Point mort-2

House md Add comments

Titre : “Point mort” – Chapitre 2
Auteur : Lilou
Site :
From Hugh to Greg
Disclaimers : Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée “House md”
Certaines expressions et descriptions (en particulier concernant le Nouveau Mexique) sont librement inspirées de deux romans : « whirlwind » et « goblins », de C. Grant
Spoilers : Post saison 3
Genre : Frienship House/Wilson – Réflexion
Classification : PG
Avertissement : néant
Résumé : “Il était parti le plus loin possible”

“Etre seul, c’est vivre seul au milieu de la foule, et ça fait mal, tu sais, ça fait comme une boule, qui te cache le soleil.
Au milieu du désert, on n’est pas seul, tu sais, on est perdu, c’est pas pareil…” (Leny Escudero)

Publiée le 08-03-09

***

CHAPITRE 2

Au volant de sa Ford de location, Wilson s’arrêta devant l’auberge avec un soupir de soulagement. Il était vanné. Son vol avait été retardé, et lorsqu’il avait enfin atterri à Dallas, il avait bien failli rater sa correspondance. Lorsqu’il était arrivé finalement à Albuquerque, il était à bout de nerfs et de fatigue. Et il y avait encore pas mal de chemin à faire pour atteindre le trou perdu, en plein désert du Nouveau Mexique, où House avait choisi de se réfugier.

Peu avant d’arriver, il avait essuyé un orage diluvien qui l’avait obligé à rester presque une heure arrêté sur le bord de la route, aveuglé par les trombes d’eau qui s’abattaient sur son pare-brise.

C’est avec soulagement qu’il gara la voiture dans le parking de l’auberge. Heureusement qu’il avait pris la précaution de réserver une chambre par téléphone! Il prit à peine le temps de prendre une douche avant de s’écrouler sur son lit. La nuit froide du désert avait succédé à la canicule de la journée. Avant de sombrer dans le sommeil, il se demanda pour la centième fois quelle mouche avait piqué son ami pour venir se perdre ici, en plein désert à plus de 1500 mètres d’altitude.
***

La lumière des réverbères, reflétée par les flaques d’eau qui jonchaient le sol l’éblouissait, et il avait un mal de chien à marcher droit. Il s’appuyait sur sa canne de sa main droite, et de la gauche contre les murs en adobe des maisons qui longeaient la rue. Mais il s’en foutait… Personne ne traînait dans les rues à cette heure-là, surtout après le déluge qu’il venait de tomber.

Il était presque arrivé : l’auberge était au bout de la rue, de l’autre côté de la route transversale. Il essuya ses yeux humides du revers de la main. Avec un peu de chance, dans 1/4 d’heure il dormirait du sommeil du juste. Enfin, il fallait espérer qu’il avait assez bu pour ça…

Il se retourna dans son sommeil en gémissant si fort qu’il se réveilla. Il se frotta les yeux pour dissiper le cauchemar et s’assit péniblement sur le bord du lit en massant sa cuisse droite avec une grimace de douleur. Il se força à respirer calmement, et l’air froid de la nuit le fit frissonner. Il tendit la main vers le chevet pour attraper la boite de Vicodin, et avala un comprimé. La nuit était silencieuse. Un coup d’oeil à sa montre lui indiqua 4h30. Sa tête lourde et sa bouche pâteuse lui reprochaient la soirée de la veille. Les rayons de lune s’infiltraient par l’interstice des stores et faisaient briller un faisceau de grains de poussière argentés. Le cauchemar, sans doute le même que celui qui le réveillait en sursaut toutes les nuits, s’était dissipé, mais il en gardait une impression de malaise.

Ca commençait toujours par un rêve plutôt agréable. Il se sentait bien, il courrait dans un parc, l’air était frais et léger, tout était parfait… Jusqu’à ce qu’une douleur atroce le transperce et le fasse tomber, recroquevillé sur le sol. Lorsqu’il levait les yeux, Stacy était là, elle le regardait d’un air méprisant ” – tu ne penses tout de même pas que je vais passer ma vie avec un infirme!” Infirme!… Infirme!… Ils étaient tous là, penchés au-dessus de lui, les visages déformés et ricanants. Wilson, Cuddy, ses parents… Et il se réveillait en sursaut, le souffle court et le cœur battant la chamade. Le deuxième traumatisme avait réveillé le premier.

Cela faisait un peu plus d’un an qu’on lui avait tiré dessus. Une fois de plus, il avait bien failli y rester, mais cela lui importait peu. En fait, au début, il avait même béni ce qui lui était arrivé. Le traitement à la Kétamine qu’il avait demandé à Cuddy avait l’air de bien fonctionner. Il n’avait plus mal. il avait, en reprenant une vie normale, reprit goût à la vie tout court. Il avait, bien que prudemment, commencé à envisager plein de choses au fur et à mesure que le temps passait et que son état se maintenait. Il se sentait enfin libre, après avoir été si longtemps prisonnier de sa douleur.

Ca avait duré trois mois… Et puis, elle était revenue. Bien sûr, il savait depuis le début que ça pouvait arriver, et il s’y était préparé, mais au fil du temps, il s’était laissé aller à espérer, et le coup n’en avait été que plus rude.

Après ça, il s’était laissé glissé de plus en plus profond, tout en gardant, pour le monde extérieur une apparence de “normalité” à la House.

Mais ses seules fréquentations étaient tous des médecins, et certaines choses n’avaient pas pu leur échapper.

Et Tritter était arrivé… OK, l’histoire du thermomètre, ce n’était pas très malin! Et bien entendu, lui, avait réagi avec sa tête de mule habituelle. Mais comment tout ça avait-il pu s’envenimer jusqu’à prendre de telles proportions? Il avait été emprisonné, traduit en justice. Wilson et Cuddy s’étaient démenés pour lui. Cette dernière avait même trafiqué un registre, risquant jusqu’à sa carrière pour le sortir de là!

Il ne les méritait pas. Il ne saurait jamais leur exprimer tout ce qu’il ressentait pour eux! Il avait réussi à ne pas leur montrer à quel point tout cela l’avait affecté, s’en sortant avec ses habituelles pirouettes, mais il ne pouvait plus continuer comme ça. Il s’était arrangé pour se débarrasser de son équipe, et lorsqu’il était parti en vacances, sa décision était prise : il ne reviendrait pas. Il ne savait pas encore au juste ce qu’il allait faire, mais la vie n’avait plus aucun intérêt pour lui.

Il était parti le plus loin possible, de l’autre côté du pays, au hasard du premier vol qui s’était présenté. Depuis il vivait au jour le jour. Quand sa réserve d’analgésiques serait épuisée, il aviserait. Et au fond de lui-même, il savait déjà que l’issue serait vite trouvée.

***
Wilson s’était réveillé tard. 9 h passées, et la chaleur était déjà intense. La salle de restaurant, climatisée, fut la bienvenue. Il s’assit à une table, et commanda un petit déjeuner.

Quant House se réveilla, sa migraine s’était considérablement atténuée et il se sentit assez fort pour se traîner jusqu’à la salle de bains. Il s’éclaboussa le visage d’eau froide et se résolut à observer son reflet dans le miroir. Il avait meilleure mine qu’il ne pensait. Si on ne tenait pas compte de ses cheveux hérissés et de sa barbe de trois jours, il avait à peu près figure humaine. Prenant soin d’éviter les mouvements brusques pour ne pas risquer une explosion de son crâne, il finit de s’habiller et sortit dans le patio. Le ciel était d’un bleu intense et la chaleur toujours aussi étouffante. L’orage de la nuit semblait ne jamais avoir existé. Il se dépêcha de gagner la salle de restaurant climatisée, et alla s’asseoir dans le coin isolé où il avait l’habitude de déjeuner. Le petit déjeuner constituait pratiquement son seul repas de la journée. Peu à peu, la douleur sourde qui martelait ses tempes finit par s’atténuer. Il sirotait son second jus d’oranges à petites gorgés en observant distraitement les allées et venues des autres clients, lorsque son regard se figea.

Au même moment, Wilson leva la tête, et leurs yeux se rencontrèrent. Il y eut un instant de flottement. House se leva, et sortit du restaurant.

TBC

Print This Post


Vidéo : Requiem for a dream

Mots-clefs :


Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Designed by NattyWP Wordpress Themes.
Images by desEXign.