Peine de vie-6

House md Add comments

Titre : “Peine de vie” – Chapitre 6
Auteur : Lilou
Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée “House md”
Genre : Friendship House/Wilson
Classification : PG
Avertissement : Allusion à la drogue
Résumé : “
J’ai beau te connaitre, ton cynisme m’épatera toujours!

Publiée le 15-02-09 

***

CHAPITRE 6

Evolution

Wilson et House se tenaient debout, côte à côte dans le couloir. Sur la porte vitrée en face d’eux, une inscription toute neuve s’étalait en lettres blanches : “Dr Grégory House md”. Le tout nouveau service de diagnostics s’apprêtait étrenner ses locaux tout neufs. Au cours de cette dernière année, le PPTH avait acquis, grâce à son diagnosticien, une notoriété qu’il n’avait encore jamais atteinte. En conséquence, le conseil d’administration avait non seulement accepté de créer un département de diagnostics à part entière, mais avait en outre aussi approuvé l’embauche d’un assistant pour House, qui rechignait toujours autant à rencontrer ses patients, ne perdant jamais une occasion de déléguer cette partie de son travail aux internes affectés aux autres services, voire à Wilson, dont il partageait le bureau, lorsqu’il n’avait personne d’autre sous la main. Le service comportait un nombre restreint de chambres, les cas simultanés n’étant jamais nombreux, du coup, House avait pu obtenir non seulement un bureau, mais une petite pièce attenante, dans laquelle trônait maintenant son tableau blanc, rapatrié depuis le bureau voisin de Wilson. Les locaux du service de diagnostics ayant en effet été “grappillés” sur ceux du service d’oncologie.

- Sympa le design… Pas très conventionnel, mais sympa!

Ils se tenaient maintenant au milieu du bureau. Plans de travail en verre, simples blocs d’étagères blanches et une immense lampe japonaise torsadée. Aucun diplôme sur les murs nus. Hors l’ordinateur, les livres, quelques pots pharmaceutiques anciens et un gros pilon de bronze, pas grand chose n’évoquait le cadre professionnel d’un médecin ultra diplômé. Une chaine Hi-Fi, des balles anti-stress de différentes grosseurs et un fauteuil de relaxation complétaient le décor dépouillé et somme toute très zen de la pièce. House avait vécu au Japon dans sa jeunesse, peut-être ceci expliquait-il cela.

Sur la table en verre de la “salle des différentiels” comme il l’avait baptisée, était posée une pile de dossiers assez impressionnante.

- Les candidatures? Qui aurait cru qu’avec ton caractère tant de monde voudrait travailler pour toi?

- Qu’est ce que tu veux, la rançon de la gloire!

- Toujours aussi modeste! Tu vas en avoir pour des jours à trier tout ça!

- Pfff… Un ou l’autre… Tout ce dont j’ai besoin, c’est d’un magnétophone humain pour me rapporter ce que racontent les patients, et qui m’expose des idées que je puisse réfuter!

- J’ai beau te connaitre, ton cynisme m’épatera toujours!

La sonnerie du téléphone l’avait tiré de sa torpeur. Il avait bien failli s’endormir sur le confortable fauteuil qu’on lui avait livré le matin même. Il appréciait d’avoir son bureau personnel, de ne pas avoir à déménager dans une salle d’attente dès que Wilson recevait un patient, généralement larmoyant.

- Dr House? Rowan Chase. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi…

- Le congrès de Melbourne, en 95.

- Quelle mémoire!

- Congrès particulièrement chiant, cuite particulièrement mémorable… Que me vaut le plaisir?

- Eh bien, heu… J’ai été informé que vous cherchiez un assistant…

- Mazette! Les nouvelles traversent les océans à la vitesse de la lumière! Ne me dites pas que le poste vous intéresse!… Je ne pense pas qu’un rhumatologue de votre renommée…

- Non… En fait… Mon fils travaille chez vous, aux soins intensifs. J’ai su par hasard qu’il avait postulé pour le poste et…

- … Vous voudriez que je mette son dossier sur le haut de la pile…

- Je sais que vous n’avez jamais été très à cheval sur les conventions et… depuis que j’ai quitté sa mère, je n’ai jamais fait grand chose pour lui… Alors…

- Vous savez, ça n’a rien d’un poste de prestige.

- Mais c’est apparemment ce qu’il veut faire. Je vous demande seulement…

- … De ne pas lui dire que vous m’avez appelé. OK. De toutes façons, j’allais tirer un dossier au sort, alors…

- Merci.

- Ne me remerciez pas. Vous ne savez pas ce qui l’attend.

- Je crois que si. Mais je crois aussi qu’il ne pourrait pas mieux tomber.

C’est ainsi que Robert Chase avait pris ses quartiers dans la “salle des différentiels”, où son rôle consistait principalement à faire le café et à subir les sarcasmes de House. Il ne s’en révélait pas moins médecin consciencieux et s’acquittait de ses tâches auprès des patients avec sérieux et compétence. Il éprouvait pour House un étrange mélange d’admiration, d’aversion et d’attachement qui l’avait souvent empêché de tout plaquer lorsque celui-ci dépassait les limites, ce qui arrivait régulièrement.  Il avait fini par s’attacher d’une certaine manière à cette figure paternelle qui lui avait tant manqué dans son adolescence. Chase était médecin,  la souffrance de House ne lui échappait pas. Et des bribes de conversations surprises entre Wilson et Cuddy lui avaient parfois laissé soupçonner une autre facette de son patron.

Depuis qu’il travaillait au PPTH, et malgré sa répugnance à accomplir les tâches qu’il ne jugeait pas dignes de lui, House s’était jeté dans son travail avec toute la passion qu’il mettait à faire les choses qui lui tenaient à cœur. Depuis le départ de Stacy, c’était la seule chose qui lui redonnait un certain gout à la vie, et il passait parfois des nuits entières devant son tableau à essayer de trouver la solution de l’énigme. Chase le découvrait souvent, en arrivant le matin, endormi sur son fauteuil. Sa maladie l’avait profondément marqué, et sa santé en subissait encore les conséquences. Sa jambe ne lui laissait aucun répit, et Wilson le suspectait de forcer un peu trop sur les doses de Vicodin. Depuis quelques temps, il recommençait à maigrir, et marchait de plus en plus difficilement.

Cuddy aussi s’inquiétait. Cela faisait maintenant quatre ans qu’il avait eu son infarctus, et trois qu’il travaillait au PPTH. Trois ans de chamailleries amicales où il s’était appliqué à éviter 99 % de ses consultations (qu’il faisait maintenant faire à Chase), et de disputes plus sérieuses concernant les examens et traitements souvent à risques (mais elle devait le reconnaitre toujours justifiés), à appliquer à ses patients. Les cas s’étaient multipliés, et on lui envoyait maintenant des malades de tout le pays. Elle avait elle aussi remarqué la dégradation de son état et envisageait sérieusement de lui allouer une équipe plus nombreuse.

La mâchoire crispée, House se dirigeait vers sa voiture. Il serrait contre lui comme un trésor une petite boite en carton. Travailler au même étage que le service d’oncologie avait ses avantages. On pouvait, avec un peu d’habileté et en trafiquant quelques chiffres sur un registre, subtiliser quelques flacons de morphine en toute discrétion. Avec un peu de chance, Wilson ne s’en apercevrait même pas. Ce soir, il arriverait peut-être à apaiser sa souffrance et à trouver enfin le sommeil et un peu de repos.

TBC

Print This Post

Mots-clefs :


Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Designed by NattyWP Wordpress Themes.
Images by desEXign.