regarder sous la surface ? Personne… Même pas moi jusqu’à aujourd’hui.

Il ne sait pas, il n’arrive pas… à s’ouvrir, à se livrer. Ca l’obligerait à révéler trop de choses de sa vraie nature. De toutes les cicatrices qu’il garde au fond de lui. Cela le rendrait trop vulnérable.

Il s’est construit une carapace pour s’isoler des aspérités du monde.

C’était sa manière à lui de réagir, de lutter, de se protéger des blessures de la vie… De sa vie.

Mais elle a fini par s’effriter. Il y a eu trop de choses accumulées pendant ces dix dernières années.

L’infarctus et le handicap, la trahison de Stacy, les miennes, la solitude, les opiacés, l’agression, l’échec du traitement à la Kétamine, l’arrestation… La mort d’Amber… celle de son père, le suicide de Kutner…

La plupart des gens auraient craqué beaucoup plus tôt.

Il a essayé de résister à toutes ses épreuves comme il avait résisté à son p…

Il s’était tu brusquement, ayant conscience d’en avoir peut-être trop révélé. Comme elle ne réagissait pas, il continua.

Mais petit à petit, tout ça le minait de l’intérieur, et il n’a pas pu surmonter la dernière…

- La dernière épreuve ?

(Elle se rapprochait du but, elle allait devoir manœuvrer avec prudence)

Les hallucinations ?… Il y a autre chose ?…

Il faut tout me dire James. Il ne le saura jamais, je vous le jure…

Il avait eu le temps de se reprendre.

- Non ! Si vous voulez le savoir, il vous faudra le découvrir par vous-même…

Enlevez vos œillères, Cuddy… Même si je suis mal placé pour vous dire ça, avec tout le temps que ça m’a pris à moi-même !

De toutes façons, je ne suis pas sûr que ça pourrait l’aider. Peut-être que oui, peut-être pas… Vous savez, parfois, c’est en voulant faire le bien qu’on arrive au résultat inverse… L’enfer est pavé de bonnes intentions…

Mais ces jours-ci, j’ai réalisé quelque chose, voyez-vous, sa confiance et son amitié sont plus précieuses que tout pour moi, et je ne ferai rien qui pourrait y porter atteinte !

Vous pouvez appeler ça de l’amour si vous voulez, et ça en est peut-être, dans un certain sens, mais je donnerais tout au monde pour qu’il redevienne le sale con au cœur fragile que j’ai toujours connu… Et pour qu’il puisse enfin trouver un semblant de bonheur dans l’enfer de sa vie.

La souffrance physique n’est rien pour lui à côté de ce qu’il endure en ce moment.

Si vous aviez pu voir son regard avant que la porte ne se referme… C’était celui d’un enfant qu’on s’apprête à enfermer dans le noir avec toutes ses peurs et ses angoisses.

Il est perdu, il souffre à en mourir… Et j’ai bien peur qu’il n’ait plus très envie de continuer à vivre…

- Il a toujours été un battant !

- Oui, mais cette fois, quelque chose s’est brisé, et j’ai peur, Lisa ! Peur de ce qu’il pourrait faire si le traitement ne marche pas !

Vous savez, tout ça, je ne l’ai compris que la nuit dernière. Dans son appartement. C’était…. C’était comme si j’avais réussi à capter quelque chose dans l’atmosphère.

Pendant toutes ces années, j’avais glané des petits morceaux de ce qu’il voulait bien lâcher de son histoire. Comme de petites pièces de puzzle… Et puis je me suis mis à penser à Amber…

Et soudain, les pièces se sont assemblées.

Toutes ces années défilaient dans ma tête sans que je puisse rien contrôler, et j’ai enfin réussi à entrevoir la nature profonde de cet homme. Ce qu’il n’a jamais voulu montrer à personne…

Ce qu’il était prêt à accepter de partager avec la seule personne qui avait réussi à ébranler le mur… Mais ça aussi ce n’était qu’une hallucination. Le réveil a été trop rude, et il a perdu pied.

Elle avait brusquement tourné la tête pour qu’il ne puisse pas voir ses yeux qui se remplissaient de larmes de culpabilité. La seule personne… Elle?

- Il m’a dit… Qu’il m’avait demandé de l’aide…

- Son inconscient appelait au secours, mais son corps refusait de l’exprimer.

- Il m’a dit… Que je l’avais aidé…

- Il le désirait si fort que son esprit a construit une autre réalité…

- Oh mon Dieu ! Et je l’ai repoussé, rabaissé dès ce que l’ai vu ce matin là ! il ne devait plus rien comprendre…

- Il était perdu, vous réagissiez à l’inverse de ce qu’il pensait que vous auriez dû faire. Son côté rationnel voulait absolument comprendre. A partir de là, il n’a fait qu’essayer d’attirer votre attention, de vous faire réagir…

Mais il ne faut pas vous en vouloir. Vous ne pouviez pas savoir… Et il ne savait pas non plus distinguer le réel de ce qui ne l’était pas.

- Il y a autre chose, n’est ce pas ? Il ne serait pas allé aussi loin s’il avait pensé que je n’avais fait que l’aider ?

- Oui, c’est vrai, il y a autre chose, mais je ne vous en dirai pas plus. Je vous ai déjà dit que ce n’est pas à moi de le faire…

- Qu’est ce que je peux faire pour l’aider ?

- Je ne sais pas. Je ne suis même pas sur qu’il accepterait de vous voir ou même de vous parler… Ni à vous ni à personne d’autre, d’ailleurs… Peut-être même pas à moi.

Je suis en contact permanent avec un des directeurs de l’hôpital. Je vous tiendrai au courant de l’évolution de son état.

Mais j’ai bien peur que pour le moment il n’y ait pas autre chose à faire qu’attendre.

- Il doit bien y avoir un moyen ! Il ne peut pas se laisser couler comme ça… Pas lui !

- Il ne fera pas ça… En tout cas pas tout de suite… Pas sans avoir tout essayé. Après tout c’est lui qui a demandé le traitement. Il faut garder espoir, Lisa.

Ne vous sentez pas coupable…

(Il avait remarqué l’expression de la jeune femme)

Nous le sommes tous. Nous n’avons rien vu venir, comme pour Kutner… Il y a tellement longtemps qu’il est passé maître dans l’art de la dissimulation qu’il avait une longueur d’avance.

Maintenant il faut travailler, tous ensemble, tous ceux qui tiennent à lui, et je sais que sans en avoir l’air ils sont très nombreux, pour maintenir son service à flot. Vous savez comme moi que c’est une de ses… sa raison de vivre, de s’accrocher…

Et pour le reste… Je veux croire qu’il va encore une fois réussir à remonter à la surface.

Oui, il voulait y croire, il voulait désespérément y croire. Lisa lui tournait le dos, semblant regarder fixement par la fenêtre.

Après un moment, il s’approcha d’elle, pressa doucement son épaule dans sa main, et sortit de la pièce.

TBC

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