Parce que c’est lui – 3

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Titre : « Parce que c’est lui » – Chapitre 3
Auteur : Lilou
Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée “House md”
Spoilers : Saison 5 Finale
Genre : Frienship House/Wilson/Cuddy
Classification : G
Résumé : «
Mais ça n’avait pas été une provocation?»

***

Chapitre 3 : Et si…

Elle avait soudainement froid. Elle croisa les bras, resserrant sa blouse autour d’elle.

Elle avait été bouleversée par tout ce que Wilson lui avait révélé de son ami. Elle ouvrait enfin les yeux sur une autre réalité, et certaines réactions excessives de House remontaient maintenant à sa mémoire. Elle avait alors cru qu’il était froid et sans cœur, alors qu’il n’était que révolté par l’injustice qui faisait qu’il était impuissant à guérir certains de ses patients.

Elle se souvenait de la jeune fille violée, qui ne voulait parler qu’à lui. De la petite cancéreuse qui l’avait serré si fort dans ses bras en partant, comme pour réchauffer son âme solitaire. Du jeune garçon autiste avec qui il avait si bien su établir la communication. De l’enfant qu’il s’était acharné à sauver le soir de la soirée de charité, alors qu’elle-même n’avait même pas daigné se lever de la table de poker. Et de tant d’autres encore, qui eux aussi, avaient compris ce qui se cachait derrière sa façade, et repartaient, au grand étonnement de chacun, en ne jurant plus que par lui, malgré la dureté apparente dont il avait parfois fait preuve à leur égard.

Comment avait-elle, comment avaient-ils tous pu être aussi aveugles?

Depuis des années, il consacrait toute sa vie, toute son énergie, à résoudre les cas les plus difficiles, négligeant souvent sa propre santé, risquant même parfois sa vie, il lui arrivait de passer des jours et des nuit entiers sans sortir de l’hôpital. Exigeant, à leur grand dam, la même chose de ses employés, les forçant dans leurs retranchements jusqu’à ce qu’ils trouvent enfin le bon diagnostic… Mais grâce a lui, ils figuraient maintenant parmi les meilleurs médecins de l’hôpital.

Et son acharnement à vouloir trouver LA solution à tout prix, qui les obligeait parfois à lui retirer de force des patients, pour lesquels rien n’était plus possible. Elle mettait, ils mettaient tous ça sur le compte d’un égo démesuré, le faisant se prendre pour Dieu en personne. Lui-même plaisantait souvent sur ce sujet (rechignant d’ailleurs, au nom de sa valeur à faire ses consultations au dispensaire : il n’avait tout de même pas que des qualités!).

Elle comprenait maintenant qu’il ne faisait ça que pour donner le change. Non qu’il ne soit pas conscient de sa propre valeur, mais il ne supportait pas de voir des vies fauchées sans raison apparente et il exorcisait sa douleur en affichant une fausse indifférence orgueilleuse.

Quelque chose lui échappait.

Qu’avait dit Wilson déjà? « Enlevez vos œillères »… Qu’est ce qu’elle avait loupé?

Elle repassait sans cesse dans sa tête la dernière journée de House à l’hôpital. Il était arrivé de bonne humeur, détendu, souriant. Elle avait cru à une provocation après sa sortie de la veille et l’avait d’entrée, fermement remis à sa place. Il l’avait poursuivie toute la journée, essayant de lui arracher une réaction à quelque chose qu’elle ne pouvait pas comprendre. Elle avait pris un malin plaisir à le pousser à bout… Et il avait fini par dépasser les limites.

Et lorsque, hors d’elle, elle avait enfin explosé, il s’était contenté de sourire. Il avait dit quelque chose… Il l’avait encore narguée… narguée?

Mais qu’est ce qu’il avait dit au juste? Elle n’arrivait pas à s’en souvenir.

Elle était tellement en colère après qu’il ait annoncé à tout l’hôpital qu’il avait… couché avec elle! Cou-ché-avec-elle!!! Elle ne l’aurait jamais cru capable d’une telle énormité, même lui! Mais il l’avait fait, il avait osé faire ça!

Son inconscient lui soufflait que la solution était là, à portée de la main… Qu’est ce qu’il avait bien pu lui dire?

Cette nuit là, elle avait eu plus de mal encore que les derniers jours à trouver le repos. Elle s’était enfin décidée à prendre un somnifère, et avait fini par sombrer dans un sommeil pesant et agité.

Elle se redressa soudain sur son lit, les yeux grands ouverts, parfaitement réveillée :

- Vous croyez qu’on devrait habiter ensemble?

La voix de House résonnait encore dans ses oreilles.

Elle se souvenait d’avoir éclaté d’un rire hystérique, avant de lui asséner « vous êtes viré » et de tourner les talons. Sur le moment, elle n’avait même pas vraiment réalisé ce qu’il avait dit, elle avait juste retenu la provocation de trop.

Mais si ça n’avait pas été une provocation? Si… S’il avait été sincère à ce moment-là? Alors ça voudrait dire…

Qu’il croyait vraiment qu’ils avaient couché ensemble! Et là, tout s’expliquait. Son incompréhension… Son désir de comprendre pourquoi elle faisait comme s’il ne s’était rien passé. Ses provocations pour amener une réaction de sa part.

Et s’il était sincère… Alors ça voudrait aussi dire… Qu’il avait vraiment envie de vivre avec elle? Parce qu’après tout, même s’il croyait avoir couché avec elle, il aurait aussi bien pu se ficher, ou même être content qu’elle fasse comme si de rien n’avait été… Comme lorsqu’il l’avait embrassée, quelques mois plus tôt.

A moins… Qu’il ne se soucie vraiment d’elle… A moins qu’il n’éprouve réellement quelque chose pour elle!

Une bouffée de chaleur monta soudain à son visage. Elle avait l’impression que l’air se raréfiait autour d’elle. Un étau enserrait sa poitrine. Sa respiration se faisait saccadée.

Et soudain quelque chose se brisa et elle put enfin libérer les sanglots qui l’oppressaient. Le visage enfoui dans ses oreillers elle laissait libre cours à toute la peine qui déchirait son cœur.

A l’autre bout de la ville, Wilson s’endormait sur le lit de House.

Quelque part du côté de Philadelphie, dans une chambre capitonnée, un gémissement s’élevait dans la nuit.

FIN

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