Point mort-3

House md Add comments

Titre : “Point mort” – Chapitre 3
Auteur : Lilou
Disclaimers :
Fiction inspirée par les personnages de la série télévisée “House md”
Certaines expressions et descriptions (en particulier concernant le Nouveau Mexique) sont librement inspirées de deux romans : « whirlwind » et « goblins », de C. Grant
Spoilers :
Post saison 3
Genre :
Frienship House/Wilson – Réflexion
Classification :
PG
Avertissement :
néant
Résumé :
“Regarde ce que je suis devenu!”
N/A : « Etre seul, c’est vivre seul au milieu de la foule, et ça fait mal, tu sais, ça fait comme une boule, qui te cache le soleil.
Au milieu du désert, on n’est pas seul, tu sais, on est perdu, c’est pas pareil… » (Leny Escudero)

Publiée le 09-03-09 

***
CHAPITRE 3


- Il fait chaud!

Wilson se laissa tomber sur le banc, à côté de lui.

House aimait bien se réfugier ici. Le jardin à l’arrière de l’auberge était peu fréquenté et les quelques bancs alignés sous un bouquet de peupliers faisant face au fleuve étaient rarement occupés à cette heure de la journée.

Le Rio Grande ne méritait pas son nom à cette époque de l’année, le fleuve était presque asséché, et de larges bandes de vase bordaient ses rives. On aurait presque pu le traverser à pied sec. Pour le moment, il y jetait rageusement des cailloux en jurant entre ses dents.

- On est en août, et au Nouveau Mexique, à quoi tu t’attendais! Un silence gêné s’installa entre les deux hommes.

- Comment est-ce que tu m’as trouvé?

- Ta mère!

- OK! Ca m’apprendra…

- Ne lui en veut pas, il m’a fallu beaucoup insister et je lui ai promis de n’en parler à personne d’autre, mais… Elle aussi, elle s’inquiète!

- Oh, mais pourquoi tout le monde s’inquiète pour moi? Je suis un grand garçon maintenant, je n’ai de compte à rendre à personne et je peux prendre soin de moi tout seul!

Wilson lui lança un coup d’oeil perplexe, mais ne releva pas. Il avait maigri. Les joues creuses et les yeux cernés, il n’avait pas l’air en très grande forme.

- Tu aurais dû reprendre le travail depuis une semaine. Tout le monde se demandait…

- Cuddy a du recevoir ma lettre de démission à l’heure qu’il est!

Wilson accusa le coup, mais il n’en laissa rien paraître. il avait déjà vu House dans cet état. Après son infarctus… Après Stacy… Lui seul savait qu’il portait, en outre, des blessures beaucoup plus anciennes encore mal cicatrisées, qui le rendaient d’autant plus vulnérable. Et depuis une dizaine d’années, le sort ne l’avait pas épargné! Il fallait absolument le faire réagir, sinon, on pouvait s’attendre au pire. Son regard absent ne lui laissait aucun doute. Instinctivement, il sentait son ami au bord de la rupture. Il n’en faudrait pas beaucoup pour le faire basculer.

- House! Je suis ton ami, Cuddy est ton amie! Je sais que tu ne le crois pas, mais nous nous soucions de toi! Enfin bon sang, pourquoi est ce que tu n’acceptes jamais une main tendue! Ca te ferais du mal de parler de ce qui ne va pas? De sortir un peu de ta bulle? Tu n’es pas aussi seul que tu veux bien le croire! Et…

Il se leva brusquement.

- Merde! Tu crois que ça nous fait plaisir de te voir dans cet état? Tu ne pourrais pas penser un peu aux autres pour une fois?

Après un long moment de silence pesant, House secoua la tête et se passa la main sur le visage.

- Et qui te dit que je n’y pense pas?… Regarde-moi, Wilson, regarde ce que je suis devenu!… Un boulet, un poids mort pour les autres et pour moi-même!… J’ai essayé, je te jure que j’ai essayé!… Mais tout ce que je réussis à faire, c’est à tout détruire autour de moi! Vous avez risqué vos places et vos licences pour moi, Cuddy et toi, et je n’ai même pas été capable de vous dire merci! Je ne suis pas seulement un infirme, je suis un handicapé des sentiments! Je…

Un soupir qui ressemblait à s’y méprendre à un sanglot s’étrangla dans sa gorge. Il baissa brusquement la tête, se cachant les yeux de sa main. C’était la première fois, même avec Wilson, qu’il mettait autant son âme à nu devant quelqu’un, et ce dernier en était bouleversé. Il n’avait jamais cru au cynisme et à l’insensibilité affichés de House. Il le connaissait depuis bien trop longtemps pour ne pas avoir appris à déchiffrer les codes de son ami, mais de l’entendre avouer ainsi son désespoir devant son infirmité, et son impuissance à exprimer ses sentiments, avait quelque chose de presque terrifiant de la part de cet homme.

- T’aurais pas du venir!

Continua t’il d’une voix cassée.

- Pourquoi? Pour que tu puisses te détruire plus facilement? C’est pas une solution, House!

- Peut-être que c’en est une pour moi!… J’en ai assez, Wilson! Assez de souffrir! Assez de faire souffrir les autres!…

- … D’être seul et malheureux…

Wilson avait fini la phrase pour lui…

- …

- Mais tu te condamnes toi-même à être malheureux! Tu n’es pas seul, House, regarde autour de toi! Arrête de repousser les autres, arrête de te réfugier dans ta carapace!

- Qui voudrait d’un ami comme moi, d’un sale con infirme et asocial!

- Tu en as déjà un à côté de toi… A moins que tu ne trouves que je ne mérite pas ton amitié!… Et puis arrête de jeter ton infirmité à la face du monde! Une jambe abîmée n’a jamais empêché personne d’avoir de bonnes relations avec les autres! Tu ne peux plus courir… et alors? Je ne sais pas jouer aux échecs… Chacun son handicap! On n’aime pas les gens que pour leurs qualités House!… Et même si tu es trop orgueilleux pour l’avouer, moi, je sais que tu n’as pas que des défauts, loin de là! Je sais que c’est dur pour toi d’accorder ta confiance, mais accorde moi au moins le bénéfice du doute! OK, tu es un asocial égocentrique, mais tu es mon ami, le meilleur ami que j’ai jamais eu, et tu n’as p-pas le droit de m’enlever cet ami égoïstement, uniquement parce que tu es malheureux!… Et si tu fais ça… Si tu fais ça… Alors oui, c’est vrai que tu es un sacré putain de sale con!

Après un long moment de silence, House s’était levé sans un mot et avait rejoint sa chambre.

Wilson l’avait suivi des yeux, se demandant comment il vivrait cela à la place de son ami. Voir des choses que les autres ne remarquaient pas toujours, mener des diagnostics d’une intensité parfois effrayante et toujours épuisante, en course constante contre la mort. S’efforcer de paraître si trompeusement insouciant après avoir été si cruellement éprouvé par la vie… Il n’avait pas la réponse! Il comprenait ce qu’éprouvait House, le fardeau qu’il portait était lourd. Sûrement qu’à sa place, il aurait craqué bien plus tôt.

TBC

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